Des Titans étaient apparus sur le champ de bataille, que ce soit grâce aux opérations de l’Armée de Protection de la Secte des Mécaniciens ou à celles de l’Armée Impériale associées à ladite secte : dans beaucoup de Groupes d’Armées du Royaume Stellaire, au sein de la Marine, et même sous le commandement de Gouverneurs Planétaires, on retrouvait des membres de la Guilde du Culte Mécanique.
Pour un individu comme Gu Hang, la situation était plutôt remarquable.
Comparé au Titan classe Warhound ou au Titan Chevalier de classe Ranger, la Torpille Brûle-Ciel semblait encore plus frappante.
Si Gu Hang faisait preuve de prudence, il pouvait garder ses distances avec la Secte des Mécaniciens. Après tout, dans tout le Domaine Stellaire Dragonhawk, il n’existait qu’un seul Monde-Fonderie, situé bien loin dans le Secteur Yunluo, sans liaison directe ni communications étroites avec le Secteur Tianma. Gu Hang pouvait s’abstenir de révéler ouvertement l’origine de ses Titans et Méchas Chevaliers, mais il pouvait laisser entendre qu’il bénéficiait du soutien d’une fraction précise de la Guilde du Culte Mécanique, sans toutefois préciser laquelle.
Le jour où cela deviendrait vraiment nécessaire de dévoiler la vérité, il pousserait Wu Jiarong sur les devants de la scène.
Pourquoi ne pourrais-je pas disposer d’un génie capable de mettre au point des Titans seule ?
Les capacités de Wu Jiarong avaient désormais atteint le rang d’Évêque Dominant.
Pour elle, tant qu’elle respectait les critères, Gu Hang lui offrirait une promotion, sans attendre qu’elle se débrouille toute seule pour faire monter son grade.
Même ainsi, Gu Hang envisageait que, lorsque les compétences de Wu Jiarong gagneraient encore en puissance et que sa propre force globale serait assez forte pour résister à des pressions accrues, il prendrait les devants pour fonder une nouvelle faction au sein de la Guilde du Culte Mécanique, placée sous sa direction.
Mais ce projet relevait de l’avenir ; à présent, l’objectif principal restait de survivre et de tromper l’ennemi.
Tromper aussi longtemps que possible : telle était la stratégie.
Exposer la Torpille Brûle-Ciel, en revanche, allait directement à l’encontre de cet objectif.
Inutile de s’en servir pour l’instant, trop risqué de le vendre, difficile à produire, et finalement bien inutile.
Avec la Boîte Noire qui réclamait environ quatre ans pour fabriquer un produit fini, mieux valait la laisser poursuivre sa cadence.
Tant qu’il la conservait sous la main et pouvait s’en servir quand bon semblait, c’était largement suffisant.
Ses pensées revinrent vers le tirage technologique avancé. Outre ces éléments, quatre technologies d’élite venaient également d’être débloquées.
[Système de Défense Orbitale – Projet Technologique], [Vaisseau de Transport – Classe Baleine], [Chasseur « Qilin »], [Navire d’Escorte – Projet Technologique].
Tous représentaient des acquisitions très solides.
Le [Système de Défense Orbitale] n’avait pas besoin d’explications : cette technologie permettrait aux techniciens de Gu Hang de maîtriser parfaitement la mise en place de défenses antiaériennes fiables à partir de divers modèles d’artillerie. Couplé à des systèmes de détection et de visée, il détruirait avec une efficacité redoutée toute offensive visant la planète.
Les mondes prospères — l’Étoile Aile Volante par exemple — disposaient déjà de Systèmes de Défense Orbitale couvrant la totalité de leur surface.
Bien sûr, un tel dispositif coûtait extrêmement cher, mais il demeurait indispensable de protéger les points stratégiques, comme le cœur industriel de la Ville de Weixing.
Les Capitales du Nid de Korolya possédaient déjà une certaine capacité de défense antiaérospatiale orbitale, elles pouvaient donc se permettre d’attendre ; Heijian Star en avait même légèrement aussi ; par contre, l’Étoile Hibou Enragé repartait littéralement de zéro et nécessitait une priorité absolue.
Le [Vaisseau de Transport – Classe Baleine] constituait un vaisseau logistique supérieur d’un cran au-delà de la Classe Dauphin.
Le [Navire d’Escorte – Projet Technologique], quant à lui, n’exigeait aucune autre précision.
Grâce à l’acquisition de ces deux technologies, les chaînes de montage du Chantier Naval de l’Alliance gagnèrent encore en complémentarité.
Une fois toutes ces technologies mises en œuvre, la ligne de production entière du Chantier Naval de l’Alliance serait largement aboutie. Des navires civils, du Vaisseau Voyageur au Dauphin, puis à la Baleine ; aux bâtiments militaires, du Navire de Patrouille au Navire d’Escorte, jusqu’au Destroyer.
La maîtrise du bâtiment naval n’était pas la seule réussite ; toute la série de filières connexes à la construction spatiale venait également de boucler. De la conception du vaisseau à sa coque, de l’armement embarqué aux générateurs de bouclier, des ports stellaires aux chantiers eux-mêmes…
À la pensée de cet horizon, Gu Hang sentit gonfler son ambition.
Pourquoi l’Étoile Aile Volante jouissait-elle d’une telle prospérité ? Alors même que son indice de développement se situait à cinq et que sa population ne versait que 0,5 Pièce d’Impôt en impôt impérial par tête, comment expliquait-on cette richesse persistante ?
Mise à part la maturité intrinsèque du monde, la majeure partie de cette opulence provenait de l’industrie navale.
Avec un cycle de construction de quatre ans, ils fabriquaient un croiseur et huit destroyers, sans compter les autres petits bâtiments de guerre et les navires civils, ce qui représentait une manne financière considérable, non ?
Seul, il assurait non seulement le soutien à la Flotte Tianma, mais gérait aussi d’importants flux d’exportations et de ventes, et utilisait même des vaisseaux pour acquitter l’Impôt Impérial en nature. Durant la guerre contre les Peaux-Vertes, où les affrontements navals occupaient une place centrale, c’est bel et bien la capacité de production industrielle effrénée de l’Étoile Aile Volante qui servait de pilier.
Il comprenait pourquoi, dès qu’un problème surgissait dans le Secteur Tianma, un Envoyé du Domaine Stellaire accourait aussitôt. Si celle parvenait à éteindre la crise du Secteur Tianma, elle gravirait immédiatement le rang de Ministre de l’Intérieur, devenant la deuxième autorité la plus puissante du Domaine Stellaire.
C’était parce que Korolya et l’Étoile Aile Volante, dans le Secteur Tianma, étaient tout simplement trop précieuses pour être lâchées.
Et demain, Gu Hang escomptait voir l’Étoile Hibou Enragé accéder exactement au même statut.
Pour la dernière acquisition technologique, le [Chasseur « Qilin »] consistait essentiellement en une version améliorée du Faucon du Vent, dotée d’une puissance de feu renforcée.
L’armement y était considérablement plus puissant.
D’autre part, le kit technologique du chasseur Qilin intégrait en réalité deux configurations distinctes. La première était destinée aux combats aériens standards sous atmosphère, tandis que la seconde, moyennant quelques adaptations et accessoires spécifiques, permettait de produire une version embarquée sur vaisseau.
Le Faucon du Vent n’avait pas été conçu ainsi principalement parce que sa puissance de feu équivalait à gratter une démangeaison sur un cuirassé spatial, rendant une version portée purement symbolique ; or, celle du Qilin pouvait déjà mettre en danger des vaisseaux de guerre.
La version portée du Qilin devait être adaptée en fonction du vaisseau hôte lui-même. Ces chasseurs pouvaient être déployés à vue d’ennemi via des lanceurs spéciaux, rappelant les capsules d’abordage, avant d’engager une attaque à feu continu contre l’adversaire.
Avec suffisamment de hardiesse, ils pourraient même traverser lentement le Bouclier du Vide ou un bouclier énergétique quelconque pour pénétrer à l’intérieur du périmètre défensif. Ils assureraient alors la couverture des capsules d’abordage, frapperaient directement la coque ennemie et, le cas échéant, hébergeraient quelques centaines d’hommes en prévision d’un deuxième largage aéroporté…