Nous sommes sortis de l'arène et nous sommes séparés de Judith et des Vierges Écarlates pour commencer la recherche de Kaitlyn et Nylfé, qui seraient retenues en otages.
Nous nous sommes d'abord dirigés vers le repaire situé à proximité de l'arène. Le cerveau de l'ennemi devait s'y trouver, mais…
« Comme je m'en doutais, ils ne sont pas là ! »
« Kaitlyn et les autres ne sont pas non plus. »
Conformément au témoignage d'Abbard, le repaire était vide. Nous le savions, mais nous voulions éliminer cette possibilité.
« Bon, il faut retrouver Nylfé et les autres. Urushi, on compte sur ton flair. »
« Urushi, fais de ton mieux. »
« Wan ! »
Urushi, avec Fran sur le dos, reniflait l'air. Hier encore, il avait repéré des morts-vivants à une distance incroyable.
Cette fois aussi, on peut s'attendre à ce qu'il fasse du bon travail.
« Kunkunkunkun ! »
Urushi fit le tour du repaire en reniflant le sol. Il s'arrêtait parfois, dressait le nez pour analyser les odeurs portées par le vent.
« Ofu ! »
Urushi se mit à trottiner. Nous le suivîmes en courant à travers la ville d'Ulmut.
« Plutôt que de la confusion, on dirait une agitation. »
(Un ?)
Les morts-vivants apparus soudainement en ville et les voyous qui s'étaient déchaînés semblent avoir été vaincus. Devant les restes des morts-vivants, on voyait ça et là des aventuriers affichant un air triomphant.
Même si l'envoi de soldats a pris du retard, à cette période l'afflux d'aventuriers parmi la population civile rend la situation gérable.
C'est sans doute inévitable vu que le plan a été monté par les gens de Raydoss qui ne connaissent pas les aventuriers.
Tandis que nous avancions en trottinant, Colbert prit la parole avec une expression complexe.
« Fran. »
« Un ? »
« Félicitations pour ta victoire. Je n'aurais pas cru que tu battrais la demoiselle. »
Dans le cas de Colbert, son statut d'ancien disciple doit jouer. Il penche naturellement pour l'école Demetris. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle il pensait que Fran perdrait.
« L'écart d'expérience est grand. La demoiselle a l'habitude d'affronter des épéistes. Il y a aussi une question d'affinité. L'école Demetris est spécialisée dans le combat contre les humains. Bien sûr, le Maître est à part, il est invincible quel que soit l'adversaire… mais le duel reste son domaine de prédilection. »
Les techniques de contre, au fond, visent des humains armés. Elles s'appliquent aux bêtes magiques, mais leur efficacité maximale est en combat interpersonnel.
« Je sais que tu as battu d'autres aventuriers de rang A. J'ai vu ton combat contre Goddalfa l'an dernier. Mais lui était spécialisé dans les armées et les bêtes magiques. Même au rang A, le terrain de prédilection est totalement différent. »
Effectivement, les capacités de Goddalfa convenaient à un style où l'on balance de gros sorts tout en étant encerclé. En termes de type, il ressemble à Biscoff que Fran a affronté cette année. Goddalfa, c'était une version encore plus solide et plus forte.
« Ça ne fait qu'un an. Même si Fran a progressé, dans le cadre d'un tournoi martial, la victoire de la demoiselle ne devrait pas être ébranlée. C'est ce que je pensais… »
Même aujourd'hui, Colbert voue du respect à Demetris, alors voir son successeur perdre doit lui laisser un sentiment mitigé.
L'envie de fêter la victoire de son ami et le regret de la défaite de l'autre. Il oscille entre les deux. Une chose est sûre, toutefois : il n'a pas de sentiments amoureux pour Hilt.
C'est purement le successeur du maître qu'il respecte. Un ancien camarade de dojo plus talentueux que lui. Il y a de la camaraderie et du respect, je pense…
Et puis, à cause de la victoire de Fran cette fois, la succession d'Hilt a été repoussée.
« Hmm… Allez, Hilt, accroche-toi ! »
(Le Maître ?)
« Ah, non. Rien. Je me demandais juste comment allait Hilt. »
(Hein…)
Nous avançons guidés par le flair d'Urushi depuis dix minutes.
« Wan ! »
Soudain, la vitesse d'Urushi augmenta. Pas encore à fond, mais l'équivalent d'un chien courant à plein régime.
« L'odeur s'est rapprochée ? »
(Wan !)
Urushi tourna au coin d'une rue, traversa une avenue, fonça tout droit. Mais est-ce vraiment la bonne direction ?
La trajectoire d'Urushi courbait peu à peu, et nous ramenait vers l'arène.
« Vraiment par là ? »
(Wan !)
Apparemment, il ne se trompe pas.
Pourtant, Urushi nous a ramenés à un endroit connu.
« L'arène… »
« Wafu… »
Urushi leva les yeux vers l'arène devant lui, inclina légèrement la tête. Il renifla à nouveau, et tourna à nouveau la tête.
« Urushi ? »
« Wan. »
Urushi fixa l'arène et émit un léger aboiement.
« Tu veux dire qu'ils sont quelque part dans l'arène ? »
« Wan ! »
À la question de Colbert, Urushi aboya à nouveau avec une tête qui disait « Exactement ! »
Je pensais qu'ils les gardaient en otages quelque part pour faire chanter Demetris et Aurel… mais peut-être comptent-ils les amener ici pour en faire des boucliers ?
Ou bien, quand nous avons fui l'arène, le bataillon des Os Noirs y avait-il déjà amené Nylfé et les autres ?
Quoi qu'il en soit, il faut agir maintenant !
Nous sommes rentrés dans l'arène, Urushi en tête.
Pas de morts-vivants en vue. Eux aussi ont dû être éliminés. Mais comme il y en avait de puissants, des aventuriers blessés gisaient çà et là, recevant des premiers soins.
Alors que nous progressions dans le couloir, des voix fortes nous parvinrent depuis l'avant. Des soldats paniqués.
« Hé ! Il se passe quelque chose à la cérémonie de clôture ! »
« Quoi, "quelque chose" ? »
« Je sais pas ! Mais avec l'histoire des morts-vivants, c'est pas normal ! On se dépêche ! »
« C-compris ! »
« Chikusho ! À cause du bordel dehors, on manque déjà de gardes ! »
Le bataillon des Os Noirs a déjà investi la cérémonie de clôture. Il faut se presser.
« Urushi, on accélère. »
« Wan ! »
Urushi repartit en courant, comme pour rattraper les soldats. Ils ont eu l'air terrifiés quand on les a doublés. Désolé.
« Wanwan. »
Guidés par Urushi, nous tournâmes plusieurs couloirs et atteignîmes un passage familier. En le traversant, on devait déboucher dans les gradins.
Mais même d'ici, on sentait l'anomalie. La cérémonie de clôture devait battre son plein, mais un silence angoissant régnait.
« Attendez ! Arrêtez-vous un instant ! »
« Wan ? »
« Foncer sans savoir ce qui se passe, on ne saura pas comment réagir. Il faut d'abord faire une reconnaissance. »
« Je vois. »
« Wan. »
C'est logique. Entrer aveuglément sans 파악 la situation ne sert à rien.
Pourtant, Fran et Urushi font une tête du genre « Ah ouais, c'est malin ça ! ». Vous comptiez foncer tête baissée, tous les deux ?
« D'abord, est-ce que Nylfé et l'autre fille sont plus loin ? »
« Ofu. »
« Quoi ? Elles n'y sont pas ? Les deux ? »
Colbert interrogea Urushi. Pour résumer : seule Kaitlyn se trouve devant nous. Nylfé est ailleurs dans l'arène.
Ils les ont séparées pour compliquer une libération ?
« Alors nous nous séparons aussi. Urushi et Colbert, je vous confie Nylfé. »
« Attends ! Laisser Fran toute seule… »
« Ça va. Je ne ferai pas l'impossible. »
« Mais… Non, c'est vrai. Si j'y vais, Nylfé sera plus rassurée… Bon, compris. Nylfé est entre de bonnes mains. »
« Wan ! »
Urushi et Colbert partirent chercher Nylfé. Fran et moi, on s'occupe de Kaitlyn.
Fran ne peut pas se battre sérieusement, donc concrètement c'est mon tour. La compétence mystérieuse Manipulation d'épée, Danse de l'épée contrôlée, va enfin servir.
« D'abord, vérifier la situation à la cérémonie de clôture. »
(S'il te plaît.)
« Ouai. Attends un peu. »
Je transformai mon cordon décoratif en un fil ultrafin et l'étendis du couloir vers les gradins. Dans mon cas, un seul fil suffit pour avoir la vision.
La vue qui s'offrit à moi depuis les gradins : un homme masqué de fer, debout sur la scène, criant avec arrogance.
« Allez ! Mets ce collier autour de ton cou ! Demetris ! »