Au sein du Conseil Mondial, le chef d'État de chaque pays de la Terre discutait de solutions pour éviter de rejoindre la guerre aux côtés de l'Alliance Anti-Royale.
Leurs effectifs s'étaient considérablement réduits depuis le moment où Felix avait quitté la planète.
C'est parce que beaucoup de pays avaient commencé à fusionner entre eux pour protéger leurs intérêts des superpuissances de la planète.
« Quel malheur peut bien nous arriver ? » soupira M. Rodrigas, debout sur un podium face aux chefs d'État.
« Nous avons enfin créé dix flottes de base pour nous protéger... Maintenant, il faut les utiliser contre un putain d'empire ? »
M. Rodrigas avait l'impression que le destin se moquait d'eux.
Au cours des dernières années, le Conseil Mondial s'était donné à fond pour sa protection.
Ils avaient déployé un vaste filet défensif qui enserrait toute la planète, rendant impossible l'approche de l'atmosphère par des vaisseaux sans qu'ils ne se fassent bombarder par des missiles à plasma.
Ils avaient achevé la tour sur la Lune qui servirait de radar pour l'ensemble du système solaire, les aidant à repérer les intrus à des millions de kilomètres.
Ils avaient construit des dizaines de stations spatiales massives autour de la planète et même deux ascenseurs spatiaux sur deux continents.
Surtout, ils avaient constitué une armée spatiale planétaire composée de dix flottes. Chaque flotte comptait plus de vingt vaisseaux blindés conçus exclusivement pour la guerre.
Ce n'était peut-être pas grand-chose comparé aux autres planètes et civilisations avancées, mais c'était un début qui rendait les Terriens fiers.
Surtout quand ils avaient accompli tout cela en à peine quelques années alors qu'en réalité, cela aurait dû prendre plus de trois décennies.
Tout cela grâce à leurs gains du dernier jeu planétaire qui leur avait fourni des milliards de pièces, sans compter l'exposition universelle due aux résultats de Felix dans les jeux.
Le nombre de touristes visitant la planète avait flambé, leur permettant de gagner des centaines de millions de pièces ces dernières années.
Cette exposition les avait aussi aidés à conclure de nombreux accords commerciaux, soit avec l'Alliance Anti-Royale, soit avec d'autres puissances intéressées.
À cet instant précis, la Terre était déjà sur la bonne voie pour rejoindre les civilisations avancées de l'Empire si elle restait constante ainsi.
C'est pourquoi les dirigeants mondiaux étaient si p*tain de furieux à l'idée d'aller en guerre.
L'univers ne faisait que commencer à s'ouvrir à eux, et voilà qu'ils devaient faire face à un empire ancien fondé il y a des millions d'années.
« Et si on contactait Felix ? » suggéra l'un des présidents. « Ils nous ignoreront peut-être, mais j'en doute pour lui. En plus, c'est lui qui a signé le contrat d'alliance au nom de la planète. »
« Vrai ! Nous n'avons jamais voulu nous allier à eux en premier lieu. »
« S'il avait continué à diriger notre équipe planétaire dans les jeux, nous aurions gagné beaucoup de parties et obtenu des vœux plus des milliards de pièces... Ça suffit pour assurer notre sécurité. »
Quelques présidents acquiescèrent, ayant l'impression qu'ils gâchaient le potentiel de leur équipe planétaire à cause de l'insouciance de Felix.
« N'étiez-vous pas contents qu'il ne s'immisce jamais dans notre direction. » ricana M. Rodrigas. « Maintenant que les choses deviennent sérieuses, vous voulez le blâmer et l'appeler pour qu'il répare le désastre ? »
« En effet, ayez un peu de honte. »
« Si on l'appelle chaque fois qu'on est dans la merde, à quoi bon avoir un Conseil Mondial ? »
Les autres présidents soutinrent M. Rodrigas d'un air mécontent dirigé vers leurs pairs.
Il était clair que le Conseil Mondial était divisé en deux camps.
Ceux qui soutenaient Felix sincèrement et feraient tout pour appuyer ses décisions.
Les autres voulaient juste en tirer profit. Ils se fichaient de ses exploits ou des sommets qu'il avait atteints dans l'univers.
Ils ne s'intéressaient qu'à l'afflux qu'il amenait à leurs affaires, les aidant à remplir leurs poches de pièces.
« Pas la peine d'hostilités. »
Le président du Japon apaisa la tension avant qu'un tumulte n'éclate. Puis il dit : « Je comprends que demander l'aide de M. Felix puisse sembler honteux, mais nous devons au moins l'informer. »
« Les nouvelles sont partout dans les médias. » Le même président de tout à l'heure gouailla : « Il les a forcément vus, à moins qu'il ne soit aveugle ou qu'il s'en foute complètement de ce qui arrive aux Terriens désormais. »
Avant que M. Rodrigas ne puisse répliquer, un autre président s'en mêla et ajouta d'un air agacé : « Sa force et ses exploits lui ont sans doute monté à la tête. Il s'est désintéressé de la planète il y a des années et vous refusez simplement de l'accepter. »
« On n'aurait pas mieux dit. »
« Il a probablement des centaines de milliards sur son compte, pourtant il n'a jamais daigné donner ne serait-ce qu'un milliard à la caisse de la planète. »
« Donner ? Il n'a jamais appelé aucun de nous pour prendre des nouvelles des progrès de la planè... »
« ASSEZ ! »
Juste au moment où les discussions commençaient à s'enflammer dans l'assemblée, M. Rodrigas hurla de fureur, les veines du cou saillantes.
Son rugissement parvint à faire taire tout le monde, mais aucun ne le regarda avec bienveillance.
Après tout, c'étaient des dirigeants, pas des gamins qu'on engueule comme ça.
« J'ose n'importe lequel de vous de répéter les mêmes conneries quand Felix reviendra. »
M. Rodrigas en avait assez de traiter poliment ces deux catégories de présidents ingrats. Tout ce qu'ils avaient était dû à la contribution massive de Felix.
Même lorsqu'il n'était pas sur Terre, ils continuaient à bénéficier de son existence.
Pourtant, ils avaient le culot de continuer à le dénigrer simplement parce qu'il était trop occupé pour gérer leurs conneries ? Il n'allait pas l'accepter.
M. Rodrigas voulait aussi que Felix revienne et remette l'équipe terrienne sur les rails, mais il n'irait pas aussi loin que ces présidents.
« Je viens de lui envoyer un message. » M. Rodrigas les toisa d'un air menaçant et dit : « Je ne veux plus entendre un mot sur ce sujet. S'il rappelle, tant mieux, sinon on se débrouillera très bien tout seuls. »
En entendant cela, l'autre camp décida de faire un compromis et de laisser tomber le sujet, ne voulant pas mettre M. Rodrigas encore plus en colère.
En tant que président de l'Organisation la plus forte et la plus riche de la planète, son autorité avait déjà surpassé celle de tous les dirigeants.
Donc, ce n'était pas malin de se le mettre à dos.
Vrr Vrrr !
Brusquement, le bracelet de M. Rodrigas vibra, faisant s'illuminer son visage presque instantanément.
Il savait que seuls quelques individus pouvaient le contacter pendant une réunion. Felix en faisait partie.
« Ah, c'est eux. »
Malheureusement, le message provenait de l'Alliance Anti-Royale, lui demandant d'assister à une réunion dans une demi-heure pour expliquer la situation.
Ce n'était pas de Felix, mais il était tout de même content de cette convocation.
Il informa rapidement les autres, et ils partagèrent tous sa joie.
« Ça doit être une réunion pour tous les alliés. »
« Espérons qu'elle servira à nous annoncer qu'ils ont décidé de rejeter la déclaration. »
« Espérons... »
Une demi-heure plus tard...
M. Rodrigas avait été désigné comme représentant de la Terre pour la réunion.
On le voyait coincé entre un homme à deux têtes et une petite fille mince à la peau bleu foncé.
Pourtant, M. Rodrigas ne leur accorda même pas un regard, observant les centaines de figures d'autorité autour de lui.
Chacun avait le nom de la faction qu'il représentait gravé sur un panneau placé devant son siège.
Il y avait des factions connues de M. Rodrigas comme le Royaume de Coronia, le Royaume d'Alexandre et l'Union des Trois États.
Mais la plupart lui étaient inconnues.
« Ça ne peut pas être vrai. » M. Rodrigas marmonna d'un air hébété. « Est-ce que toutes ces factions sont alliées avec l'Alliance Anti-Royale ? »
Ce n'était pas lui seul qui se posait la question, la plupart des représentants continuaient à regarder autour d'eux, surpris.
Quelques observateurs avertis avaient déjà compris que non seulement les alliés étaient conviés, mais même des extérieurs !
Ils repérèrent de nombreux représentants de puissants clans de lignée, de royaumes et d'organisations dirigés par des Porteurs de Lignée d'Origine actifs.
Avant qu'ils n'aient le temps d'y trop réfléchir, le Chef Maganda, Zosia et Gabriel apparurent devant trois pupitres dans un éclair de lumière.
Le bavardage retomba presque instantanément dès qu'ils furent repérés.
Tandis que les extérieurs affichaient des regards curieux, les alliés dévisageaient ces trois avec fureur, n'ayant qu'une envie : leur mettre une raclée mémorable pour les avoir floués.
Heureusement, tous les représentants savaient se contrôler, masquant leur mécontentement pour afficher une mine courtoise.
« Bienvenue, mes chers amis, à cette prestigieuse réunion. »
Le Chef Maganda brisa la glace par une salutation polie et passa le relais à Zosia puisqu'elle était une Porteur de Lignée d'Origine.
« Je n'aime pas perdre mon temps précieux, donc je vais être directe avec vous. » Zosia les regarda avec indifférence et annonça : « Après de longues discussions, nous avons décidé d'accepter la déclaration de guerre. »
Avant que ses mots ne fassent effet, elle enchaîna : « Le format sera la Guerre Sans Règles. »
...
...
...
L'instant où elle eut fini, la salle d'assemblée plongea dans un silence terrifiant, comme si elle n'était pas bourrée de centaines de personnes.
Personne ne parla, ne toussa, ne respira bruyamment, ne bougea pas d'un millimètre. Ils fixaient juste Zosia avec un air stupéfait, n'osant pas accepter son annonce.
Les extérieurs étaient choqués que l'Alliance Anti-Royale ose réellement accepter la déclaration et choisir qui plus est ce format notoire.
Pendant ce temps, les alliés avaient l'impression que leur monde s'effondrait sur eux...
« Ce n'est pas possible... » M. Rodrigas répétait cette phrase en boucle dans son esprit tandis que ses battements de cœur s'emballaient seconde après seconde.
La peur, l'agitation, le choc et toutes les autres émotions négatives envahirent son esprit et son corps.
Qui pourrait lui en vouloir de réagir ainsi ?
Rejoindre la guerre était déjà assez effrayant, mais participer à une Guerre Sans Règles... Où leur planète serait dupliquée, et où ils seraient forcés de la défendre contre les flottes puissantes de la famille royale et de redoutables porteurs de lignée ?
Il savait qu'ils se feraient massacrer dans les premiers mois de la guerre si l'Empire accordait ne serait-ce qu'un minimum d'attention à leur cas !