En route pour l'aéroport d'Incheon afin de retrouver Christine, reçut un appel important.
« Christine me soupçonne ? »
— Oui. Je l'ai entendu distinctement de la bouche de Jeffrey.
Il s'agissait de la possibilité que le Prophète et la ne soient qu'une seule et même personne.
« Compris. Je me charge du reste. »
— Bien. Faites attention, Maître.
« Quel tas de conneries. »
raccrocha en esquissant un faible rire. Mais son expression devint vite sérieuse tandis qu'il plongeait dans ses pensées.
'Christine me soupçonne…'
Ce n'était pas à prendre à la légère.
'Comment a-t-elle découvert ? Je n'ai rien fait de suspect ces derniers temps… Ah !'
Une scène lui traversa soudain l'esprit.
Lorsqu'il avait tué les trois voyous qui ciblaient Christine à l'aide de la Dague Sombre.
'Ça doit être à ce moment-là. Je croyais qu'elle dormais puisque je ne pouvais pas lire ses pensées… Était-elle éveillée ?'
Malgré sa prudence, il semblait qu'elle avait découvert ses agissements.
'C'est embêtant. Ce n'est pas l'idéal que quelqu'un d'autre connaisse ma vraie identité pour l'instant…'
Il menait une double vie jusqu'ici. S'il avouait que les deux identités ne font qu'une, Christine pourrait ressentir un sentiment de trahison. Elle pourrait même se détourner de lui, se sentant trompée.
'Christine qui me tourne le dos… Rien que l'imaginer est terrifiant.'
Sans l'aide de Christine, il perdrait essentiellement l'une de ses chances de résurrection. Dans cette dernière régression, les capacités de Christine étaient indispensables.
S'il avouait la vérité, leur relation se détériorerait à coup sûr.
Il devait le nier, quoi qu'il en coûte.
'Le problème, c'est quel prétexte utiliser… ?'
Même en arrivant à l'aéroport et en s'apprêtant à embarquer pour les États-Unis, il ne parvint pas à trouver d'excuse convenable.
'Je n'aurai qu'à le nier catégoriquement. Au pire, je pourrai utiliser la Potion d'Effacement de Mémoire.'
Utiliser une potion si précieuse pour cela lui semblait du gâchis, mais il en avait deux. En employer une ne serait pas une perte excessive.
'Soupir… Je ne sais pas. Je ferais mieux d'essayer de dormir.'
Mais ne parvint pas à fermer l'œil de tout le vol vers les États-Unis.
Christine accueillit le masqué d'un large sourire. Mais il comprit immédiatement.
'C'est vrai. Je le sens quand je lis ses pensées.'
Derrière sa façade chaleureuse, son esprit était rempli de soupçons.
'Elle soupçonne que je suis le Prophète.'
Elle était aussi nerveuse, probablement parce qu'elle avait été témoin de son meurtre.
'Je comprends. De son point de vue, ça a dû être terrifiant. J'ai agi avec nonchalance en tuant trois personnes.'
En lisant ses pensées, il comprit qu'elle avait dans une certaine mesure rationalisé ses actes. Après tout, les voyous avaient braqué une arme sur elle. Mais elle ne connaissait pas tous les détails.
« Le voyage a été difficile ? »
En vérité, il n'avait pas pu fermer l'œil à cause de ses soucis.
« J'aurais pu venir te voir à la place… »
« Inutile. J'étais libre de toute façon. »
« Ne parlons pas ici. Ce n'est même pas l'heure de la prière, donc cet endroit n'est pas propice à la conversation. Laisse-moi t'emmener quelque part de plus calme. »
Christine commença à le guider vers la chapelle, mais l'arrêta.
« Non, un espace ouvert comme la chapelle ne convient pas. Il nous faut un endroit plus privé où notre conversation ne risque pas d'être entendue. »
Après un instant d'hésitation, Christine prit la parole.
« J'ai une chambre où je loge… Veux-tu qu'on y aille ? »
La chambre de Christine était confortable et dotée d'une salle de bain privée.
« C-c'est ma chambre. »
Christine rougit légèrement, peut-être gênée d'introduire un homme dans son espace personnel.
jeta un coup d'œil autour de lui et remarqua :
« Il n'y a qu'une seule chaise. »
« Ah, t-as raison. Attends, j'en vais en chercher une autre ! »
Christine ressortit en vitesse et revint avec une chaise.
Après avoir posé la chaise, verrouilla discrètement la porte.
Le léger bruit de la serrure sembla résonner dans la petite pièce. L'atmosphère devint subtilement gênante.
Mais , comme toujours, parla calmement.
« Sais-tu pourquoi je suis ici ? »
« Pour partager des informations sur la stratégie de la seizième manche… ? »
« C'est une raison. Mais il y en a une autre. »
« Pour dissiper un malentendu. »
Le cœur de Christine fit un bond.
'Sait-il que je le soupçonne ?'
Mais les paroles de avaient un tout autre sens.
« Je voulais t'expliquer pourquoi j'ai fait venir John Delgado. »
L'expression de Christine changea, marquant une curiosité sincère.
« J'ai été surprise, honnêtement. Tu as sauvé John Delgado à la quinzième manche. Je me demandais si tu avais oublié mon histoire avec lui. »
« Bien sûr que non. C'est moi qui t'ai sauvée de lui, tu te souviens ? »
« Alors pourquoi l'as-tu sauvé ? L'homme qui a essayé de me tuer ? »
« Parce que John Delgado est désormais sous mon contrôle. »