Le lendemain.
fut conduit par Estelle devant une boutique d'armes et d'armures nommée « Marchand Rigludo ».
Boutique d'armes, boutique d'armures, boutique d'ustensiles de cuisine, boutique d'outils de charpente, boutique de grimoires, boutique de bois, boutique de pierres…
La rue où elles se trouvaient formait un quartier de magasins spécialisés, où divers commerces de produits techniques alignaient leurs façades.
Parmi eux, le Marchand Rigludo était le plus grand.
Cette boutique ne fabriquait pas elle-même les équipements ; elle assurait la distribution et la vente des armes et armures produites par des artisans sous contrat exclusif.
« Grâce à des contrats d'exclusivité avec des artisans de talent, le Marchand Rigludo propose des équipements de haute qualité qu'aucun autre magasin ne peut offrir. »
Une telle mention était affichée à côté de l'entrée.
Malgré l'heure d'ouverture à peine passée, la boutique accueillait déjà de nombreux aventuriers.
De quoi mesurer la popularité du Marchand Rigludo à Yustel.
« . Le rayon chaussures est par ici. »
« O‑ou »
Tandis que son regard dérivait sur la quantité massive d'équipements exposés, se laissa entraîner vers le rayon chaussures.
En chemin —
« — ! »
Une employée qu'ils croisaient leva les yeux sur et fit un petit bond sur place, comme surprise.
(Hein, qu'est‑ce que c'est ?)
pencha la tête, une pointe d'inquiétude naissant en lui.
(C'est un très grand magasin ; peut‑faut‑il une qualification pour y entrer, comme dans une boutique de marque ?)
La surface de vente était vaste, comme un centre de bricolage.
L'assortiment était également riche.
On aurait pu y passer la journée rien qu'à regarder.
« D'ici jusqu'à là‑bas, c'est le rayon chaussures. »
« Oh »
Après avoir marché un moment, ils atteignirent enfin le rayon chaussures.
Divers modèles étaient soigneusement alignés sur les étagères.
Tous étaient conçus pour des métiers impliquant le combat : aventuriers, chevaliers…
Chaque paire était solidement fabriquée.
examinait les articles un par un, en partant du bout de l'étagère.
« Waouh… c'est impressionnant. C'est costaud. C'est de quel cuir ? »
« C'est du cuir de Rockworm. »
« Ah, c'est donc ça dont on parle »
C'était le matériau qu'Estelle avait tenté de prélever auparavant, mais que avait mis en pièces, l'empêchant de le récupérer.
Au toucher, la surface était légèrement rugueuse ; même en appuyant du doigt, elle ne se déformait pas. Une défense exceptionnelle.
« Tu prends des chaussures en cuir de Rockworm, ? »
« … Non »
secoua la tête. Connaissant l'aspect originel de la bête, il ne parvint pas à envisager l'achat.
(Quoi qu'on dise de ses qualités, l'origine reste une chenille…)
Pendant qu'ils choisissaient les chaussures —
« Excusez‑moi. Seriez‑vous Estelle‑sama ? »
Une employée les interpella.
C'était la même personne qui avait fait un petit bond tout à l'heure.
(Estelle… ‑sama ?)
Au mot de l'employée, fronça les sourcils.
Depuis son arrivée à Eargard, c'était la deuxième fois qu'il entendait l'honorifique « sama ».
La première, c'était le majordome en chef de Finlis qui l'utilisait pour s'adresser au seigneur.
Hormis ce cas, il n'avait jamais entendu « sama ».
La réceptionniste Marii, elle, les appelait avec « ‑san ».
C'est pourquoi ressentit une forte gêne à entendre l'employée ajouter « sama » à Estelle.
La personne concernée, elle, afficha un air légèrement perplexe et acquiesça.
« … Ah »
« C'est parfait ! Le grand patron vous attendait en allongeant le cou. Allez, par ici, à l'arrière »
« Non, je ne suis venue qu'en simple cliente… »
« Allez, allez, allez ! »
Sans écouter les protestations d'Estelle, l'employée lui saisit le bras et l'entraîna de force.
Si Estelle avait été sérieuse, elle aurait pu se dégager sans peine.
Qu'elle ne résiste pas signifiait qu'elle ne le refusait pas vraiment.
« … »
Une voix désespérée parvint d'Estelle, qu'on emmenait.
, qui s'apprêtait à les regarder partir, poussa un soupir résigné — « Pas le choix » — et les suivit.
L'endroit où Estelle fut conduite était une salle arrière, derrière le comptoir, réservée au personnel.
Des stocks d'équipements y étaient entassés à perte de vue.
La plupart correspondaient aux articles en vitrine.
Mais il y en avait peut‑être qui n'étaient pas exposés en boutique.
Des pièces spéciales, sorties seulement quand un client privilégié le désire.
(Y a‑t‑il des équipements rares ?)
scruta la salle des yeux.
Si le temps et la boutique le permettaient, il aurait voulu tout vérifier.
Après avoir traversé la salle, ils parvinrent au bureau tout au fond.
« Excusez‑moi. Grand patron. J'amène Estelle‑sama. »
« Hum. Faites entrer. »
Une voix grave résonna depuis le bureau.
À l'entendre, se redressa instinctivement.
C'était une voix qui portait une forte présence.
En entrant, ils trouvèrent un homme d'âge mûr, légèrement bedonnant, assis sur le fauteuil au fond.
C'était lui, l'auteur de cette voix.
Ses yeux et sa bouche étaient creusés de rides de rire.
À voir cela seul, n'importe qui le jugerait bonhomme.
Mais son regard, lui, était d'une acuité perçante, en total contraste avec son expression.
Cet homme n'était pas ordinaire.
L'homme se leva lentement de son fauteuil.
Sur l'instant, le dos de se glaça.
(Quoi ? Qu'est‑ce qui se passe ?)
Tandis que se mettait en garde, l'homme ouvre la bouche.
« E, Estelle‑chaaaaan !! »