J'ai fait plusieurs allers-retours pour sortir toute l'argile de l'ours d'argile devant la caverne.
C'était une quantité dont je me disais « Putain, j'en aurai jamais besoin d'autant », mais vu que c'était là, j'ai décidé de tout prendre.
Y'en a jamais trop, et si j'ai du temps, je veux aussi faire des trucs genre haniwa.
De toute façon, j'ai que ça à foutre.
J'ai rassemblé l'argile de l'ours d'argile sous l'arbre où je faisais sécher la viande séchée.
Bon, bosçons ici.
D'abord, j'ai pétri l'argile pour en faire un gros truc genre marmite.
J'y ai foutu de l'eau, de la terre et l'autre argile, puis j'ai mélangé.
Vu la quantité, c'était un travail de forçat.
Avec un corps humain, j'aurais jamais pu faire un truc pareil.
Putain, que c'était crevant.
En mélangeant la terre, le volume n'a fait qu'augmenter.
Combien de pots je comptais faire, moi ?
Ceci dit, badigeonner les parois intérieures de la caverne, c'est peut-être pas con.
Ce truc a une viscosité de dingue par rapport à l'argile normale, alors je vais le couper à la terre.
Une fois le mélange avec la terre fini, j'ai pétri pour façonner des pots.
J'ai raté encore et encore, encore et encore.
Avec mes bras de dragon tout raides et mes longues griffes, j'arrivais pas à faire quelque chose de propre.
Puisque j'm'y mets, j'aimerais bien un résultat un peu plus pro, ceci dit...
À force de répéter le geste, le jour est tombé, mais moi, moitié par entêtement, j'ai continué à faire des pots.
C'était après le combat à mort contre l'ours d'argile, donc j'étais crevé, mais bizarrement, j'avais pas sommeil.
Les paupières lourdes, mais ça me gênait pas.
Je pétrissais, je détruisais, je détruisais, je pétrissais.
À un moment, j'ai fini par m'arracher les griffes qui me gênaient à coups de dents.
Le soleil a fini par se lever.
Après moult essais, j'ai réussi à faire un beau pot en faisant le fond et les parois séparément avant de les assembler.
C'est parfait. Là, c'est vraiment, mais vraiment parfait.
Bon, j'vais en faire une série du même acabit.
[Compétence de titre [Poterie : Nv 1] acquise.]
Hé hé, faut pas m'flatter comme ça.
J'ai jeté un œil au loin et ces putains de singes rouges, ces shōjō, nous mataient.
Probablement le même groupe que l'autre fois.
Je les ai fusillés du regard et ils ont dégagé en vitesse dans les bois.
Ils devaient lorgner sur la viande séchée.
Le nombre de pots.
De base, m'en faut trois : un pour les épices, un pour la viande, un pour le sel.
J'en aurai peut-être besoin de plus tard, alors faisons-en une dizaine.
J'ai ignoré mon ventre qui gargouillait et j'ai continué à pétrir des pots sans arrêt.
À chaque pot fini, je sentais ma technique s'affiner.
Hey, c'est peut-être ma vocation, ça. C'est ouf comme c'est kiffant.
Une fois les dix pots finis, la compétence de titre [Poterie] est passée au Nv 2.
Une fois le taf posé, j'ai chopé la viande séchée plantée sur l'arbre et je l'ai bouffée.
C'était dément. Le sel, c'est vraiment la base.
Merci la fleur mangeuse d'hommes.
J'ai senti un regard pendant que je mangeais, je me suis retourné : les shōjō étaient encore là.
Ils ont complètement mémorisé le goût de la viande séchée, ces cons.
Ptooey ! Dégagez !
Je les fusille du regard et ils disparaissent direct dans les bois.
J'ai pas que ça à foutre de m'occuper de vous, là.
La prochaine fois que j'ai le temps, je vous gave. Par contre, ce sera enduit de poison.
Bon, bouffe finie, place à la fabrication de marmites.
Une pour la bouffe normale, et une pour concocter des poisons, aussi.
Il me faut des réserves.
Disons cinq, large. Au cas où j'en rate à la cuisson.
Marmites finies, [Poterie] passe au Nv 3.
J'étais peut-être potier dans ma vie d'avant.
Mon talent me fait peur.
J'ai ramassé du bois mort et j'ai couvert le tout avec la grande marmite en argile.
J'ai fait un petit trou dans la marmite et j'y ai soufflé de l'air chaud avec [Souffle de bébé].
Chauffé en vase clos, le bois se carbonise.
J'ai répété l'opération pour faire un tas de charbon, j'y ai enterré mes pots et marmites, et je les ai chauffés avec [Souffle de bébé].
Comme je maîtrisais pas la cuisson, je pensais en casser quelques-uns, mais bizarrement, aucun n'a pété.
C'est peut-être grâce à l'argile de l'ours d'argile.
Quand les pots et marmites ont commencé à blanchir, j'ai coupé le [Souffle de bébé] et j'ai jeté du sable pour étouffer le feu.
Une fois refroidis, je les ai sortis du tas de charbon et je les ai lavés à la rivière pour virer la suie et le sable.
Mmh mmh, résultat nickel.
C'est beau, j'aurais jamais cru que ça marcherait aussi bien.
De retour à la caverne, j'ai transféré le sel, les épices et la viande séchée qu'étaient emballés dans des fourrures dans les pots.
Rien qu'en alignant pots et marmites, la caverne a gagné en vie.
C'est bon signe.
Y'a encore plein de terre, alors la prochaine fois, je tenterai bien des statues.
Après, je raclerai les murs de la caverne pour les nettoyer, puis j'y calerai des briques pour refaire l'intérieur.
Pour coller les briques entre elles, couler cette argile et faire un coup de [Souffle de bébé] devrait le faire.
Ça s'annonce comme un taf de dingue, mais la satisfaction sera à la hauteur.
J'vais encore passer quelques jours cloîtré là-dedans, à ce rythme.
Côté bouffe, la viande séchée me tiendra le coup.