«Les renforts ne viennent pas !? Merde ! L'avant-garde ne montre aucun signe de vouloir s'arrêter…… Nous n'avons d'autre choix que de les suivre ! »
Zugogogogogogogogo !
« Quoi, qu'est-ce que c'est !? Un mur surgit soudain devant nous !? Chut ! On contourne ! »
Zugogogogogogogogo !
Zugogogogogogogogo !
« Des murs sur les côtés aussi !? Ho, hooalte ! »
Zugogogogogogogogo !
« Derrière aussi !? C-c'est…… nous sommes…… enfermés…… »
L'armée Albeil progressait sur la grande avenue menant au palais royal, mais ses effectifs fondaient à vue d'œil.
La raison en était que des murs surgissant comme des cages les enfermaient les uns après les autres, en partant de l'arrière-garde.
Et lorsqu'ils s'en aperçurent, il ne leur restait plus que trois cents soldats environ.
« Seigneur Edel ! Il ne nous reste plus que quelques centaines d'hommes ! Dans ces conditions, prendre le palais ne sera pas aisé…… »
« Pas de problème ! Les trois cents qui restent sont des troupes d'élite ! C'est une force amplement suffisante ! »
Pourtant, la combativité du seigneur Albeil n'avait pas changé.
Bien au contraire, son ardeur guerrière ne faisait que s'intensifier.
« Fuhahahaha ! Comme le dit seigneur Edel ! Il n'existe pas de château que nous, les Quatre Généraux, ne puissions prendre ! »
« …… Pour l'instant…… il n'y en a plus que trois…… »
« Hohoho, trois suffiront amplement. Cela faisait combien d'années que nous n'avions pas été poussés dans nos derniers retranchements ? Ça me démange les bras. »
La combativité des Quatre Généraux n'avait pas faibli non plus.
Zugogogogogogogogo !
Mais à deux pas du palais, un mur massif jaillit du sol pour leur barrer la route.
« Fuhahaha ! Un mur de cette trempe, on va le pulvériser ! »
« Hohoho, laissez-moi faire. »
« Méribéra ! »
L'un des Quatre Généraux, celui qu'on appelait Méribéra, lança un sort.
D'innombrables terres apparurent de nulle part et s'amoncellent devant le mur, formant une pente.
Sa spécialité était la magie jaune.
Plus particulièrement, il excellait à créer et manipuler la terre, au point de pouvoir transformer le terrain même du champ de bataille — un mage d'exception.
Ils gravirent les pentes de terre apparues de part et d'autre et franchirent le mur sans difficulté.
Ils parvinrent enfin sur l'immense place qui s'étendait devant le palais royal.
Des soldats ennemis les y attendaient.
« Hohoho, à vue de nez, cinq cents tout au plus. Même si nos rangs ont fondu, croient-ils vraiment pouvoir nous arrêter avec ça ? »
« …… Quelque part…… possibilité qu'ils cachent…… des troupes…… »
« Fuhahaha ! Quels que soient les moyens employés, notre victoire est inébranlable ! Balayez-les ! »
« …… En avant ! »
Au signal du seigneur Albeil, les trois cents soldats restants éperonnèrent leurs montures d'un coup.
C'étaient l'élite de l'élite de l'armée Albeil, des vétérans endurcis qui avaient traversé d'innombrables champs de bataille aux côtés du marquis.
Beaucoup possédaient un Don de combat, et chacun était convaincu qu'avec cet effectif, la reprise du château était parfaitement jouable.
Pourtant, même eux n'imaginaient pas que le sol sous leurs pieds disparaîtrait brutalement à l'instant même où ils s'apprêtaient à percuter l'ennemi.
« « « Hein ? » » » »
Un gouffre gigantesque, qui n'existait pas l'instant d'avant.
Tous y plongèrent tête la première.
Sa profondeur était d'environ deux mètres.
Bien que projetés de leurs chevaux, leur condition physique exceptionnelle leur permit d'amortir la chute, mais une pluie de flèches s'abattit immédiatement sur eux.
Les soldats parvinrent tant bien que mal à s'en protéger, mais les chevaux furent grièvement blessés et ne pouvaient plus servir.
« Hohoho, beau travail ! »
Méribéra créa à nouveau une pente, et les cavaliers à pied la gravirent en courant.
Dignes de leur rang d'élite, leur combativité, loin de faiblir, redoublait d'intensité, sans peur de la mort.
« En avant ! »
« Écharpez-les ! »
« Oooooooh ! »
Après s'être fait aussi longtemps mener par le bout du nez, leur colère avait atteint son paroxysme.
Impossible de perdre face à une bande mal équipée, rapiécée, qui ressemblait à un ramassis de rebuts.
Ils en étaient persuadés et se ruèrent à l'assaut, rivalisant d'audace.
Le sort de la bataille bascula ainsi dans un combat au corps à corps.
Mais une fois encore, les prédictions de l'armée Albeil allaient être lourdement renversées.