Aller au contenu principal

Slime Saint

Chapitre 56 : Combattre en soigneuse

Slime SaintSlime Saint
Chapitre 56

Chapitre 56 : Combattre en soigneuse

Chapitre 56/7179%~9 min de lecture1 649 mots

Bon, moi je pourrais en finir en un clin d'œil, mais ce serait voler leurs gains aux aventuriers. Sur la planète bleue, j'avance officiellement comme soigneuse. Enfin, officiellement ou pas, je suis soigneuse !

« Pourquoi est-ce que tu es arrivée avant nous ! »

« J'ai fait un Saut court à travers l'espace. »

« Venant de ce slime, ça ne m'étonne même pas… »

Ravie que la chose soit entendue.

Carina a l'air d'avoir quelques appuis : je vais lui demander si elle peut me faire ouvrir un dispensaire provisoire.

« C'est vrai, si on te lâchait sur le champ de bataille, ce serait terminé. »

« Mon surnom, c'est pourtant la sainte slime du champ de bataille. »

« Ça se tient. »

« La sainte du champ de bataille, c'est impressionnant… »

Sur cette planète, on m'appellera peut-être simplement la sainte slime ?

Il vaudrait peut-être mieux ne pas trop en faire. … Non que j'aie ce genre de retenue.

Si quelque chose vient, je l'expédie. Un filet de mana suffira à les faire tomber.

Au fait, ce continent s'appelle Slarône, le pays est le royaume de Meishâ, la ville est Fasta. Le pays est plutôt vaste, avec au moins une dizaine de villes fortifiées. C'est grand.

Côté construction, ils dépassent les monstres, apparemment. Les rues sont pavées. Ah, et là où j'ai enterré les nobles, j'ai bien remis les pavés en place.

Ah, Carina est revenue. Elle a réussi à m'obtenir le droit d'exercer dans le dispensaire provisoire. Pas mal du tout. Je lui ai claqué le dos et elle est tombée. Voilà, Soin moyen.

« C-cette force de brute… mais le Soin a été terriblement efficace… »

« Si j'avais frappé pour de vrai, tu serais en bouillie. »

« Ne fais jamais ça ! »

Je te ressusciterais, ne t'en fais pas. Ça peut laisser un traumatisme, mais j'ai l'Antitout !

Entamer la raison puis lancer un Antitout, voilà qui a du potentiel !

« Tu es encore en train de penser à quelque chose d'ignoble. »

« À partir de demain, tu devrais te présenter comme le Blaze de la planète bleue. »

« C'est quoi, Blaze ? »

« Un vieux vampire pervers qui traîne en maillot de bain. Comme tu es en armure bikini, ça te va parfaitement. »

« Ah, d'accord, je comprends qu'on soit victimes de la même chose. On pourrait bien s'entendre. »

Si je mets ces deux-là côte à côte, je vais me faire traiter d'ignoble tous les jours. Tiens, j'ai l'impression que c'est déjà le cas tous les jours. Un jour, elles boiront un verre ensemble. Ah, ça tournerait à la séance de récriminations. Une séance de récriminations sur Azalée, très peu pour moi.

Les aventuriers finissent par arriver en nombre. Soldats et chevaliers sont déjà sortis, donc les chevaliers s'occupent des premières vagues sans intérêt, les gobelins et compagnie, et l'on frappe tous ensemble les morceaux de choix, les dragons ?

Oups, déjà un blessé. Frappé dans le dos par un gobelin ? Il n'est pas un peu faible, ce soldat ? C'est le niveau ?

Soin. Voilà, réveille-toi. Guéri d'un coup. Les soigneurs autour sont admiratifs. Ah, comme ma quantité de mana est autre, mon Soin passe pour un sort de haut niveau. Ce n'était pas un Soin suprême : un Soin. J'attendais de pouvoir dire cette réplique ! Tout le monde a écarquillé les yeux un peu plus !

Le soldat s'incline et repart. Les soigneurs ont l'air d'avoir des questions. Que je sois un slime asservi doit avoir été annoncé à l'avance pour éviter les incidents. Et malgré cela, les préjugés envers les bêtes asservies me semblent faibles.

Ce royaume est peut-être un assez bon royaume. Il paraît qu'il y a beaucoup de nobles déchets, mais tant mieux, ce sera d'autant plus amusant. Ma Fosse gronde d'impatience !

La bataille s'accélère, les soldats affluent les uns après les autres. Des chevaliers sont blessés à leur tour.

Grand soin de zone. Je ne connais pas la modération. Je vais y aller avec ce que j'ai l'habitude d'employer. Des applaudissements éclatent. Peu importe, au suivant, au suivant, on enchaîne !

« Mademoiselle le slime, vous êtes sûre pour votre mana, ma foi ? »

« Pas besoin de me vouvoyer ! Des comme celui-là, j'en ai cinquante en réserve ! »

« Ooooh, ma foi ! »

Voilà un guérisseur amusant. Cheveux blancs, longue barbe au menton, lunettes rondes posées sur le nez, nez rond lui aussi. Comme il est petit, c'est peut-être un nain. Il paraît que les nains comptent beaucoup de guérisseurs. Échange interculturel. Il s'appelle Drôban. Il m'assiste sur toutes sortes de choses. Sans Iris, ça m'aide bien !

« Tsucchi ! Une bonne potion de mana pour mademoiselle Azalée, ma foi ! »

« Tout de suite, pour sûr. »

« Ah, j'en ai sur moi, ce n'est pas la peine. C'est plutôt à vous de me le dire si vous venez à manquer. »

« Un stockage en espace parallèle, ma foi ?! »

« Extraordinaire, pour sûr. »

Voilà un deuxième nain. Cheveux châtains, lunettes rondes. Tous les deux mesurent dans les cent trente. Je vois : comme il y a beaucoup de demi-humains, il n'y a pas de discrimination.

« Une équipe de guérisseurs miniatures. »

« Trop mignons ! »

« Une fois guéris, vous porterez les blessés ! »

Voilà des aventuriers qui s'agglutinent. Ils s'ennuient ? Les soldats et les chevaliers, eux, repartent dès qu'ils sont guéris, c'est leur devoir. Il n'y a peut-être pas encore de monstre appétissant.

Un moment plus tard, alors que les aventuriers sont partis à leur tour, on m'annonce le premier mort. On me l'amène, apparemment.

Alors, sainte slime du champ de bataille, voici la grande scène de ta vie !

« Messire Clacaaante ! »

« C'est affreux, il a couvert un aventurier ! »

« Un guérisseur ! Un guérisseur ! »

« Par ici, amenez-le. »

Depuis quelque temps, mes camarades étaient trop fortes pour que j'aie souvent l'occasion de m'en servir, mais dans le monde des hommes, je vais visiblement l'employer beaucoup.

« Sauvez-le ! Sauvez-le, je vous en prie ! »

« C'est fini ! Il a la nuque brisée et le cœur arrêté ! »

« Sauv… »

« Taisez-vous. Ce n'est pas moi qui laisserai mourir un homme aimé à ce point. »

Voilà un beau garçon fort mignon. La douceur se lit sur son visage. Beaucoup de gens l'entourent. Celui qui peut sauver les gens mérite plus que tout d'être sauvé, voilà ce que je crois.

« Résurrection. »

Ce corps qui saignait de la tête et de la poitrine s'enveloppe d'une lumière verte. Purge au passage, pour les taches de sang. Il est également empoisonné : Antitout. Alors ? Non mais, il s'est fait démolir.

Le chevalier étendu, messire Clacante, ouvre aussitôt les yeux et se redresse d'un bloc.

Le temps s'arrête un instant. Puis une immense clameur, comme une explosion.

Clacante tourne les yeux vers moi et murmure. Il a l'air de comprendre que c'est moi qui l'ai sauvé.

« Qui êtes-vous, au juste… »

« La sainte slime du champ de bataille, Azalée. »

Je ne fuis ni ne me cache. Mais si ce Clacante est un noble de haut rang, autant lui demander son aide.

Hé, vous n'allez pas me chiffonner comme ça, non !

Sa suite s'est jetée sur moi ! Du calme ! On ne me tripote pas ! C'est qui, ça ?!

« La ruée du Mascaret céleste ne fait que commencer ! Allez vite chasser les monstres, et amenez-moi les morts, les blessés, les malades ! »

Une clameur qui résonne. Frappez, ça résonne : c'est bien de cela qu'on parle ?

La ruée va s'intensifier, mais le moral est monté. Voilà qui fait honneur au titre de sainte slime du champ de bataille !

« Laissez-nous vous appeler professeure, ma foi ! »

« Nous le faisons déjà, pour sûr ! Professeure, pour sûr ! »

Les deux nains sont surexcités. Travaillez. Professeure, mais je n'ai rien à enseigner.

La bataille avance, les blessés reviennent en trombe, mais Clacante meurt beaucoup trop. Je l'ai menacé de lui laisser des séquelles s'il mourait encore une fois : il revient gravement blessé. Non mais, dis donc !

« Puisqu'on te chérit, chéris-toi un peu aussi ! »

« Pardon, madame la Sainte, il y a des monstres passablement dangereux ! »

Tout sourire, ce beau garçon mignon, saleté ! Il mesure dans les cent soixante, blond aux yeux bleus, coupe courte et vaporeuse, visage enfantin, zut, il est mignon ! Sa coiffure vaporeuse proclame sa douceur !

« Compris. J'y vais. »

« Pardon ? »

Je vais le tuer moi-même. D'après l'état des blessures, c'est du souffle laser, dans le genre de la manticore.

« L'espèce ennemie ? »

« Un dragon ancien, mais… madame la Sainte ? »

« Je vais le buter, deux secondes. »

« Quoiii ? »

Saut court d'un trait au-delà de la porte sud. Clairvoyance. L'ennemi est… celui-là. Saut court. Un bond dans l'espace à la vitesse de la lumière, juste au-dessus du dragon ancien.

« Lance de glace, Tir d'arme, pleine puissance. »

Une Lance de glace de ma réserve, en orichalque, digne d'un trésor national sans discussion, expédiée en Tir d'arme rotatif un peu appuyé. Un trou d'air s'ouvre dans le dragon ancien. Comme les chevaliers tombent en masse, Grand soin de zone. Résurrection pour les morts. Comme se faire coller après serait pénible, je récupère ma Lance de glace et je retourne au dispensaire provisoire par téléportation. Une minute en tout. Après quoi, forcément, ça devient une légende.

Mes légendes finissent toujours si grandiloquentes qu'un enfant en rirait au nez. L'amour de la déesse, je crois qu'il pointe dans la mauvaise direction.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.