Mira devait entrer dans le château en tant que cliente unique, mais la manière d'approcher la cible n'avait pas encore été décidée.
Pourtant, sa rencontre avec Sally, la nouvelle recrue du « Miracle Heaven », résolut d'un coup tous ses soucis. Elle venait d'obtenir son laissez-passer pour pénétrer dans le château en tant que courtisane au service du roi.
Qui plus est, elle économisait les frais d'hébergement : un laissez-passer vraiment merveilleux.
Il ne restait plus qu'à rencontrer ce roi, confirmer qu'il s'agissait bien de Yugust en personne, et le sécuriser.
« Bon, attends-moi un peu… »
Sans même envisager la possibilité de s'être trompée, Mira regorgeait de motivation.
Elle comptait bien lui faire payer d'avoir plongé Iris dans l'androphobie, ainsi que d'avoir blessé les collègues de Sally.
Portant cette détermination en bandoulière, Mira se présenta sans attendre devant la réception du château.
Conformément à ce qu'elle avait observé, elle présenta son permis de mission à la réception. L'expression de l'employé changea instantanément pour prendre un air apitoyé.
« Je vois, c'est toi la nouvelle recrue d'aujourd'hui… »
Il devait penser : « Encore une qui va finir en victime du roi. »
De plus, comme il s'agissait cette fois d'une fillette en apparence, il semblait vouloir dire quelque chose.
Mais le client, ce roi, était le notable le plus influent de la ville. Il ne pouvait pas lui dire de rebrousser chemin, et se contenta de lui conseiller : « Si quelque chose arrive, compte sur tes seniors », avant de lui indiquer le chemin menant à la King Room.
« Oui, je… — H-hai, wakarimashita~ »
Maintenant, elle était une courtisane débutante. Se le remémorant intérieurement, Mira corrigea consciemment son langage et ses gestes, et joua à la perfection le rôle d'une jeune fille ordinaire.
Cela dit, Mira n'avait jamais prêté attention à adopter un comportement adapté à son apparence. Ses mouvements et ses mots, désespérément apprêtés, en faisaient un peu trop ; elle donnait l'impression de faire la « mignonne » forcée.
Mais grâce à son visage mignon, cela ne créait pas trop de malaise, et elle ne parut pas suspecte aux yeux de la réception.
Ainsi, sans encombre, Mira franchit la réception et se dirigea vers l'hébergement.
C'est en chemin qu'il se passa quelque chose.
« Hmm, il semblerait que j'aie aussi du talent pour la comédie ! »
Devant le grand miroir placé près de l'entrée de l'hébergement, Mira s'y refléta et testa plusieurs poses sensuelles qu'elle jugeait appropriées, pour mieux incarner la courtisane.
Au-delà de ce point, c'était un champ de bataille où déambulaient des clients au regard affûté et des courtisanes professionnelles. Il fallait redoubler de vigilance pour ne pas être démasquée.
Se resserrant les coudes, tout en arborant un sourire satisfait de son propre sex-appeal, Mira avança avec une assurance totale.
« C'est encore un endroit incroyable… »
Le hall où se trouvait la réception était déjà scintillant, mais le quartier réservé à l'hébergement atteignait un luxe comparable à celui d'un palais royal.
Non seulement les meubles disposés avec nonchalance, mais les murs, le sol, et jusqu'au plafond affichaient une finition qui n'avait rien à envier au vrai.
Le roi devait être un personnage tout aussi remarquable pour mériter un tel château — on en venait presque à se le figurer ainsi, mais la réponse était déjà connue.
C'était juste un pervers.
« Bon, il y a un ascenseur, a-t-il dit… »
Bien que subjuguée par un standing au-delà de ses attentes, Mira reprit ses esprits et continua d'avancer dans le couloir.
Cet hébergement surpassait n'importe quel hôtel de luxe. Sa qualité n'avait rien à envier à un vrai château royal, mais un point le distinguait.
Les gens. Dans un château royal, on croise force soldats, servantes et personnel de service ; les couloirs sont animés. Ici, en revanche, on voyait à peine une silhouette.
Cela dit, c'était logique. L'endroit étant ce qu'il est, si du personnel était présent au moment où l'on s'apprête à « passer à l'acte », ce serait mutuellement gênant.
Mira, qui avait arpenté les châteaux d'Alkite et de Nirvana, ressentit cette différence tout en scrutant l'horizon.
Elle aperçut un long couloir et quelques femmes. C'étaient sûrement — non, elles aussi devaient être des courtisanes venues en mission. En déduisant cela, Mira les observa pour s'imprégner davantage de l'attitude attendue.
« C'est encore… quel sex-appeal ! C'est totalement irrésistible ! »
Des femmes qui déployaient leur sensualité sans la cacher. Leurs tenues très décolletées étaient à la fois suggestives et belles, et Mira s'excitait de cette limite juste assez franchie, quand elle réalisa soudain.
« Ah, au fait, il faut que je me change. »
Le yukata mini-jupe reçu de Sally était encore dans son sac. D'après ce qu'on lui avait dit, il y avait une pièce pour se changer à l'intérieur du château.
L'actuelle Mira ressemblait à une simple fille de ville.
Elle n'avait pas encore l'allure d'une courtisane, et faisait tache.
Pressée de se changer, elle regarda autour d'elle, mais ne vit aucune pièce qui s'y prête.
C'est alors que ses yeux tombèrent sur l'ascenseur. Selon le panneau d'affichage à proximité, il y avait aussi une pièce pour se changer juste avant la King Room.
Puisque c'était sur sa route, c'était le plus rapide. Mira se rendit donc droit devant l'ascenseur.
« Il y a comme une bonne odeur… »
Quelques courtisanes attendaient la descente de l'ascenseur.
Elles devaient porter un parfum ou quelque chose du genre. Une odeur florale flottait doucement.
Une fragrance discrète, juste assez présente pour chatouiller agréablement les narines.
C'est là que Mira réalisa à nouveau.
Son apparence était parfaite, mais elle n'avait jamais prêté attention à son odeur.
Et en repensant à sa journée, un état peu flatteur lui vint à l'esprit.
Comme elle avait beaucoup marché en ville, elle transpirait légèrement. Et elle n'avait pas encore changé de vêtements.
« (… Est-ce que je ne sens pas la sueur, par hasard ?) »
Personne ne le lui avait signalé, mais ce genre de chose est difficile à dire aux autres.
Comprenant cela, Mira monta dans l'ascenseur aux côtés des autres courtisanes lorsqu'il arriva, tout en restant préoccupée par son odeur.
À l'intérieur, elle se tint légèrement à l'écart des autres et vérifia son odeur.
« Hmm… Rien de particulier… »
Elle renifla, mais ne perçut aucune odeur de sueur. Cela dit, l'odeur est quelque chose que l'on a du mal à détecter soi-même.
Même Mira, avec sa sensibilité, aurait été un peu blessée si on lui disait qu'elle pue.
« Ah, j'avais oublié. »
L'ascenseur se mit en mouvement et elle s'en aperçut : elle n'avait pas encore appuyé sur le bouton de l'étage de destination.
Comme c'était une technologie née des joueurs, la structure de base de l'ascenseur lui était bien connue.
Apparemment, les boutons du 3e et du 4e étage étaient enfoncés. Des étages où se concentraient les chambres abordables malgré le standing.
Mira se faufila entre les courtisanes, avança la tête et appuya sur le bouton de l'étage supérieur, la King Room où se trouvait le roi.
À cet instant précis.
Pour une raison inexplicable, le regard de toutes les courtisanes présentes se braqua simultanément sur Mira.
« (Qu-quoi ?) »
Prise de court par cette attention soudaine, Mira tressaillit. Et en même temps, un mauvais pressentiment lui traversa l'esprit.
« (C'est ça… je pue, c'est ça ?) »
Comme elle y pensait jusqu'à l'instant d'avant, elle crut que sa proximité avait révélé son odeur de sueur. C'est pour ça qu'on la fixait ainsi.
Mira paniqua, mais la raison était bien plus simple.
« Vous… chez le roi… »
« Je ne connais pas ce visage, mais vous êtes la nouvelle… ? Ah, non, pardon, c'est rien. »
« Encore une qui vient… mais, désolée. Nous, on ne peut rien faire… »
Laissant derrière elles stupeur, pitié, puis résignation et excuses, elles descendirent au 3e étage, puis au 4e.
La raison de cet intérêt n'était pas l'odeur, mais le fait que Mira ait appuyé sur le bouton de l'étage supérieur.
Il était de notoriété publique parmi les courtisanes que le roi entretenait une douzaine de favorites avec un roulement quotidien.
Elles le savaient forcément. Et voyant une inconnue appuyer sur le bouton de l'étage supérieur, elles comprirent.
Une nouvelle recrue allait encore être sacrifiée au roi.
Mais elles ne pouvaient rien faire. Si l'on attirait l'attention du roi, qui détenait un pouvoir particulièrement fort dans cette ville, on ne pouvait plus y survivre.
Pour Mira, en revanche, ce genre de considérations n'avait aucune importance.
« Hmm… on peut considérer qu'il n'y a pas de problème, je suppose. »
Au vu de la réaction des courtisanes, ce n'était probablement pas une odeur dont on fait la remarque. Elle en conclut ainsi, renifla une dernière fois son corps par précaution, se convainquit qu'elle ne sentait pas mauvais, et descendit de l'ascenseur au dernier étage.
Le dernier étage du Camelot Palace. La King Room, comme son nom l'indique, était un lieu à la hauteur de son appellation.
En sortant de l'ascenseur, un couloir tapis de rouge s'étendait, et face à elle se trouvait la pièce de change qu'elle avait repérée.
Mira y entra sans attendre.
« (Personne… ?) »
Il n'y avait pas de courtisane en train de se changer.
Déçue, Mira enfilit le yukata mini-jupe.
Comme c'était à l'origine un costume pour Sally, il ne devenait pas un mini-jupe parfait tel quel.
Mais le taille unique pour courtisanes semblait être du sur-mesure. La longueur était facilement ajustable, aussi Mira remonta-t-elle et descendit-elle l'ourlet de ses propres mains.
« Oh, c'est pas mal… — non non, c'est trop court… — hmm, ma mignonnerie de belle fille ne connaît pas de limites ! »
En marmonnant ainsi, Mira ajusta la longueur pour trouver l'équilibre où elle se trouvait le plus mignonne.
Une fois changée, elle s'engagea enfin dans le couloir au tapis rouge.
Le hall qui s'ouvrait devant elle était si vaste et fastueux qu'on aurait pu y organiser un bal.
À peine Mira y eut-elle mis les pieds que l'ensemble du hall fut enveloppé d'une tension palpable.
Elle vit une dizaine de courtisanes. Et toutes étaient des beautés à faire tourner la tête.
Comme on l'avait dit, le roi s'amusait quotidiennement avec plusieurs courtisanes à la fois. Non seulement il en rassemblait d'aussi belles, mais il les faisait même attendre — c'était démesuré, et Mira ne put s'empêcher d'éprouver une once d'envie.
Pourtant, elle ne pouvait pas rester détendue. Non seulement presque tous les regards étaient braqués sur elle, mais ils semblaient chargés de colère.
« (Qu-quoi ? Je n'ai encore rien fait, moi…) »
Peut-être y avait-il une règle locale, comme saluer avant d'entrer dans le hall, ou y pénétrer du pied gauche — ou droit — prédéfini.
Ou alors, avait-on découvert qu'elle était une impostrice ?
Face aux courtisanes hérissées, Mira chercha la raison et réfléchit à la marche à suivre.
Au pire, puisqu'elle était parvenue jusqu'ici, elle pouvait forcer le passage.
Elle n'avait pas encore la certitude que le roi était Yugust, mais peu importait. Si l'on considère qu'il s'agit de punir un homme qui abuse de son pouvoir pour assouvir ses perversions, foncer n'était pas une mauvaise option.
C'est alors, alors qu'elle ourdissait divers plans…
« Vous, vous êtes peut-être la nouvelle recrue du "Miracle Heaven" ? »
La plus hautaine des beautés s'approcha et lui posa la question.
« Hmm — h-hai, c'est ça, je viens du Miracle Heaven~ »
Elle ne s'était pas encore présentée, n'avait pas montré son permis. Pourtant, l'autre l'avait devinée.
Le contact avait-il déjà été pris ? Ou avait-elle simplement déduit qu'une nouvelle tête ne pouvait être que la recrue ? Ce point restait flou, mais comme la raison de la colère de ces femmes n'était pas claire, Mira choisit de jouer la novice ignorante et répondit honnêtement par l'affirmative.
« Ce type… »
À cet instant, l'atmosphère se dégrada encore.
La beauté était hautaine, mais son attitude d'avant semblait presque bienveillante en comparaison : la réaction suivant la réponse de Mira fut d'une sévérité flagrante.
Clairement, c'était son acquiescement qui en était la cause.
Pourtant, elle avait dit « ce type ».
En cherchant du regard la cible de cette colère, Mira comprit qu'elle ne visait pas elle, mais quelqu'un d'autre.
Et ce n'était pas seulement cette beauté. Simultanément, les autres courtisanes en attente commencèrent toutes à émettre une atmosphère menaçante.
Contre quoi, contre qui déversaient-elles cette colère ? Il y avait manifestement une cause commune.
Mais Mira, incapable de la cerner, se trouva intimidée par leur pression.
C'est alors que —
« Ah, je t'ai fait peur, pardon. Je ne suis pas fâchée contre toi. Je suis fâchée contre Botts, qui t'a envoyée ici. »
L'attitude changea du tout au tout. Le visage de la beauté, qui était dans une rage noire, se transforma en un instant. Elle avait maintenant l'air de cette grande sœur gentille du quartier, dans l'enfance.
« (Celui qui m'a envoyée ici, Botts… qui est-ce ?) »
Sur ces mots, Mira inclina la tête. Qui était ce Botts, cible de leur colère ?
Pendant qu'elle réfléchissait, les courtisanes commencèrent à élever la voix dans un brouhaha indescriptible.
« Ah, encore lui ! On lui a dit de protéger la nouvelle recrue importante, alors pourquoi l'envoyer encore aujourd'hui ! »
« Vraiment, il ne pense qu'au magasin. Le pire. »
« Même si le client est le roi, là-dessus il ne faut pas céder. »
« Moi, je ne veux plus jamais travailler au Miracle Heaven. »
D'après leurs propos, le Miracle Heaven était en train de se faire détester comme jamais.
Et Mira parvint à saisir la situation grâce au fil de leur conversation.
« Je vois… En gros, ce Botts doit être le gérant du Miracle Heaven. »
La cause de leur colère était donc que, malgré le sort affreux réservé à la nouvelle recrue d'hier, Botts en avait envoyé une nouvelle aujourd'hui.
Le traitement subi par la recrue d'hier, Mira en savait quelque chose grâce à Sally. C'était atroce.
C'est pourquoi les courtisanes présentes avaient sûrement averti Botts de ne plus envoyer de novice pour éviter que cela ne se reproduise.
Mais, face au pouvoir du roi, Botts avait privilégié la survie du magasin et envoyé la recrue comme demandé.
Il avait sacrifié une employée précieuse pour sauver son établissement. C'est ce point qui avait déclenché leur colère.
Les circonstances du magasin étaient importantes, mais ce que disaient ces femmes l'était tout autant.
D'un point de vue strict, elles étaient rivales, mais leur souci de l'autre laissait entendre qu'elles se considéraient comme des camarades.
Le quartier des fleurs était vraiment un endroit étrange. C'est ce que pensait Mira, impressionnée, quand —
« C'est bruyant, qu'est-ce qui se passe ? »
Pendant ce temps, l'ascenseur avait fait un aller-retour supplémentaire. Une femme en sortit par la porte arrière et demanda la raison de ce tumulte.
« Ah, Ranoa-san, écoutez. Botts a encore envoyé une nouvelle… »
« C'est terrible, alors que Ranoa-san avait tant insisté… »
La femme aux longs cheveux noirs. Appelée Ranoa, elle semblait être une figure respectée même parmi ces courtisanes. Comme pour la dénoncer, les voix accusant Botts se succédèrent.
« (Mm… celle-ci est… ) »
En se retournant, Mira reconnut immédiatement la femme qu'elle avait repérée plus tôt au family restaurant : la courtisane numéro un du quartier des fleurs.
C'était elle qui avait prononcé le mot « roi », point de départ de toute cette infiltration.
Ranoa, la favorite numéro un du roi. En y repensant, elle avait dit qu'elle travaillait aujourd'hui. Il était donc naturel de la croiser ici.
Alors que Mira repensait à cette rencontre…
« — Du coup, Ranoa-san, pour cette nouvelle recrue, ne vaudrait-il pas mieux faire comme si elle n'était pas venue, et la renvoyer de force ? »
« Oui. Soit Botts a refusé, soit aucune recrue n'a accepté de venir. »
Les courtisanes proposèrent une telle chose.
Pour elles, Mira était l'équivalent d'un débutant jeté dans du contenu de fin de jeu. Leur proposition relevait de la sollicitude et de la gentillesse.
Mais pour Mira, qui avait enfin réussi à s'infiltrer jusqu'ici, se faire raccompagner n'était pas une option.
« (Dans ce cas, je fais la nouvelle recrue maso… ) »
Pour éviter d'être renvoyée, que faire ? L'idée qui lui vint sur l'instant fut de se faire passer pour une masochiste.
Au contraire, parce qu'elle était une fille maso, elle était venue pour se faire maltraiter par le roi. Si elle jouait cette carte, elles ne tenterait plus de la raccompagner.
Bien sûr, son mental serait rongé à petit feu.
Mais c'était encore mieux que d'être renvoyée.
Alors que Mira ourdissait ce stratagème, Ranoa, qui avait écouté les doléances, s'avança et se retourna — ses yeux croisèrent parfaitement ceux de Mira.
À cet instant, Mira pensa : se souvient-elle de ce qui s'est passé au restaurant ?
Selon Wantso, lorsqu'elles s'étaient croisées, Ranoa avait eu un geste comme si elle remarquait Mira.
Si c'était en tant que rivale courtisane, pas de problème. Mais si c'était autre chose ?
Cette rencontre, qui semblait fortuite mais était inévitable, pouvait éveiller des soupçons.
Mira se crispa, craignant qu'on ne l'interroge sur les détails. Elle en savait un peu grâce à Sally, mais si on creusait, elle serait démasquée.
Pourtant, alors qu'elle s'inquiétait, Ranoa esquissa un doux sourire et se retourna vers les autres. Visiblement, elle n'avait pas reconnu son visage ; sa réaction était celle d'une parfaite inconnue.
« J'aimerais bien faire ça, mais le fait qu'elle soit ici prouve qu'elle est passée par la réception, non ? Dans ce cas, c'est déjà enregistré. Si elle disparaît maintenant, ce sera plutôt la responsabilité de cette enfant qui retombera sur elle. »
C'était la réponse de Ranoa aux suppliques pour raccompagner la novice saine et sauve.
« Ah… »
« C'est… vrai… »
À ces mots, le visage des courtisanes, qui criaient pour éviter une répétition du drame d'hier, s'assombrit d'un coup.
Si c'était avant d'arriver ici, le magasin aurait pu refuser et dire qu'aucune courtisane n'avait été envoyée.
Mais étant ici, cela signifiait qu'elles avaient présenté leur permis à la réception du bas. Si elles disparaissaient après être arrivées saines et sauves, ce serait considéré comme une fuite, et la responsabilité retomberait sur la courtisane.
Telle était la règle ici. Grâce à cela, l'ordre de renvoi bienveillant semblait évité.
« (Je me demandais comment ça allait tourner, mais j'ai l'air de pouvoir rencontrer ce roi, après tout.) »
Elle pourrait s'approcher en tant que courtisane comme prévu, et lui asséner un bon coup de poing. Mira sourit intérieurement.