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Starting from the Planetary Governor

Chapitre 181

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Chapitre 181

Chapitre 181

Chapitre 181/25072%~6 min de lecture1 046 mots

Aéro Lacroix eut le sentiment que la nature de la guerre avait changé.

Ou plutôt, c'était cela, la vraie guerre ; ce qui s'était passé jusqu'ici n'était que de simples escarmouches.

Il était né dans une tribu de Survivants nomades, où rester signifiait lutter pour survivre ; aussi, sous la houlette d'un aîné, quitta-t-il la tribu avec une douzaine d'autres jeunes pour suivre un marchand jusqu'à la Ville des Déchets, où ils intégrèrent un groupe d'aventuriers.

Dire « groupe d'aventuriers » était en fait exagéré : ils étaient des chiffonniers armés. Après s'être procurés une douzaine de fusils à crédit auprès du marchand, ils entamèrent leur vie de récupérateurs.

Ne risquant pas de s'aventurer trop loin, ils fouillaient les zones sûres juste à l'extérieur de la Ville des Déchets, cherchant des ferrailles et ramassant des pierres radiantes pour tenir le jour. Ils revendaient ensuite leur butin contre de la nourriture une fois de retour en ville.

Leurs gains quotidiens partaient dans l'achat de vivres et le remboursement d'une infime partie de leurs dettes d'armes, ne laissant rien de côté.

Et s'ils tombaient un jour sur un combat, face aux monstres mutants qu'on croisait parfois dans les ruines de la ville, ils devaient économiser leurs munitions, les balles coûtant cher.

Cette période de sa vie était dépourvue d'espoir, d'avenir. Pourtant, il ne la trouvait pas particulièrement triste ; avoir de quoi manger suffisait. Depuis longtemps, il ne savait même plus ce que c'était que d'être rassasié.

Il dériva ainsi deux ans dans la Ville des Déchets avec ses compagnons. Juste au moment où il pensait finir par survivre comme ça jusqu'à ne plus pouvoir travailler, il croisa la route des Peaux-Vertes.

Sur les quelques compagnons de son village, il n'en resta que six. Les autres, y compris l'aîné qui les avait menés, furent tous tués par les Peaux-Vertes.

S'il n'y avait eu que des pertes, cela aurait été une chose, mais la manière dont ses compagnons moururent était trop atroce. Les Peaux-Vertes les dévoraient et les écorchaient vifs sous leurs yeux, brisant les crânes pour en manger la cervelle.

Il voulut récupérer les corps, mais n'osa pas, si bien qu'on le retint pendant qu'ils fuyaient.

Parmi les survivants, certains abandonnèrent complètement la vie de récupérateurs et d'aventuriers à cause de cet incident. Mais lui et deux autres frères ne purent jamais oublier cette scène.

Après avoir entendu parler du Groupe Boucherie des Bêtes, ils s'y engagèrent.

C'est honteux à l'avouer, mais même s'ils avaient rejoint dans l'intention de se venger des Peaux-Vertes, au bout de quatre mois dans le groupe, lui seul survivait, et il n'avait personnellement tué qu'une seule Peau-Verte.

Quand ils allaient chercher noise aux Peaux-Vertes, ils ne pouvaient viser que de toutes petites cibles, deux ou trois au maximum. Et encore, il leur fallait rassembler une trentaine ou une cinquantaine de personnes avant d'oser passer à l'action.

Utiliser des fusils à tuyau de fer face à ces Peaux-Vertes n'offrait aucun avantage ; la portée était à peu près équivalente, mais la puissance bien inférieure, et les humains, contrairement aux Peaux-Vertes, ne peuvent pas encaisser plusieurs balles. Les membres du Groupe Boucherie des Bêtes durent donc imaginer d'autres méthodes.

Ils modifièrent leurs armes, augmentèrent le calibre et la charge de poudre. Bien que cela réduise drastiquement la fiabilité de leurs fusils, cela augmenta assurément la puissance des balles ; ils s'équipèrent de grands couteaux et de longues lances, de sorte que lorsque les Peaux-Vertes approchaient, ils aient des armes de corps-à-corps pour riposter.

Dans le temps qu'il fallait à une Peau-Verte pour déchiqueter trois ou quatre hommes, six ou sept lances pouvaient être plantées dans son corps.

Tout le monde disait que le Groupe Boucherie des Bêtes avait des méthodes spéciales pour combattre les Peaux-Vertes, mais pour Lacroix, quelles méthodes spéciales y avait-il ? Ce n'était rien d'autre qu'un courage plus fort, une haine enracinée, et une volonté imprudente de faire nombre et de sacrifier de nombreuses vies rien que pour tuer deux ou trois Peaux-Vertes.

C'était juste ça.

Mais maintenant, c'était différent.

Plus tôt, quand le chef lui demanda s'il voulait accepter la réorganisation, il crut que c'était simple : un meilleur traitement qu'avant, un meilleur équipement, et toujours la possibilité de combattre les Peaux-Vertes. Qu'y avait-il à redire ?

Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'après avoir accepté la réorganisation, toute la manière de faire la guerre avait changé.

Après quelques jours de repos à la caserne et un cycle d'entraînement sous l'œil vigilant du gouverneur, il eut l'impression de comprendre soudain beaucoup de choses.

Position de tir, techniques militaires, construction de fortifications, coordination d'escouade, appui blindé, appui d'artillerie...

Ces jours furent miraculeux. Son esprit s'éclaircit soudain, et il comprit immédiatement tout principe qu'on lui expliquait, toute compétence qu'il pratiquait.

De retour au front, il fut emmené par le chef d'équipe... ah non, maintenant c'était le chef d'escouade.

Sous les ordres du chef d'escouade, leur groupe de dix hommes construisit deux points d'appui. Ils étaient faits des gravats et briques brisées habituels des ruines, situés sur une petite pente pour créer une position de tir en hauteur.

Et de tels points d'appui étaient disséminés à intervalles réguliers, construits par d'autres camarades de la même compagnie, assurant des tirs croisés entre positions et un soutien mutuel fluide.

Ces connaissances étaient nouvellement acquises. Auparavant, ils ne pouvaient compter que sur l'expérience et le tâtonnement, dépourvus d'une construction de positions aussi efficace.

Et ces positions firent vite la preuve de leur valeur.

Un groupe d'une douzaine de Peaux-Vertes, profitant de la nuit, s'approcha furtivement, et elles étaient déjà près d'une des fortifications quand la sentinelle les repéra.

Les détonations réveillèrent tout le monde, et les quelques soldats postés là se mirent à résister farouchement. Les frères du point voisin qui pouvaient apporter un appui-feu ouvrirent immédiatement le feu à leur tour. Mitrailleuses et fusils se mêlèrent en une salve continue.

Deux ou trois Peaux-Vertes furent tuées sur le coup par le feu dense.

Le petit groupe battit ensuite en retraite tout en tirant, perdant trois hommes, laissant les Peaux-Vertes s'emparer de la position ; mais alors, des renforts arrivèrent, tirant deux roquettes dedans.

Après le tir, sept ou huit hommes foncèrent ensemble, baïonnettes au canon, et se mirent à combattre les Peaux-Vertes restantes au corps-à-corps.

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