Cependant, les fusils aux mains des soldats ordinaires ne tirèrent pas.
Pour l'instant, l'ennemi se trouvait encore à plus de trois kilomètres, et tirer avec des fusils ordinaires à cette distance n'aurait été qu'un pur gaspillage de balles.
Pour le moment, seules les armes qui tiraient étaient les mortiers appartenant aux compagnies. Les mortiers de 80 mm améliorés avaient une puissance de feu bien supérieure à l'ancien modèle, sans trop sacrifier la portabilité. Cinq de ces mortiers, servis par leurs équipages, déclenchèrent un barrage intense vers l'avant.
Une autre arme capable de tirer était le fusil explosif lourd. Sa portée efficace dépassait largement les trois mille mètres, et à cette distance, il conservait sa précision — ce sont les humains qui ne pouvaient pas assurer le tir juste. Après tout, voir quelque chose à trois kilomètres à l'œil nu, c'est déjà bien si on distingue un petit point noir.
Mais s'il y a une grappe de petits points noirs, on utilise simplement la mire de l'arme et son expérience d'entraînement pour les balayer.
Alors que la puissance de feu lourde de l'unité d'infanterie s'abattait, l'ennemi fut effectivement jeté dans le désarroi un instant.
Il semblait qu'ils n'avaient pas prévu de rencontrer un tel déluge de feu de la part d'une troupe d'infanterie. Ils venaient d'anéantir et de battre le 3e Groupe non préparé ; à ce moment-là, les guerriers du 3e Groupe n'avaient même pas eu le temps de mettre en place leurs armes lourdes avant d'être brutalement projetés au corps à corps.
Mais maintenant, face à la puissance de feu d'une position d'infanterie humaine préparée, ils subirent de lourdes pertes.
Valen Zu'an,levant ses jumelles, vit de nombreux cyborgs, des chiens mécaniques, et même un autre type qui avait été moins courant auparavant — des machines à quatre pattes mécanisées pouvant se déplacer latéralement comme des crabes et équipées de plates-formes de tir — être également pulvérisés par une rafale de projectiles explosifs lourds.
Le commandant de compagnie Valen Zu'an arbora un faible sourire.
S'emparer de l'initiative était assez important, du moins cela avait remonté le moral des troupes.
Mais bientôt, la contre-attaque ennemie arriva.
Sifflant dans le ciel, des obus d'artillerie approchaient.
Les obus étaient tirés depuis au-delà de ce que l'œil pouvait voir, définitivement depuis une position contre laquelle ils ne pouvaient pas riposter. L'ennemi possédait aussi de l'artillerie lourde automoteure de gros calibre capable de toucher des cibles à des dizaines de kilomètres, avec une puissance de feu au moins aussi dévastatrice que les obusiers de 155 mm de l'Alliance.
Alors que ces obus tombaient, ils frappèrent la position du 9e Groupe, soulevant poussière et terre en un instant.
Au sifflement des obus arrivants, Valen Zu'an hurla « Artillerie ! » puis baissa la tête, souhaitant pouvoir s'enterrer dans la terre du trou de tir.
L'intense secousse du sol, l'explosion presque assourdissante, et les projections de sable, de terre et de cailloux sur son casque et son uniforme...
Tout cela était profondément choquant.
Mais dès que le bombardement cessa, Valen Zu'an releva immédiatement la tête et scruta les alentours.
Les dégâts étaient difficiles à évaluer. Un véhicule Taureau avait été renversé par l'explosion, et les autres trous de tir restaient silencieux, personne ne sortant la tête, donc leur état était inconnu.
Mais il vit distinctement, à la position où avait été installé le fusil explosif lourd, les corps du tireur d'origine et du chargeur de munitions tordus de manière innaturelle, manifestement morts.
Plus loin, les bêtes mécaniques qui avaient été précédemment contenues par le tir profitèrent de l'occasion pour charger.
Il serra les dents, attrappa un guerrier à côté de lui, et s'élança, courbé en deux.
Il prit le contrôle du fusil explosif tandis que le jeune guerrier un peu hagard qu'il avait tiré l'aidait à alimenter les munitions.
Heureusement, le fusil explosif lourd était relativement robuste, et l'obus n'était pas tombé directement dans le trou de tir ; l'arme était encore utilisable.
Après quelques manipulations, il fit à nouveau rugir le fusil explosif !