L'entrepôt en terre possède des fenêtres.
On les ouvre pour vérifier la situation extérieure tout en progressant à travers la forêt de lianes.
Comme les fenêtres sont petites, les monstres de type insecte ne peuvent pas entrer.
Bien sûr, les lianes envahissent l'intérieur, mais à ce niveau, c'est facile à gérer.
C'est ainsi que l'exploration se poursuit pendant un moment.
« Luke, on voit quelque chose de rouge par là-bas ! »
« C'est vrai. »
Au milieu d'une zone où ne poussent que des lianes vertes, Selen repère un endroit d'un rouge vif.
Une couleur rouge sang s'étend là, isolée.
« Les lianes envahissent les fenêtres de plus en plus… ! »
« On dirait qu'elles ne veulent pas qu'on approche. »
Quand on dirige l'entrepôt vers ce rouge, des lianes entrent par les fenêtres en bien plus grande quantité qu'auparavant.
Il semble y avoir aussi une grande quantité de monstres de type insecte, et leurs attaques font violemment trembler l'entrepôt.
Malgré tout, on force le passage et on finit par découvrir la vraie nature de ce mystérieux rouge.
C'est une fleur géante.
Au milieu des lianes denses, d'immenses pétales écarlates s'épanouissaient.
« En plus, y a quelque chose au centre de cette fleur. »
« C'est… une fille ? »
Au fond des pétales.
Se tenait là, immobile, une jeune fille.
Des cheveux du même rouge que la fleur.
Et une peau d'une blancheur effrayante, sans rien qui ressemble à des vêtements sur elle.
« Quoi, une fille nue dans un endroit pareil ? Comme c'est étrange. Je dois absolument vérifier de mes propres yeux. »
« Gai-san, sortez un peu de vos pulsions, s'il vous plaît. »
Je repousse Gai-san qui essaye de s'intercaler pour jeter un œil par la petite fenêtre.
« Clairement pas humaine. Probablement une Alraune. »
« Un monstre végétal qui a l'apparence d'une femme humaine, hein. Mais un individu qui a grandi à cette échelle, c'est la première fois que j'en vois aussi. »
Philia-san, bien informée, et Gori-chan nous l'expliquent.
« Hé, Gai-san ? Attendez, qu'est-ce que vous essayez de faire ?! »
À ce moment-là, Gai-san tente d'ouvrir la porte de l'entrepôt pour sortir de son propre chef, alors je me précipite pour l'en empêcher.
Mais Gai-san l'ignore et essaie d'ouvrir la serrure.
« Ah, je dois absolument graver ça dans mes yeux… Sinon, ce moine le regrettera à coup sûr… »
« Qu'est-ce que tu fais, moine pervers ! Arrête de faire n'importe quoi ! »
Même si Hazena-san lui hurle dessus, Gai-san ne lui jette même pas un regard.
… C'est manifestement anormal.
Ce n'est pas juste qu'il soit victime de ses pulsions comme d'habitude.
Son regard est vague, et les mots qu'il marmonne sont bizarres.
« Moi aussi… je veux voir son apparence… »
« Alec-san !? »
« B-ben oui… moi non plus, je peux pas me retenir… »
« Balrat-san jusqu'à vous !? »
L'anomalie ne touche pas que Gai-san.
Alec-san, Balrat-san… et encore Gorate-san, Ganzas-san, Drial…
« Hein, que des hommes ? »
« C'est à cause du parfum spécial que dégage l'Alraune-yon ! Elle séduit les hommes humains pour les attirer et les dévorer, c'est ça une Alraune ! »
Dit Gori-chan en fronçant les sourcils.
D'ailleurs, depuis tout à l'heure, j'ai l'impression qu'une odeur un peu sucrée flotte dans l'air…
En regardant, les femmes n'ont pas l'air affectées.
Gori-chan ne montre aucun signe d'être touchée non plus. C'est des femmes, oui.
Moi non plus… je ne sens pas grand-chose.
Pourquoi ? … Parce que je suis un gamin ?
« Grr… Devant Philia-san… en faire une chose pareille… »
« Ah, la tête… ça tourne… »
Serius-kun et Noel-kun, qui sont parmi les plus jeunes ici, résistent tant bien que mal.
Ça veut dire que l'effet reste à un niveau qu'on peut encore contrer.
« Moi aussi j'aimerais bien être un peu plus affecté !? C'est ça, être un gamin !? J'ai quand même quatorze ans, moi ! »
« Luke, c'est pas le moment de s'inquiéter pour ça ! »
« Si, c'est super important pour moi ! »
Je crie involontairement face aux mots de Selen.
Pour moi, c'est une question hyper importante !
Mais bon, plus de la moitié des hommes étant ensorcelés, la situation est pretty mauvaise.
La porte de l'entrepôt est déjà en train d'être forcée.
« Faut renvoyer les hommes au village, c'est la seule option. »