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Reincarnated as a Sword

Chapitre 1217

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Chapitre 1217

Chapitre 1217

Chapitre 1217/132592%~6 min de lecture1 151 mots

Fran expliqua brièvement la situation à Esmeralda. En résumé, le duc massacrait les citoyens de Reidos, et nous avions fait front commun avec les chevaliers pour l'en empêcher. Ensuite, un accident de téléportation nous avait projetés près de Barbola, et c'était tout.

Il fallut environ cinq minutes pour qu'elle finisse par comprendre.

« Haaaa… »

On aurait dit qu'Esmeralda, de l'autre côté du Rat des Sables, se massait l'arcade sourcilière pour calmer un mal de tête. La conversation devait être rudement complexe à gérer.

« Si possible, dirigez-vous vers Barbola. Je préviendrai mes subordonnés sur place. Emmenez aussi les gens de Reidos, hein ? S'ils s'enfuient, ça posera tout un tas de problèmes. Ne vous inquiétez pas, tant qu'ils ne sont pas hostiles, nous ne leur ferons rien de mal. »

« Compris. »

Esmeralda est impitoyable, mais pas du genre à mentir. Si Sybilla et les siennes restent calmes, leur sécurité sera réellement garantie.

Il fallait d'abord que tout le monde se mette en route vers Barbola.

Seulement, les villageois tiendraient-ils la distance à pied ? On la voit d'ici, mais c'est quand même une sacrée marche.

La téléportation après la bataille acharnée. Et la transformation de Biscotte en dragon. Avec tous ces événements qui s'étaient enchainés, j'avais oublié que les villageois étaient déjà à bout de forces.

Physiquement comme mentalement, ils sont au bord de la rupture. La seule raison pour laquelle ils ne s'effondrent pas, c'est qu'ils serrent les dents pour protéger les enfants et leurs compagnons.

J'aimerais les laisser souffler, mais il y a un problème.

Les villageois sont des sujets de Reidos, et les Chevaliers Rouges viennent de livrer de durs combats contre l'armée de Kranzel.

Ils ont fait cause commune avec Fran par hasard pour protéger les villageois, mais ça ne veut pas dire qu'ils ont fait la paix avec Kranzel. Au contraire, on est encore techniquement ennemis.

Et en plus, les deux divisions des Chevaliers Rouges — la plus forte force militaire de Reidos — ont envahi le territoire illégalement.

Si on les laisse faire n'importe quoi, Fran risque d'être soupçonnée de collusion. Il faut absolument que Sybilla et les siennes gardent la tête froide.

« Sybilla. »

« Fran, c'est toi ? Biscotte est devenu un dragon, merde… Ton épée manipulait le miasma, non ? Tu sais pas pourquoi c'est arrivé ? »

« Je sais pas. »

« Ah bon… »

Fran l'ignore vraiment. Moi non plus, je ne sais pas exactement. Cela dit, c'est presque sûr que c'est l'œuvre d'un fragment du Dieu Maléfique.

« Haaa. Bon, de toute façon, il serait mort s'il était resté comme ça. Alors tant pis, on laisse courir. »

« Kyuo ! »

« … Et côté cervelle, ça donne quoi ? Il a aussi l'intelligence d'un dragon ? Enfin, parait que les dragons supérieurs sont futés… »

« Kyu ? »

« M'enfin, Biscotte à la base était pas une lumière, donc c'est peut-être pareil. »

« Kyua ! Kyukyuo ! »

Le dragon noir poussa un cri de protestation. Il battit ses petites ailes avec adresse pour flotter, puis agita ses pattes pour essayer de communiquer quelque chose.

« Il comprend la langue, peut-être ? »

« Kyuo ! »

« C'est ça, c'est ça. Tant mieux. Du coup, t'es Biscotte ? »

« Kyu ? »

« Si tu penches la tête comme ça, moi aussi j'suis embêté… »

Le dragon cligna des yeux en penchant la tête sur le côté.

« Toi, tu comprends les mots ? »

« Kyu. »

« Tu as les souvenirs de Biscotte ? »

« Kyū ? Kyu ! »

Le dragon fit habilement un geste de ses petites griffes, comme pour dire « un peu ». Apparemment, il conserve une partie des souvenirs de Biscotte, mais c'est très flou.

« … Quel geste calculateur. Biscotte est devenu une mascotte, merde. »

« Kyua ? »

« Bon, tant pis. Faut que tu m'écoutes, d'accord ? »

« Kyu. »

Il a pas l'air de vouloir partir en vrille ni d'attaquer les gens. Une inquiétude de moins.

« La suite. »

« … On peut pas juste se dire au revoir comme ça. Si on continue chacun de notre côté, on se retrouvera à s'entretuer avec les soldats de Kranzel en un rien de temps. »

Sybilla aussi doit se creuser la tête pour la suite. Sans connaître la situation intérieure de ce pays, y a trop de choses qu'on ne peut pas trancher.

« Ceci. »

« Hmm ? Le Rat des Sables ? »

« Je suis en contact avec un gros bonnet de ce pays. Et il dit qu'on doit aller à Barbola avec tout le monde. »

« C'est bien Barbola, alors. »

Sybilla savait déjà qu'on était à Kranzel. D'ailleurs, notre première rencontre, c'était au concours de cuisine de Barbola.

« Haa. Puisque c'est comme ça, j'ai pas d'autre choix que d'obéir… On peut vous faire confiance ? »

« Ouais. Si Sybilla et les siennes nous suivent sans hostiliser, je garantis votre sécurité. »

« … Compris. J'ordonne à mes subordonnées d'éviter toute initiative personnelle. »

Le regard de Sybilla ne se porta pas sur ses subordonnées, mais sur les villageois assis par terre. Pour elle, leurs vies passent avant tout.

Puisqu'il n'existe aucun moyen de faire sortir tout le monde sain et sauf des entrailles du pays ennemi, si les chevaliers agissaient de leur côté, les villageois seraient capturés c'est sûr.

Et utilisés comme otages contre les Chevaliers Rouges. Y a même un risque qu'on leur fasse subir un sort atroce en guise d'exemple.

Précisément parce qu'elles sont Chevalières Rouges, elles n'abandonneront pas les villageois. Reste à bien leur remettre en tête, à eux aussi, de ne pas bouger sans ordre.

Un seul qui s'enfuit, et l'opinion de Kranzel à notre égard se dégrade.

« Clicka ! Madred, j'ai à vous parler ! »

« Ha ! »

« … Oui. »

Sybilla expliqua à Clicka et aux autres qu'on était à Kranzel et qu'on allait rejoindre Barbola.

Madred fit la grimace, mais quand on lui dit qu'il n'y avait aucun moyen sûr de ramener les villageois à Reidos et que la seule option était de se remettre à Kranzel, il finit par céder avec dépit.

Les Chevalières Rouges sont vraiment peu au fait des affaires extérieures, hein.

D'ailleurs, rien ne dit que ces villageois, qui ont failli être tués par le Duc de la Conquête de l'Est, aient encore envie de retourner à Reidos.

« Mais tout le monde est épuisé. On fait une pause ici avant de repartir. »

« Compris. Clicka, Madred, tout le monde en position d'attente. Aucune action solo, c'est clair ? Nos mouvements conditionnent directement la sécurité future des civils. C'est bon ? »

« Ha ! »

« Entendu. »

Yoshiyoshi. À ce rythme, on devrait pouvoir rejoindre Barbola sans accroc.

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