« Même si moi, je t'ai reconnu comme un sacré épéiste, tu pousses le mépris jusqu'à ce point... »
« Je n'ai pas l'intention de croiser le fer en tant qu'épéiste. Tant que je peux te vaincre, ça me suffit. Tu n'es qu'une marionnette de dieu qui apporte un massacre sans sens, un monstre et rien d'autre. »
« Ne t'emballe pas sous prétexte que tu m'as volé mon épée ! Je sais que tu es déjà à ta limite ! Tu ne devrais même plus pouvoir surpasser moi, à mains nues ! »
Les paroles d'Ares étaient exactes.
J'avais extrait une force au-delà de mes limites, et j'avais paré l'épée d'Ares de force.
À chaque coup évité, mon corps poussait un cri de détresse.
Par-dessus le marché, j'avais encaissé l'épée d'Ares, et j'avais été cloué au sol par sa lame.
Grâce aux soins d'urgence forcés de mon « Auto-régénération », je parviens tout juste à bouger, mais le prochain coup sera ma véritable et ultime limite.
J'y verserai toutes mes forces restantes.
Je porte mon regard sur l'épée dorée brisée, le magiatite.
« Gu... Ugu... »
L'or brisé s'est liquéfié, et je distingue son noyau, le corps principal, roulant non loin.
Il a l'air d'être encore en vie, lui aussi.
Mais il ne semble pas pouvoir continuer à se battre au-delà de ça.
« Atranaato... Mon corps ne semble plus pouvoir bouger correctement. Je compte sur ton aide. »
« ...Compris. »
Les fils d'Atranaato se fixent sur mon corps.
Atranaato possède une compétence appelée « Marionnette ».
Une compétence qui permet de mouvoir à sa guise la cible à laquelle les fils sont attachés.
Grâce à ça, je fais assister mes mouvements par Atranaato.
J'arrache l'immense épée d'Ares plantée dans le sol et la tiens en main.
« ...C'est phénoménal. »
Au moment où je la saisis, j'ai perçu une puissance magique colossale.
L'épée de l'antique héros... Je m'attendais à ce qu'elle ne soit pas banale, mais elle dépasse l'entendement.
J'ai manié bien des épées jusqu'ici, mais c'est la première fois que j'en tiens une pareille.
Avec un coup de cette lame, je pourrais peut-être atteindre Ares.
« Une épée magique d'une telle trempe... Ce serait dommage de la brandir sans connaître son nom. Pardonne-moi, mais je vais la tourner contre ton maître. »
J'adresse ces mots à l'épée.
Un souffle s'échappe du heaume d'Ares.
À me voir faire, il a semblé esquisser un léger sourire.
« "L'Ascalon du Jugement Divin"... On dit que c'est un trésor qui juge tout mal. De par sa taille, personne d'autre que moi ne pouvait la manier. Mais effectivement, avec ça, elle pourrait bien fonctionner contre moi, qui suis devenu un démon. »
Je fais face à Ares.
« Je sais que tu es à l'article de la mort. Je recevrai ton attaque de front. C'est ta dernière chance. »
Je lève la grande épée... l'Ascalon du Jugement Divin, vers Ares.
« On y va, Ares ! »
Porté par les fils d'Atranaato, je fonce de face sur Ares à mains nues.
Grâce à Atranaato, je peux courir avec une vitesse et un élan supérieurs à la normale.
Cependant, Atranaato ne pourra pas lire les attaques d'Ares.
Ares va tenter d'écraser mon corps qui s'approche, du poing de son gantelet.
C'est à moi de l'esquiver.
« Uooooooooooh ! »
Je crie en frappant le sol du pied.
Le poing d'Ares fond sur moi.
Le lourd poing s'enfonce dans le sol, un grondement retentit.
Je vois le sol et le mur tout entier exploser sous l'onde de choc.
Quand je reprends mes sens, ma vision est sens dessus dessous.
Sa tuerie était si intense que j'ai cru un instant avoir pris le poing de plein fouet, mais non.
J'ai pris le dessus sur la tête d'Ares.
J'ai senti le poing jaillir en un instant, et j'ai fui dans les airs inconsciemment.
Ares est resté dans la posture où il a abattu son poing.
Sa tête est offerte sans défense à ma portée.
« Prends ça, Ares ! »
Je crie en mettant toute ma force pour abattre l'Ascalon du Jugement Divin.
J'assène la lame géante sur le heaume d'Ares.
Le heaume s'enfonce, un sang noirâtre gicle.
« Im... possible... Une chose pareille... Ne peut pas exister... O, Oo, Ooooo ! »
La « Télépathie » d'Ares résonne.
Je m'effondre à genoux sur le sol.
Comme je l'avais dit, j'ai balancé l'Ascalon du Jugement Divin sur lui avec tout ce qu'il me restait.
Il ne me reste même plus la force de me tenir debout.
Mais je l'ai fait.
J'ai enfin vaincu l'antique héros.
Si l'on en croit les paroles de la Voix de Dieu, Ares était un homme transformé en « Serviteur d'Esprit » en tant qu'épéiste le plus fort.
« Je suis l'existence absolue... L'épéiste le plus fort qui deviendra le roi du monde... Moi, vaincu par un épéiste mortel qui ne possède même pas de compétence sacrée, mon épée volée, mon heaume brisé... ? »
Je sais pourquoi j'ai pu gagner contre Ares.
Ares n'était déjà plus un épéiste.
C'était un monstre qui s'était déguisé en épéiste, ayant obtenu une force si démesurée qu'il n'avait plus besoin de maîtriser la voie de l'épée.
Mais jusqu'au bout, il a tenté de se battre en épéiste.
Dans cet affrontement... J'ai peut-être un peu compris pourquoi Ares était si arrogant, pourquoi il croyait dur comme fer être l'élu.
« ...Au fond, tu voulais juste vieillir et mourir en héros des hommes, pas vrai, Ares ? »
Mais sa force trop grande, son destin, ne le lui ont sans doute pas permis.
À force d'accomplir des faits, Ares a dû prendre conscience qu'il n'était plus un simple humain, et il a été ballotté par le destin, ou par la Voix de Dieu, jusqu'à se tordre.