« Ah, c'est donc ça, la rumeur... »
« Vraiment, il y a une ville dans une telle contrée sauvage... »
C'était une caravane de marchands venue chercher une nouvelle terre qui était subjuguée par les remparts impressionnants traversant la contrée sauvage.
« J'entends dire qu'il y a à peine de réglementations là-bas, et pas de monopole déraisonnable par quelques compagnies. »
« En plus, on dit qu'ils prêtent des boutiques gratuitement. Pour des gens de commerce comme nous, c'est littéralement le paradis ! »
« Le nouveau, t'as vraiment de la veine ! Tu te rends compte de combien on a dû avaler de couleuvres à cause de privilèges pourris jusqu'ici... »
Celui qu'on appelait le nouveau était un jeune homme d'une dizaine-sept, dix-huit ans, sans caractéristiques particulières.
Son nom : Rein.
Il avait rejoint cette caravane il y a à peine quelques jours, un marchand débutant par excellence, et était en plein apprentissage des bases du commerce auprès de ses aînés.
Une porte magnifique apparut devant eux.
C'était le droit d'entrée habituel dans les autres villes, mais ici, même celui-ci n'était pas nécessaire.
De ce fait, les allées et venues libres des gens étaient actives, et l'économie de la ville en serait finalement prospère.
C'est vraiment une ville formidable, rien que ça prouve la compétence du gouverneur, etc. Tandis qu'ils en parlaient joyeusement, le seul jeune homme Rein, lui, avait le visage crispé.
« Quel est votre but dans cette ville ? »
Un contrôle.
Ils ne prenaient pas de droit d'entrée, mais semblaient vérifier que personne de suspect n'entre dans la ville.
Bien sûr, leur caravane de marchands était venue purement pour faire du commerce.
Il n'y avait rien de reprochable.
...... À l'exception du seul jeune homme Rein tout à l'heure.
« (Ça va... ça va aller... Je suis maintenant un marchand débutant à part entière... Il n'y a pas de raison qu'on me soupçonne...) »
En fait, sa famille était membre du clan de vassaux servant la maison Albeil.
Jusqu'ici, pour enquêter sur cette ville de la contrée sauvage, Raul avait dépêché maintes équipes d'enquête.
Mais invariablement, dès leur entrée dans la contrée sauvage, on perdait leur trace, et pas un seul n'était revenu à la capitale du fief.
C'est alors que son père avait imaginé un stratagème.
Il fit infiltrer son propre fils comme marchand débutant dans une caravane qui allait tenter un nouveau commerce dans la ville de la contrée sauvage, pour qu'il enquête secrètement sur la ville tout en travaillant comme marchand pendant un temps.
Toutefois, Rein n'avait aucune expérience d'agent de renseignement.
Bien sûr, il avait fortement plaidé : « Je n'ai jamais fait d'espionnage. C'est impossible. »
Mais son père n'avait fait que répéter : « Au contraire, un amateur est moins suspect. Fais-le. »
Un troisième fils qui a peu de chances d'hériter de la maison, peu importe ce qu'il lui arrive, ça ne fait pas mal.
Et même en tant que vassal, c'était le bas du bas.
Il devait bien penser profiter d'un exploit ici pour se faire promouvoir.
Rein n'avait d'autre choix que d'obéir à l'ordre.
Heureusement, il parvint ainsi à s'infiltrer dans la caravane, et sous n'importe quel angle, il avait l'allure exacte d'un marchand débutant.
« (M-mais, les équipes d'enquête d'avant aussi, on dit qu'elles étaient déguisées en candidats à l'installation... Et pourtant elles ont été découvertes... N-non, c'est sûr qu'elles ont fait une bévue qui les a fait repérer ! C'est certain ! Je ferai correctement mon travail de vrai marchand, l'enquête en second, en troisième... Oui, comme ça ça ira...) »
« Hé, le jeune là-bas, ça va ? T'as l'air vachement pâle. »
« Heu ! I-iL n'y a pas de quoi s'inquiéter ! C'est juste la fatigue du long voyage ! »
Interpellé par le garde du poste de contrôle, Rein sortit en hâte une excuse bidon.
« (M-merde... Il m'a repéré... ?) »
« ...C'est ça. En fait, ce village a aussi des bains publics. Si tu y entres, ta forme revient d'un coup. »
« Ah, merci beaucoup. »
Apparemment, c'était une inquiétude pour rien.
Ainsi parvint-il tant bien que mal à passer le contrôle, et on lui permit de franchir la porte.
Rein poussa un soupir de soulagement.
« (Une fois à l'intérieur de la ville, je serai tranquille pour l'instant... Ceci dit, quelle ville... Une double enceinte pareille... ) »
Après avoir traversé la zone où s'étendaient les champs et franchi une seconde porte, là s'étendait une foule telle qu'on n'aurait pas cru être dans une contrée sauvage.
Et là.
En souriant, un garçon s'approcha d'eux.
De plus, droit vers Rein.
« Enchanté. Vous êtes marchand ? »
« ...Heu, y a-t-il quelque chose ? Moi, comme vous voyez, je suis débutant, alors pour parler, vous feriez mieux de voir mes aînés... »
Alors que Rein se demandait pourquoi on s'adressait à lui qui avait l'air si peu fiable.
Le garçon sourit gentiment et prononça un nom incroyable.
« Je m'appelle Luke Albeil, chef du village. »
« (Lu-Lu-Luke-samaaaaaaaaaaaaaaah !?) »