Dans ce monde, les enfants constituent une main-d'œuvre précieuse.
Mais comme ce village bénéficie d'une efficacité de travail élevée, les enfants n'ont presque pas besoin de travailler.
C'est pourquoi, pour qu'ils étudient en vue de leur avenir, il a été décidé de construire une école et de les y envoyer.
[École : Installation pour l'éducation des enfants. Augmente la capacité d'enseignement des professeurs et la capacité d'apprentissage des élèves]
Les concernés sont les enfants de cinq à dix ans, pour un cursus de six ans.
Outre la lecture, l'écriture, le calcul et l'histoire, on y enseigne également la magie, les Dons, les Compétences, ainsi que les monstres et les terres maudites, propres à ce monde.
Des cours d'éducation sanitaire et de sport sont aussi prévus.
Les enseignants seront choisis parmi les villageois, en tenant compte des porteurs de Dons appropriés et des aptitudes professionnelles recommandées révélées par l'Analyse des villageois.
« Luke-sama. Il faut absolument prévoir des cours de théologie et de culte. »
C'est Milia, la seule prêtresse du village, qui a fait cette proposition.
Effectivement, dans ma vie antérieure aussi, les écoles religieuses avaient ce genre de cours, il me semble.
Mais à qui confier l'enseignement ?
« Laissez-moi faire. »
« Ah, c'est Milia qui s'en charge ? »
« Oui. En tant que prêtresse, guider correctement les enfants est mon devoir naturel. »
« Alors, je te le confie. Mais ça va ? Tu gères déjà les cultes du village. »
« Inutile de s'inquiéter. J'ai une quantité infinie de choses à leur enseigner (hou hou… Il faut bien leur laver le cerveau… euh, leur donner une éducation d'élite dès le plus jeune âge…) »
« … ? »
D'ailleurs, il n'y a pas de jour fixe pour le culte.
On peut donc décaler le jour du culte villageois et celui du culte à l'école.
Par ailleurs, on a construit une bibliothèque et un musée dans le village.
[Bibliothèque : Installation qui collecte, conserve et met à disposition des documents. Empêche la dégradation des documents. Augmente la culture des villageois]
[Musée : Installation pour la conservation et l'exposition d'œuvres d'art. Empêche la dégradation des œuvres. Équipements de sécurité. Augmente la sensibilité artistique des villageois]
Pour l'instant, il n'y a presque rien à y entreposer.
Mais dans ce pays où les combats sont devenus la norme, il n'est pas rare que de précieux documents et œuvres d'art disparaissent.
Comme des migrants peuvent apporter ce genre d'objets au village, on voulait les racheter au maximum pour les préserver.
Un jour, un groupe de femmes est arrivé au village.
Un groupe relativement jeune, entre la fin de l'adolescence et la vingtaine.
Elles portent toutes un maquillage assez prononcé, et une odeur enivrante de parfum pique le nez.
« Villageois-sama, ravi de vous rencontrer. Je m'appelle Fana. »
Une femme d'une vingtaine d'années, d'une séduction marquée, se présente en tant que représentante.
« En fait, nous avons une demande à vous adresser. »
« Une demande ? »
« Oui. Nous étions toutes prostituées dans notre ville d'origine. Mais pour certaines raisons, nous avons quitté notre ancien nid pour venir dans cette nouvelle terre. Comme nous avons entendu dire que la population de cette nouvelle ville augmentait rapidement, nous pensions qu'il y aurait sûrement de la demande. »
Apparemment, ce sont d'anciennes prostituées.
On ne sait pas ce qui s'est passé, mais on dit que beaucoup de prostituées travaillent dans des conditions misérables, et elles ont dû décider de migrer après avoir entendu les rumeurs sur ce village.
« Je vois. Bien sûr, je trouverai un travail convenable à chacune d'entre vous. »
« … Ce travail convenable, c'est quoi exactement ? »
« Eh bien, pour des femmes, par exemple l'atelier de couture ou la restauration… »
Récemment, avec le baby-boom, la clinique manque aussi de personnel, il y a beaucoup de travail.
Ensuite, je compte analyser chacune individuellement pour juger en fonction de leurs aptitudes et de la présence éventuelle de Dons latents.
« Ne pensez-vous pas, Villageois-sama, que la prostitution est un métier vil ? »
« !? »
Pris de court par cette remarque inattendue, je reste coi.
« Ah, non… Ce n'est pas ça… »
« Bien sûr, nous savons que ce n'est pas un métier qu'on peut afficher fièrement. Si on l'exerçait par nécessité, il vaut mieux trouver un travail honnête. Mais certaines en sont fières. »
« … »
Ses mots me donnent beaucoup à réfléchir.
Effectivement, j'avais peut-être des préjugés sur la prostitution.
« En gros, il y a un certain nombre de femmes qui sont des perverses amatrices de sexe ! Ce métier où elles peuvent en faire autant qu'elles veulent est leur vocation idéale ! Aaah, mon bas-ventre frétille d'impatience d'accueillir le machin des hommes ! »
« Garde ce genre de pensées pour toi ! »
C'est ainsi qu'on a dû construire une maison close publique pour elles.
[Maison close : Installation qui proxénète la prostitution. Effet contraceptif. Prévention des MST]
« Hou hou, à en juger par son air, Villageois-sama n'a pas encore connu la femme. Pour votre première fois, venez me voir… hiih !? »
« … ? »
Le visage de Fana-san, qui me faisait les yeux doux, devient soudain livide.
« O-oubliez ce que je viens de dire~~~ ! »
Lâchant ces mots, elle s'enfuit comme si sa vie en dépendait.
« … ? »
Elle a regardé derrière moi et a pâli d'un coup… mais…
Quand je me retourne, il n'y a que Milia, avec son sourire doux habituel.
« Qu'est-ce qui lui a pris ? »