Pierre peinait à imaginer une chose pareille.
Les avions baptisés Faucons du Vent que possédait la Force Aérienne de l'Alliance étaient tout simplement trop puissants.
Non seulement ils étaient rapides, mais ils étaient aussi imposants, blindés épais pour des aéronefs, dotés d'une puissance de feu féroce, et surtout, ils avaient une capacité d'emport considérable !
Un seul Faucon du Vent pouvait transporter au moins une demi-section d'infanterie !
Une vingtaine de soldats descendaient rapidement, armés, et formaient immédiatement un périmètre défensif, verrouillant plusieurs entrées et sorties, et ouvraient le feu sur des cibles lointaines.
Comme c'était trop loin, Pierre ne pouvait pas voir l'efficacité de leurs tirs, mais il vit un autre Faucon du Vent se poser, larguant plus de vingt soldats.
Une fois les troupes débarquées, le Faucon du Vent prenait un peu d'altitude, ses mitrailleuses crépitant sur certains points, appuyant les forces au sol et supprimant les gardes de l'Industriel Polaire.
Ensuite, l'infanterie au sol qui s'était infiltrée dans la ville vint les rejoindre, aidant à étendre davantage la zone de débarquement.
Ce qui rendait commode le déploiement de עוד plus de soldats par les Faucons du Vent suivants.
À cet instant, ces énormes aéronefs avaient même assez d'espace pour se poser quatre ou cinq à la fois. Plus besoin de descente rapide, ils pouvaient se poser directement au sol, ouvrir leurs écoutilles, et les soldats à l'intérieur n'avaient plus qu'à en sortir en courant.
C'était bien plus rapide que de déployer des soldats en rappel.
Ce qui effrayait le plus Pierre, c'est que si chacun de ces Navires d'Attaque Rapide Faucon du Vent transportait vingt à trente soldats, alors... avec une centaine de Faucons du Vent dans le ciel, cela signifiait que deux à trois mille soldats pouvaient être largués ?
Plus les troupes qui s'étaient précédemment infiltrées dans la ville...
Au total, cela ferait près de cinq mille hommes !
Lorsqu'il n'y en avait que deux mille, Pierre pouvait raidir le cou et affirmer que ces deux mille hommes voulant s'emparer de la Cité Industrielle Polaire était un peu présomptueux.
Mais maintenant, avec les effectifs plus que doublés, il lui était difficile de tenir le même discours.
Pourtant, à cet instant, la Supérieure Georgette s'apprêtait à porter un nouveau coup à son cœur déjà lourd.
« L'opération de la 31e Division Aéroportée n'est qu'un prélude. Leur tâche n'est pas de capturer entièrement la ville. Ils ne sont que l'avant-garde, ils n'ont qu'à occuper et contrôler les parties principales de la ville, voire seulement la zone centrale, avec l'appui de la force aérienne et cela suffira. Ensuite, ils passeront à la défense de ces zones et attendront les renforts du corps principal.
« Vous avez reçu des renseignements avant, n'est-ce pas ? L'Alliance a un corps principal qui progresse continuellement vers le nord. Laissez-moi vous dire, c'est la 9e Division de Garnison, les 30e, 32e, 33e Divisions d'Infanterie, et la 36e Brigade Mécanisée. Un total de cinquante mille hommes, avec tous les types d'artillerie et de forces blindées pleinement équipés.
« Les Chars Lion nouvellement produits et mis en service, il y en a dix-huit. Ils se dirigeront tout droit vers le nord, jusqu'aux abords de la Cité Industrielle Polaire. Avec la coopération de la 31e Division Aéroportée à l'intérieur de la ville, ils finirront par capturer la ville entière. »
La Supérieure Georgette détailla à Pierre le plan stratégique ultérieur de manière très approfondie.
Pendant qu'elle racontait cela, un coup retentit à la porte du bureau du président.
Le visiteur n'était pas les gardes que Pierre attendait, mais des Moniales de Combat.
Après l'ouverture de la porte, une escouade d'une dizaine de moniales entra dans son bureau. L'une d'elles portait même les armes que Georgette avait laissées en consigne lorsqu'elle était venue le voir.
Un fusil à bombes et la « Hallebarde Dorée Sacrée ».
Armée de ces deux armes, elle était pleinement équipée.
Ce qui fit battre le cœur de Pierre encore plus fort, c'était de se demander comment ces moniales étaient arrivées jusqu'ici ?
Leur bâtiment du siège... était-il aussi condamné ?
Quelle était la situation globale à présent ?
Pourquoi, à cet instant, de la scène qu'il voyait par la fenêtre à la situation dans son propre bureau, pas une seule chose n'était en faveur du Groupe Industriel Polaire ?
Tout était-il vraiment fini ?
Juste au moment où il y pensait, la Supérieure Georgette tourna la tête et lui posa une question qui allait au fond de l'âme : « Monsieur le Président, avez-vous maintenant une vision claire de la situation ? »
Pierre ne savait que dire.
Georgette parla de son propre chef : « Ce n'est pas grave si vous ne voyez pas clair, car j'ai déjà été assez claire.
« Si vous souhaitez renverser la situation, vous devez d'abord prier pour que quelqu'un puisse vous arracher de mes griffes afin que vous puissiez restaurer le système de commandement de tout votre groupe ; ou alors, vous devez espérer que quelqu'un au sein de votre groupe puisse se manifester, qui, face à l'incapacité de votre siège à communiquer, puisse consolider la pleine force de votre groupe.
« Ce n'est qu'en y parvenant que vous serez qualifié pour revenir à la table des négociations, mettant fin à l'état dispersé des gardes dans toute la Cité Industrielle Polaire.
« Ensuite, dans les trois jours, face au soutien de feu de la Force Aérienne de l'Alliance, vous devrez chasser la 31e Division Aéroportée hors de la ville.
« Si vous n'y parvenez pas, lorsque les forces principales de l'Alliance arriveront dans trois jours, vous n'aurez plus aucune chance.
« Et même si vous y parvenez, il reste à voir si vous pourrez résister à un siège de plusieurs centaines de canons de l'Alliance, plus des raids aériens ininterrompus, ainsi qu'aux opérations de siège menées par les Chars Lion.
« Très bien, ayant tout entendu, Monsieur Pierre, avez-vous d'autres réflexions ? »
Pierre poussa un profond soupir : « Quelles autres réflexions puis-je avoir ? Je n'ose même pas y songer ! »
Georgette dévoila un sourire : « Alors soit, si vous avez pris votre décision, veuillez utiliser le canal de communication urbain de votre bâtiment du siège pour diffuser un ordre de cessez-le-feu à toute la ville, en votre qualité de président du groupe. »
Pierre parut pas mal lutter.
Georgette pouvait voir que le président conservait encore de la réticence.
Alors, elle appuya un peu plus : « Président Pierre, je méprise le mensonge, et tout ce que j'ai dit précédemment est vrai. Cependant, votre attention semble un peu dispersée, comme si vous aviez négligé une information importante que j'ai mentionnée.
« La raison pour laquelle nous avons accéléré notre opération et lancé un assaut aussi agressif contre la Cité Industrielle Polaire est due au changement de circonstances, parce que nous sommes sur le point de quitter cette planète et voulions régler le problème de la Secte avant cela.
« Ces facteurs ne vous visent pas, vous, ni le Groupe Industriel Polaire.
« Bien que l'Alliance ait objectivement commencé à employer la force militaire, vous avez encore une marge de négociation. Plus tôt vous coopérerez, plus tôt vous donnerez l'ordre de cesser la résistance, et plus tôt vous ferez entrer cela dans un processus de négociation, plus de levier vous pourrez obtenir.
« Inversement, mettre fin au combat le plus tôt possible, le définir comme un conflit, et rechercher un environnement pacifique vous donneront tous plus de marge pour négocier avec l'Alliance par la suite.
« Comment choisir spécifiquement, je crois que vous, Monsieur le Président, saurez sûrement le discerner dans votre cœur. Cependant, il ne vous reste pas beaucoup de temps. »
Continue votre saga sur l'empire
Ses paupières tressaillaient sans cesse tandis qu'il observait les changements dans une petite partie du champ de bataille par la fenêtre, et son moral s'effondrait progressivement.
La Supérieure Georgette n'avait dit que la vérité, et toutes ses déductions étaient les plus probables.
Que pouvait-on faire d'autre ?
Et ce qui brisa définitivement son moral fut de voir un Faucon du Vent se poser, déployant douze géants en Armure Énergétique rouge.
Il savait ce que cela signifiait, c'est pourquoi il désespéra finalement, éteignant la dernière lueur d'espoir au fond de son cœur.
Finalement, il parla avec difficulté : « Très bien... très bien, je ferai l'annonce à l'échelle de la ville... »
Georgette vérifia l'heure, depuis le début de l'action officielle, une heure et vingt-deux minutes s'étaient écoulées.
Elle sourit et dit à Pierre : « Vous avez fait le bon choix. »
Ce chapitre fait 2k, il y en aura d'autres ce soir.