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The 8th Son? Are You Kidding Me?

Chapitre 41

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Chapitre 41

Chapitre 41

Chapitre 41/6068%~20 min de lecture3 983 mots

« Vérif, encore une extermination de dragon, parait-il. »

« C'est dur pour lui… »

Moi, Ina Susanne Hirenbrant, ainsi que ma meilleure amie Luise, avons fait la connaissance de Wendelin von Benno Baumeister, qui s'est révélé être un mage d'un talent phénoménal.

Notre première rencontre eut lieu lorsqu'il nous sauva d'une attaque de loups.

Récemment encore, à bord du vaisseau volant magique qui nous menait vers la capitale, il a presque seul abattu une menace de niveau calamité : un « Dragon Antique Mort-Vivant ».

Il a ensuite revendu au royaume la pierre magique géante et les os à prix d'or, et a été anobli baronnet pour cet exploit.

Au sein de la maison du marquis de Breithreid, on surnommait secrètement la famille Baumeister « la famille de chevaliers pauvres au-delà des montagnes » ou « les chevaliers buveurs d'eau », les traitant avec moquerie et mépris. Pourtant, leur huitième fils venait d'être élevé au rang de baronnet.

Quoi qu'il en ait un talent magique exceptionnel, c'était véritablement un coup de tonnerre dans un ciel serein.

« Mais ce Vérif… Il grimpe les échelons à une vitesse folle. »

C'est normal vu son talent, mais pour Erwin, c'est source d'inquiétude.

Si doué soit-il à l'épée, s'il rejoint l'ordre des chevaliers de la capitale, il y trouvera quantité de chevaliers bien plus forts que lui.

Il en va de même pour moi : il existe bien des gens qui me surpassent à la lance.

Luise est un cas à part, mais je pense qu'elle aussi s'inquiète, vu qu'elle colle à Vérif dès qu'elle a un moment libre.

Fondamentalement, Luise doit aimer Vérif en tant que femme.

Il a du talent magique, de l'argent.

Sa taille est moyenne, et son visage… elle dit toujours « il perd totalement face à mon frère aîné Erich », mais je le trouve plutôt bien fait, au-dessus de la moyenne.

En fait, Erich-san est une beauté rare même au sein de la maison du marquis de Breithreid.

Se comparer à lui, c'est déjà de la folie de la part de Vérif.

« En prime, les ennuis s'accumulent. »

Comme dit Luise, j'ai bien compris ces derniers jours pourquoi le seigneur Rüdiger avait insisté pour qu'il devienne, ne serait-ce que formellement, le vassal de Vérif.

« Je m'appelle Hector von Pringsheim ! Troisième fils de la famille chevaleresque des Pringsheim, nul ne peut me vaincre à l'épée ! »

« Lors de la récente escarmouche frontalière entre les familles Lanke et Altmann, j'ai mis hors de combat trois chevaliers ennemis ! »

« Je suis le baron Elsheimer. Pour récompenser l'exploit de Baumeister-sama contre le dragon antique, j'aimerais organiser une réception chez moi. Par pure coïncidence, j'ai une sœur qui aura douze ans cette année… »

« Il me semble que Wendelin-sama a besoin d'une servante pour s'occuper de lui. Notre maison de commerce Egelmeyer serait honorée de vous présenter une candidate convenable. C'est ma propre fille, mais même en faisant abstraction de mon partialité… »

Dès le lendemain de sa décoration, les sollicitations ont afflué.

Et ce n'est pas fini, même aujourd'hui.

« Mon coup fatal : la Grande Roue de la Lance ! »

Devant le portail de la demeure Brant, un rônin fait une démonstration — promotion personnelle ou numéro de music-hall, on ne sait pas — d'une technique incompréhensible.

Il faut se faire remarquer, c'est certain, mais comme on le voit, ce n'est pas en faisant n'importe quoi qu'on y parvient.

On dirait que le vent souffle plus fort devant la maison Brant.

Des candidats vassaux du nouveau baronnet, des nobles qui poussent leurs filles ou sœurs comme épouses, des maîtresses déguisées en servantes.

Beaucoup de patrons de maisons de commerce, car ils ambitionnent de devenir fournisseurs attitrés d'une famille noble pour grossir leur fortune.

D'ordinaire, on préfère un noble terrien, mais Vérif dispose d'une somme astronomique.

Devenir le marchand officiel de la famille Baumeister et se voir confier la gestion des fonds de Vérif…

D'après Arturio-san, c'est une aubaine qui ferait saliver même les marchands politiques.

C'est pour éviter cette foule de profiteurs que…

Erwin est capitaine des vassaux, Luise et moi sommes traitées comme gardes du corps et servantes.

Le reste, c'est que le voisinage croie de lui-même que nous sommes ses concubines.

D'ailleurs, est-ce que je dois porter l'uniforme de servante ?

« Je pense que vous avez toutes les trois la résolution nécessaire pour accompagner Baumeister-sama… »

Le ton est poli, mais les mots de Rüdiger-san sont durs.

Puisque nous avons profité de Vérif jusqu'ici, nous devons assumer les inconvénients. C'est ce qu'il dit.

« Moi, je dois apprendre le commandement militaire, entre autres. »

Erwin semble avoir pris la résolution de vivre comme vassal de Vérif.

Il ne montre aucun trouble.

« Moi, je suis la concubine de Vérif ? Sa maîtresse ? »

Pour Luise, tant qu'elle peut rester auprès de lui, ça lui suffit.

Fille d'un vassal, elle ne nourrit pas le doux rêve de devenir son épouse légitime.

« Et Ina-dono, qu'en pensez-vous ? »

« Moi… »

Depuis notre rencontre, Vérif nous a toujours traitées avec une grande indulgence.

On pourrait dire qu'il est trop bon, et j'ai abusé de cette gentillesse.

Mais contrairement à Luise, je n'ai pas su lui montrer de la tendresse ni bien converser avec lui.

Vérif doit me trouver ennuyeuse et raide.

« Pour l'instant, rester membre du groupe et vassale de Baumeister-sama me convient bien. »

C'est Erich-san, le frère aîné de Vérif, qui m'a dit ça.

« C'est aussi ma faute, je crois. »

À cause de son talent, Vérif n'a pas été maltraité par sa famille, mais ils ont entretenu une relation de non-ingérence mutuelle pendant plus de six ans.

« À son âge, il est étrangement habitué à la solitude. Il évite d'entrer en relation avec les autres. Honnêtement, je ne m'attendais pas à ce qu'il vous amène à son mariage. »

Erich-san s'est même demandé : « Est-ce que je n'aurais pas dû m'occuper de lui à la capitale jusqu'à sa majorité ? »

Les frères et les parents étaient allés jusqu'à le considérer comme dangereux.

Et lui, encore enfant, l'acceptait avec une maturité déconcertante.

« Vous êtes encore des enfants, tous les quatre. Pour l'instant, contentez-vous de régulariser la forme en surface et continuez comme avant. »

Ces mots m'ont apporté un immense soulagement.

Pourtant, quelques jours plus tard, ce même homme allait confier à cet enfant une mission bien épineuse.

« L'armée vassale de la famille du baronnet Baumeister ? »

« Moi non plus, je n'y suis pas favorable. Mais si on ne la forme pas, ça va devenir ingérable. »

Le lendemain du jour où Vérif a été emmené de force à la garnison militaire en périphérie de la capitale sur ordre du royaume.

Dès le matin, Erich-san a entamé la discussion.

Le sujet : former une armée vassale autour de nous trois.

« Aussi soudainement que ça ? »

« Malheureusement, sans ça, la situation ne se calmera pas. »

En disant cela, Erich-san a ouvert les rideaux du salon. Devant la maison Brant où nous logeons, une foule considérable s'était rassemblée.

« Des candidats au service ? »

« Non, il n'y en a presque plus. »

Ces derniers jours, notre présence s'est faite connaître.

Hormis quelques exceptions, les intrusions pour demander un poste ou imposer une maîtresse ont drastiquement diminué.

En revanche, les candidats au « prêt de camp » ont augmenté.

« Prêt de camp ? »

C'est la première fois que j'entends ce terme, et j'ai penché la tête sans réfléchir.

« D'abord, il faut savoir pourquoi Vérif a été convoqué. »

L'information vient du ministre des Finances Ruckner et du vicomte Mungela, parrains d'Erich-san.

La plus haute autorité du royaume a ordonné à Vérif d'exterminer un dragon ancestral à affinité élémentaire qui domine une zone de monstres près de la capitale, afin d'ouvrir ce territoire.

Les autres participants sont le grand mage du royaume et Burkhart-sama, lui aussi entraîné dans l'affaire.

Ce dernier n'a pas non plus beaucoup de chance, tiens.

« Le plan : nous trois abattons le dragon ancestral, puis l'armée et des aventuriers volontaires exterminent les monstres livrés à eux-mêmes. »

L'armée sera composée d'élites triées sur le volet parmi la garnison royale de la capitale.

Le reste sera recruté via la guilde des aventuriers, uniquement ceux qui ont confiance en leurs capacités.

« Ne trouvez-vous pas qu'il manque quelque chose ? »

« Maintenant que vous le dites… »

Depuis plus de deux cents ans, il n'y a pas eu de guerre, mais quand le royaume entre en conflit, il est coutume que les nobles désignés forment leur armée vassale pour y participer, en plus de l'armée royale.

« Exact. Il y a des nobles possédant des fiefs autour de la capitale, mais aucun n'a reçu d'ordre de mobilisation. Vous voyez pourquoi ? »

« Euh… À cause des récompenses en cas de succès militaire ? »

« Correct. »

Le royaume lance cette opération pour s'emparer d'une vaste région céréalière et en faire un domaine direct.

Si de nombreux nobles participent et que l'un d'eux, par malheur, accomplit un exploit militaire…

Il faudrait envisager la possibilité de devoir lui accorder des terres en récompense.

« L'armée royale compte des nobles, mais ce sont soit des cadets, soit des chefs de famille qui sont des nobles de robe. »

Pour un noble de robe, les récompenses militaires peuvent se limiter à des décorations et de l'argent.

Leur qualité de noble passe après celle de militaire, et les récompenses se règlent par de l'argent ou des promotions internes.

Quant aux aventuriers, ils sont payés à la performance dès le départ, donc pas de problème.

« Mais est-ce qu'ils veulent vraiment des fiefs détachés, loin de leurs terres d'origine ? »

« Pour leurs cadets ou leurs frères. Ça règle les successions en les donnant à d'autres branches. »

À la question d'Erwin, Erich-san a répondu ainsi.

Effectivement, vu sous l'angle de l'apaisement des conflits de succession et de l'expansion du clan, ce n'est pas une mauvaise idée.

« Attendez ? Vérif participe en tant que noble, non ? »

La loi interdit aux mineurs d'entrer dans des zones de monstres.

Vérif, bien que mineur, a été mobilisé parce qu'on a exploité une faille légale : quand un noble est réquisitionné pour la guerre, l'âge du chef de famille n'importe pas.

« Exact, il participe dans le cadre noble. »

Un noble étant mobilisé, il est naturel qu'il puisse commander des troupes.

« Mais comme l'adversaire est un dragon ancestral, il agira séparément, non ? »

Le chef de famille combat le dragon ancestral en première ligne, l'armée vassale gère les monstres en arrière.

Tel sera le partage des rôles.

« Le grand mage du royaume est baron, mais c'est l'ami personnel et le vassal le plus fiable de Sa Majesté. Il lira forcément les intentions de l'empereur. »

S'il ne lisait pas l'air, ce baron formerait sa propre armée vassale et marcherait fièrement.

Ce n'est pas le cas, apparemment.

Du moins, le ministre Ruckner, parrain d'Erich-san, n'a pas confirmé un tel mouvement.

« Le grand mage est un noble de robe. Il ne peut pas si facilement réunir des soldats aptes à former une armée. »

Même chose pour Burkhart-sama, dépêché sur demande du marquis de Breithreid.

Celui-ci maintient une résidence à la capitale, mais son personnel se limite à quelques vassaux résidents, des soldats de garde et des domestiques d'entretien.

Impossible d'y former une armée vassale.

Côté royaume, voir le marquis de Breithreid en former une serait tout aussi gênant, alors ils n'ont réquisitionné que Burkhart-sama.

« Si on laissait le marquis de Breithreid envoyer une armée vassale, les autres marquis feraient du bruit. »

« Nous aussi ! » — c'était la conclusion inévitable.

« Au final, il ne reste que Vérif. »

Sa Majesté n'a jamais dit à Vérif de venir seul.

Donc, on peut interpréter que Vérif, lui, a le droit de mener des troupes.

L'ont-ils sous-estimé, pensant que fraîchement anobli baronnet, il n'avait pas encore mis sa maison en ordre ?

Ou est-ce fait exprès ?

C'est là qu'intervient le « prêt de camp » dont je parlais : des fils de nobles ou des rônins s'inscrivent temporairement dans l'armée vassale Baumeister, y font des exploits pour enrichir leur cursus ou obtenir une lettre de recommandation.

C'est ce qu'on appelle le système du « prêt de camp ».

« Système » n'est peut-être pas le mot exact.

Le royaume tolère plus ou moins la chose, car si les armées vassales des nobles mobilisés sont trop peu nombreuses, elles ne servent à rien sur le plan militaire.

« Côté emprunteurs, ils cherchent exploits, honneur et récompenses. »

Dans le cas présent, ils abattent beaucoup de monstres pour toucher la prime, et on évalue leurs mérites militaires via une lettre de recommandation.

S'ils brillent, ils peuvent être recrutés par la famille noble qui les a accueillis, et la lettre sert de référence pour un futur service.

L'avantage pour les Baumeister : éviter la honte d'une armée trop peu nombreuse.

La nourriture et le logement pendant la mobilisation sont à la charge des Baumeister, mais l'équipement est à la charge des emprunteurs, et les morts ou blessés ne coûtent qu'une prime unique.

Pour gonfler les effectifs à moindre coût, il n'y a pas plus commode.

« Mais quand on nous dit de former une armée… »

Même si nous trois, garçons et filles de douze ans, avons un certain niveau, il est impossible de gérer et commander une armée dont le gros serait composé de vétérans « emprunteurs de camp ».

Alors qu'on était dans l'embarras, le secours est venu d'Erich-san.

« C'est là que j'interviens. Oui, mes parrains me l'ont demandé. »

L'exterminateur de dragon, héros, qui vient de fonder sa famille baronnetale et part à sa première mobilisation.

Le couvrir de honte ici, en tant que noble du même royaume, comment dire…

Sous ce prétexte, le ministre Ruckner et le vicomte Mungela ont monté ce coup pour se mettre Vérif dans la poche, devançant le marquis de Breithreid.

« Nominalement, le commandant en second sera le capitaine des vassaux, Erwin-kun. »

Cette armée Baumeister ne rejoindra pas le commandant en chef Vérif pendant la campagne.

Donc Erwin en fait office de commandant par intérim, Luise et moi intégrons l'état-major.

Erich-san gère les négociations avec les emprunteurs de camp, l'intendance financière et matérielle, la rédaction des innombrables documents à soumettre à la cour et aux administrations.

« Titre officiel : conseiller militaire et vice-commandant de l'armée Baumeister ? Comme je suis nul en combat, je me spécialise dans l'intendance arrière, comptez sur moi. »

Il est déjà allé voir Vérif pour récupérer les fonds nécessaires.

C'est bien Erich-san, pour le coup.

« Mais Erich-san n'est-il pas le chef de la famille Brant ? »

Même entre nobles, l'un se mettant sous les ordres de l'autre pose problème, me suis-je dit.

« Je ne suis encore que l'héritier. Le titre est toujours tenu par mon père adoptif. »

Alors pas de souci, mais il a sans doute reporté la succession prévue après son mariage.

Principalement sur demande du ministre Ruckner.

La transmission du titre nobiliaire peut se faire de son vivant ou après la mort, les deux sont légaux.

Généralement, les nobles de robe transmettent de leur vivant, les nobles terriens après leur mort.

Personne ne sait pourquoi, c'est juste une coutume.

Pour les nobles de robe qui cumulent des fonctions, l'explication serait qu'ils transmettent avant de devenir trop vieux pour les assumer.

Après transmission, l'ancien titulaire conserve le traitement de son rang précédent.

Pas de pension, mais en public, par exemple, Rüdiger-san serait traité comme un chevalier.

C'est une sorte de titre honorifique.

On y devine aussi le cri du cœur des vieux : « Ne traitez pas vos aînés comme des moins que rien ! »

« Alors, pas de problème. »

« "Wah, quelle galère ! Frère Erich, la prime sera généreuse !" m'a-t-il dit. Oui, juste après le mariage, les dépenses sont lourdes, c'est bienvenu. »

Bien sûr, Erich-san ne peut pas tout faire seul.

C'est là qu'interviennent le ministre Ruckner et le vicomte Mungela.

Ils envoient des fils de nobles de leur faction financière.

Des subalternes du bureau d'Erich-san prennent aussi congé pour aider à l'intendance.

« Congé ? Ça ne pose pas de problème ? »

« Aucun. Au contraire, ils sont ravis car ça compte comme mérite militaire. »

Ce sont Ruckner et Mungela qui accordent le congé, donc pas de plainte possible.

Pas de salaire pendant le congé, mais Erich-san le couvre avec le budget confié par Vérif, prime de campagne incluse, donc leurs revenus augmentent.

Même pour des fonctionnaires financiers, étant nobles, l'expérience du terrain ne peut que favoriser l'avancement.

Un congé d'un mois maximum ne nuira pas à leur carrière.

« Il y avait trop de volontaires. Refuser les seniors a été dur. »

Devenir le numéro deux effectif d'une armée vassale avec ses propres supérieurs comme subordonnés, c'est ingérable.

C'est pour ça qu'Erich-san a recruté uniquement des subalternes.

Les gens envoyés par Ruckner et Mungela sont briefés d'avance, donc pas de souci.

« Reste le marquis de Breithreid… »

Il ne pouvait pas ne pas envoyer personne. De sa résidence à la capitale, il dépêche trois fonctionnaires pour l'intendance, le capitaine de la garde et quinze vétérans, plus une vingtaine d'emprunteurs de camp qu'il a lui-même engagés.

À noter : les frais sont intégralement à la charge du marquis.

Raison : n'ayant pu faire de Vérif son mage attitré, il veut s'assurer de le garder comme gendre adoptif, et pour cela, il doit contrer le ministre Ruckner et le vicomte Mungela qui guettent la moindre ouverture.

« Le marquis de Breithreid a mis les bouchées doubles pour l'intendance. »

Quand Erich-san a annoncé la formation de l'armée vassale Baumeister, Luise et moi avons concerté et l'avons immédiatement envoyée en messagère au manoir du marquis.

Le résultat de sa course à perte de souffle est le plus gros renfort au niveau familial, preuve s'il en est qu'ils tiennent à s'assurer Vérif comme gendre adoptif.

« Et Erwin ? »

« Entretiens des emprunteurs de camp. »

Entretiens, mais comme ils ne servent à rien s'ils ne sont pas forts, il fait des matchs d'entraînement avec eux, et les deux autres commandants font des entretiens classiques.

Ces deux commandants sont les deux frères aînés qui ont prêté main-forte à Erich-san.

« Une armée aussi hétéroclite a besoin d'un minimum d'encadrement. »

Ce sont les troisième et quatrième fils, Paul-san et Helmut-san, frères communs de Vérif et Erich-san, qui commandent chacun une dizaine d'hommes dans la garde de la capitale.

Leur congé ne pose pas problème non plus, le ministre de la Guerre Edgar étant impliqué dans cette expédition.

Leur supérieur direct leur a dit « Bon courage », et ils ont obtenu une vingtaine de soldats d'origine noble.

Eux aussi aident aux entretiens des emprunteurs.

« Heureusement, le budget est généreux grâce à Vérif. D'ici la date limite, ça devrait prendre forme. »

« Combien Vérif a-t-il déposé ? »

« Cent pièces de platine. »

« Il forme une armée de corps d'armée ou quoi ? »

L'armée Baumeister, intendance comprise, doit rester sous cinq cents hommes.

C'est une armée vassale de nom, mais dans les faits, c'est l'armée de la famille du baronnet Baumeister avec des renforts extérieurs, donc c'est logique.

Si le nombre est trop grand, des nobles diront « Ce baronnet parvenu… », donc le budget confié par Vérif est excessif.

« La comptabilité est tenue, le surplus sera rendu. Et ça rassure les emprunteurs de pouvoir chasser les monstres l'esprit tranquille. »

Ça montre aussi qu'il est généreux en récompenses pour ceux qui brillent.

Cette fois, l'extermination de monstres est payée à la pièce, proportionnellement au nombre abattu.

Peu probable, mais même s'ils en tuent trop, pas de risque de manquer de fonds pour les primes.

« Cinq cents hommes pour un baronnet, c'est beaucoup. »

Un baronnet de robe normal peine déjà à réunir trente hommes pour son armée vassale.

Avec les emprunteurs de camp, on atteint ce chiffre, ce qui montre bien combien recruter coûte cher.

Un noble terrien peut mobiliser la main-d'œuvre de son fief, donc pour le même titre, il a un chiffre d'un ordre de grandeur supérieur.

Mais mobiliser gratuitement ses paysans qui paient l'impôt, c'est réduire la récolte, et avec les morts et blessés, la main-d'œuvre chute. Autrefois, beaucoup de nobles se sont ruinés après la guerre.

Les champs négligés donnent moins, les bras manquent, c'était inévitable.

« Si on ne fait pas ce chiffre, trop de gens resteraient sur le carreau et ça créerait du mécontentement. »

« C'est vraiment une armée bigarrée… »

« Une unité mixte multi-factions, pour le dire poliment. »

L'analyse d'Erich-san est d'une justesse implacable.

Cadre familial : trois frères et leurs connaissances ou subordonnés.

Le marquis de Breithreid qui vise Vérif comme gendre adoptif, le ministre Ruckner et le vicomte Mungela.

Même le ministre de la Guerre Edgar a validé le congé des deux frères et envoyé des renforts.

« Tous veulent créer des liens avec le héros tueur de dragon. »

Les emprunteurs de camp visent aussi, même sans aller jusqu'à se faire recruter, à se faire valoir dans la seule armée vassale mobilisée. Ils pensent que les lettres de recommandation obtenues ici vaudront mieux que celles d'autres nobles.

Réduire les effectifs à ce niveau a demandé un travail considérable.

« Quelle histoire compliquée. »

« Vérif est sans doute celui qui le pense le plus. Bon, les effectifs sont calés, faut décider la répartition des rôles en réunion, acheter les vivres et le matériel. Je vais contacter Arturio-san. »

La logistique, Erich-san la gère bien.

On fait ce qu'on peut, mais nous ne sommes que des enfants de douze ans.

Pourtant, nominalement, nous trois sommes les seuls vrais vassaux de Vérif.

« Tenez-vous prêtes à faire figure de décor aux endroits désignés quand il le faudra. C'est mal dit, mais… »

Je m'y attendais, nous ne sommes que de la figuration.

On ne peut pas se plaindre qu'on nous laisse pas tout gérer d'un coup, mais…

« Il y a encore un autre travail. »

« Lequel ? »

« Même si les blessures se soignent, ne mourez pas. Mes deux frères et moi, on ne peut pas vous laisser mourir, vous trois. »

C'est une guerre, même contre des monstres.

La mort est une possibilité bien réelle.

Mais pour Erich-san et mes deux beaux-frères, nous trois avons interdiction de mourir.

« C'est cruel, mais ce sont les emprunteurs de camp qui mourront en premier. »

Eux sont acculés : ils doivent risquer leur vie pour gagner leur évaluation.

En entendant ça d'Erich-san, j'ai réalisé à quel point notre environnement était privilégié.

« Pour l'instant, faire de notre mieux avec ce qu'on peut, c'est tout. »

« Ouais. Bizarre que ce soit moi qui dise ça, moi qui ne gère que l'argent… »

Quelques jours plus tard, l'armée du baronnet Baumeister, cinq cent sept hommes, termina ses préparatifs dans la précipitation et rejoignit l'armée de 파견 royale sur la plaine de Parkenia pour marcher vers le champ de bataille.

« C'est l'occasion. Abattre un max de monstres pour rembourser Vérif. »

« Toi, ton job c'est de rester au quartier général. »

« J'veux chasser du monstre ! »

« Et moi ? »

« Si tu fonces au front, les emprunteurs te détesteront. Priorité à la sécurité d'Erich-san, Paul-san et Helmut-san. »

« C'est vrai… »

Mon rôle semble se cantonner à freiner les ardeurs, mais quoi qu'il en soit, cette armée bigarrée, cette « armée aux poches pleines des arrière-pensées de chaque noble », a réussi à partir sans encombre.

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