« Ah, quelle magnifique église…… ! »
Devant la splendeur de la nouvelle église, non, de la cathédrale qui venait d'être construite, Milia ne put retenir une exclamation d'admiration.
« C'est bien le travail de Luke-sama. Élever un édifice d'une telle envergure en un instant, comme à son habitude… »
Ce n'était pas seulement sa taille qui impressionnait.
Outre un design extérieur des plus séduisants, les murs étaient ornés de décorations et de sculptures d'une minutie telle qu'elles subjuguaient le regard, de loin comme de près.
L'édifice tout entier ressemblait à une unique et gigantesque œuvre d'art.
Et bien sûr, l'intérieur n'était pas en reste.
Ce qui frappait d'abord, c'était un long couloir aux arches voûtées, dont le plafond s'élevait si haut qu'il fallait lever la tête pour l'apercevoir.
De part et d'autre, d'immenses vitraux divins étaient enchâssés dans les murs, représentant des scènes aux couleurs éclatantes.
Au bout de ce large couloir, un espace vaste s'ouvrait.
Des rangées de bancs y étaient alignées, et au fond trônait un grand autel.
Au-delà de l'autel se dressait une statue qui semblait représenter une divinité.
Apparemment, c'était là la chapelle.
Elle pouvait probablement accueillir aisément plus de mille personnes.
Tandis qu'une atmosphère mystique flottait, baignée par la douce lumière du soleil filtrant à travers les fenêtres, Milia s'avança lentement vers l'autel.
Puis, levant les yeux vers la statue divine, elle afficha une expression inhabituellement sérieuse et prononça :
« J'aimerais que Luke-sama transforme cette statue pour qu'on puisse la vénérer. Je vais demander aux nains de s'en charger sur-le-champ. »
C'était une réplique qui ne craignait pas d'offenser les dieux eux-mêmes.
***
Je m'appelle Grélio.
J'étais haut fonctionnaire du royaume de Baruste, et cette fois, j'ai été dépêché en tant qu'envoyé vers le royaume de Seltia, au nord.
Une mission à haut risque, où le retour vivant n'était pas garanti.
Car, il y a peu, l'armée de mon pays a envahi le pays voisin pour subir une défaite, et c'est la première mission d'envoi d'émissaires depuis lors.
Si par malheur je contrariais le pays voisin, je pourrais être exécuté sur-le-champ.
Une négociation d'une extrême prudence s'imposait.
C'est ainsi que notre délégation, parvenue près de la frontière, resta clouée sur place, stupéfaite.
« C-c'est donc ça… Le rapport était vrai… »
Un mur gigantesque s'étendait à perte de vue, d'est en ouest.
Il séparait complètement les deux pays.
De plus, ce mur n'existait même pas jusqu'à il y a peu.
On comprend que les cinquante mille soldats que notre pays a engagés aient fait demi-tour presque sans combattre.
« Selon le général Tesla, qui commandait l'armée, il serait jailli soudainement du sol… mais enfin, ça n'est pas possible. »
Le général Tesla, qui assumait le commandement en chef lors de la bataille récente, est le plus grand stratège de Baruste, endurci par cent batailles.
Ce n'est pas un homme à mentir, mais un rapport aussi invraisemblable ne peut être que mensonger.
« Quoi qu'il en soit, il faut d'abord franchir ce mur… mais nous laissera-t-on passer ? »
Mes craintes se dissipèrent cependant bien trop aisément.
N'étant pas armés, nous fûmes immédiatement identifiés comme une délégation, et un soldat de la garde nous guida vers une petite porte pratiquée dans le mur.
Après avoir traversé un long et étroit couloir qui faisait bien sentir l'épaisseur du mur, nous pûmes en sortir de l'autre côté.
D'ailleurs, l'ouverture ne laissait passer qu'une personne à la fois, le passage d'une armée y était donc impossible.
Sous le regard méfiant des soldats de Seltia, nous nous dirigeâmes vers la ville-forteresse du duc Talistar qui gouverne ces terres.
Ce qui me surprit, ce fut qu'en dépit de la distance modeste, une route magnifique avait été tracée.
Qui plus est, ce n'était pas une unique voie.
Plusieurs routes reliaient ce mur à la ville.
Serait-ce pour permettre les allers-retours les plus rapides possibles en cas d'urgence ?
Au vu du rapport coût-efficacité, cela me sembla un gaspillage… mais non, si l'on considère qu'un tel mur a pu être érigé, ce réseau routier n'est peut-être qu'une formalité.
C'est au moment où je commençais à marcher sur cette route, absorbé par ces pensées, que cela se produisit.
« …Hein ? Qu'est-ce… ? Je viens d'avancer de plusieurs mètres en un instant !? »