Nous avons progressé sur la route à une vitesse incroyable et avons atteint la ville-forteresse en un rien de temps.
« Qu-qu'est-ce que c'était que cette route… ? On aurait dit que mon corps s'était mis à flotter, comme s'il avait poussé des ailes… »
Ce n'était pas la seule chose qui nous a stupéfiés.
En pénétrant dans la ville, nous avons découvert une cité d'une propreté invraisemblable.
Pas un déchet au sol, pas un mendiant en vue.
La plupart des passants avaient mine en bonne santé et étaient vêtus avec une propreté irréprochable.
On aurait peine à croire que le pays tout entier était plongé dans une longue guerre civile.
Le seigneur du lieu devait être d'une compétence phénoménale.
Il n'avait pas volé sa réputation, lui qui avait érigé ces murailles colossales et mis notre armée en déroute si aisément.
Malgré le chaos qui régnait au niveau national, il administrait fermement son fief sans négliger la défense contre l'ennemi extérieur.
Le duc Talistar, ce seigneur, n'a pas refusé de nous recevoir.
Il a accordé une audience.
Bien sûr, l'atmosphère n'avait rien d'accueillante.
Quelques jours plus tôt, il s'apprêtait encore à subir l'invasion de notre pays, c'était donc logique.
Nous pouvions déjà nous estimer heureux de ne pas avoir été éconduits à la porte, voire jetés en prison sur-le-champ.
« Alors, quel est votre but ? »
« Ha… Tout d'abord, nous souhaitons présenter nos excuses pour l'avancée de notre armée l'autre jour… »
En baissant profondément la tête, il s'excusa sans la moindre hésitation.
Il fit également comprendre que toute volonté d'invasion avait désormais disparu.
En réalité, l'existence de ce mur gigantesque avait totalement fait taire les partisans de la guerre dans notre pays.
Au contraire, la grande crainte était désormais que le pays voisin ne profite de l'occasion pour nous attaquer en représailles.
D'ailleurs, la force militaire du pays voisin que nous avions envisagée s'était révélée largement sous-estimée, et notre pays tremblait maintenant de peur.
C'est pourquoi nous souhaitions réparer les relations avec le voisin, fût-ce au prix de certaines concessions.
Le duc Talistar, qui nous écoutait d'un air renfrogné, hocha lentement la tête.
« Hum, je vois. J'ai compris la position de Barste. … Pour ma part, je n'ai absolument pas l'intention de sacrifier mes sujets pour une simple représaille. »
« Da-donc… »
Je soufflai, soulagé par cette déclaration formelle.
Mais les paroles du duc ne s'arrêtaient pas là.
« Toutefois, j'ignore ce que pense Sa Majesté le Roi. Ce pays est en train de renaître sous une forme de royalisme. Pour l'essentiel, j'ai l'intention de suivre la volonté de Sa Majesté. »
Apparemment, parallèlement à la fin des troubles internes, la famille royale, autrefois affaiblie, avait repris du pouvoir et avançait vers la centralisation.
« Pourquoi ne pas demander une audience à Sa Majesté ? Je me chargerai de transmettre la demande. »
« C-c'est une proposition on ne peut plusありがたい. »
C'est ainsi que je fus conduit à me rendre dans la capitale royale de ce pays, mais…
« Voyons, il ne faut que trois heures pour rallier la capitale. »
« … ? »
Que disait-il donc ?
De cette ville-forteresse située à l'extrême sud de Celte, jusqu'à la capitale, la distance est considérable.
Même pour l'aller simple, il faut normalement compter plusieurs jours.
« Il semble que vous ignoriez l'existence du chemin de fer. Pour des gens qui ont glissé des espions, vos informations sont bien en retard. Ah, c'est peut-être à cause de cette "Grande Muraille" que les transmissions sont difficiles, ah ah ah ! »
Le duc Talistar, d'humeur visiblement bonne, fit résonner son rire.
Le chemin de fer… ?
Face à ce mot mystérieux prononcé par le duc, je ne pus qu'incliner la tête, perplexe.
En jetant un œil aux membres de la délégation, je vis qu'ils réagissaient de la même façon.
« Eh bien, suivez-moi. »
Guidés personnellement par le duc, nous descendîmes dans les sous-sols du château.
Mais il était difficile d'imaginer qu'un moyen de parcourir de longues distances en peu de temps existe sous terre.
Ne risquions-nous pas d'être menés tout droit dans les geôles pour y être faits prisonniers ?
Telle était l'inquiétude qui commençait à me gagner lorsque…
Ce qui apparut fut un espace d'une ampleur inimaginable pour un sous-sol.
« Voici le chemin de fer. Si vous montez dans ces caissons qu'on appelle "trains", on vous emmène à la capitale rien qu'en restant assis. »
« Une chose pareille… »
Je soupçonnai qu'il ne s'agissait que d'une prison au look bizarre, mais le duc lui-même y entra le premier, alors nous le suivîmes.
L'intérieur était spacieux et pourvu de sièges où l'on pouvait s'installer confortablement.
« C'est… drôlement moelleux, et plutôt bon siège… »
À cet instant, un sifflement soudain retentit — *pschitt* — et je me raidis instinctivement.
La porte par laquelle nous étions entrés s'était refermée toute seule.
« C'est parti ! »
À peine le duc eut-il crié sur un ton anormalement enthousiaste que…
« H-heu-heu, ça bouge, ça bouge, ça bougeeeeee !? »