« Qu'est-ce que cela veut dire au juste !? Il n'y a pas de ville ! »
« C-c'est impossible…… ! Il y a encore tout juste hier, une immense ville existait au milieu du désert ! »
« Si c'est le cas, pourquoi n'est-elle plus là !? Tu ne vas tout de même pas me dire qu'une ville a disparu en une seule nuit ! »
« Hiiiiii ! »
La voix furieuse du seigneur Albeil résonna dans le ciel du désert.
Ce que vit enfin l'armée Albeil, forte de vingt mille hommes, parvenue au désert, ne fut qu'une étendue de terres incultes et, au-delà, la forêt maudite.
De la ville dont on leur avait parlé, il n'y avait ni trace ni ombre.
« Ne me dites pas que les informations étaient fausses dès le début ? »
« Non, c'est impossible. Des éclaireurs l'ont vue de leurs propres yeux à plusieurs reprises, et plusieurs sujets affirment s'y être rendus. »
« …… Tous ont donc été…… victimes d'une hallucination…… ? »
« Hohoho, une hallucination à une telle échelle, ça n'existe pas. »
« Alors comment expliquez-vous cette situation ? Ce n'est pas comme si la ville avait bougé pour aller quelque part. »
Tandis que les quatre généraux étaient eux aussi perplexes, l'unité d'éclaireurs qui courait désespérément dans le désert fit son retour.
« M-monseigneur ! Nous avons découvert une route mystérieuse qui s'enfonce au centre du désert…… ! »
« Une route ? »
Le marquis fit avancer sa monture et, effectivement, une unique route s'y trouvait.
De beaux pavés s'étendaient en ligne droite, traversant le désert.
En suivant cette route, quelque chose apparut devant eux.
« Cela…… est-ce une stèle ? »
Au bout de la route se dressait un énorme rocher.
Des signes ressemblant à des caractères y étaient gravés, et le marquis les lut à haute voix.
« "Le village a été temporairement transféré à la capitale. Le chef du village, Luke." Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ça !? Se moque-t-il de nous ! »
Sur le moment, sans même accorder d'attention au contenu de la stèle, le marquis ordonna aux éclaireurs d'élargir leur périmètre pour explorer les environs.
Mais finalement, ne trouvant rien, il fit déplacer ses troupes vers Riesen, la plus grande ville du district nord, située non loin de là.
Le lendemain de leur retraite du désert, un message urgent parvint de la capitale.
« L-l a capitale…… a été attaquée par une armée inconnue, et le palais royal a été pris en un clin d'œil…… ! »
« Quoi !? Et Neon !? »
« O-on craint qu'il n'ait été capturé par l'ennemi…… »
« Incompetent ! Mais une armée inconnue… ? Battre les troupes qu'il commandait et s'emparer de la capitale en si peu de temps, je ne vois pas quelle armée pourrait faire ça. »
« C-c'est que…… une ville inconnue est apparue soudainement près de la capitale, et des soldats en sont sortis pour l'envahir…… »
« …… Hein ? »
« C'est la capitale ! Nous faisons demi-tour immédiatement ! »
Par la suite, l'armée Albeil rebroussa chemin vers la capitale.
Bien sûr, pour la reprendre.
Mais en route, ils subirent d'innombrables attaques.
« On a encore perdu des provisions ! »
« Les soldats ne peuvent pas se reposer non plus…… ! »
Pendant le campement nocturne, des soldats ennemis surgissaient de nulle part.
Ils brûlaient les armes et la nourriture, qui sont la vie de l'armée, puis disparaissaient comme par enchantement.
Quelle que soit la vigilance, il était impossible de détecter leur approche.
Pire, une clameur assourdissante retentissait toute la nuit pour signaler les attaques, empêchant les soldats de dormir et les épuisant à un rythme accéléré.
Le nombre de déserteurs alla en augmentant.
Pourtant, à cause de la pénurie de vivres, la réduction des effectifs en arrivait à être presque une aubaine : l'armée Albeil continua d'être harcelée par ces mystérieuses attaques nocturnes.
« Avec les allers-retours dans le désert, la fatigue des troupes a atteint son paroxysme. Les vivres sont insuffisants, il faudrait peut-être s'arrêter pour réorganiser les rangs…… »
« Hors de question ! Si nous tardons, les armées des seigneurs voisins interviendront. Cela ne ferait que rendre la reprise de la capitale plus difficile. Qu'importe le nombre de pertes, foncez ! »
Le seigneur Albeil balaya la proposition de son subordonné.
Si la difficulté de l'armée Albeil devenait publique, les seigneurs qui restaient jusqu'ici en spectateurs pourraient se lancer simultanément dans une offensive contre les Albeil.
C'est pourquoi il fallait reprendre la capitale le plus vite possible.
Et c'est ainsi qu'à l'issue d'une marche forcée, lorsqu'ils aperçurent enfin la capitale devant eux, leurs effectifs étaient tombés à moins de la moitié.