« Voilà, le chemin de fer est achevé. On peut maintenant rejoindre notre village, de l'autre côté de la chaîne de montagnes, en un peu plus d'une heure. »
Un message est arrivé de l'un de mes doubles : la ligne ferroviaire est reliée au village.
Je le rapportais à Masamine-san, qui supervisait les travaux.
« J'ai peine à croire qu'on puisse vraiment atteindre l'ouest par un tel moyen… »
« Bah, vous comprendrez en y allant vous-même. »
Je fis monter le sceptique Masamine-san dans le train, et nous partîmes pour le village de la lande.
Après environ une heure de voyage, le train s'arrêta sur le quai aménagé sous le village.
« Nous sommes arrivés. »
« Allez, sortez. Notre village est juste au-dessus. »
Lorsque nous sortîmes de la gare en gravissant les escaliers depuis le quai, Masamine-san faillit basculer en arrière en hurlant.
« Qu'est-ce que c'est que çaaaaaaa !? »
« C'est ici que je suis chef de village. »
« Un village !? Où voyez-vous un village !? C'est une grande ville ! Rien que des bâtiments si hauts qu'on croirait le ciel écrasé ! »
« On aperçoit la chaîne de montagnes maudite par là. Enfin, vu la position du soleil, c'est bien l'est, non ? »
« V-Vraiment ? En si peu de temps, on a traversé le souterrain de cette chaîne de montagnes ? »
Masamine-san tremblait de tout son corps.
Et là, on ne sait quelle idée lui traversa l'esprit : il tira soudain le sabre à sa ceinture.
« Peut-être qu'un renard m'a ensorcelé ! Si j'inflige de la douleur, le sortilège se dissipera… ! »
« Attendez, n'essayez pas de vous'ouvrir le ventre ! Ce n'est pas un sortilège, bon sang ! »
Nous remontâmes ensuite à bord du Parc et prîmes le ciel.
« On dirait qu'on y est. Là-bas, c'est le pays du commerce, Oosaku. »
« Incroyable, des rivières et des canaux sillonnent la ville dans tous les sens. »
« Exact. C'est pourquoi Oosaku est aussi appelée la cité des eaux. »
Après avoir visité Edo, nous nous rendions maintenant dans la voisine Oosaku.
Le centre d'Oosaku, au bord de la mer, est quadrillé de rivières et de canaux où vont et viennent d'innombrables bateaux.
« Oosaku est gouvernée par la famille Toyotoki. Son chef, le souverain du pays, porte le titre de Taikō-dono. Issu d'une famille pauvre, il s'est élevé en plein âge des provinces en guerre jusqu'à diriger une nation. À son exemple, les marchands d'Oosaku sont tous pleins d'ambition et d'énergie. »
Le château où réside ce Taikō-dono est apparu.
Le château d'Oosaku, avec son donjon qui n'a rien à envier à celui d'Edo.
« Mais est-ce vraiment sans danger de se poser comme ça dans l'enceinte du château ? »
« Inutile de s'inquiéter. Taikō-dono est un passionné de nouveautés. Il nous accueillera plutôt avec curiosité. »
Gai-san affirma qu'on pouvait poser le Parc dans l'enceinte du château sans problème.
Anxieux à l'idée d'être attaqués, nous descendîmes pourtant comme il l'avait dit.
Le fait qu'Edo ait commencé à commercer avec l'ouest via le tunnel sous la chaîne de montagnes ne saurait échapper longtemps aux marchands avisés d'Oosaku ; ils viendraient d'eux-mêmes nous contacter sous peu.
Puisque c'est inévitable, autant aller les voir nous-mêmes pour gagner du temps : tel était le conseil de Gai-san.
« Qu'est-ce que c'est que cette drôle de chose qui tombe du ciel ! »
« C'est terrible, c'est terrible ! Une attaque de gens du ciel !? »
« Y'a quelqu'un dessus ! »
Dès que le Parc se posa dans l'enceinte, une énorme rumeur s'éleva.
Ça va aller… ?
On ne va pas nous prendre encore pour des yokai… ?
« On comprend pas bien, mais s'ils peuvent parler, ça devrait aller. Par contre, si c'est des monstres, ça pose problème. »
« Hé, moi aussi je veux monter ! Si on a ce sol volant, les déplacements seront super faciles. »
« Pas que les déplacements, on pourrait même faire du commerce avec ça ! »
Hum… ça a l'air d'aller, en fait ?
C'est alors que Gai-san s'avança pour se présenter.
« Je suis Gai, moine du temple Hōzōji au pays de Kyō. Ces personnes sont des voyageurs venus de l'ouest. »
« Hé, y'a un bonze. »
« Un bonze de Kyō. Ces types sont vraiment des gens sans intérêt. Ils ont renoncé au monde pour vivre de l'aumône, c'est n'importe quoi. »
« Enfin, parait qu'y en a certains qui ne pensent qu'à gagner de l'argent. »
… Apparemment, les moines de Kyō sont détestés.