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Reincarnated as a Sword

Chapitre 891

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Chapitre 891

Chapitre 891

Chapitre 891/104585%~6 min de lecture1 144 mots

« …J'étais une esclave des ténèbres »

« … ! »

Lorsque Fran évoqua son passé, Preal afficha un air de stupeur. Apparemment, cette information ne lui était pas parvenue.

« Enchaînée, on me frappait chaque jour. »

Fran se mit à raconter son existence d'esclave d'une voix plate. Preal ne semblait pas pouvoir dire un mot. Il restait figé, les yeux rivés sur Fran.

« Le ventre toujours vide, le visage crispé par ma propre puanteur, et pourtant j'ai continué à vivre. »

« … »

« Si je ne retenais pas ce qu'on m'avait forcé d'apprendre, on me frappait. Alors j'ai mémorisé tout un tas de choses, désespérément. »

La façon de parler de Fran n'avait pas changé. Pourtant, il avait dû ressentir quelque chose. Preal bougea légèrement.

« On me traitait comme si je n'étais pas humaine, et malgré tout j'ai enduré pour survivre. »

Fran fixa Preal avec des yeux emplis d'une colère profonde.

« Les esclaves des ténèbres sont un sacrifice nécessaire ? Arrête tes conneries ! »

« … Nuu. »

Une intention meurtrière irrésistible effleura la peau de Preal.

Les yeux de Preal s'écarquillèrent, et de sa bouche entrouverte s'échappa un gémissement pathétique.

Ce n'était pas de la comédie ; on aurait dit qu'il ressentait une terreur venue du fond du cœur.

« Pas seulement pour mes semblables. Pour moi aussi, je ne pardonnerai jamais aux marchands d'esclaves des ténèbres. »

« … Mais… mais… ! »

Preal remuait les lèvres pour tenter de répliquer, mais les mots ne venaient pas.

Il avait dû comprendre que, quels que soient les arguments qu'il avancerait, il ne pourrait pas retourner Fran qui portait un passé d'esclave des ténèbres.

Tout le corps de Preal se détendit. Il avait l'air d'avoir tout abandonné, de s'en remettre au hasard.

« … Haaa. J'ai compris. J'ai compris, oui. Puisque tu ne t'arrêteras pas, ça veut dire que tu es suffisamment… »

Il marmonna d'une voix sans force. Mais il releva aussitôt la tête et se mit à supplier.

« Mais, juste pour la période actuelle, laisse-moi tranquille ! Je t'en supplie ! »

« … »

« Concernant les marchands d'esclaves des ténèbres, je ferai une enquête après avoir repoussé l'Anti-Magie ! Je te donnerai toutes les infos ! »

« Pas fiable. En plus, tu m'as caché l'affaire Cériadot. »

« Ce type, il a été embauché sans passer par la guilde d'ici, et il n'est même pas venu saluer. On ne peut pas le compter comme force de frappe le moment venu. »

Preal ne mentait pas. Depuis que je l'avais trouvé suspect, j'utilisais en permanence le Principe de Mensonge sur lui.

Pourtant, il n'avait pas menti une seule fois, de manière constante.

Mais est-ce possible ? Ce type louche ?

En doutant ainsi, je me demandai s'il ne disait pas la vérité, mais ne disait pas toute la vérité non plus.

Se méfiant des compétences de détection de mensonge, il n'utilisait que des paroles ambiguës, interprétables dans les deux sens.

Concernant les marchands d'esclaves des ténèbres, il avait dit qu'il enquêterait, qu'il transmettrait les infos obtenues. Mais même s'il avait des liens avec eux, il pourrait enquêter et transmettre des infos.

C'est pourquoi je décidai de lui poser une question qui permettrait de trancher clairement le blanc du noir chez Preal.

« Preal, as-tu des liens avec les marchands d'esclaves des ténèbres ? »

« Hein ? T'es pas généreux de le dire. Ça en a l'air ? »

Il évite encore la réponse directe, hein.

« Oui, non. Réponds par l'un ou l'autre. »

« Ah ? Tu me soupçonnes ? »

« Mm. »

« … Je ne vois pas la nécessité de répondre ! Arrête de m'emmerder avec tes questions à la con ! Dégage ! »

Il ne répond pas, comme prévu. Il fait semblant de s'énerver pour chasser Fran. Clairement, il est coupable.

Mais Fran tendit la main vers moi dans son dos, puis s'arrêta.

« Qu'est-ce qui te prend, Fran ? »

« Maître. Preal a dit que la survie de cette ville était sa priorité. Ce n'était pas un mensonge ? »

« Heu ? Ah, ça, c'est sûr, apparemment. »

« C'est ça… »

Fran regarda Sophie.

Elle observait l'échange entre Fran et Preal avec un visage inquiet depuis tout à l'heure. Pour Sophie qui voulait protéger cette ville, cette discussion était extrêmement importante.

Quand est-ce que ça va tourner à la rupture, au combat ? Elle n'était pas tranquille.

Attaquer Preal ou respecter le souhait de Sophie. C'était rare que Fran hésite ainsi.

Le bureau était enveloppé de tension.

Mais l'hésitation de Fran ne dura pas. Elle ne l'attaqua pas, mais ne décida pas non plus de le laisser faire.

« C'est une attaque ! »

« L-Les dragonides ! »

« C'est grave ! Ils sont trop forts ! »

Depuis la taverne, des cris et des bruits d'objets qui se brisaient résonnaient sans cesse. On entendait aussi des explosions. Ça n'avait pas l'air d'une simple bagarre.

Nous sortîmes du bureau pour voir l'état de la taverne. Devant l'entrée de la guilde, plus de dix dragonides et des aventuriers se livraient un combat à mort.

Tous les dragonides cachaient leur visage sous des masques, pour que leur identité reste inconnue. Mais tous étaient de sacrés experts.

Surtout leur chef présumé, un dragonide aux écailles rouges sur le bras, qui possédait une force ne tolérant aucune négligence.

C'était le plus petit, et à première vue on l'aurait pris pour un enfant. Mais rien qu'à le voir, on comprenait qu'il était bien au-dessus de Gazol.

Pourquoi de tels types attaquaient-ils la guilde ?

On voyait déjà des blessés du côté des aventuriers.

« Maître, d'abord on les capture. »

« Ouais, on neutralise le chef. »

« Mm ! »

« Urshi, tu couvres les aventuriers ! »

« On ! »

« Sophie, aide les aventuriers. »

« Compris ! »

Impossible de laisser ça de côté pour interroger Preal.

Lorsque Fran me tira et passa devant, les aventuriers parurent soulagés. La force de Fran était déjà connue, sans doute.

En face, le chef dragonide rétrécit les yeux sous son masque et esquissa un sourire narquois.

« Hou ? T'es costaud. »

Petit gabarit, mais quand il ouvre la bouche, c'est la voix rauque d'un vieux.

« Toi aussi. »

« Guhahaha ! Viens ! Je vais te divertir ! »

« C'est ma réplique. »

« Intéressant ! Je croyais que ce boulot allait être chiant, mais y a un bonus pareil ! »

Le dragonide fou de combat prépara son épée et fonça sur Fran. Pas l'air de lui en vouloir, et il a dit "boulot" ? Quel est son but, au juste ?

« Je le mets K.O. et on discute. »

« Ouais, c'est ça ! »

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