De la même manière que face à l'armée de Raul la fois précédente, j'ai creusé un immense fossé sous leurs pieds et fait disparaître le sol sous eux d'un coup.
Mais ce sont les soldats d'élite d'Albeil menés par mon père : même en s'écrasant au fond du fossé, ils ont parfaitement amorti leur chute.
Néanmoins, les avoir fait descendre de cheval est déjà un résultat suffisant.
« Une charge de cavalerie, c'est bien embêtant »
Les cinq cents soldats déployés devant le palais sont tous des villageois ou des aventuriers basés au village.
Revêtus des armes et armures fabriquées au village, ils s'entrechoquent avec les soldats d'Albeil qui s'extirpent du fossé.
Les soldats du palais ont bien proposé de se joindre au combat, mais je les ai fait rester en retrait à l'intérieur.
Honnêtement, l'écart de niveau est trop grand.
Ces cinq cents hommes sont l'élite du village, et les soldats du palais n'auraient fait que les gêner, ai-je jugé.
Après tout, les gardes du palais manquent d'expérience réelle.
Bien sûr, leur prestige est élevé, mais les troupes territoriales de n'importe quel seigneur sont bien plus fortes qu'eux.
« Qu-quoi, ces types !? »
« F-forts !? »
Sous les coups de ces soldats du village, les troupes d'élite d'Albeil qui devaient foncer avec élan se font repousser.
Ce n'est pas une question de supériorité numérique.
Ils dominent clairement par leurs capacités individuelles.
En expérience pure, les soldats d'Albeil ont sans doute l'avantage.
Mais en incluant les Dons et les Compétences, leurs stats les surpassent largement.
Et nous n'avons même pas encore utilisé la Compétence Renforcement des villageois.
« Impossible!? Que mon attaque soit bloquée……! »
L'un des Quatre Généraux, Gaion, qui brandit une massue gigantesque, est lui aussi en difficulté.
Noel-kun, qui possède le Don Technique du saint au bouclier, pare parfaitement au bouclier ce coup capable de pulvériser une porte de château.
« Hohoho, le style deux épées, la magie de glace… la Princesse de glace de Bazurata, c'est ça… »
Un autre des Quatre Généraux, Meribera, se fait complètement dominer par Selen.
« Il existe des gens capables de tenir tête aux Quatre Généraux…! »
« Tch… Ne fléchissez pas! La défaite ne nous est pas permise! »
Le moral des troupes d'Albeil ne faiblit pas, pourtant l'infériorité est évidente.
…À une seule exception près.
« Hmph! »
« Gyaa!? »
D'un seul coup d'épée de mon père, une onde de choc terrifiante jaillit et projette plusieurs hommes à la fois.
Depuis tout à l'heure, de vaillants villageois se lancent à l'assaut les uns après les autres, mais aucun n'arrive seulement à l'atteindre.
« Hmm, cet homme est complètement à part. C'est donc ton père? »
« O-oui. Franchement, j'ai l'impression qu'on ne peut pas le battre… »
À mes côtés, Philia-san décochait ses flèches avec un sans-faute déconcertant, mais elle reste bouche bée face à l'immense puissance de mon père.
Quant aux villageois qui le défient, ils ont déjà bénéficié du Renforcement des villageois, et pourtant l'écart est tel.
Pourtant, ils possèdent des Dons de type art martial, mais ne peuvent rien faire.
Même Balrat-san s'est fait battre sans pouvoir riposter.
Je doute que même Noel-kun, s'il se consacrait à la défense, tienne une minute.
« Fahahaha!さすがはエデル様だ! いかに兵力を削られようとも、エデル様さえいれば我らの敗北はあり得ぬ! »
« Hohoho, Seigneur Edel n'est pas seulement un contre mille, mais un contre dix mille. À lui seul, il renverse n'importe quelle situation! »
Pendant que deux des Quatre Généraux triomphent, mon père fonce droit sur moi.
Ses yeux injectés de sang me visent sans ambiguïté.
« Luke, tu m'as complètement mis en colère… Je vais t'envoyer dans l'au-delà de ma propre main. »
…Flippant!
« Je n'te laisserai pas faire! »
« Protégez le chef du village! »
« Des petits frics comme vous ne ferez que gêner! »
« Gyaa!? »
Les soldats du village tentent de lui barrer la route, mais ne peuvent pas arrêter sa marche.
Même les flèches de Philia-san sont tranchées net.
C'est alors que la distance entre nous n'était plus que d'une dizaine de mètres.
« …Meurs. »
Le corps entier de mon père se met à briller intensément.
La même lueur que celle qu'avait montrée Raul auparavant… l'éclat d'un ki furieux.
« Je n'te laisserai pas faire. »
« ! »
À cet instant, une ombre bondit soudain sur mon père.
Ce dernier pare instinctivement à l'épée, les yeux écarquillés.
« …Raul!? »
« J'laisserai pas mon frère faire, pourri de père. »
« Tch… Toi… »