Le complot de la société de vente immobilière fut découvert sans tarder.
Comme le patron, également président de la société, avoua ses crimes franchement, il échappa de justesse à la pendaison.
En revanche, tous les actifs de la société furent confisqués. Le patron fut condamné à cinq ans de travaux forcés.
Les biens saisis furent affectés à la reconstruction de Finlis.
Bien qu'il n'ait pas été possible de ramener le prix de toutes les maisons à leur niveau d'avant la crise, ils redescendirent à un niveau abordable pour les gens du peuple.
***
De retour à la maison, et les autres se retrouvèrent dans le salon.
Grâce à cette affaire, le seigneur et Lily purent récupérer la totalité des fonds ayant servi à l'achat de la maison.
Toutefois, les droits de propriété sont toujours détenus conjointement par les deux.
La question de savoir qui utiliserait cette demeure menait à une discussion qui restait, une fois de plus, parrallèle.
« Cette maison, c'est le seigneur qui nous l'a offerte ? On ne peut pas rejeter ses sentiments comme ça. »
« Mais moi aussi, je l'ai achetée. Cette maison est à moi. »
Estellle et Lily s'affrontaient, aucune ne voulant céder d'un pouce.
La raison pour laquelle la discussion n'avançait pas était simple : elles ne faisaient qu'opposer leurs avis, sans chercher le moindre terrain d'entente.
(Hum... ça ne pourrait pas se régler bientôt ? J'ai faim, moi...)
Il était déjà passé midi.
Depuis qu'il avait rencontré Lily dans cette maison dès le matin, à peine une demi-journée s'était écoulée.
C'est à quel point avait résolu le complot des marchands à une vitesse fulgurante.
Tout grâce à la compétence <Condamnation>.
À cause d'elle, le marchand avait fini par avouer presque de son plein gré.
Son pouvoir était tel que lui-même en avait été saisi d'effroi.
(Il faut faire attention pour que cette compétence ne devienne pas une nouvelle source de problèmes...)
« Mmm... »
« Mou... »
Elles avaient-elles dit tout ce qu'elles avaient sur le cœur ?
Estellle et Lily se turent et se toisèrent du regard.
Estimant que le moment était venu, intervint pour la première fois depuis le côté.
« Pour les droits sur cette maison, ça ne pose pas de problème si Lily les garde. »
« Quoi !? , qu'est-ce que tu racontes ! »
« Calme-toi, Estelle. »
Il apaisa Estelle, qui s'emportait, et continua.
« Toutefois, pour Lily toute seule, cette maison est trop grande, non ? »
« Hum... c'est vrai. »
« Alors, faisons du partage. »
« "...Partage ?" »
« Oui. On utilise cette maison en colocation. Bien sûr, pas tout en commun : on établit des règles, comme dans une auberge. »
leur présenta le concept japonais de colocation.
Heureusement, cette maison est trop grande pour une ou deux personnes.
En faisant des chambres des espaces privés et le salon et la cuisine des espaces communs, on peut y vivre sans problème.
L'argent que Lily a payé sera de toute façon remboursé.
Dans ce cas, pas la peine de s'obstiner sur qui en est le propriétaire.
Il suffit de l'utiliser comme une colocation.
C'est le point de chute que imaginait.
Les deux, après avoir écouté, faisaient des visages compliqués en réfléchissant.
L'atmosphère n'était pas à un refus catégorique.
(Plus qu'à attendre qu'elles tranchent elles-mêmes.)
Tel fut son jugement, et se leva.
« . Tu vas quelque part ? »
« Ouais. Midi approche, je pensais aller faire les courses. »
« Dans ce cas, j'y vais aussi. »
« Non, c'est bon. J'ai des trucs à acheter moi aussi. Restez là et réfléchissez bien. »
De la main, il fit un signe vague et quitta le salon.
Après avoir vérifié la cuisine, fila vers le marché en sautillant.
(Cuisine ! Cuisine ♪)
Sa ne tête ne contenait plus que ces deux kanji : cuisine.
C'est normal. Depuis son arrivée à Éargard, n'avait mangé que des plats sans bouillon.
Même pas bons, il les avait avalés sans dire qu'ils étaient mauvais, accumulant la patience sur la patience.
Maintenant qu'ils avaient une maison, il n'avait plus à subir les repas.
(... À fond. Je vais cuisiner à fond !)
« Kuh kuh kuh... »
Guidé par sa propre libido, acheta des provisions à tout va au marché.
Peu importait la quantité qu'il pouvait porter. possédait <Espace de Stockage>.
Il se rendit ensuite dans un magasin d'ustensiles de cuisine.
La maison avait une cuisine, mais pas d'ustensiles.
Pour cuisiner, il fallait un minimum d'équipement.
« Poêle, casserole, couteau, planche à découper... kufufu. »
Devant la rangée d'ustensiles, les yeux de brillaient.
Les hommes entrent toujours par la forme.
Quoi qu'on fasse, on a envie d'utiliser les meilleurs outils.
Lorsqu'il avait sauvé Finlis de la crise, avait reçu une grosse prime de la guilde.
Il fit parler l'argent et acheta en masse des ustensiles de cuisine de premier choix, grands et petits.
« Fuhaha... »
Là encore, la quantité dépassait ce qu'un seul homme peut porter, mais a <Espace de Stockage>.
Après avoir bourré son <Espace de Stockage> de rêves sous forme d'ingrédients et d'ustensiles, rentra chez lui d'un pas pressé.