Je m'appelle Shubaru.
Je dirige une entreprise dans la capitale royale.
Sans vouloir me vanter, grâce à mon talent, j'ai déjà obtenu un succès amplement suffisant alors que j'étais encore jeune.
C'est ainsi que j'ai épousé une beauté dont tout le monde envie la beauté, et que je vis élégamment dans un immense manoir construit dans le quartier résidentiel huppé de la capitale.
« Dis, chéri. Où on part en vacances cette année ? »
« Hmm... Et si on allait voir cette ville des terres sauvages dont on parle ? »
« La ville des terres sauvages ? »
« Tu ne connais pas ? C'est tout au nord de l'ancien territoire des Albeil. On dit que c'est une ville encore neuve, construite dans une lande que personne n'avait réussi à développer jusqu'ici, et pourtant les immigrants afflueraient. Apparemment, une fois qu'on y a vécu, on ne veut plus habiter nulle part ailleurs, tant la vie y est confortable. »
« Comme c'est charmant. Mais enfin, ce n'est pas un peu trop loin ? »
« C'est là que le bât blesse pas : il existe un moyen de transport appelé "chemin de fer", bien plus rapide que les diligences. »
« Le chemin de fer ! L'autre jour, à une soirée, une autre dame en a parlé ! C'était si invraisemblable que j'ai cru à une blague ! »
Ma femme brille des yeux.
« Je me demande à quoi elle ressemble, cette ville ! J'ai hâte ! »
« Héhéhé, moi aussi j'ai hâte. Qu'importe son développement fulgurant, ça reste une petite ville de frontière. À coup sûr, ils en tomberont à la renverse rien qu'en voyant une beauté comme toi. »
« Oh, mon chéri... »
C'est ainsi que j'ai décidé de m'y rendre avec ma femme, en empruntant ce fameux chemin de fer.
La « gare » de ce chemin de fer se trouvait sous la capitale.
« C'est incroyable, un espace aussi vaste construit sous terre ! »
« Regarde, chéri. Ça doit être le train, ça. »
« Oh, il est énorme ! C'est avec ça qu'on va partir ! »
C'était une énorme masse de fer.
Tout en me demandant si une chose pareille pouvait vraiment bouger, je m'assois sur le siège qui m'a été assigné.
Pour monter dans ce train, il faut acheter un billet à l'avance.
Vu l'afflux de demandeurs, c'était assez cher, mais pour mes finances, c'était une broutille.
« Ah ! Chéri ! Il a démarré ! »
« C'est vrai ! Il bouge ! »
Cela dit, on se retrouve immédiatement dans un état où on ne sait plus si on avance ou non.
Dehors, c'est l'obscurité du sous-sol, et on a l'illusion de rester parfaitement immobile.
« ... Est-ce qu'on se dirige vraiment vers la ville des terres sauvages ? »
« C'est censé être le cas... »
Ma femme, d'abord excitée, finit par s'endormir, sans doute par ennui.
Je décide de lire à côté d'elle.
Le train s'arrête à plusieurs « gares » en cours de route, et finit par atteindre la ville des terres sauvages.
... En tout cas, c'est ce qu'il semble.
« On est vraiment arrivés ? »
« C-c'est ce qu'il parait, chéri. »
Mi-croyants, mi-doutants, nous descendons du train.
L'atmosphère diffère un peu de celle du départ, mais pas tant que ça.
Pourtant, une fois que nous avons gravi l'escalier menant à la surface, nous restons bouche bée devant le spectacle qui s'offre à nous.
« Qu-qu'est-ce que c'est que cette ville !? »
« Il y a plein de grands bâtiments ! Et en plus, c'est super beau... ! »
C'était une grande ville manifestement différente de la capitale.
... Pour tout dire, elle semblait même plus prospère que la capitale.
« Vraiment, ici c'était une lande ? »
Né et élevé à la capitale, je ressens une pointe de rivalité.
Certes, les bâtiments sont magnifiques et flambant neufs.
Mais qu'en est-il des gens ?
J'ai entendu dire qu'il n'y a que des réfugiés et des immigrants de villages pauvres. Il n'y a sûrement pas de beautés raffinées comme ma femme...
«« !? »»
Nous retenons notre souffle en même temps.
Car la femme qui vient de passer devant nous est d'une beauté à couper le souffle.
Ce n'est pas tout.
Toutes les femmes qui vont et viennent sont des beautés.
Bon, si on ne regarde que les traits du visage, elles sont peut-être inférieures à ma femme.
Mais grâce à leur peau saine, leur maquillage, leurs coiffures et leurs tenues, elles sont sublimées en une beauté rayonnante.
Moi qui comptais exhiber la beauté de ma femme dans cette ville de campagne, je vacille comme si j'avais pris un contre-direct du droit dans la mâchoire.
À l'opposé de moi, ma femme brille innocemment des yeux.
« C'est incroyable ! Comment font-elles pour être aussi belles ! »
Avant que je m'en rende compte, elle interroge une femme qui passait par là. Quelle puissance d'action.
« J'ai compris ! Il suffit d'aller dans un "salon de beauté" pour devenir belle ! »
« Un salon de beauté ? »
En entendant ça, je reprends tant bien que mal mes esprits.
« C-c'est vrai ! Alors si ma beauté de femme y va, elle deviendra encore plus belle ! »
« Exact ! C'est merveilleux ! »
C'est ainsi que nous nous mettons immédiatement en route vers ce salon de beauté.
« Ara, bienvenuuuues ♡ »
«« ~~~~ !? »»