Avertissement : Chapitres avancés aujourd'hui car je n'ai rien publié hier. Désolé, j'avais quelques affaires privées à régler. (●′ω`●) P.-S. : Voici les chapitres de ce jour publiés en avance !
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Pendant ce temps, dans les airs, à bord d’un avion militaire escorté par deux chasseurs, Felix était adossé à la vitre devant un hologramme flottant.
Cinq heures s’étaient déjà écoulées depuis qu’il avait été « sauvé » par l’équipe d’intervention spéciale.
Durant la première heure, on l’avait interrogé sur ce qui s’était passé au banquet, entre son empoisonnement et la tentative d’enlèvement, ainsi que sur ses éventuels moments de conscience durant cet épisode.
Felix ne manqua pas cette occasion pour accuser les Hilton en y mêlant un soupçon de mensonge à la vérité.
Par exemple, il affirma aux autorités qu’avant de perdre connaissance sous l’effet du poison, il avait remarqué qu’Adam le fixait froidement. Pour étayer ses dires, il leur montra l’enregistrement.
Cela n’aurait paru absolument étrange si Adam n’était pas réputé être la personne la plus amicale et chaleureuse de la planète.
Il leur montra même d’autres archives du camp d’entraînement où Adam le traitait toujours avec bienveillance, malgré les nombreux gestes d’ignorance dont il faisait preuve à son égard.
Face à ces émotions contradictoires, et surtout à celle capturée juste avant l’empoisonnement, le doute s’est implanté avec succès dans l’esprit des enquêteurs. Mais seulement le doute !
C’était exactement ce que Felix souhaitait. Faire soupçonner les Hilton, car il savait que l’organisation Gama ne leur pardonnerait jamais deux échecs consécutifs !
De plus, M. Gama avait besoin d’une soupape de sécurité pour évacuer sa colère, et les Hilton se trouvaient pile dans le collimateur.
À ce stade, Felix ignorait précisément comment l’organisation punirait les Hilton, mais il était certain que cela se ferait publiquement.
Une fois fait, les autorités n’auraient d’autre choix que de vraiment mettre les Hilton en tête de liste.
Pourtant, Felix ne s’imaginait pas un instant que l’organisation publierait effectivement les enregistrements de leurs marchés passés avec M. Hire !
Pour l’instant, il consultait ces fuites qui avaient fait le tour du réseau dès leur mise en ligne, trente minutes plus tôt.
Le contenu sidérait autant Felix que les spectateurs.
Tandis que le public restait sous le choc en découvrant les projets sournois que les Hilton nourrissaient contre Felix depuis le championnat national, celui-ci admirait l’habileté de l’organisation !
Il remarqua que les vidéos avaient été tournées depuis la poitrine de M. Hire, et non via ses yeux ! Cela signifiait qu’il s’appuyait sur une minuscule caméra indépendante, plutôt que sur le système d’enregistrement de la Reine !
Tout le monde sait qu’un simple bracelet permet d’enregistrer automatiquement tout ce que l’on voit de ses propres yeux.
Le processus était en réalité très simple.
Il suffisait d’ordonner à la Reine d’activer l’enregistrement, et elle capterait alors tout ce que le porteur regardait.
En transmettant les informations visuelles à son cerveau, les yeux les envoyaient simultanément à la Reine. Celle-ci les traitait ensuite pour les convertir en données exploitables.
Ces données étaient ensuite stockées dans la mémoire du bracelet. Ainsi, tous les bracelets agissaient comme autant de caméras ambulantes !
Ce qui explique que, lors de la signature de leur accord de confidentialité avec M. Hire, les Hilton n’aient explicitement interdit que l’usage du système d’enregistrement de la Reine, laissant ouverte la porte aux appareils externes !
Felix en était persuadé : l’organisation n’aurait jamais risqué de violer sciemment un contrat en publiant de telles informations sans précaution.
Felix ignorait si les Hilton étaient sous le stress au moment de la signature, ou s’ils manquaient simplement de connaissances techniques, étant donné qu’ils avaient signé avec M. Hire près d’un an plus tôt.
Quoi qu’il en soit, cette clause fatale leur avait sérieusement pourri la vie, puisque les fuites étaient désormais tombées entre les mains de l’organisation des Jeux de Suprématie et du gouvernement !
Ajouté au témoignage de Felix concernant les Hilton, cela suffisait pour faire d’eux les principaux suspects.
Felix ignorait quelle décision ils prendraient et s’en fichait royalement qu’on les enferme ou qu’on les exécute sommairement une fois toutes les infos extorquées.
À ses yeux, ils allaient finir dans le litère dans les deux cas, tant ces primes colossales placardées sur leurs dossiers inciteraient immanquablement quelques fous furieux à passer à l’acte.
Au pire, même certains porteurs de lignée dotés de capacités d’assassin n’hésiteraient pas à tenter le coup.
Enfermés ou non, c’était des morts en sursis !
La cerise sur le gâteau, c’est qu’il n’avait même pas besoin de bouger le petit doigt ni de perdre son temps à se débarrasser de pareils nuisibles. Dès qu’il avait récupéré les coordonnées du vaisseau Gama, il les avait considérées comme des pièces inutiles sur son échiquier.
S’il n’avait pas été transféré en hâte au quartier général de l’Équipe des Terriens, il se serait chargé d’eux lui-même.
Naturellement, l’organisation des Jeux de Suprématie ne rapatriait pas uniquement Felix, mais l’intégralité des membres des équipes à travers le globe.
Cette attaque les avait profondément ébranlés, surtout après avoir compris qu’elle venait d’un non-Terrien !
S’ils n’avaient pas craint que le vol affecte la santé d’Olivia et des autres, ils les auraient rapatriés eux aussi au lieu de les laisser à l’hôpital.
Évidemment, avant de monter à bord, Felix avait dû signer un accord de confidentialité lui interdisant formellement de révéler l’emplacement du quartier général.
Cela compliquait sérieusement ses prochaines livraisons, car transmettre ses coordonnées à Bodidi aurait violé les termes de cet accord.
La seule solution pour modifier ces conditions était de demander personnellement à M. Rodrigas. Bien dommage, ce dernier était actuellement occupé par ce foutu bordel.
Bientôt, Felix fit disparaître l’hologramme de son champ de vision et ferma les yeux. On ne lui avait indiqué ni l’heure ni le lieu d’atterrissage.
L’appareil volait déjà depuis quatre heures et seul l’océan répondait à son regard par la vitre.
Il supposait que l’avion survolait actuellement l’Atlantique, Boston étant dos à la mer. S’ils filaient vers l’ouest, il aurait dû apercevoir les lumières des villes et des villages qu’ils franchissaient.
‘J’espère que le quartier général ne se trouvera pas dans le grand désert du Sahara’, songea-t-il une dernière fois avant de fermer les yeux, soucieux de prendre un peu de repos.
Minuit était largement dépassé et il accumulait la fatigue suite à tout ce qu’il venait de vivre. Mais ça valait le coup.
...
Après sept heures de vol, la Reine alerta enfin Felix de l’imminente approche. Il ouvrit les paupières alourdies et bailla longuement deux fois d’affilée.
‘Oh ? Ils ont choisi une île ?’ Felix jeta un coup d’œil par la vitre et remarqua que l’appareil piquait réellement en direction de l’océan !
À oublier la terre ferme, il n’y avait même pas un seul rocher en vue ! Et pourtant, il ne ressentit aucune peur, seulement une vive surprise face au choix de l’organisation des Jeux de Suprématie.
Avant qu’il ait le temps de creuser la question, un dôme bleu immense apparut soudainement sur la trajectoire de l’avion !
Dès son apparition, il commença à se rétracter verticalement, dévoilant ce qui s’y cachait.
Félix ne put s’empêcher d’hoche la tête, satisfait, à la vue d’une vaste île sphérique ressemblant à un bel entrelacs de végétation luxuriante et de structures métalliques.
Certains bâtiments achevaient peine d’être bâtis tandis que d’autres étaient déjà terminés.
L’édifice le plus saisissant se trouvait au centre de l’île, attirant le regard par son architecture unique et résolument futuriste.
Sa forme évoquait une goutte d’eau posée au sol, lisse et totalement transparente ! Pas de fenêtres, pas de toit, ni même d’entrées visibles. Pourtant, Félix distinguait clairement quelques constructions à l’intérieur du dôme.
Si l’appareil ne descendait pas inexorablement vers le sol, le privant de temps pour se concentrer sur l’édifice, il aurait pu observer de plus près chaque détail intérieur.
Bientôt… Vrouvrou !
L’appareil toucha le sol avec succès sur la piste, pendant que les chasseurs d’escorte attendaient leur tour pour atterrir eux aussi. Ils devaient ravitailler en carburant pour le retour.
« Capitaine Felix, bienvenue sur l’île de l’Équipe des Terriens ! »
À peine Félix eut-il quitté l’avion qu’il fut accueilli par une vingtaine de personnes vêtues d’un même uniforme officiel, orné du drapeau planétaire sur la poitrine et du mot « STAFF » dans le dos.
Félix acquiesça d’un signe de tête, reconnaissant, et entreprit d’explorer l’aéroport en s’approchant d’eux.
‘Ils ont visiblement investi massivement dans cette île.’
Félix en convint après avoir vu des voitures volantes entièrement autonomes circuler sans cesse sur le tarmac, des bras robotisés charger ou décharger des colis, et surtout quand il leva la tête pour constater que le dôme bleu retrouvait activement son statut opérationnel.
Il savait que les véhicules et les robots se vendaient au prix coûtant en RVU, mais le bouclier de protection antiespionnage n’était définitivement pas une acquisition bon marché !
Son coût oscillait entre dix millions et plusieurs milliards de PS, selon la génération, l’efficacité, l’étendue du terrain à couvrir et, surtout, la résistance du bouclier.
Félix ignorait quelle génération l’organisation des Jeux de Suprématie avait retenue pour l’île, mais il estimait que le prix avoisinait nécessairement les trois cent millions de PS pour protéger une surface aussi vaste.
À propos de l’île, Félix comprit qu’il ne s’agissait pas de sa configuration naturelle : ses contours n’étaient ni plage ni terrain vierge, mais une matière dure et métallique artificielle.
Il en déduisit que l’île avait été agrandie grâce à des remblais synthétiques, créant ainsi davantage d’espace utilisable.
Mieux encore, il distingua à distance des robots vidant un liquide argenté hors d’un conteneur colossal, l’étalant sur une plateforme carrée et vide reliée à la périphérie de l’île.
Il était donc évident que l’organisation des Jeux de Suprématie n’envisageait nullement d’arrêter l’extension du territoire insulaire.
Il sembla à Félix qu’ils comptaient transformer cette île en la première cité technologique ultra-moderne du globe !
Même si elle resterait fermée au grand public, elle constituait néanmoins le meilleur endroit pour expérimenter concrètement certaines technologies venues du cosmos.
Situant en eaux internationales, cette ville appartenait de plein droit au Conseil dans son intégralité, et non à une nation isolée.
C’était précisément grâce à ce statut qui permettait à l’organisation des Jeux de Suprématie d’y déverser les ressources du Conseil !
Félix se réjouit de ces aménagements, puisqu’il comptait y passer les prochains mois !