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Reincarnated as a Sword

Chapitre 842

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Chapitre 842

Chapitre 842

Chapitre 842/104581%~7 min de lecture1 362 mots

Un homme bête à tête de chien me fixe intensément.

Puis, il ouvre lentement la bouche.

« Depuis hier, vous avez l'air de vous amuser pas mal, hein ? »

Depuis hier… ? Est-ce qu'il a suivi nos mouvements ? Mais il n'y avait aucun signe de surveillance.

On a même utilisé la téléportation pour se déplacer, le pistage devrait être impossible. Ou bien y a-t-il un réseau de surveillance capable de nous traquer n'importe où ?

Mais il est plus probable que les voyous qu'on a menacés aient rapporté l'affaire à leur supérieur. Peut-être qu'on ne les a pas assez menacés.

« De quoi parlez-vous ? »

J'ai fait mine de ne pas savoir, mais il a l'air convaincu.

« La menace a trop bien marché. Quand un type qui traîne d'habitude dans les ruelles se met à trembler dans son lit en plein jour, n'importe qui trouverait ça suspect. »

« Ah… »

Ce n'était pas qu'on les avait pas assez menacés, c'était l'inverse apparemment.

Les voyous terrorisés ont eu un comportement trop suspect, ça s'est su qu'il s'était passé quelque chose. Même s'on leur avait ordonné de se taire, ils auraient craqué sous l'interrogatoire de leur supérieur.

Du coup, la rumeur selon laquelle une fille de la race des chats noirs cherche des infos sur les marchands d'esclaves du marché noir s'est répandue chez certains hors-la-loi.

« Ah, on n'a pas l'intention de s'opposer à l'organisation d'ici. On s'est juste faits emmerder, alors on a riposté un peu. »

« Ça se voit. Avec votre force, vous auriez d'autres moyens. »

Il a perçu la force de Fran et Urushi, pas que la mienne. Il doit avoir un sacré sens du danger.

« Tenez bien la bride de cette gamine. Tout à l'heure, c'était dangereux, non ? »

« Ouais, je la gronderai encore plus tard. Moi aussi, j'ai eu une sacrée frousse tout à l'heure. Elle regrette maintenant, et la prochaine fois elle réfléchira un peu plus avant d'agir. »

Quand j'ai dit ça en haussant les épaules, l'homme a souri amèrement en secouant la tête. En voyant mon attitude, il a dû comprendre ma relation avec Fran. Je suis son tuteur, mais je ne peux pas lui donner d'ordres. Enfin, je n'en ai pas l'intention non plus.

« Tant que vous ne faites pas de scandale ici, ça me va. »

« On disparaîtra dès qu'on aura les infos. »

« … C'est bon. »

L'homme marmonna ça, puis leva lentement son verre. Et il le cogna légèrement contre le mien.

La pression des regards des hors-la-loi autour de nous a chuté d'un coup, à ma grande surprise. C'est pas juste un loup solitaire fort, c'est sûrement un genre de chef par ici.

Le fait qu'on ait l'air d'avoir sympathisé avec cet homme-chien a fait qu'on a été perçus comme n'étant pas des ennemis.

« Pour ce que vous voulez savoir, demandez au patron. »

« C'est lui, le patron ? »

« Ouais. »

« Compris. Merci. »

« Pas besoin de remerciements, cassez-vous vite. Si possible, j'apprécierais que vous ne vous approchiez plus de ce coin. »

« Ça dépendra de où se trouve la personne qu'on cherche. Vous ne la connaissez pas, hein ? »

« Moi non plus, je ne sais que des rumeurs. Nous, on n'a rien à voir là-dedans… en principe. »

Pas de mensonge dans les paroles de l'homme-chien.

Il est en train de faire craquer les voyous pour avoir les détails. Il doit savoir que la personne qu'on cherche est un marchand d'esclaves du marché noir.

S'il ne ment pas malgré ça, alors lui et son organisation sont vraiment pas impliqués. Par contre, on ne peut pas exclure que certains membres trahissent l'organisation pour faire du trafic d'esclaves à titre personnel.

D'où le « en principe ».

« Désolé du dérangement. »

Après avoir remercié l'homme une fois de plus, je me suis levé. Et je suis allé m'asseoir à côté de Fran, qui avait les épaules basses au comptoir.

« Patron. Je veux des infos. C'est bon ? »

« Quel genre d'infos ? »

Le fait d'avoir trinqué avec ce type a eu le même effet qu'une lettre de recommandation, apparemment.

J'ai coupé le son avec de la magie de vent, puis j'ai dit au patron ce que je voulais.

« N'importe quoi sur les marchands d'esclaves du marché noir. Ce qu'on veut surtout, c'est l'emplacement de leur base. Et savoir quels genre de forts ils ont dans leur organisation. »

« … Comme je pensais. »

Le patron a jeté un rapide coup d'œil à Fran et a marmonné ça. Il avait déjà dû se procurer des infos sur Fran. Il savait depuis le début.

« Pour la base, je ne sais pas exactement. Ce doit être quelque part dans la zone interdite. »

« Zone interdite ? Y a un truc comme ça ? »

« Au centre de la ville. Le quartier où se trouve le QG de l'institut de soins est interdit à tout le monde sauf aux personnes concernées. Et au fond, y a des endroits où seuls les cadres et leurs subordonnés peuvent entrer. »

La garde est anormalement stricte, même les courtiers en infos ont du mal à obtenir des détails. Comme quiconque fouine trop disparaît, c'est devenu un territoire intouchable que même les informateurs évitent.

« En d'autres termes, l'institut de soins… ? »

« Ils ne dirigent pas l'opération, mais y a sûrement des cadres qui trempent dans le trafic d'esclaves illégal. Et pas des petits, en plus. »

Donc y a de fortes chances qu'un cadre important de l'ennemi se soit infiltré dans l'organisation avec qui il faut pas se fâcher dans cette ville… Chiant.

« Les esclaves capturés sont probablement rassemblés dans cette base, puis sortis de la ville. Mais la méthode est inconnue. Tunnels souterrains ? Téléportation ? En tout cas, ils les transportent pas normalement par la surface. »

« Même s'ils finissent par être emmenés dans cette zone interdite, y a bien un endroit où ils les regroupent avant, ou où les membres dorment, non ? »

« Les marchands d'esclaves du marché noir vivent officiellement comme des membres d'autres organisations. Y a peu de gens ou de groupes qu'on peut pointer du doigt comme clairement suspects. »

« "Peu" veut pas dire zéro, si ? »

« Mouais. J'en ai trois en tête. »

C'est plus que je pensais.

« Un : l'unité de garde de l'institut de soins. Y a du monde, facile de s'infiltrer. Et c'est pas suspect qu'ils entrent dans la zone interdite. »

« Je vois. »

« Y a des chats bleus dans l'unité de garde. »

En entendant « chats bleus », les sourcils de Fran ont tressailli. Même déprimée, elle rate pas le nom de son ennemi juré.

Mais peut-être qu'elle réfléchit à ce qui s'est passé tout à l'heure, elle a rien dit. Elle est restée immobile, à écouter le patron.

« Deux : les aventuriers. N'importe qui peut avoir n'importe quel passé, et ils peuvent entrer dans la zone interdite pour des quêtes. C'est l'endroit idéal pour se cacher. Y a aussi quelques aventuriers chats bleus. »

La guilde des aventuriers d'ici doit être pleine de voyous avec des casseroles, donc c'est tout à fait possible que des gens du trafic s'y cachent.

« Trois : les hors-la-loi de l'Association des bêtes. Même l'Association en a marre de ces salopards cruels. Ils s'appellent le "Bataillon des Crocs Sanglants". Avec eux, tout est possible, et y a des chats bleus parmi leurs membres. »

Apparemment, le Bataillon des Crocs Sanglants est tellement violent que même les autres membres de l'Association les détestent. Comme suspect, c'est eux qui ont l'air les plus probables ?

Ceci dit, le patron aussi pense que les chats bleus sont louches. Ou plutôt, il a l'air convaincu qu'il y a un lien.

« C'est tout. Le reste, démerdez-vous. »

« … On a qu'à chercher les chats bleus ? »

« Hum. Bon, faites comme ça pour l'instant. »

Au final, l'ennemi des chats noirs, c'est les chats bleus, hein.

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