Leur armure énergétique est différente.
Le seul avantage des Moniales de Combat réside dans leur foi.
Cette foi n'est pas intangible. Alors qu'elles psalmodient des hymnes de louange à l'Empereur, sa puissance les bénit véritablement, les rendant à la fois intrépides et pleines de force.
Même leur chance semble s'améliorer, car des lames mortelles destinées à les décapiter ne font souvent qu'effleurer leurs oreilles.
Cependant, cette bénédiction ne peut que réduire légèrement l'écart qui les sépare de leurs adversaires, sans en changer la nature.
Dans les affrontements acharnés, même si les Moniales de Combat et les Gardes de Gloire bénéficient d'un avantage numérique, le nombre de pertes reste bien plus élevé de leur côté.
Pour dix Flammes-de-Fureur tombées, il faut sacrifier la vie d'environ cent, voire deux cents Guerriers d'Élite de l'Alliance.
Georgette l'avait anticipé.
Les Flammes-de-Fureur en colère riposteraient bien sûr avec une férocité redoublée.
Cette confrontation frontale actuelle est en réalité défavorable aux troupes d'élite de l'Alliance.
Elle ordonna immédiatement aux troupes de resserrer leurs rangs, de se concentrer sur la défense, et de faire regrouper le plus possible les Moniales et les Gardes, pour qu'elles s'entraident et attaquent ensemble plutôt que séparément.
Ainsi, les Moniales de Combat et les Gardes de Gloire eurent du mal à les poursuivre, et après une attaque déconcertante, les Flammes-de-Fureur battirent en retraite avec aisance.
Cela retarda néanmoins leur progression.
De plus, après ce regroupement, Georgette parvint encore à mener ses forces à leur poursuite.
Poursuite et fuite, contre-attaque et défense, retraite puis poursuite à nouveau...
Au prix d'environ quatre cents vies d'élite, Georgette tint la ligne fermement.
Surtout depuis l'arrivée de Wang Mengsong avec sa Torche du Nouveau Monde, c'était encore plus net.
Bien que leur moral soit bas et leurs mouvements lents, ils restaient plus de deux cents Guerriers Interstellaires.
Et puis, la première contingence qu'elle attendait arriva.
Deux mille Gardes de Gloire les suivirent.
Ces guerriers revêtus d'Armures Énergétiques à Rétroaction, élites absolus parmi les mortels, eurent un impact meurtrier lors de leur déploiement par avions sur la route de fuite des Flammes-de-Fureur, même s'ils n'égalent pas les Guerriers Interstellaires.
Pour vaincre ces Gardes de Gloire, les Flammes-de-Fureur doivent concentrer leurs forces, au lieu de se disperser et fuir comme elles le faisaient.
De plus, quoi qu'elles fassent, il leur faudra un long temps pour vaincre, ou ne serait-ce que tuer, un tel nombre de Gardes de Gloire.
Et tant qu'elles ne sont pas toutes anéanties, le prochain contingent de Gardes de Gloire arrivera à la suite.
Politos n'affichait aucune expression, mais son front était déjà trempé de sueur froide.
Il s'efforçait encore de diriger l'équipe. Les Guerriers Flamme-de-Fureur survivants, sous ses ordres, se scindaient parfois totalement pour se cacher, ou formaient brièvement de petits groupes de dizaines d'hommes pour contrer spécifiquement la poursuite des Moniales de Combat ou l'interception des Gardes de Gloire, perçaient une brèche avant de fuir à nouveau...
Pourtant, plus il se battait, plus il devenait désespéré.
Tout le groupe de combat ressemblait à quelqu'un qui s'enfonce dans un marais. Ils avaient tout tenté, mais le marais ne faisait que devenir plus collant.
Ils luttaient pour s'en extraire.
Le bombardement précédent leur avait coûté plus de cent hommes, perturbé leur plan d'anéantissement de la Torche du Nouveau Monde, et bon nombre des forces restantes étaient blessées. Maintenant, face aux effectifs grandissants des Moniales de Combat et des Gardes de Gloire, ils en avaient tué beaucoup, mais leurs propres effectifs fondaient.
Plus cette bataille se prolongeait, plus la situation empirait.
Politos envisagea de nombreuses solutions et fit les exécuter décisivement par l'équipe.
Ses méthodes étaient correctes, chacune apportant une amélioration à la situation présente ; pourtant, l'impasse globale qui les faisait couler plus profond restait inévitable.
Surtout après l'arrivée de ces armées mortelles ordinaires dans les montagnes.
Les Flammes-de-Fureur peinaient à trouver une cachette.
À chaque respiration plus laborieuse, les yeux de Politos se remplissaient progressivement de soif de sang.
Après avoir renversé une énième Moniale de Combat aux cheveux argentés, fracassé son casque d'un coup d'Épée Énergétique, et réduit son visage autrefois joli, maintenant terrifié, en une masse de chair sanglante, dont certains éclats maculèrent même son armure, Politos finit par refuser de réfléchir davantage.
Il poussa un rugissement furieux vers les cieux et se lança à la charge.
Sur son affichage tactique intérieur au casque, une position était marquée.
Celle de la Supérieure Georgette.
Politos savait qu'elle était la plus haute commandante de la stratégie de l'Alliance pour anéantir leurs Flammes-de-Fureur à Mirage-de-Lune.
Il allait la tuer !
Tuer Georgette résoudrait-il les problèmes actuels des Flammes-de-Fureur ?
Probablement pas. Bien qu'elle soit la plus haute commandante, l'Alliance n'est pas les Peaux-Vertes ! Le problème de l'armée entière perdant son organisation à la mort d'un chef n'existe pas.
Tuer Georgette entraînerait immédiatement la prise de commandement par le niveau suivant selon les règles, et la poursuite de la mission d'anéantissement des Flammes-de-Fureur dans cette zone montagneuse selon la stratégie établie.
L'Alliance ne fléchira pas tant que les Flammes-de-Fureur ne seront pas exterminées.
Mais Politos ne songait plus à ces considérations.
Il abandonna même le commandement de toute l'équipe.
À cet instant, il ne voulait qu'une chose : arracher la tête de la Commandante des Sœurs de Combat !
Et avec son rugissement fou et sa charge, la douzaine de fidèles adjoints qui le suivaient rugirent aussi et l'imitèrent.
Georgette remarqua immédiatement un groupe chargeant à contre-courant vers elle.
Ils arrivaient vite, comme s'ils tranchaient du papier, pulvérisant les escouades d'élite de l'Alliance qu'ils croisaient ; trois Faucons du Vent dans les airs, tentant d'apporter appui et reconnaissance, furent abattus, deux s'écrasant tandis que le troisième ne s'en tira qu'en fuyant à plus de Mach 2.
Mais il transmit tout de même le message à Georgette, informant la Supérieure qu'il s'agissait apparemment du Chef du Groupe de Combat Flamme-de-Fureur.
Tactique de décapitation ? Tentative de me décapiter ?
Georgette en tira immédiatement cette conclusion.
D'ordinaire, les Moniales de Combat ne peuvent vaincre un Guerrier Interstellaire, mais elle croyait pouvoir se battre, même contre le soi-disant Champion du Groupe de Combat, elle voulait essayer.
Mais alors, elle réfréna tout de même ses impulsions.
Si elle n'était qu'une guerrière, elle n'aurait pas hésité à engager un duel mortel avec un Chef de Groupe de Combat. Morte ou victorieuse, ce serait un grand honneur.
Cependant, elle était encore la commandante.
Elle était responsable de l'ensemble de cette bataille. La gloire d'une guerrière n'était pas aussi importante qu'une victoire plus sûre.
Ainsi, elle transmit les coordonnées à la communication de la Marine Céleste qu'elle maintenait ouverte, réclamant une « Hache Fendeuse-de-Ciel » et trois « Scalpels ».
Suite à quoi, elle ne se contenta pas de ne pas ordonner le repli de tous les Guerriers de l'Alliance aux alentours des coordonnées, mais les exhorta au contraire à s'engager pleinement et à bloquer.
La puissance et la zone de couverture de la Hache Fendeuse-de-Ciel n'avaient pas besoin d'être mentionnées ; avec des coordonnées précises et le blocus, Politos était voué à être touché durant sa charge insensée.
Même s'il ne l'était pas, les trois missiles Scalpel qui suivraient détruiraient à nouveau la zone.
Quant aux soldats de l'Alliance combattant Politos et sa suite... ils n'avaient aucune chance de survie.
Georgette n'était pas généralement considérée comme une personne sans cœur. Elle conservait ses habitudes de nonne, participait aux missions de la Congrégation, apportait son aide aux souffrants, et prenait part aux dispensaires gratuits.
Elle ne méprisait pas la vie d'autrui.
Sans compter que parmi les élites de l'Alliance pulvérisées se trouvaient encore ses Sœurs de Combat.
Cependant, à cet instant, son rôle de Commandante primait. Comparer le coût de plus de cent pertes pour éliminer un Chef de Groupe de Combat et sa garde est manifestement plus significatif.
Si elle n'avait pas bombardé, peut-être Politos et ses adjoints auraient-ils pu en tuer mille et parvenir à s'enfuir.
Maintenant, la folie de Politos offrait une rare opportunité de bombardement de précision, qui devait être saisie.
Mais cette tactique ne pouvait être utilisée de façon répétée.
Même sous l'angle le plus pragmatique, l'employer occasionnellement pourrait se justifier par divers prétextes, mais si on l'utilise répétitivement, en sacrifiant continuellement ses propres soldats pour en faire des cibles du bombardement ami, cela ébranlerait le moral des survivants.
La gloire de mourir au combat et le fait d'être utilisé comme appât pour être bombardé par les siens sont deux choses radicalement différentes.
Georgette devait tenir compte du problème du moral.
Mais l'utiliser cette fois suffisait, la valeur était déjà inestimable.
Elle mena ensuite personnellement une équipe inspecter le site du bombardement.
À sa surprise, Politos était encore en vie !
Lui, qui ne conservait plus qu'une tête, un torse et une main, pouvait encore bouger, son regard toujours vicieusement fixé sur elle.
D'après les marques, il avait probablement évité le centre de l'explosion de la Hache Fendeuse-de-Ciel à l'impact, puis avait été projeté par l'onde de choc, avant que les missiles Scalpel n'explosent à proximité, lui arrachant une main ainsi que toute la moitié inférieure du corps.
Georgette ne tenta aucun soin de campagne ni capture, lui offrant simplement une fin miséricordieuse.