La famille Fatches n'entretenait aucune illusion sur l'impossibilité de résister indéfiniment à l'Empire ; elle était depuis longtemps prête à plier, et ses multiples actifs avaient déjà été préparés — elle devrait in fine s'acquitter de l'impôt impérial.
Et pourtant, il est possible que ce fussent précisément les biens qu'ils avaient amassés pour payer cet impôt, mais à cause des amendes et de la pression du Gouvernement du Secteur Stellaire qui les poussa à se révolter, tout resta sur place.
Désormais, tout cela tombait entre les mains de Gu Hang.
À coup sûr, les deux autres planètes du tri-étoile Fatches recélaient des trésors semblables.
Un revirement plutôt gratifiant, qui l'épargnait de toute contrainte de collecte.
Le ressort de la zone de guerre s'étendait au tri-étoile Fatches, mais ce dernier n'était pas militarisé. Si Gu Hang entendait contrôler efficacement ces trois planètes, il lui faudrait en assumer la fiscalité.
Pour cette période, les Fatches n'avaient pas payé et s'étaient attiré leur perte ; l'Empire n'accepterait aucune excuse, la somme d'impôt due devait être couverte. Conformément au palier de développement ajusté, le tri-étoile Fatches redevait collectivement six milliards, un montant pris en charge par anticipation par le Gouvernement du Domaine Stellaire.
Cependant, le Gouvernement du Domaine Stellaire refusait de prendre tout le fardeau sur les épaules. Avant cette opération, lors des diverses négociations préliminaires, ce détail avait déjà été réglé.
La dernière campagne fiscale était déjà dépassée, inutile d'y insister ; pour celle à venir dans deux ans, Gu Hang devrait verser soixante-six virgule six pour cent de la taxe de cette période.
Dans deux ans, pour le tri-étoile Fatches, Gu Hang devrait s'acquitter de dix milliards en pièces d'impôt.
C'est précisément à cause de ces dix milliards de taxes dans deux ans que Gu Hang ne pouvait se permettre de lâcher ses troupes sans retenue. S'il réduisait tout en cendres, que ferait-il pour les dix milliards de l'avenir ? Il lui faudrait puiser dans ses propres réserves.
Bien qu'il puisse combler l'écart — Korolya n'avait pas à payer d'impôts — pourquoi s'en chargerait-il ?
Il avait ressenti une certaine inquiétude,
Le tri-étoile Fatches, composé de trois mondes civilisés comptant chacun une trentaine de milliards d'habitants, dotés de diverses industries et d'un haut niveau de développement, aurait parfaitement pu assumer seul ce fardeau fiscal, générant même un excédent intégré aux revenus de l'Alliance.
Or il n'avait nulle part où puiser les fonds nécessaires pour combler ce déficit.
Par surprise, le Gouvernement Uni des Fatches avait tout organisé pour lui.
Gu Hang, fort satisfait, dirigea la majeure partie de la Force Expéditionnaire loin de Fatches No.1 et gagna la planète Fatches No.2.
Bien entendu, les No.2 et No.3 ne pouvaient plus tenir.
En vérité, ils opposèrent aucune résistance.
Une fois les événements de Fatches No.1 révélés et face à l'approche massive de la flotte impériale, ils capitulèrent en toute hâte.
Si le No.1, avec ses défenses plus solides et siège du Gouvernement Uni, avait sombré en une semaine, quel espoir auraient-ils eu ?
De surcroît, au sens du droit, Petes, autoproclamé président par intérim du Gouvernement Uni, devenait pleinement légitime : il passait au huitième rang de succession après la disparition des sept précédents.
Même si cela relevait d'un léger mensonge, c'était là le propre de la reddition : chercher des raisons valables.
La raison la plus importante était qu'ils faisaient face à l'Armée Impériale, la Légion Dragonhawk ; il ne s'agissait pas d'une reddition, mais du rétablissement de l'ordre, accompagné de l'ordre même du président actuel du Gouvernement Uni. Pouvait-on demander plus de légitimité ?
Sans affrontements navals, les troupes prirent facilement le contrôle du port stellaire avant de débarquer directement sur les surfaces grâce à celui-ci, reprenant le commandement des Armées de Défense locales sur les deux planètes.
Cette guerre entière de répression rebelle était, pour tous effets utiles, désormais largement achevée.
Les trente millions de forces terrestres et la Flotte Tianma ne comptaient pas encore être rapatriées. Elles devaient demeurer sous couvert de force d'occupation sur le tri-étoile Fatches encore quelque peu ; des effectifs du Département Militaire-Politique de l'Alliance ainsi que des fonctionnaires avaient déjà été massivement déployés vers le système.
Il fallait réduire les effectifs militaires et reprendre le commandement ; le gouvernement devait être contrôlé, et le sort du Gouvernement Uni existant évalué... Il restait tout un panier de tâches politiques à régler, mais quant à la guerre, elle était effectivement terminée.
Certains officiers subalternis flattèrent M. Gu en affirmant qu'avec son intervention, la « grande » rébellion des Fatches, qui avait projeté le Gouvernement du Secteur Stellaire dans la panique, avait été matée avant même de fêter ses sept jours. Une semaine, trois planètes, soit moins de deux jours et demi en moyenne pour conquérir un monde ! Le commandant méritait d'être acclamé comme héros impérial, s'attirant sans nul doute une place dans l'histoire du Royaume Stellaire !
La flatterie ne tarit jamais, même pour Gu Hang : quelques mots flatteurs ne manquaient jamais d'agréer.
Cela dit, il convenait de rester sobre : « Comparé à la rapidité de prise de trois planètes en deux jours lors des expéditions lointaines, il reste une marge de progression. »
« Son rendement frôle presque celui de l'Expédition Solaire ! Comment diable est-ce possible ? »
Au palais Tianma sur l'Étoile Aile Volante, Pei Desi perdit une fois de plus son calme.
Il constatait que dès qu'un sujet touchait à Gu Hang, ses garde-fous s'effondraient aussi vite.
Martin Nelli, assis en face de lui, désigna le rapport de bataille et lança : « Pourquoi pas ? Le rapport est là sous nos yeux — nous possédons ceux de l'Armée du Royaume Stellaire, de la marine, ainsi que les « Déclarations de rétablissement de l'ordre » des Gouvernements Planitaires des trois mondes. Pourrait-ce être faux ? Minnick, son fils, et une liste de personnes annoncée par le Gouvernement du Domaine Stellaire verront leurs têtes tranchées et expédiées vers l'Étoile Yunluo. »
Pei Desi savait certes que rien ne pouvait être fabriqué ex nihilo. Mais, au fond, il trouvait l'affaire d'un fantasme absurde.
À ses yeux, la famille Fatches constituait un adversaire incroyablement coriace et redoutable. Il s'agissait de potentats locaux au long passé, aux capacités solides et à la volonté soudée...
Même son frère, le dirigeant très compétent Pei Desi, avait consacré des années à former des alliances et n'était parvenu qu'à les contenir étroitement. Restez connecté à travers