Leo se retrouva à courir dans la rue, à la recherche de Sonata qui s'était enfuie comme un oiseau apeuré. Il ne put s'empêcher de s'inquiéter pour elle après avoir vu ce sourire. Oui, elle avait souri, mais ce sourire n'avait pas atteint ses yeux. Il procurait une sensation de vide que Leo connaissait trop bien. Après tout, c'était ce même faux sourire qu'il offrait aux autres quand il était à l'hôpital.
Après une dizaine de minutes de recherche, Leo la trouva enfin au sommet d'une petite colline, les yeux rivés sur les étoiles, les jambes repliées contre sa poitrine.
« Tu... Tu sais... avoir des ailes... c'est de la triche, non ?! »
Leo haletait en gravissant la colline, une main sur le flanc, luttant pour reprendre son souffle.
« C'est pas vraiment ce que j'avais en tête pour le cardio d'après dîner. »
Sonata se retourna, surprise — les yeux écarquillés comme un cerf pris dans les phares.
« Leo ?! Pourquoi t'es là ?! »
Sa voix se brisa légèrement, plus forte qu'elle ne l'avait voulu. Cette panique, cette surprise — c'était authentique.
« Ben, d'où j'étais tout à l'heure, on aurait dit que tu te sentais seule alors qu'on était dans la pièce. Tout va bien ? »
Sonata tressaillit en détournant le regard.
« Ouais. Ça va. Merci d'avoir demandé, Leo.. »
Leo ne dit rien un instant, choisissant plutôt de s'asseoir à côté d'elle avec un grognement étouffé.
« Franchement. Les ailes, c'est un code de triche. Tu vas du point A au point B sans transpirer. Moi, ça dépend de la chance et les chances sont que j'irai du point A au B en passant par les points C à G. Et en plus j'ai mal aux pieds. »
Entendre Leo se plaindre de ce que Sonata ne pouvait décrire que comme des tâches banales la fit pouffer doucement.
« Voilà. Un vrai sourire. »
Sonata se couvrit la bouche après que Leo eut pointé son sourire, la laissant légèrement embarrassée. Peu après, elle serra un peu plus fort ses genoux contre elle, tournant à nouveau son regard vers le ciel.
Les étoiles au-dessus scintillaient comme du verre brisé, témoins silencieux d'un moment qu'elle n'avait pas prévu de partager.
« ...Tu fais tout le temps ça, »
murmura-t-elle après un temps.
« Rendre les choses plus légères qu'elles ne sont. »
Sa voix était douce, fragile, comme si elle craignait qu'elle ne se brise si elle la levait ne serait-ce qu'un peu.
« Genre... le monde est juste un peu moins lourd quand t'es là. »
Leo cligna des yeux. Il ne savait pas quoi s'attendre à ce qu'elle dise, mais pas ça.
« Dis, Son. Tu veux savoir où j'étais il y a deux jours ? »
Leo ne regarda pas Sonata tandis qu'il fixait les étoiles. Elle ne sut que répondre, mais Leo ne semblait pas attendre de réponse de sa part.
« Il y a deux jours, j'étais cloué au lit, pratiquement un cadavre flétri, en train de mourir d'une maladie si rare qu'ils la baptiseront probablement de mon nom. »
Sonata se mordit la lèvre en écoutant Leo parler doucement, se remémorant son propre passé.
« Tout à l'heure, à la taverne, tu souriais comme pour nous faire croire que tout allait bien. Mais j'ai déjà vu cette tête. Je la connais trop bien. »
Les yeux de Sonata tombèrent sur l'herbe. Elle ne trouva pas les mots.
« Après tout, c'était la même tête que je montrais à ma sœur, le seul masque que je mettais pour cacher ma peur de pouvoir mourir à n'importe quelle minute de n'importe quel jour. Alors désolé, mais je peux pas t'ignorer quand tu souris comme ça. Ça fait mal de savoir que mon amie souffre.. »
De silencieuses larmes coulèrent sur le visage de Sonata tandis qu'elle murmurait.
« ...J'croyais pas que quelqu'un remarquerait. »
Sa voix se brisa, son volume augmentant.
« C'est ça qui fait peur. »
Leo se tourna vers elle, les sourcils froncés.
« Parce que si quelqu'un remarque... alors c'est vrai. Chaque minute passée avec vous, c'est comme un rêve pour moi. J'oubliais qui j'étais dans le monde réel et je n'étais plus que Sonata. Vous vous fichez que je sois une idole, vous vous fichez de la notoriété ou de l'argent. »
« Bon, pour être honnête, après avoir passé genre cinq ans à l'hôpital, je suis pretty sûr que je suis largué niveau tendances. »
Leo pouffa en se grattant la tête nerveusement. Il poussa ensuite un doux soupir en tendant la main pour ébouriffer ses cheveux.
« Je vais pas te forcer à parler si t'en as pas envie, mais laisse-moi te dire deux trucs : mes oreilles et mes épaules sont toujours dispo si tu as besoin de quelqu'un à qui parler ou d'une épaule sur qui pleurer. L'autre truc, c'est que tu peux compter sur nous si t'as besoin d'aide. Tu as vu ce qu'ils ont fait pour Mamie Sky, non ? Bien sûr qu'ils feraient pareil pour toi. »
Sonata se sentit submergée par l'émotion alors que les mots de Leo la touchaient en plein cœur. Elle étouffa ses sanglots et serra Leo dans ses bras, ce qu'il lui rendit.
« Bon, je crois qu'il vaut mieux qu'on rentre maintenant avant que les autres filles m'accusent de quelque chose. »
Leo plaisanta sur un ton décontracté alors qu'il se sentait un peu gêné intérieurement. Il ne savait pas trop quoi faire maintenant, mais soudain un *ding* trop familier résonna dans leurs têtes.
[Lien du Zodiaque : Coq a atteint 10 % d'achèvement. Les bonus seront appliqués en conséquence. Si le joueur le souhaite, il peut également choisir de lier définitivement le Lien au joueur choisi. Cela aura pour conséquence
Lien du Zodiaque : Coq sera définitivement lié au Joueur : Sonata. La Croissance du Lien du Zodiaque : Coq deviendra illimitée. Le nombre total de Liens du Zodiaque disponibles sera réduit à 7.
-Souhaitez-vous lier le Lien du Zodiaque : Coq au Joueur Sonata ?]
Sonata regarda en silence Leo appuyer distraitement sur le bouton Oui, comme si ce n'était pas grand-chose.
[Empreinte du Zodiaque terminée. Le(s) bonus suivant(s) sont actuellement en effet.
-Compétence : Oiseaux de la Même Plume
-Description : Crée un Objet Plume qui, lorsque le porteur est affecté par un Bonus, en augmente la durée de 10 % et l'effet de 5 %.
-Appliqué à : Sonata, Leo]
Sonata sentit un petit poids disparaître de sa poitrine alors qu'elle était désormais officiellement l'une d'entre eux. Elle avait enfin trouvé un groupe de personnes qu'elle pouvait appeler famille.