Aller au contenu principal

Tensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga Shitai

Chapitre 248

Tensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga ShitaiTensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga Shitai
Chapitre 248

Chapitre 248

Chapitre 248/27989%~7 min de lecture1 353 mots

…… Bon sang, mais qu'est-ce que c'est que ce bordel.

Nous, c'est les Teria, la bande de voleurs qui fait taire les gosses qui pleurent. On avait décidé, une fois pour toutes, de tourner le dos au pays.

Et voilà qu'on se retrouve plantés ici, maintenant.

« Les artistes, comment vous avez fait pour entrer… enfin, pourquoi vous êtes ici ? »

« Qui est un artiste, connard, je te tue. »

Et en plus, on a cette perverse derrière qui vient nous saper le moral à grands coups de gougnafier. Franchement, j'ai qu'une envie : rentrer illico.

Je calme la colère qui me monte aux lèvres et je m'efforce de poser ma voix.

« … Moi non plus, je connais qu'une issue, mais y a plusieurs passages secrets dans cette ville. Même si les portes principales sont fermées, on peut entrer et sortir par là. Sinon, comment les gens importants pourraient-ils s'enfuir en cas de pépin ? … Cela dit, j'aurais pas cru qu'ils étaient encore utilisables. »

Le chemin qu'on a pris pour s'infiltrer, c'est exactement le même qu'on avait emprunté pour fuir le pays.

J'aurais jamais cru qu'ils l'auraient laissé tel quel, alors la surprise a été de taille. Mais en gros, ça veut dire que pour le vieux, notre évasion, il s'en foutait royalement. Se faire sous-estimer comme ça, ça me rend dingue, mais c'est grâce à ça qu'on a pu arriver jusqu'ici.

« Écoute bien, je te le dis tout de suite, la perverse. On est pas venus pour toi. »

« Kuzuha-chan, c'est ce qu'on appelle un "tsundere". C'est un peu le genre "je dis non mais je pense oui", vous voyez ? »

« Hein, le "tsundere"… C'est d'une profondeur insoupçonnée… !! »

« « « On t'a dit d'arrêter d'apprendre des conneries aux gosses !!! » » »

« Une repartie d'une protectivité terrifiante qui cache mal son bon cœur… »

« « « Ferme-la, la perverse !! » » »

Une fois qu'ils ont hurlé à trois, elle a enfin fermé son clapet. Je pousse un grand soupir.

« L'Empire se la pète et ça me saoule, alors on est venus le casser la figure. C'est tout. »

« Ouais. Du coup, vous, barre-toi vite fait. »

« Nous, on vise que l'Empire, d'accord ! »

« Teria-chan, Dax-chan, Chiwa-chan… »

« Arrêtez avec le "-chan". … Nous, c'est les Teria, la bande qui fait taire les gosses. Donc on est venus voler le trésor qu'est la prospérité. »

« … C'est votre réplique de sortie ? Vous y avez réfléchi combien d'heures ? »

« T'as pas une fois envie de te prendre une bonne raclée, toi !? »

Tu te rends compte du temps que j'ai passé à la peaufiner, celle-là, avant que vous pointiez le bout de votre nez.

À y repenser, c'est vraiment un type impoli. Peu importe combien on lui dit qu'il a tort, il nous traite de clowns, il montre pas l'once d'une once de peur, et alors qu'on s'attendrait à ce qu'il nous envoie balader, il nous traite presque bien.

Avec ce malaise diffus, je claque des dents.

« Tch. Allez, dégagez illico. »

« … Vraiment ? C'est bon ? »

« Ici, c'est l'arsenal de l'Empire. Autrement dit, y a du trésor. »

« On est venus faire notre boulot, alors occupe-toi pas de nous, sinon vous finirez en dommages collatéraux de mes bombes. »

« C'est ça, cassez-vous avant qu'on vous vende avec le butin. »

Au bout de tout ça, ils ont l'air d'avoir enfin pigé.

La perverse hoche la tête, nous regarde droit dans les yeux.

« … Si ça tourne mal, vous promettez de fuir comme il faut, hein ? »

« Tu parles à qui ? Un voleur qui a pas confiance en sa vitesse de fuite, ça existe pas. »

« … Merci beaucoup, les artistes. »

J'allais lui rectifier son tir, mais elle tournait déjà le dos.

Une flèche fond sur son dos. Je me retourne d'un bloc et la fais dévier d'un coup de couteau.

« … Comme attendu de l'ancien capitaine de l'unité des chiens de chasse. Celui-là, il vous faisait tomber les lunettes, c'était un tir critique, mine de rien. »

« Ké. T'as toujours une bouche en or mais une visée qui va droit au but, toi. »

« Capitaine Teria… »

« Shiba, c'est toi le capitaine maintenant ? »

Je l'appelle par son nom. Il baisse son centre de gravité et met sa lame en garde.

« Pourquoi… Pourquoi revenez-vous seulement maintenant ? »

« Je l'ai dit. Le vieux me saoule. Alors on est venus tout casser. »

« Nous avons été créés par le père ! Comment nous, ses créatures, pouvons-nous lui montrer les crocs !? »

« Mouais. Mais nous, on est pas le vieux. »

Sûrement qu'il comprend pas ce que je veux dire. Pas qu'il m'entende pas, mais qu'il arrive pas à l'accepter.

Face à son incompréhension, son hostilité et ses armes pointées sur nous, on se met aussi en position, lentement.

« Shiba, Akita, Spitz. Vous… Vous savez quelle est notre espérance de vie ? »

« L'espérance de vie… ? »

« Ouais. Nous, on est nés, y a "à peine cinq ans". Vous trouvez pas bizarre qu'on soit aussi ridés ? »

« C'est… »

« N'écoutez pas, Akita, Spitz !! Il essaie de nous troubler !! »

« … Ah. Ouais. C'est ça. Nous, on est en train de vous troubler, c'est ça ? »

Probablement qu'ils feraient mieux de pas le savoir.

Comme le bétail ignore son destin.

Comme les humains ignorent leur heure.

Nous aussi, on a pas besoin de le savoir.

« … C'est qu'une question de temps. »

Juste ça.

Nous, on mourra sûrement plus vite que les humains normaux. On vieillit comme des chiens, à une vitesse folle.

On a été faits comme ça. On a été mis au monde comme ça.

Donc nous, on est ce genre de bestioles. On a pas demandé à naître comme ça. C'est le vieux, Kurogane Kuon, qui a décidé qu'on crèverait jeune, et nous on a juste suivi le mouvement.

« Mais choisir sa façon de vivre, c'est notre droit, non ? »

Nous, notre vie est bien plus courte que celle des humains normaux. Mais des comme nous, y en a partout.

Les insectes qui crèvent en un mois, les bébés qui meurent avant de naître, les humains qui tiennent pas cent ans, les vampires qui en font des centaines.

Ce monde est plein de gens qui vivent et meurent. Nous aussi, on est pareils : des trucs qui vivent et qui meurent.

« Nous, on est pas des chiens de compagnie. On vit comme des chiens errants. On se salit les pattes de notre plein gré, et on crève comme on veut ! »

« C'est… C'est cette façon de penser qui vous a fait nous abandonner, putain ! Vous… Vous êtes que des traîtres !! »

Ah, ouais. T'as raison.

Nous, on est des traîtres. On a pas répondu aux attentes du père, on a vécu comme bon nous semblait, et maintenant on revient encore de notre plein gré pour tout foutre en l'air, nous, les sales gamins pourris qu'on est.

On aurait pu choisir de rester chez le père si on voulait "vivre librement", mais on a pas fait ce choix. On a pris cette route.

Pas une question de bien ou de mal. Nous, on a choisi ce chemin, eux ont pris l'autre. C'est tout.

« … On y va, Dax, Chiwa. »

« Hei, oyabun ! »

« Je vous suis jusqu'au bout du monde, oyabun ! »

« Ouais, alors… Allez, on va leur faire une petite leçon de violence familiale aux ptits frères sages !! »

Sans se prendre la tête avec des histoires de "qui a raison", on a fait un pas en avant.

Pour en finir, une bonne fois pour toutes, avec tout le passé.

Pour vivre et mourir, non pas comme des chiens de chasse, mais comme des chiens errants.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.