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Reincarnated into Two Bodies

Chapitre 17

Reincarnated into Two BodiesReincarnated into Two Bodies
Chapitre 17

Chapitre 17

Chapitre 17/16310%~9 min de lecture1 678 mots

J'ai joué quelques parties de Vieux Garçon — enfin, de Carte Noire — avec Ricent. Le résultat du match était… plutôt inattendu.

« Aaaaah ! Pourquoi t'es si fort à ce jeu ?! » s'écria la personne qui avait la pire poker face du monde.

Il me suffisait de décaler ma main un peu à gauche ou à droite pour savoir immédiatement si la carte sur laquelle je survolais était le Vieux Garç — enfin, la Carte Noire. Sans compter que, quand j'allais attraper le Vieux Garç — la Carte Noire, merde ! Je déteste ce nom — Ricent ricana un peu.

Le jeu était trop facile, un 12-0 sec. Je commençais à m'ennuyer, j'avais envie de jouer à autre chose. Comme s'il le sentait, ou peut-être simplement par mauvaise foi, Ricent remit les cartes en ordre et proposa une autre partie.

« On joue aux dés ! Tu connais Serpents ou Cyclope ? »

Ça avait l'air intéressant. Mais si ça se révélait être le jeu de l'oie…

« D'accord, on joue à ça ! T'inquiète, les règles sont simples, je t'expliquerai au fur et à mesure ! »

Ricent retourna à son tiroir pour ranger ses cartes et en sortit deux dés. Il s'assit à nouveau, cala les deux dés dans ses deux mains et se mit à les secouer.

« Allez ! Dis-moi, ce sera Serpents Ou Cyclope ? »

« Hé hé, tu dois deviner si les dés tomberont sur Serpents ou Cyclope. Les Serpents, ce sont les nombres pairs : deux, quatre, six. Les Cyclopes, ce sont les impairs : un, trois, cinq. C'est compris ? Alors… Serpents ou Cyclopes ? »

Je restai là, absorbant les règles tranquillement. Puis, ça me frappa.

« Mais c'est juste pair ou impair, bordel ! » m'exclamai-je.

« Pair ou impair ? » Ricent arrêta de secouer les dés. « Ah, je suppose que les gens au bar l'appellent parfois comme ça. »

« Hum, si ça te plaît pas, j'ai un jeu de plateau ! Il manque les pions, mais on peut les remplacer par des pièces ! »

« Ouais, ça a l'air bien… »

N'importe quoi valait mieux que pair ou impair. Mais un jeu de plateau, hein ? Vu les jeux qu'il avait sortis jusqu'ici, je doutais que ce soit quelque chose d'original. J'aurais été plutôt content si c'était les échecs ou les dames, au moins il y aurait de la stratégie.

Ricent sortit un petit parchemin avec des lignes tracées dessus. Il y avait une centaine de cases, et tous les quelques cases, de grossières illustrations de dragons et de poules traversaient les cases.

Les dragons regardaient tous vers le haut, chacun avec une longueur variable. Les poules descendaient en groupe, en quantité variable selon la distance entre les deux cases.

Ne me dites pas… Chapitre publié en premier sur 𝓷𝓸𝓿𝓮𝓵※𝖿𝗂𝗋𝖾※𝙣𝙚𝙩

« Tu vois, si tu lances un dé, tu avances du nombre indiqué ! Et si tu tombes sur la queue d'un dragon, tu voles vers le haut ! Si tu tombes sur un troupeau de poules, tu dois les suivre vers le bas — »

« Mais c'est juste le jeu de l'oie !!! » m'exaspérai-je en me tenant la tête.

« Le jeu de l'oie ? Non, c'est Dragons ou Poules. »

Peu importe le nom ! Le jeu de l'oie, c'est le jeu de l'oie !

« Argh… Bon, jouons. »

« Haha ! D'accord ! Je vais te montrer mes talents ! »

C'est un jeu de hasard, ceci dit…

Finalement, assez de temps passa et nous finîmes notre partie. Je ne dirais pas que je m'ennuyais, juste… déçu.

« Comment tu fais pour être si fort !! » Ricent hurla dans son oreiller.

« C'est… surtout de la chance », tentai-je de le consoler.

C'est vraiment tout de la chance.

« Hmph ! Je suppose qu'il faut juste que m'entraîne plus ! » Sa tête jaillit, ses yeux brillants, son doigt pointé sur moi. « Je rattraperai ton niveau en un rien de temps, Feyt ! Tu verras ! »

Comment on s'entraîne pour avoir de la compétence au jeu de l'oie ?!

« B-bonne chance pour ça… »

Après que Ricent eut fini de ranger le sol, nous passâmes le reste du temps à discuter.

« Oh, Feyt ! J'oubliais de demander, t'as déjà fait vérifier tes Talents ? »

Je secouai légèrement la tête. « Non, pas encore. Et toi ? »

« Presque ! Maman a déjà commandé le parchemin ! Il arrivera dans un moment ! »

Ce bar doit marcher du tonnerre pour qu'elle puisse se payer ce parchemin.

« J'ai toujours ce sentiment que je peux lancer des sorts, tu vois ? Peut-être que j'ai un Talent Magique ! »

« Ou-oui, je te souhaite le meilleur. »

Merde, maintenant moi aussi je veux un parchemin ! Mais il faudra peut-être un moment avant que Maman et Papa puissent réunir assez d'argent pour en acheter un. Y a-t-il un autre moyen ?

« Feyt ! » Un cri vint d'en bas, c'était Tante Diane. « Descends ! Ta mère est de nouveau morte saoule ! »

Pourquoi c'est moi qui dois gérer ça ?!

« Oh, l'heure est déjà venue, hein ? » Ricent haussa les épaules. « Bon, à plus Feyt ! On rejouera demain, ou quand tu seras libre ! »

« D'acc' ! » Je me levai et sortis par la porte. « Salut, Ricent ! C'était fun ! »

Je lui fis un signe de la main et descendis l'escalier.

Dans mon champ de vision, Tante Diane avec un air agacé, aux côtés de Maman qui dormait en bavant sur le comptoir, serrant une bouteille de boisson vide.

« Désolée pour ça, Feyt. J'ai essayé de la contrôler, mais j'ai échoué », dit-elle en secouant la tête, déçue. « Tu devrais ramener ta mère chez vous ce soir. Si elle se réveille ici, on ne sait pas combien de bouteilles elle videra avant de s'effondrer à nouveau. »

Je regardai derrière Maman, et là, il y en avait, six bouteilles entières, toutes vides. Mes yeux s'écarquillèrent d'incrédulité.

« Elle a bu combien ?! On peut se permettre tout ça ?! »

« T'inquiète, je lui ai donné la piquette, elle n'a pas vu la différence. Et comme d'habitude, je lui ferai une ristourne, rappelle-lui juste de payer demain quand elle passera. »

« J-je vois ! Merci beaucoup !! Vous êtes très gentille ! » Je m'inclinai respectueusement devant elle.

« De rien, dégage juste ta mère ivrogne de mon bar, on ferme. »

En rentrant à la maison, Maman serrait une bouteille de bière vide, le visage tourné vers le ciel.

« Ah~ Qu'ai-je fait pour mériter cette bénédiction~ ? »

Elle était en pleine béatitude, ses pas presque dansants, une danse d'ivrogne, bien sûr. Je dû marcher prudemment pour m'assurer qu'elle pouvait suivre mon rythme.

« Argh, où sont passés Papa et ma Sœur ? » grommelai-je.

Je pensais que tous deux arriveraient un peu plus tard que nous, mais ils ne vinrent jamais.

Au bout d'un moment de marche, nous rentrâmes à la maison sans incident. Papa et ma Sœur n'étaient ni dans le salon ni dans la cuisine. Mais j'entendis ma Sœur faire les cent pas dans sa chambre, et Papa gémir de douleur dans les champs.

« Merdum, cette fille, je jure — ! »

Pourquoi est-il là ? Dis-moi pas qu'il bosse à cette heure ?

Bon, ça avait l'air d'aller, alors je le laissai tranquille et mis Maman au lit.

Je la traînai lentement jusqu'à sa chambre.

« Merci, Feyt~ » Maman s'effondra sur le lit, la bouteille toujours serrée fort. « Zzz~ »

« Ouais, on va virer ce truc. »

Je retirai délicatement la bouteille des mains de Maman. Après m'être assuré que tout allait bien, je me reposai dans ma chambre.

Le soleil s'était déjà couché dehors, le ciel était rempli de magnifiques étoiles, ce qui voulait dire…

« Dame Carine ? Le dîner est prêt. »

Après un bon bain chaud et un long repos sur le lit le plus moelleux du monde, l'étape logique suivante était bien sûr le dîner.

J'ouvris la porte avec enthousiasme pour accueillir Leila.

« Bonsoir, Leila. »

« Bonsoir, dame Carine. Je vais vous conduire à la salle à manger. »

Leila me mena à la salle à manger, qui était, bien sûr, aussi somptueuse que toujours. Des chandeliers ouvragés longeaient la longue table nappée, illuminant les plats salivants de viande, de soupe et d'autres délicatesses.

Mère et Père étaient déjà assis et je m'inclinai en les saluant : « Bonsoir, Mère, Père. »

« Bonsoir, Carine », répondit Père.

Je m'assis à ma place et le dîner commença comme d'habitude. Il régnait un tel silence que même les couverts ne tintaient pas.

Au bout d'un moment, la voix de Mère brisa le silence. « Carine ma chérie, tu vas mieux ? »

Je touchai délicatement l'endroit où ma bosse était censée être, elle était encore là, mais plus petite et moins douloureuse.

« Oui, je vais mieux, Mère. »

Mère offrit un sourire tendre et un léger hochement de tête. « Bien, alors tu n'as pas d'objection à continuer ton emploi du temps habituel demain, n'est-ce pas ? »

« Mais, Reina, ne vaudrait-il pas mieux la laisser se reposer demain ? » argumenta Père. « Elle vient de guérir, on ne devrait pas la pousser trop fort. »

Oh ! Bien joué, Père !

« Non, elle s'est assez reposée aujourd'hui. Nous ne devons pas perdre de temps à laisser ses compétences pourrir dans son lit toute la journée. »

Père poussa un lourd soupir, rien ne semblait pouvoir faire fléchir l'opinion de Mère. Père me regarda comme s'il était désolé de ne pas avoir pu la faire changer d'avis.

Pas de souci, c'était une belle tentative, Père.

Stresser pour l'emploi du temps de demain ne m'avancerait à rien, je ferais mieux de profiter du repas.

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