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The 8th Son? Are You Kidding Me?

Chapitre 53

The 8th Son? Are You Kidding Me?The 8th Son? Are You Kidding Me?
Chapitre 53

Chapitre 53

Chapitre 53/6088%~42 min de lecture8 259 mots

« Bon, alors, aujourd'hui encore, la formation sévère du maître commence. »

« C'est vrai... Dis-moi, Wend, tu penses que purifier une propriété à vice caché ou l'entraînement du maître, c'est quoi le plus facile ? »

« Pose pas la question... »

De ce manoir qu'on avait reçu en guise de remerciement pour l'exorcisme de la part de ce suspect M. Linheim, Luise et moi nous apprêtions à sortir, l'air las.

En fait, pour être précis, on ne nous l'avait pas « donné », on l'avait « échangé » contre le paiement de l'exorcisme.

Je n'éprouve pas le moindre sentiment de gratitude envers ce louche M. Linheim.

Évidemment, après l'affaire Linheim, je suis allé me plaindre auprès du Cardinal Hohenheim.

Élise m'accompagnait, mais comme il savait qu'on viendrait chez les Hohenheim, il nous attendait et nous a dit ceci :

« Linheim est un homme connu dans la vente de biens de luxe en surface. Mais en même temps, il est célèbre pour le commerce de biens à vices cachés dans l'ombre. »

Il rachète à bas prix des biens qui n'ont aucune chance de se vendre, ou alors il dit aux propriétaires : « Si ça se vend, je prendrai une forte commission », puis il utilise ses propres connexions pour les purifier et les revendre comme des biens normaux, empochant le bénéfice.

Ces connexions, c'est principalement l'Église, et il y investit largement.

« Pour une raison quelconque, cet homme a un flair incroyable pour repérer les endroits où nous allons construire une nouvelle église. »

Il arrive les mains frottées après avoir même fait le terrassement à l'avance, et il vend même un peu en dessous du cours.

C'est louche, mais il a du talent comme agent immobilier.

C'est le genre d'homme qu'il est.

« Donc, la priorité de purification est élevée ? »

« Il ne lésine pas sur les dons. Il est très populaire auprès des prêtres d'origine roturière. »

D'après M. Hohenheim, il est sensible aux désirs des gens.

« Grand-père ! Imposer une purification de cette difficulté à Wendelin-sama qui est un amateur, tout d'un coup ! »

Élise, qui s'était interposée dans la conversation, s'emportait à nouveau contre le Cardinal Hohenheim.

« Pardonne-moi. Puisque hier, tu as pu faire l'exorcisme en bonne entente avec ton cher mari, laisse tomber, veux-tu ? »

« Mon cher mari... »

Mais c'est ça, l'expérience des années.

Il a esquivé légèrement et a même contre-attaqué, si bien qu'Élise est devenue toute rouge et a baissé la tête.

« Cela a tout de même été un bon entraînement pour la purification. »

« Et puis. Même si le gendre l'a gagné lui-même, imagine qu'un nouveau venu achète tout d'un coup un manoir dans le quartier des hauts nobles en claquant une fortune. Tu crois que ça se passe comment ? »

« Hein, c'est si terrible ? »

Le fait que je sois le huitième fils d'un chevalier pauvre ne joue pas en ma faveur.

Un nouveau venu qui utilise sans compter sa puissance financière pour acheter un manoir d'ex-baron ou plus dans le quartier des hauts nobles.

Juste pour ça, on murmure dans le dos : « Un parvenu, ce nouveau venu... »

« Toi, un manoir dans le quartier des bas nobles, c'est largement assez. »

« C'est là qu'intervient l'histoire. Ce louche Linheim et l'Église dans l'ombre t'ont berné, on t'a fait purifier plusieurs biens à vices cachés de la pire espèce sous couvert de "présentation". Si on pense à cette peine, le manoir de baron, c'est déjà pas mal. »

D'après le Cardinal Hohenheim, ce genre d'égards est nécessaire pour les parvenus.

Les mauvaises rumeurs des nobles se portent aussi sur M. Linheim qui a su m'utiliser pour engranger d'énormes profits.

Comme il a déjà la réputation d'être louche, c'est encore pire.

« Les biens à vices cachés purifiés se vendent normalement, en plus. »

« Il y a aussi ceux qui attendent leur tour dans le quartier des bas nobles parce qu'il n'y a pas de manoirs disponibles. On peut dire que le gendre leur a fait une fleur. »

Juste pour l'achat d'un manoir, je finis par ne plus comprendre les nobles.

Comme je suis un roturier à l'intérieur, j'en ai d'autant plus l'impression.

« Au final, même ce manoir qu'on a eu gratuitement avait un truc bizarre qui y était attaché. »

L'esprit d'une jeune femme en uniforme de servante est venue nous dire en souriant : « C'est le maître ? Si c'est le maître, je vous coupe en huit morceaux tout vivants. » Nous sommes tous restés sans voix.

Heureusement, Élise l'a doucement persuadée et elle a atteint la paix grâce à une légère magie de purification.

« Quoi ? Ce Linheim, il a filé une propriété à vice caché jusqu'en guise de récompense ? »

« Il a dû penser que moi et Élise, on pouvait la purifier. »

« Toujours aussi imprévisible... Faudra que je le presse un peu plus tard. »

Le lendemain, convoqué par le Cardinal Hohenheim, il l'a pressé ?

M. Linheim est venu s'excuser et a fourré un acte de propriété en disant qu'il cédait un autre manoir.

Quand on s'est rendus immédiatement au manoir indiqué sur l'acte, c'était apparemment un manoir qu'avait utilisé un certain membre de la famille royale.

Un immense terrain avec une vaste demeure.

Et en même temps, tous les murs d'enceinte étaient couverts de talismans officiels de l'Église, et des centaines de mauvais esprits volaient en plein jour dans l'enceinte : c'était une propriété à vice caché de classe catastrophe.

« Voyons... (C'est le manoir du frère cadet du roi de sept générations auparavant. Cette personne avait pour passe-temps de torturer et massacrer de nombreux serviteurs, vassaux et leurs familles dans les sous-sols. Mais chut, c'est un secret.) ... »

C'est une histoire atroce, mais que le frère du roi soit un tueur en série hédoniste, si ça se savait, ce serait un problème. Au final, on a fait passer le frère cadet pour mort de maladie.

Toutefois, à cause de cette liquidation secrète, la rancœur des victimes a stagné et s'est accumulée dans le manoir et le terrain.

Maintenant, même l'Église a jeté l'éponge, c'est devenu une propriété à vice caché de classe fléau.

D'ailleurs, tous les manoirs du même quartier étaient vides.

Les hauts nobles connaissent bien l'origine de ce manoir, et ils hésitent même à déménager dans le voisinage.

« Ce faux agent immobilier ! »

« Wendelin-sama ? »

« Rien que de le posséder, c'est une gêne ! »

Finalement, ce manoir aussi, on a dû le purifier à deux, Élise et moi.

Mais comme c'était une propriété à laquelle même des gens d'Église de générations successives avaient renoncé, la purification a demandé un temps et une puissance magique énormes, au point qu'on a dû sauter l'entraînement avec le maître ce jour-là.

« Purifier CE bien ! Moi, je n'aurais même pas l'idée de m'y risquer ! »

C'était une propriété dont même le maître Armstrong disait ça, mais on a réussi à la purifier.

Grâce aux conseils et à la coopération d'Élise, ceci dit.

Seul, j'aurais échoué c'est sûr, et Élise seule n'a pas assez de puissance magique, donc c'était impossible.

« Ce faux agent immobilier, il va pas venir les mains frottées pour nous proposer de le vendre, hein ? »

« On ne peut pas l'exclure... »

« S'il fait ça, je ne le lui vendrai pas ! »

Si ça arrivait, ça m'énerverait, alors j'ai exprès vendu le bien purifié à un agent immobilier ami du Margrave Breithleder, et il est parti pour quinze pièces d'or blanc, mais...

« Ce manoir du frère cadet sanglant, les manoirs alentours ont tous été rachetés à bas prix par l'immobilier Linheim... »

« C'est ça, le faux agent immobilier. »

« Même entre confrères, il est célèbre pour être louche. »

Malgré tout, peu de temps après, tous les manoirs rachetés autour ont été vendus, et il a envoyé une grosse somme en prime.

Il a l'air d'avoir une certaine sincérité, ce louche M. Linheim est vraiment un personnage incompréhensible.

Au final, il n'en reste pas moins louche.

« Les boulots de purification qui viennent de ce faux agent immobilier, la paye est bonne mais le niveau est élevé. »

Depuis, je prenais parfois ce genre de commandes, aussi pour m'entraîner à la magie de purification.

Les clients, c'est l'Église pour moitié, et M. Linheim pour l'autre moitié environ.

La paye est bonne, et contrairement à l'entraînement du maître, j'ai le sentiment concret de m'entraîner à la magie, donc je finis par accepter.

Avec Élise en rôle de prof, récemment on allait jusqu'au quartier des bas nobles et aux quartiers commerçants et industriels, mais toutes les demandes étaient des purifications de biens à vices cachés de la pire espèce.

« Si c'est de ce niveau, c'est normal de laisser faire l'Église. »

Pour éliminer les mauvais esprits et les wraiths de la pire espèce qui n'ont pas été purifiés depuis des années, la force brute qui les fait disparaître d'un coup grâce à une puissance magique exceptionnelle comme la mienne est souvent la plus efficace.

D'ailleurs, le maître qui est du même type, il est nul en magie sacrée.

« Autant ne pas pouvoir l'utiliser », il le répétait souvent.

« (Dans le cas du maître, il tuerait les mauvais esprits à coups de poing ?) C'est de l'entraînement magique, mais dans un sens différent de l'entraînement avec le maître. »

L'entraînement du maître Armstrong qui a lieu presque tous les jours hors jours de repos me rend plus fort, mais je ne peux pas vérifier une progression technique comme la magie qu'enseigne M. Brantack.

En plus, l'entraînement se limite au combat magique rapproché, donc j'en oublie presque que je suis un mage.

Luise aussi a l'air d'oublier qu'elle s'entraîne au style magique martial.

Elle insiste d'ailleurs sur le fait que le style magique martial est un art martial bien plus élégant et technique.

« Bonne route. »

Et voilà Élise, ma fiancée, qui nous voit partir en discutant comme ça.

Elle a su qu'Ina et Luise vivaient avec moi depuis l'époque du manoir de Breithburg, et une fois les travaux du manoir terminés, elle a débarqué avec ses bagages pour squatter.

En termes mondains, c'est de la cohabitation avant le mariage, mais elle s'en fichait complètement des rumeurs.

Elle a peut-être une personnalité étonnamment imperturbable.

En plus, elle a recruté tous les domestiques nécessaires au nouveau manoir via les connexions des Hohenheim.

Elle-même prépare mes repas et mes gâteaux, fait le thé, et s'occupe de tout le reste.

D'après Luise, c'est « déjà une jeune maîtresse ».

Bon, cela dit, je n'ai pas encore mis la main sur elle.

Dans ce monde, il semblerait qu'il y ait l'idée que les rapports avant le mariage sont strictement interdits pour une femme non mariée qui doit devenir l'épouse légitime d'un noble.

Pourtant, on entend énormément parler de concubines et de maîtresses.

Un baiser, au moins, je voudrais qu'on me le permette comme prolongation de la salutation.

Sûrement que les autres nobles le font aussi.

« Élise, t'es motivée. »

« Si en plus on avait droit à un bento... »

Ce n'est pas qu'Élise soit mauvaise cuisinière.

L'entraînement du maître comprend un menu incompréhensible : « se procurer sa nourriture soi-même ».

En gros, le midi, il faut aller chasser son gibier dans la forêt.

Luise et moi, on le cuisinait quand même pour le manger, mais le maître, lui, se contentait de le saigner, le griller, saupoudrer de sel, et répéter.

En plus, il nous le propose comme plat principal.

« Maître, y a pas d'autres façons de le cuisiner ? »

« Inutile. Moi, j'aime cette façon de manger par-dessus tout. »

Né dans une famille noble sans aucun souci, il était second fils avec du talent magique, alors il s'est lancé dans le métier d'aventurier pour le développer.

Il n'a pas été mis à la porte malgré son rang de second fils grâce au soutien de son ami d'enfance l'Empereur actuel, et parce qu'il y avait un troisième fils.

Ça a l'air d'un changement d'environnement dingue, mais il avait l'air d'apprécier ce changement à un point incroyable.

À la maison, il n'avait jamais mangé ça : des plats populaires grossiers et salés, de l'alcool cheap mais fort.

Quoi qu'il mette en bouche, il disait : « C'est la première fois que je mange ça. Un goût étrange. » Au point que les autres membres de l'équipe étaient abasourdis, et il s'est habitué au métier d'aventurier en un clin d'œil.

« Le bivouac, c'était aussi un plaisir ! On saigne le lapin attrapé et on le grille. »

Puis on saupoudre de sel et on mange.

Le maître a adoré cette méthode de cuisine.

Mais il ne pouvait pas manger ça chez lui ni dans son propre fief de vicomte.

C'est pour ça qu'il aimait tant partir en mission à l'étranger sur ordre de l'Empereur.

Même pendant la mission de reconnaissance de la Plaine de Parkenia, il a passé des jours à sillonner la plaine tout seul pour faire du bivouac qu'il adorait.

Comment dire, ça lui va terriblement bien.

« Moi, je préfère le bento d'Élise. »

« Moi aussi, quoi qu'on attrape, c'est saigner et griller au sel, j'en ai marre. »

Mais ça ne veut pas dire que ça va disparaître.

On se résigne à sortir du manoir, mais tristement, grâce à l'entraînement du maître, mon flair est devenu anormalement bon.

Luise a dû s'en rendre compte dès l'entrée du manoir.

Elle me faisait un sourire lourd de sens.

« Qui va là ? »

« Kii, kii, vous avez remarqué ? »

Quand je les interpelle, plusieurs hommes apparaissent de derrière le portail.

Âge : début vingtaine pour la plupart, la quarantaine 후반 pour celui au centre.

Tous portent des vêtements qui ont l'air chers, ce sont des nobles.

Et celui au centre a l'air d'un rang très élevé.

Cheveux blonds séparés sept-trois, taille 1m80, poids 150kg environ.

Un métabotype typique, toujours le souffle bruyant, et on ne dirait pas du tout qu'il connaisse les arts martiaux.

« Ro, ro, ro, Romnus Albert von Helter, Duc, c'est moi. »

Il est Duc.

Donc, il a le sang royal.

Et sa façon de parler ressemble trait pour trait à ce peintre célèbre des dramas de ma vie d'avant, j'ai failli rire.

Si je lui donne un onigiri, il sera content ?

« Euh, Duc-sama, quel est l'objet de votre visite ? »

« O, o, o, je viens vous provoquer en duel. »

En disant ça, il lance son gant blanc.

Mais, grâce à l'entraînement du maître, mon flair s'est affûté.

J'ai esquivé le gant blanc d'un mouvement souple.

Comme c'est ce Duc un peu mou qui le lance, avec un minimum d'attention, n'importe qui pourrait l'esquiver facilement.

« Ni, ni, ni, fuir, c'est lâche. »

« Le duel, pourriez-vous m'en expliquer la raison ? »

D'ailleurs, est-ce qu'on peut faire un duel comme ça, sans plus ?

Si le duel est illégal, et que je le blesse ou le tue, et qu'on me poursuive.

Au pire, on pourrait parler d'exécution, ce qui serait embêtant.

« Bo, bo, bo, c'est parce que vous avez mis la main sur mon Élise-chan. »

« Hein, c'est vrai ? »

Je demande involontairement à Luise à côté de moi.

En fait, j'ai pensé à la possibilité qu'avant nos fiançailles, elle ait été promise à ce Duc.

« Comment veux-tu que je le sache ? Mais maintenant, Élise est la fiancée de Wend, donc. »

« C'est vrai. Dans ce cas, rentrez chez vous. »

Peut-être qu'autrefois, sur ordre du Cardinal Hohenheim, elle a été sa fiancée.

Mais c'est du passé, donc je m'en fiche.

« So, so, so, pour une raison pareille, je ne peux pas me retirer. »

« Hé, attendez ! »

Là, un des jeunes hommes de la suite du Duc m'interpelle.

« Je suis Dietmar von Balshmed, Baron, ami du Duc. »

Maigre comme une mante religieuse, le genre d'homme qui irait parfait en larbin.

Les deux autres sont dans la trentaine, des chevaliers nommés Endels et Hepken.

Probablement des filleuls du Duc.

Deux types très banals, d'une banalité déconcertante.

« Concernant le duel entre nobles, c'est officiellement reconnu par la loi. »

On déclare formellement, les deux parties acceptent, on fixe la date et un tiers arbitre.

Dans ces conditions, les blessures ou la mort lors du duel ne sont jamais punies.

« Donc, soyez tranquille et acceptez le duel. »

« Non. »

« U, u, u, acceptez ! »

Le Duc relance son gant blanc, mais je l'esquive encore d'un mouvement souple.

« Le duel est la fleur des nobles. Refuser, c'est une grande honte, non ? »

« Moi, j'y gagne rien du tout ! »

Certes, je ne pense pas perdre contre ce Duc qui a l'air de n'avoir jamais fait de sport, mais si je perds, il va exiger Élise.

Et puis, on ne peut pas faire un duel sans l'accord d'Élise.

Le Cardinal Hohenheim ne resterait pas silencieux non plus.

« Si vous gagnez, vous aurez l'honneur d'avoir vaincu le Duc. »

« Ha ? »

Est-ce que je passe pour un idiot qui juge les gens sur l'apparence, et que ce Duc est en réalité un maître incroyable en magie ou arts martiaux ?

Non, avec la méthode apprise de M. Brantack pour sonder la présence magique des autres mages, je n'ai pas détecté de puissance magique chez le Duc.

Au contraire, si je le bats mal, je risque d'être accusé de l'avoir tué ou blessé et de subir une peine inutile.

« Bo, bo, bo, je suis magnanime. »

« Demain, je reviendrai. D'ici là, donnez-moi une bonne réponse. »

« Ku, ku, ku, lavez-vous le cou et attendez. »

Ils disent ce qu'ils ont à dire et s'en vont, le Duc et sa suite.

Moi et Luise, on ne peut que les regarder partir, bouche bée.

« Un duel, hein. Ça fait longtemps que j'ai pas entendu ce mot. »

Finalement, l'entraînement de ce jour a été annulé pour cause de préparation contre ce Duc.

Ne sachant pas comment réagir, j'ai fait venir mon parrain, le Margrave Breithleder, par téléportation instantanée.

M. Brantack, le maître Armstrong, Élise qui est partie prenante, et nous quatre habitués, on a commencé une réunion.

Réunis dans le salon de mon manoir, après qu'Élise ait servi le thé à tous, la discussion commence.

« Longtemps ? »

« Oui, comme dit M. Brantack. »

D'après le Margrave Breithleder, les duels entre nobles existent depuis que ce royaume était un petit pays.

Honneur, femmes, terres, privilèges, biens.

N'importe quelle raison va, mais il y a des règles claires pour engager un duel.

« On jette un gant blanc à l'adversaire et on déclare le duel. »

Est-ce que dire "selon l'apparence" est impoli ?

Le maître connaît aussi les règles du duel.

« Je l'ai esquivé deux fois. »

« Alors, ce n'est pas成立 (valide). »

D'après le maître, tant que le gant blanc ne touche pas l'adversaire, le duel n'est pas déclaré.

« Vu qu'il n'arrive même pas à toucher avec son gant blanc, il ferait mieux d'arrêter le duel, ce Duc. »

« C'est ce que dit Luise-dono, mais le duel accepte les remplaçants. »

Apparemment, ce Duc.

Il ne se bat pas lui-même et laisse faire un remplaçant, mais il fait le malin en disant "lavez-vous le cou et attendez".

En un sens, il a une personnalité bien enviable.

« Mais pourquoi maintenant, après tout ce temps ? »

C'est ce que dit Ina.

S'il voulait Élise, il aurait dû faire opposition dès les fiançailles.

Le fait que ce soit maintenant, c'est louche.

« Par précaution, Élise-san, vous connaissez le Duc Helter ? »

« Oui, je le connais. »

Il y a environ deux ans, il lui a dit : « Bo, bo, bo, tu es digne d'être ma vingt-cinquième femme », et l'a harcelée pour qu'elle devienne sa femme.

« Grand-père ne cesse de refuser... »

Il ne lâche pas l'affaire, et il en arrive à dire : « Shi, shi, shi, un simple vicomte qui s'oppose à moi, un duc, c'est un manque de respect. » Et il critique le Cardinal Hohenheim en retour.

« Un simple vicomte, ce Duc... »

« Oui, comme dit le Baron Baumeister. En surface, tout le monde dit que c'est "une personne un peu difficile". »

En vrai, il est considéré comme un imbécile qui ne lit pas l'air et insulte sans réfléchir un haut dignitaire de l'Église.

Il a causé d'autres problèmes, mais comme c'est un Duc, on ne le critique pas publiquement.

Évidemment, dans l'ombre, on le descend en flèche.

Les habitants de la capitale le traitent à moitié comme un simple d'esprit.

Le Margrave Breithleder, lui, m'appelait "Baron Baumeister".

À cause de l'histoire où mon frère aîné Erich n'a pas reçu de cadeau de mariage, il veut reléguer la famille principale dans un coin de sa mémoire.

« Une caravane qui fait quelques allers-retours par an, y avait une telle famille ? » niveau de reconnaissance, comme il l'avait dit avant.

Finalement, l'histoire du cadeau de mariage n'a fuité qu'à une poignée de personnes concernées.

C'était si déraisonnable que le Margrave Breithleder a bougé pour que ça ne fuite pas.

Comme j'ai compensé tout de suite, peu de participants à la réception s'en sont rendu compte.

Nous n'avons pas l'intention de le divulguer, et eux non plus n'ont pas intérêt à le rendre public, donc pas de risque de fuite de leur côté.

Je pense que mon père, je ne sais pas, mais mon frère aîné Kurt, c'était peut-être son but.

« Le Duc Helter est le dernier frère du roi précédent. »

Membre de la famille royale, sans place où aller, il a été adopté par la famille du Duc Helter qui n'avait pas d'enfants.

Pour l'Empereur, c'est son oncle.

Malgré ses frasques passées, l'Empereur le réprimande, mais comme c'est son neveu, il acquiesce sur le moment, mais en coulisses, il n'écoute pas.

C'est la répétition de ça, donc même entre royaux, c'est quelqu'un qu'on pince du nez.

« Le Vicomte Hohenheim a dû être furieux. »

« Apparemment. Des rapports sont remontés de ses vassaux résidant à la capitale. »

Il dit "simple vicomte", mais en fait, niveau puissance nobiliaire, le Cardinal Hohenheim est au-dessus du Duc Helter.

C'est normal : le titre de Duc dans ce royaume est à moitié honorifique.

Il sert juste à garantir un niveau de vie sans honte aux princes surnuméraires.

Donc, les Ducs n'ont pas de fiefs.

Il y a très longtemps, plusieurs Ducs se sont révoltés en même temps à la mort du roi.

Depuis, les Ducs doivent résider à la capitale et sont des nobles de robe, pour qu'ils ne puissent pas lever des troupes en province en invoquant la légitimité royale.

Le nombre de maisons ducales est fixé, on ne peut pas l'augmenter facilement.

À la base, le rang a été créé à ce moment-là.

Au début du royaume, le noble au rang le plus haut devait être le roi.

Puis, quand le pouvoir royal s'est affermi, le montant de la pension selon le rang a été décidé.

Autrefois, un roi a dilapidé les finances en disant : « Mes biens, les biens du pays, qu'est-ce qui est mal à les utiliser librement ! »

Maintenant, le roi touche aussi la pension fixée pour le premier rang, et l'utilise à titre personnel.

Bien sûr, les fonds publics et les salaires sortent du budget, c'est de l'argent de poche pour le roi.

Les Ducs touchent aussi la pension selon leur rang.

« La pension, c'est la plus élevée chez les nobles. Mais pas de fief. »

Normalement, un simple vicomte de robe ne devrait pas pouvoir lui tenir tête, mais le Vicomte Hohenheim est Cardinal.

Évidemment, il a une puissance supérieure.

« Élise-san est la fille aînée du fils aîné et héritier du Cardinal Hohenheim. La vouloir comme vingt-cinquième concubine d'un Duc. Si le père est au moins chevalier, n'importe qui serait furieux. »

À ce rang, c'est déjà problématique.

Même un grand marchand ne donnerait pas sa fille pour une vingt-cinquième place.

« Grand-père a expliqué les choses à Sa Majesté... »

L'Empereur, informé, a convoqué le Duc Helter pour le gronder.

Mais c'est bien l'homme de sa réputation.

Quand ça l'arrange, il brandit son titre d'oncle de l'Empereur, mais quand il se fait gronder, il dit : « Les remontrances d'un neveu, je m'en fiche. » Il ne se corrige pas et continue de réclamer Élise comme concubine régulièrement.

« En un sens, c'est un personnage impressionnant. »

« Oui, il agit juste selon ses désirs. »

Face à la remarque d'Erwin, le Margrave Breithleder répond avec une mine contrariée.

Il a dû subir des désagréments par le passé.

« Ce qui m'étonne, c'est que ce Duc Helter a vingt-quatre femmes. »

« Si on compte les maîtresses non enregistrées, c'est le triple. »

« Comment il fait pour ne pas faire faillite... »

Même s'il est de robe, c'est un Duc, sa pension doit être élevée.

Mais proportionnellement, il doit employer du monde, avoir des obligations sociales nobles.

En plus, parenté avec la famille royale, ces obligations aussi, et les Ducs n'ont généralement pas beaucoup de marge.

Pourtant, il a vingt-quatre femmes.

Comment il gère son budget, ça m'intrigue.

« (En fait, c'est un homme capable qui fait de la finance ?) »

« Non non. Cet homme est noyé sous les dettes. »

On peut dire que c'est le Margrave Breithleder.

Il connaît les finances de la maison du Duc Helter.

« De son vivant, les dettes ont gonflé d'un coup. »

« La raison, trop simple... »

Train de vie, femmes, soutien à ses larbins lèche-bottes qui étaient là tout à l'heure.

Chaque année, la pension ne sert qu'à rembourser les dettes.

« (C'est de l'autofinancement, ça.) »

Dans cet état (noyé sous les dettes), vouloir épouser Élise, c'est d'une inconscience béate.

« Quand mes fiançailles avec Wendelin-sama ont été annoncées, il s'est calmé. Il a renoncé, comme pour les autres. »

« Il a un plan infaillible ? »

« Plan infaillible, ou plutôt, il a dû trouver un remplaçant capable de battre le Baron Baumeister en duel. »

« Un duel... »

Bêtes féroces, dragon osseux, vieux dragon ancestral, pas mal de monstres.

J'ai une certaine expérience du combat.

Mais le problème, c'est que le combat contre des humains, je ne l'ai connu qu'avec l'entraînement du maître Armstrong.

Il y a une possibilité de défaite inattendue.

« D'abord, un gamin tueur de dragons. Trouver un remplaçant qui puisse le battre, c'est dur... »

M. Brantack, ancien aventurier, commence à passer en revue les aventuriers mages de haut niveau que le Duc Helter pourrait engager.

« L'Explosion Kimbley, il prend pas de remplaçant. La Blizzard Lisa, ce duc endetté peut pas payer sa prime... »

« Des surnoms bien dangereux. »

« Pour un aventurier, le surnom, l'impact, c'est vital. Ça change le nombre de contrats. »

C'est comme donner des noms flashy aux catcheurs.

Tous deux sont des aventuriers actifs célèbres.

« Comme c'est un duel formel, impossible d'utiliser des techniques pour surpasser la puissance et la force magique du gamin. »

Comme on démarre à égalité, le remplaçant ne peut pas facilement utiliser des embuscades ou des coups fourrés basés sur l'expérience.

Du coup, battre purement et simplement un mage à haute puissance comme moi devient difficile.

Ceux qui accepteraient d'être remplaçants dans ces conditions, ce sont de sacrés masochistes, dit M. Brantack.

« À moins qu'ils pensent que je suis en fait faible ? »

« C'est possible. »

C'est un piège où tombent les nouveaux qui découvrent leur talent magique, arrivent à niveau intermédiaire par un entraînement modéré.

« Moi aussi, j'aurais pu battre ce dragon osseux. En fait, j'aurais été encore plus à l'aise. » Ils finissent par le croire.

C'est aussi la tragédie de la magie qu'on peut apprendre plus ou moins en autodidacte.

« Gamin, le maître et moi, on va t'apprendre la méthode du duel, alors accepte. »

« C'est bon ? Je veux dire, vous êtes sûrs ? »

« Moi ou le maître, c'est ta défaite. Mais par chance, le Duc Helter ne nous a pas demandé d'être remplaçants. »

« Moi non plus. Mais, cinquante-sept ans sans duel. Ça va être amusant. »

« Heu, ce n'est pas vraiment un événement amusant... »

Quelqu'un va se battre en duel, et le maître est comme d'habitude.

Il a vraiment l'air d'aimer les duels, comme son apparence le laisse deviner.

« Avant, j'en ai demandé un à un noble qui me déplaisait, mais il a pleuré pour refuser, j'ai été déçu ! Un grand homme, c'est pathétique ! »

« (Contre le maître, un duel, c'est la mort assurée, non ?) »

Hors le maître, tout le monde a compatit du fond du cœur à ce noble.

« Yo, yo, yo, vous avez bien accepté. I, i, i, je vais vous envoyer ad patres. »

Finalement, sur les conseils du maître et de M. Brantack, j'ai fini par accepter le duel le lendemain.

Eux sont super contents, mais ils ont peut-être un atout caché incroyable.

« Mince. Ici, la tension... »

Le duel est dans deux jours.

La veille au soir, je n'arrivais pas à dormir à cause de la tension, j'étais sur le balcon du deuxième étage à regarder le ciel nocturne.

Dans ce monde aussi, il n'y a qu'une lune, sa couleur est un peu bleutée, mais sa taille ne diffère pas beaucoup de la Terre.

« Faut que je dorme vite. »

« Wendelin-sama, vous n'avez pas à forcer pour moi... »

Là, Élise, qui s'était réveillée elle aussi, m'appelle.

Élise est gentille, voyant ma tension, elle a commencé à dire qu'il valait mieux annuler le duel.

Mais c'est impossible.

Laisser ce clone de peintre métabos de quarantaine prendre Élise, treize ans, comme vingt-cinquième femme, ma fierté misérable ne le permet pas.

Ou plutôt, un ossan de quarantaine avec une belle adolescente à gros seins de treize ans.

D'abord, je trouve ça criminel.

Dans ce monde, ce n'est ni illégal ni rien, mais le juge dans mon cœur l'a déclaré coupable.

« Élise, sois tranquille et regarde. Élise est ma fiancée. Je vais montrer au monde que je balaie n'importe quel imbécile, même un Duc, qui y touche. »

« Wendelin-sama. »

« T'inquiète, tant que je ne me laisse pas avoir, ça ira. Je ne donnerai pas Élise à ce crapaud. »

« Oui, entendre ça me fait plaisir. »

J'attire Élise contre moi, et on regarde la lune à deux.

Situation parfaite, ma réplique cool.

Maintenant, je suis en position de grande victoire.

« Moi aussi, je crois en la victoire de Wendelin-sama. »

« Merci. »

On s'échange un doux baiser, puis on rejoint chacun sa chambre pour se préparer au lendemain.

« Saaaaa ! Aujourd'hui, c'est le grand événement attendu ! Le duel entre le héros tueur de dragons, le Baron Baumeister, et le remplaçant du Duc Helter, cinquante-sept ans après le dernier, va commencer ! »

Moi qui ai accepté le duel, le lendemain matin, je me rends sur le lieu guidé par l'invitation envoyée par le Duc Helter.

Je pensais qu'on le ferait dans un terrain vague en banlieue, mais c'est en fait au Colisée Royal.

Ce Colisée Royal accueille le tournoi royal des arts martiaux, les combats d'entraînement des divers ordres de chevaliers.

C'est une somptueuse installation en pierre qui peut accueillir trente mille spectateurs.

« Malgré le peu de temps, vous avez bien réussi à réserver. »

« Le Duc Helter a des entrées au château. »

C'est le Baron Balshmed, le type mante religieuse d'hier, qui le dit avec fierté.

D'après les infos du Margrave Breithleder, parmi les larbins du Duc Helter, c'est le plus cérébral.

Comme le niveau intellectuel du groupe est douteux, le Baron Balshmed, qui est juste un peu au-dessus de la moyenne, passe pour le cerveau.

« Au Colisée, il y a du personnel qui met des barrières anti-magie dans les gradins pour que la magie n'atteigne pas le public. Alors, utilisez la magie à volonté. »

« T'es confiant. Je pensais que tu allais interdire la magie. »

« C'est votre seule spécialité, non ? Profitez-en. »

Clairement, il se moque de moi, mais je m'en fiche.

Plutôt, c'est le remplaçant qui m'inquiète.

« Bon, on est arrivés. »

Le Colisée est déjà plein.

Et ils vendent et achètent frénétiquement des papiers, les serrant fort.

« Hé, vous pariez sur le duel de quelqu'un ? »

À côté de l'homme qui vend les papiers, une pancarte indique les cotes actuelles.

« Voyons... Baron Baumeister 1,1 contre 1. Duc Helter 13,5 contre 1 ! »

Les paris sont largement en ma faveur.

Mais ça ne me rapporte rien, donc peu importe.

« Cette confiance, dans peu de temps, elle va se transformer en désespoir. »

Le camp du Duc Helter a l'air d'avoir préparé un atout caché incroyable.

Le Baron Balshmed inclus, tous me sourient d'un air mauvais.

Avant le match, en passant de la salle d'attente à l'entrée du Colisée, on voit bien les gradins.

Salle comble. Beaucoup de gens s'intéressaient à ce duel, tradition rare.

Et dans une partie des gradins, des places pour les personnes concernées.

El, Ina, Luise, mon frère Erich, la famille Brant, le maître, M. Brantack, le Margrave Breithleder et ses vassaux.

En fait, tout le monde a peut-être soif de divertissement.

Ils sont venus s'inquiéter, mais pourquoi tout le monde a acheté des en-cas et des boissons et a l'air de s'amuser ?

« Saaaaa ! Bientôt, l'entrée des combattants ! »

Suivant l'annonce anormalement énergique, j'entre dans l'arène du Colisée, où m'attendent le Duc Helter, le Baron Balshmed, et les deux chevaliers effacés, quatre au total.

« Sa, sa, sa, c'est la fin. Ri, ri, ri, le tueur de dragons finit ici. »

« Vous avez l'air bien confiant. »

« Sa, sa, sa, le meilleur remplaçant. »

« Où est-il ? »

« Ge, ge, ge, il est trop en forme, je peux pas le faire sortir encore. »

« Hein ? »

Mauvais pressentiment.

Pendant que je pense ça, le Duc et sa suite reculent, et juste après, la porte d'entrée du remplaçant s'ouvre.

De l'intérieur, un chariot portant une énorme cage avance et s'arrête à l'endroit prévu, la porte de la cage s'ouvre.

En sort un objet métallique montagneux, haut de cinq mètres, long de dix mètres.

Non, en y regardant bien, c'est un monstre.

Inférieur aux dragons élémentaires, mais plus grand que les wyvernes de petite taille.

Il vit en nombre dans la chaîne de montagnes qui sépare notre fief et celui du Margrave Breithleder.

Dragon de taille moyenne qui vit en meute, carnivore féroce, qui chasse parfois jusqu'aux wyvernes.

Le wyverne, appelé dragon volant, en sort, presque entièrement recouvert d'une armure métallique.

« Hé ! C'est un remplaçant, ça ? »

« Dans les règles du duel, il n'est pas écrit que le remplaçant doit être un humain. »

« C'est vrai... »

Les règles du duel disent seulement : « Le duelliste peut désigner un remplaçant. »

Mais le bon sens veut que remplaçant = humain, donc autre chose que l'humain, c'est non.

« C'est pas de la triche ? »

À ma remarque, le public crie « Lâche ! » mais aussi « Ça a l'air marrant, bats-toi ! »

« Il n'est pas écrit "les monstres sont interdits", une seule fois. »

C'est bien le baron Balshmed, autoproclamé cérébral.

Réflexion trop superficielle, on ne peut que rire.

Il lâche le dragon sur moi, et en même temps, il fait des paris en tant que banquier pour récupérer de l'argent.

La plupart des spectateurs parient sur moi, donc si je perds, le banquier gagne gros.

« (Il obtient Élise, et en plus il gagne de l'argent.) »

Mais comme l'adversaire est un wyverne, il a dû préparer cette armure métallique pour se rassurer.

Et cette armure, si je la sonde magiquement, c'est de l'acier recouvert de mithril.

En gros, une armure anti-magie, pour me mettre en désavantage en tant que mage.

Probablement préparé soigneusement depuis nos fiançailles.

« Sa, sa, sa, dépêchez-vous de vous battre. »

« Baron Balshmed, toi aussi, prépare-toi à te battre. »

« Hein ? Qu'est-ce que vous dites ? »

Comment ils ont capturé le wyverne, je sais pas, mais un dragon capturé qui obéit aux humains, c'est absolument impossible.

Même les petites wyvernes, personne n'a jamais réussi à les apprivoiser.

Au contraire, le nombre d'humains tués en essayant est incalculable.

La raison pour laquelle l'armée de l'air de ce pays n'a que des navires volants magiques et pas de dragonniers, c'est que les dragons ne s'habituent pas aux humains.

« Ce dragon de merde, il va d'abord aller vers vous qui avez l'air faible et seul. Meurez. »

« Ha... Je l'ai prévenu. »

Effectivement, le wyverne tout blindé fonce sur moi, seul et apparemment faible, pour me bouffer.

En chemin, je lui lance quelques flèches de feu légères, mais le revêtement en mithril fait bien son travail, aucun effet.

« Comme prévu. »

« Vous faites le fort ? »

Le baron Balshmed ricane en pensant que je suis en mauvaise posture, mais je ne vais pas perdre contre un wyverne.

D'abord, je mets une barrière magique légère pour ne pas me faire toucher.

Le wyverne fonce à pleine puissance sur ma barrière et se fait renvoyer de plusieurs dizaines de mètres.

« Na ! »

« Moi non plus, ses attaques marchent pas. Et maintenant... »

Dès lors, il suit son instinct et vise la proie la plus facile à proximité.

Le wyverne saute sur les quatre proies pour satisfaire son instinct de faim.

Oui, sur le Duc Helter et sa suite.

« Hiii ! »

La cible change pour eux, et le Duc et sa suite tombent les fesses par terre.

Apparemment, personne parmi eux n'a l'étoffe d'un noble responsable.

« Ku, ku, ku, on va être bouffés ! »

Au cri du Duc, le wyverne arrive devant eux, mais encore une fois, il est repoussé de plusieurs dizaines de mètres par une barrière magique.

J'ai mis des barrières autour des quatre.

« Si vous êtes bouffés, je pourrai plus entendre les détails. Amener un dragon incontrôlable dans un duel, c'est un scandale majeur, Duc-sama. »

Le baron Balshmed baisse la face à mes mots, mais le Duc, lui, reprend des couleurs.

« Chi, chi, chi, c'est ma chance. I, i, i, maintenant, tant qu'il est occupé, une attaque sur le Baron Baumeister ! »

« Trop con... »

Je les ai entourés de barrières magiques.

Sortir pour attaquer, impossible.

« Moi aussi, je suis entouré de barrières ! Et le remplaçant, c'est pas le dragon ? »

« Ka, ka, ka, ça n'a rien à voir ! »

Ce Duc Helter est un idiot fini, option "tout en gros".

Le baron Balshmed et les trois autres ont l'air de s'être résignés et de rester sages.

« Gamin, occupe-toi du dragon ! »

« Compris. »

Le maître Armstrong m'ordince depuis les gradins de régler le dragon, alors je transforme la terre de l'arène en lances acérées, j'en fais flotter plusieurs dans les airs, et je les tire à ultra-vitesse dans les deux yeux du wyverne.

Bien sûr, cette magie ne marcherait pas sur un dragon élémentaire.

Mais comme c'est un wyverne, j'ai réussi à détruire la partie du cerveau en passant par les deux yeux non protégés par l'armure.

« Vraiment... Si vous faites un duel, faites-le normalement. »

Je glace rapidement le wyverne mort et le range dans mon sac magique.

C'est la preuve du crime de ces idiots, je l'ai sécurisé vite.

Et en même temps.

« Arrêtez ces fous qui souillent ce duel rare ! Le jugement est remis à Sa Majesté ! »

Sur l'ordre du maître Armstrong, les quatre sont arrêtés par les gardes du Colisée.

Je ne sais pas à quel point c'est illégal, mais ils ont utilisé un dragon capturé comme remplaçant en duel.

En plus, ils n'ont pas pu le contrôler.

C'est un duel, et ils ont fait une honte pire que le duel lui-même, en tant que nobles.

Quel jugement l'Empereur va rendre, c'est passionnant.

« Wendelin-sama ! »

Après le maître, Élise descend des gradins et me saute dans les bras.

La sensation de sa poitrine est incroyablement agréable, et je pense du fond du cœur que j'ai bien fait de gagner le duel.

« Je suis soulagée que vous alliez bien. »

Cette attitude, pas du tout digne de sa réputation de Sainte, mais celle d'une simple fille de treize ans, le public trouve ça très touchant.

Soudain, des applaudissements éclatent de partout dans les gradins.

« Des applaudissements incroyables. »

« Hmm, presque tout le monde là-bas. Ils ont gagné leur pari. »

Ah oui, c'est important.

« Le banquier, le Duc Helter, il pourra payer ? »

Le banquier, plus ils ont dû parier sur leur propre victoire.

Vu le montant des dégâts, les finances de la maison du Duc Helter ont peut-être dépassé même l'autofinancement.

« Le reste, je laisse à Sa Majesté. »

Le maître dit ça et me montre discrètement un papier.

C'est une lettre de l'Empereur lui-même, qui dit que si je tue le Duc Helter ou sa suite dans l'élan du duel, je ne serai pas poursuivi.

Le maître a anticipé le risque que je tue par excès de zèle, et a obtenu cette lettre de l'Empereur.

« Ça va pas finir à l'amiable. »

« C'est un chien tombé dans l'eau, on va le frapper avec un bâton. »

« Flippant ! »

« Le Duc Helter était une épine dans le pied. Nous aussi, il faut qu'on fasse gaffe. »

« Ouais. »

Moi aussi, je jure en mon for intérieur de faire attention à mon comportement habituel.

« C'est l'avis de Sa Majesté : "Tu as bien travaillé !" »

Trois jours après l'affaire du duel, aujourd'hui jour de repos, je me repose au manoir.

Le maître Armstrong arrive avec une lettre et la récompense de l'Empereur.

Il dit qu'il n'a pas encore déjeuné, il se fait servir par Élise.

Il mange tout, puis annonce la sentence pour le Duc Helter et sa suite.

« La maison du Duc Helter est abolie. Le Duc lui-même est envoyé dans un monastère de province. Femmes et enfants retournent dans leur famille d'origine, les enfants perdent leur noblesse. Le Baron Balshmed et les trois autres, même traitement. »

Ils ont utilisé le nom du Duc pour passer devant la file au Colisée, réuni une masse de roturiers comme public et source de paris, et souillé ce duel rare devant eux.

Ils ont lâché un wyverne qu'eux-mêmes ne contrôlaient pas dans l'enceinte.

Et si le wyverne avait brisé la barrière et s'était échappé ?

Un scandale énorme, c'est évident.

« En plus, enfin les dettes de la maison du Duc Helter ont dépassé la tolérance de la maison royale. Frais pour faire capturer le wyverne par des aventuriers de tout premier ordre. Coût de l'armure spéciale en mithril pour wyverne. Paiements en tant que banquier des paris. La goutte d'eau, c'était l'autre jour. »

Au final, tous leurs complots ont échoué, et les dettes de la maison du Duc Helter ont dépassé le point de non-retour.

Pas de circonstance atténuante pour le principal coupable et ses complices, les quatre perdent leurs titres et vivront à la campagne dans la foi.

S'ils tentent de s'enfuir, ils sont encore jeunes, mais ils pourraient "mourir de maladie".

Envoyer l'ex-chef de famille noble déchu au monastère, c'est la norme.

L'exécution poserait des problèmes, alors on les garde en vie jusqu'à leur mort.

« Ceux qui ont coopéré à la capture du dragon et à la fabrication de l'armure parmi les autres larbins aussi. L'Empereur les a pressés comme des citrons, puis il a dit : "Si vous avez tant de marge, payez l'amende et je ne vous abolirai pas." Ils étaient aux larmes. »

S'ils ne paient pas, abolition, pas de plainte possible.

Donc ils ont accepté à contrecœur de payer.

« Mais c'était quoi, tout ça ? »

« Sa Majesté a loué le jeune homme. »

Moi et le Duc Helter, mes adversaires, tous les deux protégés simultanément par des barrières magiques contre le wyverne.

J'ai évité les parties blindées en mithril, transpercé les deux yeux de lances de terre pour tuer.

Enfin, j'ai glacé le dragon mort d'un coup et rangé dans mon sac magique.

« Même s'ils sont comme ça, s'ils mouraient, des idiots en feraient un problème, donc c'était une bonne parade. Le public a aussi été ravi de voir la belle magie du jeune homme. »

Ensuite, l'étreinte émouvante avec Élise après le duel.

Ça aussi, « Le jeune noble qui a brillamment abattu le dragon en duel pour protéger sa fiancée, non pas d'un cochon mais du Duc Helter », c'est la rumeur en ville.

« Une troupe de théâtre a demandé au château l'autorisation de faire une pièce basée sur cette histoire. »

« Beurk, c'est quoi ça ? »

Sûrement un truc ultra-romancé, invivable pour le principal intéressé.

« Reste la récompense pour le jeune homme. »

Le maître Armstrong me tend un sac en soie brodé de l'emblème du royaume.

Dedans, cinquante pièces d'or blanc.

« C'est beaucoup. »

« La moitié, c'est de l'argent pour acheter ton silence ! »

« Acheter mon silence ? Sur quoi ? »

« C'est juste le nom ! »

« Beurk ! Il l'dit franchement ! »

Le détail : d'abord, le prix de vente du wyverne tué.

C'est un dragon, un seul corps vaut bien plus de cinquante pièces d'or blanc.

Ensuite, le prix de vente de l'armure spéciale qu'il portait.

Bien sûr, inutilisable telle quelle, il faut la fondre, mais l'armure a un revêtement en mithril.

Ça seul a déjà une belle valeur.

« Noyé sous les dettes, mais il fait ça... »

Moi et Élise, dès nos fiançailles, il a préparé ça en serrant son dernier argent.

Sous un certain angle, on pourrait dire qu'il était incroyablement passionné pour Élise.

La direction était juste totalement fausse.

« Ensuite, une partie des actifs sortis de la liquidation de la maison du Duc Helter. »

« Hein ? Ils étaient pas noyés sous les dettes ? »

Depuis peu, les dettes avaient trop gonflé, et il ne payait que les intérêts avec sa pension.

Là, le Ministre des Finances Ruckner a négocié avec les créanciers, et a obtenu la compression de la dette et des abandons de créance.

Comme dans ma vie d'avant, quand une grande entreprise fait faillite, les banques acceptent d'abandonner une partie de la dette.

Les créanciers marchands, quand Ruckner leur a dit : « Avec les intérêts payés jusqu'ici, vous avez déjà bien gagné », ils ont honnêtement abandonné une grosse partie des créances.

« Le Baron Balshmed et les trois autres maisons n'avaient pas de dettes. »

« Alors, ils auraient dû arranger les finances de leur parrain. »

« C'est impossible, par fierté noble. »

Même la famille royale ne doit pas tendre la main aux finances de la maison du Duc Helter par souci.

D'autant plus que les larbins qui s'immiscent dans les finances de leur parrain, c'est quasi impossible.

Si le Duc Helter le demandait, ce serait possible, mais ça risquerait d'inviter une ingérence inutile suivante.

Résultat, la maison du Duc Helter a coulé, noyée sous les dettes.

La fierté des nobles, c'est vraiment chiant.

« D'autres larbins idiots qui collaboraient avec le Duc Helter, il y en a plusieurs, on leur a aussi pris des amendes. »

Ils ont cherché un groupe d'aventuriers capable de capturer un wyverne, l'ont fait capturer, passé commande de l'armure spéciale, et même avancé les fonds en se faisant dire "je rembourserai plus tard".

« Complices ? »

« Eux aussi, s'ils paient pas l'amende, c'est l'abolition, donc ils ont payé docilement. »

Quatre maisons nobles abolies, amendes récupérées.

Les maisons abolies ne touchent plus de pension, et ce germe de nuisance qu'était la maison du Duc Helter qui disparaît, c'est un bénéfice.

Globalement, c'est devenu un profit public.

Donc, une grosse récompense pour moi est logique.

« Mais, pour remplacer la maison du Duc Helter abolie, quelques princes ont commencé à faire campagne pour une nouvelle maison ducale... »

« L'Empereur aussi, c'est dur... Élise, Ina, Luise. On sort jouer. »

Une fois la fin de la discussion, aujourd'hui c'est jour de repos.

Oublier le Duc Helter, aller jouer.

« Hé, moi aussi j'y vais. Il faut bien un garde du corps. »

Erwin, garde du corps et lui aussi veut jouer, déclare sa participation.

« Moi aussi, j'y vais ! »

« Le maître, il attire trop l'attention. Mais du coup, y aura plus personne pour penser à m'enlever... »

« Moi, je veux manger le sundae seau dont tout le monde parle ! »

« Beurk, rien que d'y penser, j'ai des brûlures d'estomac... »

C'est la nature humaine, dit-on, mais enfin, mon premier duel et l'incident qui l'entoure prennent fin.

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