Au neuvième match, Gorichan et Rand, détenteur de la « Technique de lance », devaient s'affronter.
Rand s'illustrait au sein de l'équipe de chasse du village depuis longtemps déjà.
Âgé de seize ans, jeune et en pleine croissance, il était déjà l'un des deux meilleurs manieurs parmi les nombreux porteurs du don « Technique de lance ».
« Mince ! Ce n'est pas censé se passer comme ça… ! »
« Ufufu, ton maniement de lance n'est pas mal. Mais pour me satisfaire, il va falloir me transpercer avec bien plus de fougue ! Enfin, c'est peut-être encore un peu tôt pour toi ? »
Les coups d'estoc répétés que Rand décochait n'atteignaient pas du tout Gorichan.
Ou plutôt, elle stoppait toutes les pointes de lance à mains nues.
« H-hey, c'est quoi ce monstre… ? Je parle pas de son apparence. Bon, ça aussi, mais… elle lit parfaitement ses estocs à cette vitesse. C'est pas qu'une brute musclée, celle-là ? »
Le public s'agitait face à une maîtrise qui laissa Raul coi.
… Oui, ma prédiction selon laquelle elle était la grande favorite pour la victoire semble s'être vérifiée.
Car en réalité, quand j'ai utilisé l'Appraisal villageoise sur Gorichan, voici ce qui est apparu : Goritiana, 36 ans, attachement au village moyen, métier adapté esthéticienne musculaire, dons Technique du saint poing et Charisme de la beauté, compétences Technique du saint poing NV7 et Esthétique NV9.
Elle possédait un double don, et qui plus est le don « Technique du saint poing » qui rivalise avec la « Technique du saint épéiste » ou la « Technique du saint bouclier ».
« Ufun, je vais bientôt passer à l'offensive, moi ? »
« ~~~~ ! »
Gorichan, qui jusqu'ici ne faisait que parer les assauts de Rand, annonça qu'elle prenait l'initiative d'un clin d'œil percutant.
« Hop ! »
Gorichan leva sa jambe haut vers le ciel.
Sa culotte sous sa jupe fut exposée au grand jour, et plusieurs personnes dans l'assistance s'évanouirent.
« Dossey !!! »
Sur un cri de kiai plus sauvage qu'on ne l'aurait cru, elle abattit sa jambe levée de toute sa force contre le sol.
ZUDOOOOOOOOOOOOON !!
De larges fissures en toile d'araignée se formèrent sur l'arène, pourtant faite d'un matériau censé être très dur, et la salle trembla sous le fracas.
He-hein, quelle force de jambes a-t-elle !?
« ~~~~~~~~ !? »
Le public retint son souffle, et Rand, qui était près de l'impact, se retrouva culbuté sur le ring.
Profitant de l'ouverture, Gorichan combla la distance et marcha sur le manche de la lance.
Même en s'acharnant à relever son arme, Rand ne parvint pas à la faire bouger d'un millimètre.
« Yoisho ! »
« Qu-qu'est-ce que tu… !? »
À l'inverse, Gorichan souleva Rand d'une seule main, comme une plume.
« Ufufu, quand tu seras un peu plus fort, on refait un combat, d'accord ♡ »
Sur ces mots, elle projeta Rand.
Bien que mince, il n'était pas censé être si léger, pourtant il s'envola hors de l'arène sans effort.
Une force de bras phénoménale !
Rand s'écrasa hors du ring sans pouvoir faire quoi que ce soit, et perdit le match.
« Elle est manifestement d'un cran au-dessus… Que faire ? Si Gorichan gagne vraiment le tournoi… »
Un frisson me remonta le long de l'échine.
La suite fut une série de matchs intenses.
Comme on pouvait s'y attendre de gens ayant atteint la phase finale, chaque affrontement fut un grand match où l'on n'avait pas le temps de cligner des yeux.
Au douzième match, Alec accéda au second tour ; au treizième, le nain Bamuba ; au quatorzième, l'ancien chef des bandits Dorial.
Et pour le seizième et dernier match du premier tour.
S'y affrontèrent Serius et Bazara, un ancien soldat de l'ex-intendant Dant.
Bazara, en soldat aguerri, employa une tactique vicieuse visant les faiblesses de l'adversaire, et domina d'emblée la rencontre.
Mais face à Serius, qui a encore gagné en puissance récemment, il fut progressivement dominé et finit par s'incliner de justesse.
Ainsi s'achevèrent tous les matchs du premier tour, et les seize qualifiés pour le second tour furent déterminés.
Le second tour ayant lieu le lendemain, les spectateurs extérieurs au village qui comptaient rester pour le tournoi durent loger sur place.
« Heureusement qu'on a construit plein d'hôtels. Le nombre de chambres devrait suffire, non ? »
… Si personne n'avait eu où dormir, qu'auraient-ils bien pu faire ?