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The 8th Son? Are You Kidding Me?

Chapitre 76

The 8th Son? Are You Kidding Me?The 8th Son? Are You Kidding Me?
Chapitre 76

Chapitre 76

Chapitre 76/12063%~31 min de lecture6 115 mots

« Tu as un client ? »

« Oui. »

« Qui ? »

« Eh bien... »

Dans le bureau du ministre des Finances, au château royal de la capitale du royaume d'Helmut.

Le ministre des Finances Ruckner, qui s'affairait actuellement à signer la pile de documents qui s'accumulait, fut informé par son secrétaire de l'arrivée d'un visiteur.

« Tu bredouilles, Conrad. »

« En fait, c'est "cette personne"... On ne s'attendait pas à la voir venir ici, disons... »

Lorsque le ministre des Finances Ruckner interpella son jeune secrétaire d'une vingtaine d'années, qui ne rapportait pas clairement les faits, d'un ton réprobateur, celui-ci annonça d'une voix hésitante que "cette personne" était arrivée.

Le secrétaire de Ruckner, Conrad, était un élite promis à un grand avenir, dont on murmurait qu'il pourrait lui-même devenir ministre des Finances.

Un homme de ce calibre, incapable d'annoncer ne serait-ce que le nom du visiteur, manifestait un trouble visible.

Dès lors, le ministre des Finances Ruckner en déduisit que "cette personne" ne pouvait être que ce frère indigne.

Le commissaire aux comptes Ruckner était le propre frère cadet du ministre des Finances Ruckner.

Ni demi-frère par le père, ni demi-frère par la mère.

Ce cadet d'un an, né des mêmes parents, avait entretenu de bons rapports avec son aîné durant l'enfance.

La maison du marquis Ruckner était une famille de noblesse de robe héréditaire occupant les postes clés des finances, et le chef de famille assumait invariablement la charge de ministre des Finances pour un mandat de cinq ans.

Seule exception : le décès brutal du chef de famille en cours de mandat.

Le royaume comptait par ailleurs quatre maisons, comtés ou marquisats, habilitées à hériter de la charge de ministre des Finances.

Avec les Ruckner, cela faisait cinq maisons. Afin que chacune occupe le poste pendant une durée à peu près équivalente, des négociations sous-marines, proches du cartel, avaient lieu.

Il n'appartient pas à cette discussion de trancher si cela relève de la corruption ou de la stabilité du règne.

Les frères Ruckner s'entendaient bien dans l'enfance, mais en grandissant, le cadet apprit qu'il ne pourrait hériter de la maison et entra en conflit avec son aîné.

On peut partager des friandises entre enfants, mais la position de chef de famille marquisale et la charge héréditaire de ministre des Finances ne se partagent pas comme des bonbons.

Honnêtement, ce genre d'histoire n'a rien d'exceptionnel.

Des frères nobles qui s'aimaient enfants et se haïssent adultes, ce n'est pas rare.

Une fois adultes, l'aîné suivit la voie d'élite financière.

Le cadet, lui, quitta la maison à sa majorité pour commencer sa carrière comme fonctionnaire de rang moyen.

Ce départ au rang moyen constituait le minimum d'aide de la part de la famille et du frère aîné.

Mais pour le cadet, un tel appui ne semblait qu'une aumône condescendante, ce qui ne fit qu'attiser sa haine.

Pourtant, à force d'efforts, il obtint le titre de baron de robe et le poste de commissaire aux comptes.

L'aîné s'étonna que son frère ait atteint ce rang par des moyens peu recommandables.

De son côté, le cadet, apprenant que son frère avait été nommé ministre des Finances avant lui, ne fit que renforcer sa rancœur.

L'aîné, pour sa part, n'avait nullement l'intention de céder sa place, et c'eût été impossible de toute façon.

D'ailleurs, il comprenait que s'excuser auprès de son frère n'aurait fait que blesser davantage sa fierté.

S'y ajoutait le fait que le cadet, s'alliant aux familles de noblesse de robe financières hostiles à son frère, se mit à le harceler, si bien que l'opposition devint inévitable.

Au terme de ce processus, le frère cadet, devenu commissaire aux comptes, n'avait jamais mis les pieds dans ce bureau.

Par orgueil ?

Ou par peur d'être assassiné ? Nul ne le savait.

La situation était anormale, pourtant l'absence du commissaire aux comptes n'entravait en rien les affaires courantes.

Les discussions professionnelles avaient lieu lors des réunions périodiques.

Simplement, en tant que frère, le ministre des Finances regrettait que leurs subordonnés, intimidés par leur volonté affichée de relations strictement professionnelles, en fassent les frais.

« S'il a une affaire, fais-le entrer. »

« Euh... Êtes-vous vraiment sûr ? »

Alors qu'il n'était jamais venu de sa propre initiative, le voilà qui réclamait une audience.

Du point de vue de Conrad, il ne pouvait s'agir que de quelque chose de fâcheux.

« Un assassinat est hors de question. S'il tentait le coup, lui aussi serait fini. Simplement, ce ne sera sûrement pas une bonne nouvelle. Autant l'entendre tout de suite. »

« Compris. »

« Ah, et puis. Pas de thé pour cet idiot. »

« ... Entendu. »

Quelques minutes plus tard, guidé par Conrad, le commissaire aux comptes Ruckner pénétra dans la pièce.

Bien que frère de sang, cela n'avait plus d'importance.

Songeant que ce lien de sang ne faisait que compliquer les choses, le ministre des Finances Ruckner pressa son cadet d'exposer son affaire au plus vite.

« En fait, j'ai obtenu une information par certains canaux... »

C'est moi qui avais ordonné d'aller droit au but, mais sans même un salut...

Le ministre des Finances Ruckner, surpris, l'invita pourtant à continuer.

« Il s'agit de la mise en valeur des terres vierges du sud, sur laquelle vous intervenez actuellement, monsieur le ministre... »

Intervenir est un euphémisme. Puisque des sommes colossales sont investies dans ce développement, si personne ne le supervise, le plan risque d'avorter à cause des querelles d'intérêts entre nobles cupides.

Pour le dire crûment, certains nobles n'hésiteraient pas à pomper l'argent du baron Baumeister avant de se désintéresser totalement de la réussite du projet.

C'est pourquoi le marquis Breithleder, parrain du baron Baumeister, le ministre de la Guerre Edgar et moi-même surveillions les nobles environnants pour empêcher ce genre de manœuvres.

Bien entendu, nous comptions percevoir une prime de réussite à la hauteur de nos efforts.

« Cela ne vous concerne pas. »

Si ce plan était financé sur le budget national, le commissaire aux comptes aurait son mot à dire.

Or, ce projet est intégralement financé par le baron Baumeister.

Naturellement, le commissaire aux comptes n'avait aucune raison d'intervenir.

Le royaume prévoyait bien d'accorder une subvention, mais il ne s'agissait que d'un contrôle de routine.

Il n'existait pas le moindre interstice par lequel le commissaire aux comptes Ruckner pourrait s'immiscer dans les bénéfices.

S'il tentait de chipoter, je songais même à en profiter pour le faire démettre de ses fonctions.

« Vous êtes pourtant soupçonné d'avoir tenté d'éliminer le baron Baumeister, non ? »

Lors de l'exploration de ruines antiques par le baron Baumeister, il avait fait pression sur la guilde des aventuriers pour réduire intentionnellement le nombre de guides.

La vérité, c'est que la guilde des aventuriers, fut-ce sous la pression d'un simple baron, n'aurait jamais cédé.

Mais les roturiers capables de le comprendre sont une minorité infime, et la rumeur persiste chez un nombre considérable de gens.

Qui plus est, c'est le fils naturel non reconnu du cadet qui l'a propagée.

Le ministre des Finances Ruckner eut beaucoup de mal à réprimer un rire.

Il se trouve détestable, mais après avoir subi tant de harcèlement, se moquer de son frère qui s'est auto-détruit devrait être pardonnable.

« Ce soupçon est un pur malentendu. Plus important encore, il y a une information qu'il vaudrait mieux vous communiquer au plus vite... »

Dans ce cadre officiel, ils sont ministre des Finances et commissaire aux comptes.

Naturellement, le rang du ministre des Finances est supérieur.

Le cadet s'adresse donc à son aîné avec le langage honorifique.

Dans l'intimité, il doit le couvrir d'injures, mais il a assez de compétence pour avoir obtenu son poste, donc il observe les convenances.

Personnellement, le ministre des Finances espérait presque une bourde publique de sa part.

« Une information à me communiquer ? »

« Oui. Cette information concerne un projet d'assassinat du baron Baumeister. »

« Oh ? Tu as enfin pris une décision ? »

Face au plan d'assassinat du baron Baumeister, pierre angulaire du développement des terres vierges, révélé par son cadet.

L'aîné demanda avec ironie s'il venait lui dénoncer son propre complot.

Il constata, non sans amertume, à quel point leurs relations fraternelles étaient tordues.

« Plaisanterie. Un aventurier libre aurait prêté un ancien outil magique à l'héritier présomptif de la chevalerie Baumeister. »

« Je vois. »

« C'est sûrement toi qui as préparé l'aventurier et l'outil magique, non ? » Ces mots, le ministre des Finances Ruckner les ravala.

Accuser sans preuve aurait constitué un manquement de sa part.

« Je ne sais pas comment vous avez obtenu une information aussi capitale, mais... »

Le ministre des Finances Ruckner comprenait parfaitement qu'il s'agissait d'une mise en scène ridicule, montée de toutes pièces.

Mais demander sa source à un noble équivaut à se faire rire au nez.

C'est leur fonds de commerce et leur pain quotidien ; il va de soi qu'ils ne le divulgueraient pas gratis.

« Pourquoi venez-vous le signaler précisément maintenant ? Qu'avez-vous en tête ? »

Les fratricides entre nobles sont une occurrence relativement courante.

Mais leur traitement varie.

Certains sont étouffés sous couvert de maladie ou d'accident, sans conséquence.

D'autres soulèvent des soupçons, mais faute de preuves, restent impunis.

D'autres encore sont découverts au grand jour et sévèrement punis.

L'issue dépend de multiples facteurs, difficilement discernables pour un profane.

Mais dans le cas présent.

Le royaume, lui, attendait le coupable au tournant, prêt à le sanctionner durement.

Il était évident que le responsable écoperait d'une peine lourde.

« (S'il commet l'irréparable, le châtier sera aisé. Cependant...) »

Sans aucun doute, l'homme en face de lui a fourni à l'héritier Baumeister l'outil magique destiné à l'assassinat.

Et compte tenu de la difficulté des déplacements et des communications avec le fief Baumeister, il était fort possible que l'héritier l'ait déjà utilisé.

Si le baron Baumeister subissait le moindre dommage, la vie de cet homme ne serait plus en sûreté.

Pourtant, il se présentait avec un aplomb effronté, sous prétexte de le dénoncer.

Que pensait-il au juste ?

« Si le baron Baumeister... »

« Tu es fini », allait-il dire, mais l'homme le prévint.

« Moi aussi, je suis un noble au service du royaume. Je n'ai aucune intention de nuire au développement des terres vierges du sud. »

« C'est d'une hypocrisie... »

« J'ai certes eu par le passé quelques différends avec le baron Baumeister, mais je ne les juge pas souhaitables. »

Dans l'état actuel des choses, ni lui ni sa faction ne tireraient le moindre profit du développement.

Qu'il y parvienne ou non, chercher à rétablir les relations est, pour un noble, la démarche logique.

« (Tant que je vivrai, jamais je ne l'accepterai.) Alors, que voulez-vous ? »

« Cet aventurier libre aurait acquis l'outil magique au marché aux objets volés du quartier裏, sur commande de l'héritier. »

« Probablement. »

Les outils magiques exhumés des ruines appartiennent en principe à l'aventurier qui les a découverts.

Pour des objets de confort comme des réfrigérateurs ou des cuisinières, cela ne pose pas de problème. Mais certains possèdent des fonctions dangereuses, voire sont maudits et déclenchent des catastrophes au simple contact.

Ces pièces sont donc rachetées de force par la guilde des aventuriers, expertisées par le royaume, et placées sous surveillance stricte selon leur nature.

Pourtant, certaines échappent au contrôle et finissent sur le marché noir.

Un aventurier omet de déclarer un outil magique dangereux, le vend au marché aux vols, et un noble l'acquiert secrètement pour l'utiliser dans quelque complot ou crime.

Quelle que soit la répression, l'éradiquer totalement est sans doute impossible.

« Cet aventurier libre aurait acheté l'objet en pensant qu'il s'agissait d'une "flûte du maître des dragons". »

« Toi... »

La "flûte du maître des dragons" figure parmi les outils magiques exhumés les plus dangereux.

Lorsqu'on en joue, un son inaudible pour l'homme se propage à grande distance.

Les dragons l'entendent, entrent en furie et convergent vers la source.

C'est un outil magique quasi maudit.

De plus, les dragons n'attaquent pas le flûtiste.

En revanche, ils détruisent et tuent tout autour d'eux jusqu'à leur mort.

Les dragons élémentaires, monstres de haut rang, n'en sont pas affectés, mais l'efficacité est redoutable sur les wyvernes et les dragons volants.

« La chaîne de montagnes adjacente au fief est un habitat de wyvernes. As-tu délibérément retardé ta dénonciation pour exterminer la population du fief ? »

Si c'était le cas, l'homme devant lui méritait la peine de mort.

Pourtant, le ministre des Finances pensait aussi qu'il ne commettrait pas une telle bévue.

« C'est "si c'était vraiment une flûte du maître des dragons", n'est-ce pas ? Ce marché noir est tenu par des louches ; leurs marchandises sont douteuses. »

Sans une expertise pointue, on se fait invariablement refiler de la camelote dans ce genre de transactions entre criminels.

Bien sûr, porter plainte pour escroquerie aboutit invariablement à : « C'est toi qui as acheté là-bas, alors ferme-la ! »

Faire une bonne affaire au marché noir exige un cran, un œil averti et des relations.

« Et alors, cet outil magique serait quoi ? Une flèche à mouches ? »

« Non, ce serait une "flûte du ressentiment". »

« Tu... »

Le ministre des Finances Ruckner faillit lancer une insulte à la face de son cadet.

La "flûte du ressentiment" est un outil magique maudit d'un tout autre niveau que la "flûte du maître des dragons".

Naturellement, tous les exemplaires exhumés sont censés être placés sous scellés par le royaume.

Car la "flûte du ressentiment" est un outil magique exclusivement dédié à la vengeance au prix de sa propre vie.

« (Ce pauvre héritier...) »

En reconstruisant la situation d'après les dires de son cadet jusqu'ici :

Jusqu'ici, le cadet avait tenté de se rapprocher de l'héritier en lui envoyant des lettres d'information pour contrer son frère et le baron Baumeister.

Mais l'héritier en question s'avère encore plus incompétent que prévu.

Pour le dire crûment, c'est le complexe du provincial : il considère tous les nobles de la capitale comme des fripouries sans scrupules, et peine à collaborer.

Une terre aussi reculée rend sans doute l'acceptation des étrangers difficile.

Pourtant, ne serait-ce que les apparences, un noble devrait savoir faire preuve d'amabilité. Sur ce point aussi, l'héritier est inférieur au baron Baumeister.

Du point de vue du royaume, si l'héritier avait eu la largesse d'accepter le titre de baron et de laisser la succession de la maison principale au baron Baumeister, on n'aurait pas envisagé de le faire tomber.

Mais plus on rassemblait d'informations, plus sa petitesse sautait aux yeux.

Dans ces conditions, l'élimination devenait la seule option.

Le laisser en vie risquait de voir l'héritier entraver le baron Baumeister pendant des années, mais surtout, il risquait d'attirer des parasites comme ce cadet stupide.

Utiliser l'héritier comme mikoshi pour s'immiscer dans les droits du développement et dans la succession de la maison principale Baumeister.

Honnêtement, l'effort pour gérer ces idiots récurrents est gaspillé.

Il valait mieux, pour regrettable que ce soit, que l'héritier se retire.

Sa Majesté elle-même avait validé cette ligne.

Revenons au point délicat : ce cadet idiot a percé les vraies intentions du ministre des Finances.

C'est pourquoi il a utilisé l'héritier une dernière fois.

D'abord, il a dénoncé le fait que l'héritier projetait d'assassiner le baron Baumeister.

Il est soit complice, soit il a "gentiment" fourni la flûte du ressentiment à l'héritier.

C'est une vilénie inouïe, mais on peut aussi dire qu'il a agi en comprenant les arrière-pensées du ministre des Finances.

Puisque l'héritier s'était abstenu d'agir pendant plus de trois mois, résistant à la provocation, on peut penser que le cadet l'a poussé à bout.

« Toutefois, la "flûte du ressentiment" ne laisse-t-elle pas une chance infime ? »

« Dans ce fief perdu ? »

Le cadet le regarda avec un sourire moqueur.

« La flûte du ressentiment perd son efficacité hors des zones densément peuplées. C'est ce que cela signifie. »

Le retard de la dénonciation vient de la certitude qu'il n'y a même pas cette chance infime.

Et l'aventurier libre en question étant utile, il n'a pas l'intention de s'en débarrasser.

Désormais, même en enquêtant sur le marché noir, on ne retrouvera ni la provenance de la flûte, ni l'identité de l'acheteur.

Même en se basant sur les informations de ce cadet, s'il ment, tout s'effondre.

Le pire serait qu'un substitut soit préparé et retrouvé mort.

« Le ressentiment accumulé dans ce fief serait dissipé en un seul sort de purification par le baron Baumeister ou sa fiancée. »

Effectivement, le cadet avait raison.

La flûte du ressentiment attire le ressentiment ambiant vers le flûtiste, l'agrège, et transforme son existence en un puissant mort-vivant pour assouvir sa vengeance.

Le ressentiment en question n'est pas aisément définissable ; ce n'est pas un mauvais esprit ou quoi que ce soit.

Par exemple, on se fait sermonner par son supérieur au travail, on ressent de l'irritation, on pense « ce salaud ».

Cette émotion négative s'accumule sur place.

Mais ce niveau de ressentiment ne modifie pas les entités spirituelles environnantes.

Certes, le ressentiment né d'un meurtre peut retenir l'âme de la victime sur les lieux.

La flûte du ressentiment, elle, a pour fonction d'attirer vers le flûtiste tout le ressentiment présent dans la portée de son son.

Le son d'un outil magique se propage bien au-delà de l'imaginable.

Une quantité infime en un point devient pharaonique une fois agrégée.

Le ressentiment ainsi rassemblé vole la vie du flûtiste et transforme son existence en un puissant mort-vivant.

Une faible quantité n'affecte pas les humains, mais une masse critique produit cet effet.

« L'héritier a projeté d'assassiner le baron Baumeister. Mais le laisser mourir avant d'être jugé posait problème. J'en ai conclu la même chose, mais mon réseau a capté l'information trop tard. »

C'est pourquoi l'aventurier libre muni de la flûte du ressentiment a dû déjà entrer en contact avec l'héritier, regretta le cadet.

La fausseté transparente de ses propos, et cette expression de regret sincère, cette performance d'acteur.

C'est ce qu'on appelle l'esprit noble, mais en l'occurrence, cela ne faisait que provoquer la colère.

« Dommage que je n'aie pas été plus rapide. »

« (Tu parles bien. Je suis sidéré.) »

Ou plutôt, il faut que l'héritier meure.

S'il était capturé vivant et avouait la provenance de la flûte, tout s'effondrerait.

« (Que faire...) »

Ce cadet a piégé l'héritier avant de le sacrifier.

Personnellement, le ministre des Finances aurait voulu les punir tous deux comme complices, mais on peut aussi voir les choses comme une coopération à l'élimination de l'héritier.

Certes, moralement, c'est un homme abject, mais en politique et dans le monde noble, on ne juge pas qu'au bien et au mal.

« (De toute façon, en venant en parler ici, il a forcément effacé toute trace de sa participation...) »

Sans preuve, sanctionner un noble en poste à la capitale est impossible.

Le ministre des Finances Ruckner conclut qu'une sanction serait difficile.

Il ordonnerait une enquête formelle, mais la probabilité que ce cadet ait laissé des preuves était mince.

« Je te remercie pour l'information. Mais si le baron Baumeister doit m'en arriver malheur, tu connais les conséquences. »

Écrasement certain.

Même sans preuves, Sa Majesté, le ministre de la Guerre Edgar, les autres ministres, et moi-même, ne le tolérerions pas.

Le ministre des Finances Ruckner fixa son cadet d'un regard meurtrier.

« Et puis, pour la question de la part... »

Impossible d'évoquer publiquement les droits sur le développement, d'où cette formulation.

Ce cadet a sacrifié l'héritier pour obtenir cette part.

C'est ce qui le préoccupe le plus, alors autant lui répondre.

« Ce sera au baron Baumeister de décider. De ma part, je ne peux rien dire. »

Bien sûr, c'est du pipeau.

Puisque le budget est intégralement fourni par le baron Baumeister, le ministre des Finances Ruckner et le marquis Breithleder n'auraient aucun droit de regard.

Mais le steward du baron Baumeister, son neveu Roderich, n'accordera pas un centime.

Le baron Baumeister lui-même s'y opposerait, donc la réponse est d'ores et déjà non.

Dans ces conditions, c'est de l'autosabotage pur et simple.

« Je vois. En effet, ce problème existe. »

« (Qu'est-ce que tu appelles "ce problème" !) Tu as échappé à la gueule du tigre. Tu ferais bien de ne pas t'aventurer plus loin... »

Probablement, quelle que soit l'enquête, il sera difficile d'établir la responsabilité du cadet dans le projet d'assassinat.

Faute de preuves.

C'est frustrant, mais cette fois, c'est inévitable.

Pourtant, l'idée même de leur accorder des bénéfices après qu'ils ont échappé à la sanction est inconcevable.

« Vous refusez notre part par pure émotion ? »

« Arrête tes conneries. »

« Tu ne tiens qu'à un orteil sur une falaise », maugréa le ministre des Finances Ruckner en son for intérieur.

« Simplement, avec les bonnes relations, je pense que c'est possible. »

« Hein ? Des relations ? »

Loin d'avoir des relations, obtenir des droits d'un parti qui vous déteste...

D'où sort ce conte de fées ?

Le ministre des Finances Ruckner ne pouvait que s'étonner de l'insouciance de son cadet.

« Des relations, j'en ai. Après tout, Roderich est mon fils. »

« ... (Mince !) »

Le ministre des Finances Ruckner maudit sa propre imprudence.

Roderich, steward de la maison Baumeister, est le fils biologique de ce cadet.

Jusqu'ici, le père n'ayant pas reconnu son fils, tous deux étaient légalement étrangers aux yeux de la loi nobiliaire du royaume.

Mais voilà que le cadet déclare soudain reconnaître Roderich comme son fils.

Pour Roderich, l'envie de hurler « Foutez le camp ! » est compréhensible, mais c'est là une faille — ou une particularité — de la loi nobiliaire établie il y a deux mille ans.

L'autorité du chef de famille étant prépondérante, la reconnaissance ou non d'un enfant par son parent chef de famille est libre, mais l'enfant ne peut, lui, rompre le lien avec son parent chef de famille.

En fait, la loi ne l'envisage tout simplement pas.

« Toi... Roderich... »

Un noble utilise jusqu'à l'enfant qu'il a abandonné, par intérêt.

Le ministre des Finances Ruckner, noble lui-même, ne peut le nier, mais en tant qu'être humain, il trouve cela abject.

« (Il n'est pas dit qu'il n'y ait pas de parade...) »

Les enfants nobles souhaitant couper les ponts avec leur parent existent, mais leur seule issue est de rompre tout contact et d'attendre leur propre mort pour redevenir roturiers.

Or, Roderich doit désormais servir en tant que steward de la maison Baumeister, destinée à devenir un comté, voire davantage.

Couper les ponts avec ce cadet est pratiquement impossible.

« (Si Roderich le rejette totalement...) »

Mais c'était une pensée naïve.

Une fois les circonstances connues, on blâme le cadet et on compatit à Roderich.

Pourtant, le monde ne fonctionne pas si simplement.

Si Roderich, par fierté, refuse son père et refuse de partager les bénéfices.

Soudain, les critiques se concentrent sur lui et sur son maître, le baron Baumeister.

On tait le fond — « Reconnaître un enfant abandonné pour des droits, le baron Ruckner a perdu tout sens de l'humanité » — et sous le fallacieux prétexte — « Une réconciliation après des années de discorde, c'est touchant » —, on dénonce le duo maître-servant comme mesquins.

Les porteurs de cette campagne de dénigrement seront sans nul doute les nobles de la faction Ruckner et ceux qui ne peuvent obtenir de droits.

« (Cet homme mobilisera sa faction pour exercer une pression massive.) »

Face à cette manœuvre ignoble, aucune parade parfaite n'existe.

À contrecœur, il faut concéder une part des bénéfices.

Une réconciliation rapide aurait évité d'entraîner les neutres dans l'agitation.

Avant que le conflit ne s'envenime et ne cause des dommages plus grands, on achète la paix en graissant la patte de sa propre faction.

C'est vil à dire, mais ce marchandage ressemble à s'y méprendre à du racket mafieux.

Les droits promis dans la réconciliation ne sont guère plus que de l'argent de la protection.

« Attends un peu. »

« Entendu. »

Sur cet échange, le cadet quitta le bureau sans un mot de plus.

La répartition des droits ne relevant pas du seul ministre des Finances, qui devait consulter les autres nobles, le cadet le savait pertinemment.

« (Ce pourri !) »

Plus une once de fraternité ne subsistait.

En simple adversaire politique, il jura de le détruire socialement avant sa propre mort.

Le ministre des Finances Ruckner, en son for intérieur, insulta son cadet de toutes les injures tout en prenant cette résolution.

« Au fait, pour la confirmation de la sécurité du baron Baumeister... »

« Il faut un contact d'urgence avec Breithburg... »

Sur la remarque de son secrétaire Conrad, le ministre des Finances Ruckner acquiesça, tout en songeant à fuir les lieux.

Car il était certain de subir les remarques acerbes du marquis Breithleder et des autres ministres à cause de son cadet.

« Qu'il crève d'une mort subite, ce salaud. »

« ... »

Conrad fit comme s'il n'avait pas entendu ce propos indigne d'un noble de la part de son supérieur, et se mit à réorganiser le planning du jour.

La journée morose du ministre des Finances Ruckner ne faisait que commencer.

« Fufufu, un franc succès. »

« En effet, père. »

Après son entretien avec son frère aîné, le ministre des Finances Ruckner, le cadet organisa le soir même une fête en réunissant sa famille et les membres de sa faction.

Étaient présents : son épouse légitime, son fils héritier et sa fille unique.

Ainsi qu'une douzaine de baronnets et chevaliers de robe financière appartenant à la faction minoritaire.

Eux aussi avaient emmené leurs familles et principaux vassaux ; les siens assuraient la garde du lieu, tandis que les servantes et domestiques s'affairaient au service.

« L'héritier de la maison Baumeister est mort, apparemment. »

« C'est l'effet de cet outil magique. »

Faire croire qu'il s'agissait de la flûte du maître des dragons, pour en réalité utiliser la flûte du ressentiment et le transformer en mort-vivant afin que le baron Baumeister l'élimine.

L'autre camp souhaitait d'ailleurs que l'héritier pète les plombs, donc on a plutôt joué le jeu.

« Le problème, c'est cet aventurier ? »

« Lui, on compte le faire taire. »

Actuellement, plusieurs vassaux compétents étaient postés le long du col de montagne. L'aventurier libre, une fois sa mission terminée, emprunterait le chemin de montagne et serait éliminé.

« Dans ces sentiers d'altitude, s'il est blessé, il ne survivra pas. »

Et les bêtes sauvages achèveront le travail.

Même s'il reste des restes, un mort ne parle pas, donc pas de preuve.

« N'était-ce pas un homme que le père estimait ? »

« C'était une pièce commode. Il savait tenir sa langue. Mais un aventurier de ce niveau, on en trouve à la pelle. »

L'aventurier lui-même, parce qu'il connaissait les secrets du commanditaire, se croyait différent des autres.

« Au fond, c'était juste le moins pourri dans une fosse. À la base, un aventurier vit de la chasse aux monstres. Ce genre de déchet n'est qu'une racaille à peine plus évoluée. »

« Cela vaut-il aussi pour l'héritier ? »

« Lui, c'est un imbécile encore plus grand. Quel que soit le talent magique de son cadet, ce n'est qu'un gamin de quinze-seize ans. Il n'avait qu'à baisser la tête en ricanant intérieurement pour s'enrichir. Ne pas y parvenir prouve qu'il n'est qu'un idiot. »

Père et fils, pareils, reçurent des verres de vin des mains d'une servante et poursuivirent.

« Au fond, c'est un plouc. Il ne supporte pas de ne pas être le chef de la montagne. S'il en a les capacités, qu'il fasse l'effort, mais il n'en est pas capable. "Aucun remède" a été inventé pour cet idiot. »

« Alors, on l'a utilisé et jeté. »

« Même cet idiot avait une valeur d'usage. Il devrait plutôt nous en remercier. »

Dans la salle de fête, tous arboraient des visages réjouis, profitant des mets et de l'alcool.

Personne n'aurait cru possible de tirer des bénéfices du développement des terres vierges, et pourtant leur chef avait arraché une promesse à son frère ennemi juré.

Faction minoritaire à l'origine, maintenue à bout de bras par le talent du baron Ruckner, ils savouraient cette rare perspective de gains substantiels.

« Toutefois, reconnaître l'enfant de cette servante... »

« Je le reconnais, mais pas un centime d'héritage, ni la succession du titre. Cependant, du moment que le sang lie Roderich à nous, quelque commodité s'imposera. Qu'il le veuille ou non, c'est la loi du monde noble. »

Le père, le baron Ruckner, a fait preuve de magnanimité en reconnaissant son fils naturel, le second Roderich.

Dans le monde noble, quelle que soit la réputation du baron Ruckner, on ne peut que louer cette décision.

Autant l'autorité du chef de famille sur sa famille est absolue.

« Inversement, l'enfant de cette servante ne peut rompre le lien filial. Dans l'état actuel, où il est nommé intendant du développement, il ne peut ni fuir, ni couper les ponts. Le baron Baumeister n'aura d'autre choix que de l'accepter à contrecœur. »

« Trouver un nouvel intendant maintenant ? Ils sont tous la clientèle de quelqu'un, le baron Baumeister en aurait mal à la tête. »

D'ailleurs, Roderich est un homme compétent.

Le baron Baumeister ne voudra pas s'en séparer facilement.

« Vous êtes d'une perfidie constante. »

« Dans un monde où des grands nobles vous dominent, sans la magie puissante du baron Baumeister, il faut se démarquer. »

Sinon, même en étant le frère de l'actuel ministre des Finances, on ne pourrait pas former une faction.

Perfide ou non, tant qu'on survit et qu'on grossit sa faction, c'est bien.

Telle était sa conviction.

« Bien, je vais saluer tout le monde... »

« Kyaaaa ! »

« Qui va là ! »

Au moment où le baron Ruckner s'apprêtait à saluer l'assemblée.

L'épouse d'un baronnet, près de la fenêtre, poussa un cri.

Tous se tournèrent vers elle : une gigantesque face composée de fumée noire comblait l'extérieur de la fenêtre.

Ses yeux brillaient d'un rouge intense, et au moment où ils s'intensifièrent —

La fenêtre vola en éclats, et le visage de fumée noire pénétra à l'intérieur.

Simultanément, la fumée noire commença à envahir toute la salle.

« Un monstre ! »

« D'où sort-il ! »

Face à cette intrusion surnaturelle, vassaux et soldats de garde dégainèrent et tailladèrent, mais la cible étant faite de fumée, aucun dégât ne fut infligé.

Au contraire, enveloppés par la fumée noire, ils s'effondrèrent en une dizaine de secondes, comme des marionnettes dont on a coupé les fils.

Le baron Ruckner vit distinctement que les vassaux tombés avaient rendu l'âme, leurs corps prenant une teinte terreuse.

« Hii ! »

Le pire suivit.

La fumée noire qui flottait dans la salle s'en prit cette fois aux autres nobles, aux serviteurs, à la famille — tous les participants hormis lui-même —, les enveloppant et leur arrachant la vie.

« Hiiii ! »

En à peine une minute, plus de cinquante participants périrent instantanément.

Terrorisé, le baron Ruckner tenta de fuir en rampant, mais dans sa panique, il trébucha sur quelque chose.

C'était son fils héritier, mort l'air souffrant.

« Quelle rancune peux-tu avoir contre moi ! »

« VENDERIN ! RUKUNERU DANSHAKU ! KOROSU ! »

« Toi, ne serait-ce pas... »

Le spectre de l'héritier Baumeister, qu'il avait cru éliminer dans les terres vierges avec la flûte du ressentiment ?

« Mais il ne connaît pas mon visage... »

De plus, compte tenu de la vitesse de transmission, il ne s'était écoulé que deux jours depuis l'utilisation de la flûte par l'héritier.

Pourtant, après avoir affronté le baron Baumeister, sa fiancée la sainte de la maison Hohenheim, le mage attaché au marquis Breithleder — une telle brochette —, il avait survécu, rejoint la capitale, et retrouvé le manoir de quelqu'un dont il ne connaissait pas le visage.

Le baron Ruckner n'avait jamais connu une telle terreur.

« TOI AUSSI, MEURS ! »

Il crut être tué par la fumée, mais le mauvais esprit qui la contrôlait ne fit rien.

Intrigué, il entrevit une lueur d'espoir — puis un nouveau désespoir le frappa.

« NIKUUU ! »

« SHINSEN NA NIKUUU ! »

Les zombies des nobles, serviteurs et familles tout juste tués se relevèrent d'un même mouvement et se ruèrent sur lui en masse.

« Impossible ! Une chose aussi absurde ! »

Ce fut sa dernière pensée avant que sa conscience ne s'éteigne à jamais.

« Hein ? Une quantité massive de nobles et de serviteurs transformés en zombies ? »

« Oui. Soudain, une fumée noire mystérieuse est apparue dans le manoir du baron Ruckner, et tous ceux qu'elle a touchés ont partagé ce sort. »

Voilà que, tandis que le ministre des Finances Ruckner réfléchissait à la façon de faire accepter la part de son cadet par le marquis Breithleder, le ministre de la Guerre Edgar et les autres, la nouvelle de la mort de ce dernier lui parvint.

Cet imbécile avait sacrifié l'héritier comme pion et marchepied.

Puis, après l'avoir ignoré pendant des années, il avait reconnu son fils naturel.

Une méthode qui n'était pas dépourvue de logique, mais qui reculait les limites de l'indécence pour forcer un lien de sang et s'imposer dans les bénéfices.

Pour fêter cette réussite, il réunissait ses sbires pour une fête quand la tragédie frappa.

Alerté par un chevalier de sa connaissance dans la garde, le ministre des Finances Ruckner se rendit d'urgence sur les lieux.

Sur la scène du drame, la salle de fête, plus de cinquante corps carbonisés étaient en cours d'identification par les gardes.

Aux côtés des prêtres et mages arrivés les premiers, la silhouette du cardinal Hohenheim était également confirmée.

« Cardinal Hohenheim. »

« Ton frère est là-bas. »

Sans daigner défaire son air mécontent, le cardinal Hohenheim désigna du menton l'endroit où gisait le corps du cadet.

Le regard du ministre des Finances se porta sur un corps réduit quasi à l'état de squelette.

Apparemment, il avait été dévoré par la cinquantaine de zombies.

Il faillit vomir son dîner.

« Un mort-vivant capable de tuer tant de monde... »

« J'ai été prévenu par ma petite-fille et le maître Armstrong. »

Le cardinal Hohenheim expliqua la conclusion de la tentative d'assassinat du baron Baumeister par l'héritier, deux jours plus tôt dans les terres vierges, et l'existence des résidus de ressentiment qui s'étaient enfuis vers la capitale.

Rien ne pouvait probablement être fait, mais par précaution, il avait demandé vigilance.

Le message était parvenu en urgence via un mage de communication employé par le marquis Breithleder.

« C'est pourquoi j'avais mis en attente plusieurs prêtres capables de purification de haut niveau. Le ministre de la Guerre Edgar, lui, avait reçu le rapport de Paul et tenu prêts plusieurs mages maîtrisant le feu de haut niveau. »

Grâce à cela, aucune victime hors des participants à la fête ne fut à déplorer.

Un prêtre détecta la montée en puissance du mort-vivant, s'élança dans la salle, purifia instantanément la masse de fumée noire qui ricanait en regardant le baron Ruckner dévoré vivant par les zombies.

Puis, avec les mages arrivés à la suite, ils incinérèrent jusqu'au dernier zombie.

« Comment... Je n'ai reçu aucun rapport... »

« Crois-tu que c'était possible ? Une part de responsabilité de ce massacre incombe à ton frère, pourtant victime. »

Une part ? C'était le commanditaire, et le ministre des Finances Ruckner le savait trop bien.

« C'est exact, mais... »

« Ma petite-fille et son fiancé le baron Baumeister ont failli y passer à cause de ton frère. Tu l'as laissé courir sans sanction, t'es laissé intimider par son coup de bluff, et tu veux qu'on te concède des droits ? Tu cherches à tirer les marrons du feu sans te salir les mains ? »

« Non, jamais... »

Lui était ministre et marquis, mais le cardinal Hohenheim, bien que vicomte, était un dignitaire de l'Église.

De surcroît, l'erreur venait de son camp ; il ne put que s'incliner, pétrifié.

« Enfin, le développement des terres vierges requiert ta coopération comme ministre des Finances, alors je n'en dirai pas plus. Mais une marque de sincérité s'impose, à mon avis. »

Sur ces mots, le cardinal Hohenheim remercia les mages dépêchés sur ordre du ministre de la Guerre Edgar, ordonna aux prêtres de purifier minutieusement le manoir, et quitta les lieux.

Le ministre des Finances Ruckner ne put que suivre des épaules affaissées le dos qui s'éloignait.

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