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Resetting Lady

Chapitre 16

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Chapitre 16

Chapitre 16

Chapitre 16/1948%~8 min de lecture1 528 mots

Haa…

Carynne s'enfuit et courut dans une ruelle en forme de labyrinthe. Combien de fois avait-elle fait le tour de ces routes compliquées. Si ce n'était pas maintenant, il serait difficile d'avoir une autre chance d'agir par elle-même, alors elle devait s'éloigner vite de là. Ses respirations haletantes se calmèrent tandis qu'elle marchait dans la ruelle sombre.

Elle s'était mise à distance de Raymond, et Borwen était distrait, retenu par la foule sur place, donc il ne serait pas à ses trousses. Elle ne pouvait pas rater cette opportunité. Il n'y aurait pas d'autre occasion de bouger en toute indépendance dans un futur proche. Parviendrait-elle à rencontrer seule cette personne nommée Madame Deere ?

« Peut-être qu'aujourd'hui sera différent. »

Après tout, elle avait aussi vu aujourd'hui un animal qu'elle n'avait pas vu depuis cent ans.

Elle pensa à la fin de cette bête gigantesque. C'était une créature mystérieuse qui n'apparaissait que dans les vieilles légendes. Après avoir vécu dans un pays chaud venu de loin, l'animal mystérieux avait écrasé tous ces gens sous ses seuls pieds, comme s'ils étaient des insectes écrasés à mort entre les pages d'un livre. Tout comme elle.

…Beurk.

Elle avait la nausée. Ce n'était pas de la culpabilité, mais elle se sentait étrangement mal. Camaraderie ? Empathie ? Carynne essaya de mettre un mot dessus, mais rien ne collait vraiment.

Toutefois, cette journée la convainquit que beaucoup de choses avaient changé. Voir des choses qu'elle n'avait jamais vues, des gens mourir alors qu'ils ne devaient pas encore mourir. Si l'absence de Nancy avait changé les choses à ce point, peut-être était-ce une opportunité d'en apprendre davantage sur la situation dans laquelle elle se trouvait.

La maison du précepteur était à côté de la boutique du chapelier. Puisqu'un nouveau chemin s'était ouvert comme aujourd'hui, elle pourrait peut-être se rendre chez Madame Deere avant que la prochaine séquence d'événements ne soit gravée dans le marbre.

Ah.

Elle s'arrêta de marcher.

Si elle allait plus loin, c'était une ruelle où elle serait « en danger d'agression sexuelle ». Mais ce n'est pas encore l'heure, non ? Elle regarda la lune. Non, pas encore. Il est difficile d'appeler cela une vie, mais parce qu'elle avait vécu des événements similaires, elle pouvait prédire dans une certaine mesure l'avenir du roman.

Même si l'intrigue se mélange çà et là, si Carynne était en danger pendant cette sortie, Raymond viendrait la sauver. C'était la même chose que quand elle recommençait après sa mort.

La progression d'intrigue la plus légère et la plus courante était que Carynne regarde des spectacles de rue avec Borwen et Nancy. Quelqu'un lui tripotait alors les fesses, mais Raymond l'attrapait et l'en empêchait. Si c'était plus sérieux, alors dans cette ruelle…

« Tiens, tu es jolie, dis donc. Quel âge as-tu ? »

Ça commencerait par du drague comme ça. Carynne regarda l'homme réciter des lignes toutes faites dont elle était déjà lasse. Cela faisait un moment qu'elle n'était pas venue dans cette ruelle. Cela fait douze ans ? Non, treize ans ?

« Ne fais pas ça. »

« Ne fais pas quoâ ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »

Carynne fut plaquée contre un mur. Une main lui agrippa les cheveux. Son haleine sentait mauvais. La jambe droite de l'homme pressait contre sa cuisse.

« Oh, t'es en assez bon état, hein ? T'as de bonnes dents et la peau claire. Je parie que le bas est pareil, non ? »

« Je mange correctement, je dors correctement et je me lave aussi correctement. »

« Regardez-moi cette poulette qui répond. »

En ricanant, un autre homme bloqua la ruelle pour que Carynne ne puisse pas s'enfuir.

« Hé, on dirait pas la fille d'une famille riche ? »

« Laisse-moi goûter, moi aussi. »

Le bas-ventre de l'homme était passablement gonflé. Pour une raison quelconque, elle se souvint de l'éléphant d'avant.

Pfft.

« Quoi, ça te plaît ? »

« Tu sais pas dans quelle situation tu es, toi. »

Un éléphant, un éléphant ! Carynne ne put retenir son amusement.

« H… hihihi… »

« On dirait qu'elle est folle. »

« Qu'est-ce qu'on en a à faire, c'est pas comme si ta femme en était une. »

Ses vêtements furent déchirés. Carynne s'en accommoda vu qu'elle portait ses vêtements les moins chers.

Il y avait eu une boucle où elle était allée dans la forêt. C'était une époque où elle avait peur de simplement rencontrer Raymond. Elle entra dans la forêt en espérant une vie sans amour, sans rencontrer personne, sans mourir.

Et après ça, elle n'était jamais retournée dans la forêt. Les dangers de la forêt étaient différents de ceux qu'elle affrontait en ville. Carynne avait été transpercée par une défense de sanglier. Et Raymond l'avait sauvée.

À ce moment-là, Carynne avait juste été agacée intérieurement en pensant : « Pourquoi cette personne est-elle ici et pas en ville ? » Quoi qu'elle ressente, Carynne dut finalement prendre beaucoup d'antalgiques et d'autres médicaments, et elle se tourna vers Raymond pour mourir. Finalement, elle fit une rechute à cause de la blessure de lance, et elle mourut.

« Ah, c'est pénible d'y repenser. J'arrive pas à croire que ça arrive. La prochaine fois, je ne passerai pas par là et j'irai ailleurs. »

« La prochaine fois ? C'est trop tard pour ça, votre seigneurie. »

L'homme rit en entendant les mots de Carynne. Qu'est-ce qu'elle voulait dire, la prochaine fois ? L'homme n'avait aucune intention de lui donner une telle opportunité. Mais Carynne le nia. On aurait dit qu'elle se parlait à elle-même tant son ton était décontracté.

« Hein ? Oh, non c'est pas vrai. C'est pas trop tard. »

Face au développement imprévisible de la conversation, l'expression de l'homme se déforma alors qu'il tapotait sa tête avec un doigt.

« Qu'est-ce qu'elle raconte, cette folle ? »

« Hé, arrête de faire des trucs inutiles et vas-y. Moi aussi je veux mon tour. »

En pensant à l'époque où elle avait eu cette blessure, la colère de Carynne monta.

« Réfléchis, Hans. Tu ne serais pas en colère si c'était toi ? »

« Q-Quoi ? Pourquoi tu connais mon nom— »

« Non, non. Fais pas attention à ça. C'est pas important. »

« Mais qu'est-ce qui te prend, Hans, tu— »

« T'as une femme. Je crois qu'elle s'en fichait quand t'as été abattu et que t'es mort ? Elle s'est remariée en un mois. »

« Quoi ? »

« Je sais, hein. Toi aussi t'es en colère, non ? Maintenant que j'y pense, ça me met en colère, moi aussi. Dullan a rompu avec moi après m'avoir vu embrasser un autre mec. Certes, c'est ça, mais si tu as appris des pratiques médicales, tu devrais être juste avec tout le monde, non ? Mais il a fait la tête parce que je ne l'ai pas épousé, alors il ne m'a même pas soignée correctement, je sais pas. J'aurais fini par mourir de toute façon, mais… Non, c'est pas important, de toute façon. Mieux vaut qu'il y ait moins de pus dans la plaie. Les premiers secours sont importants, alors à quoi ça sert que Raymond fasse venir le meilleur staff médical ? C'est déjà trop tard à ce moment-là. Ce type a lâché l'affaire direct juste parce que je suis devenue la femme d'un autre, haa. »

« H-Hans, cette garce est vraiment dingue… »

« Ferme-la ! »

Clac.

Le poing de l'homme heurta la tête de Carynne.

Ça fait mal. Mais Carynne secoua la tête une fois, puis releva le regard. Elle ne put réprimer l'envie de parler.

« Ah, Thomas, ton fils sera plongeur chez nous. Mais il est vraiment nul. La dernière fois, ah, ce dont je parle là c'est la vie précédente dans ce roman. Pour l'instant, ton fils est occupé à aider le boulanger. Comme c'est pitoyable. Du coup, j'ai l'œil sur ce gamin. Bientôt, tu mourras d'une MST. »

« Q-Quoi ? Cet enculé… »

On lui attrapa les cheveux.

« Hans, tu sais comme c'est dur d'entretenir ces cheveux ? C'est le chef-d'œuvre de Nancy. »

« Meurs ! »

Regardez bien.

Carynne se boucha les oreilles. Parce qu'elle anticipait que des coups de feu allaient éclater cette fois-ci.

…Keugh.

« Ha, haa. »

« T'es… »

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Elle n'entendit aucun coup de feu. La tête de Carynne fut fracassée contre un mur et elle vit Thomas sortir un couteau. Avait-elle mal estimé le temps ? D'habitude, après s'être évadée de Nancy, Carynne se perdait et finissait ici, mais…

Comme prévu, il était difficile d'estimer le bon moment parce que Nancy avait été remplacée par Donna. Nancy était toujours à côté d'elle, donc il était plus facile de se souvenir du timing si elle se contentait de jauger les actions de Nancy. Carynne gémit.

…Uugh.

Elle ressentit une douleur terrible lui monter au flanc. Un couteau y était planté. Carynne allait hurler, mais Hans lui couvrit la bouche. Ça fait mal ! J'ai dit que ça fait mal ! Vais-je mourir ? Vais-je vraiment mourir ? Déjà ? Vraiment ?

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