« Grrr… Quel regret… »
« Votre Majesté… Veuillez… fuir… »
Nous, qui avions neutralisé sans peine deux soldats, poursuivîmes l'empereur et le ministre en fuite.
« Euh, si je me souviens bien, c'était par ici. »
L'intérieur du palais avait une structure complexe et entrelacée ; une fois qu'on y perdait quelqu'un de vue, le retrouver aurait été normalement difficile.
Mais comme nous suivions leurs traces grâce à la Vue du Village, nous ne nous égarâmes pas.
Cela dit, nous ne croisions absolument aucun soldat ennemi.
« Ce lieu lui-même est probablement un endroit où seuls quelques élus peuvent pénétrer. »
Dit la reine Maribel.
Comme elle le disait, ce coin-ci était probablement l'arrière-palais.
C'est pourquoi les seules personnes qu'on apercevait çà et là étaient de jeunes et belles femmes.
L'empereur n'était pourtant pas censé être en âge pour ça…
« Huh ? C'est bizarre… Je suis sûr qu'ils ont fui par ici… »
C'est là que je m'arrêtai.
Ce qui m'attendait au bout était un cul-de-sac.
« Qu'est-ce que c'est ? On ne peut pas avancer. »
« Non, ma sœur aînée. C'est un cul-de-sac manifestement suspect. Il doit y avoir quelque chose. »
Serius-kun fit remarquer.
« Peut-être une porte dérobée… »
« Ce n'est sûrement pas fait pour s'ouvrir facilement, je pense. Le mieux, c'est encore de tout casser, n'est-ce pas ♡ … Teïiiiiiiiiiiii !! »
Gori-chan lança un coup de pied circulaire spectaculaire.
*DOOOOOOOOOOON !!*
Le mur explosa, laissant un grand trou.
« Qu… Quelle puissance phénoménale… »
« Ce matériau utilise quelque chose d'assez dur… Le pulvériser d'un seul coup… »
« Qui est donc ce personnage… À bien des égards. »
Les troupes d'élite convoquées de chaque pays avaient les joues crispées.
La puissance de Gori-chan traverse décidément les frontières.
« Ufufun, regarde, il y en a un ♡ »
Au bout du doigt que Gori-chan pointait joyeusement se trouvait un escalier descendant.
Il était vraiment caché derrière le mur, apparemment.
Nous descendîmes cet escalier prudemment.
Au-delà de l'escalier se trouvait un long couloir, et en le suivant,
« Ici, c'est… un atelier ? »
« Regarde, là-bas, il y a des soldats géants entreposés ! »
« Ils ont l'air en maintenance. »
Apparemment, c'était ici le hangar des soldats géants.
Probablement construit sous le palais, le plafond était haut et l'espace considérable, ce qui allait de soi pour entreposer d'aussi immenses armes.
« Regardez ! Ils sont là-bas ! »
C'est Gorate-san qui avait crié.
Là-bas, on voyait les silhouettes de deux personnes s'enfuir vers le fond du hangar.
« Haa… haa… H-hey, Zels ! Ne me laisse pas derrière… ! »
L'empereur, haletant, hurlait après le ministre qui courait devant lui.
« Mo… plus… je ne peux plus courir… »
Il ne faisait probablement jamais d'exercice ; l'empereur finit par s'arrêter, les mains sur les genoux.
« Haa… haa… De toute façon, ils ne devraient pas pouvoir entrer ici… Trouver cet escalier caché… »
L'empereur se retourna vers nous, poussa un « Gyaa !? » et s'effondra sur les fesses.
« P-p-pourquoi êtes-vous venus jusqu'ici !? Hé, Zels ! Pourquoi t'enfuis-tu tout seul ! Reviens tout de suite me protéger ! »
Il le suppliait désespérément, mais aucune signe que le ministre ne revienne.
Bien au contraire, sa silhouette avait déjà disparu derrière la porte au fond.
« Hii ! Ne… n'approchez pas ! C'est un ordre de l'empereur !? »
Face à l'empereur enfant qui braillait, les soldats d'élite des divers pays s'approchèrent.
« Un empereur gamin qui n'a même pas encore le sens des responsabilités… La guerre d'invasion a dû être commencée parce que les adultes autour de lui l'ont poussé. »
« Mais gamin ou pas, c'est un fait qu'il est l'empereur de ce pays. Il ne peut pas échapper à cette responsabilité. »
« Oui. Quant à son sort futur, on en discutera entre pays ; pour l'instant, nous allons le prendre en détention. Si on le prend en otage, ça pourra mettre fin à la guerre. »
C'est au moment où ils tentaient de le capturer que cela arriva.
*DOOOOOOOOOOON !!*
Avec un rugissement, le mur d'en face vola en éclats.
C'était justement le mur où se trouvait la porte par où le ministre avait disparu.
« …Qu'est-ce qui se passe !? »
« Ah, qu'est-ce que c'est… ? Un dragon… »
« Non… »
Et ce qui apparut de l'autre côté des innombrables débris volants était un dragon mécanique.