« Je m'appelle "Lame-Faucon" ! Je suis le seul capitaine des surhumains sous les ordres du Duc de l'Est ! »
D'une voix perçante comme celle d'un coq, il hurla son nom et son affiliation. J'ai obtenu l'information facilement. C'est peut-être le type qui ne réfléchit pas assez.
(Appréciation ?)
« Même avec l'Appréciation, ça affiche "Lame-Faucon". »
Ce n'est pas un faux nom, c'est apparemment son vrai nom. Tout comme Fran qui avait perdu son nom quand on s'est rencontrés, son nom a dû changer pour une raison quelconque.
L'armure à dos ouvert qu'il porte est clairement un outil magique, mais elle ne semble pas avoir de capacité pour tromper l'Appréciation.
« Allez, je me suis présenté ? Et toi, c'est qui ? »
« Je suis le chevalier de la justice, Gray ! Apprenant qu'un village où je passais était dans le pétrin, je me suis levé pour le protéger ! »
Au moment où je criais ça, Fran prit une pose nette. Apparemment, elle y réfléchissait depuis un moment. C'est la pose de transformation du Rider n°1, tiens.
Lame-Faucon resta un instant bête, mais il a dû croire qu'on se moquait de lui. Il déforma son visage de rapace et hurla avec haine.
« C'est un plaisantin, celui-là ! Mais jusqu'à quand pourras-tu garder cette attitude ? Je buterai quiconque s'en prend au royaume de Raidos ! »
« Ce village fait aussi partie du royaume de Raidos, non ? ! »
« Exactement ! C'est pour ça qu'on a le devoir de sacrifier sa vie pour le pays ! Pour la prospérité accrue du royaume de Raidos ! »
« Quelle prospérité ! Vous avez fait de tous ces soldats des marionnettes, et vous appelez ça l'intérêt du pays ? ! »
« C'est exact ! Les actions du Duc de l'Est sont toutes pour la patrie ! Quelques sacrifices ne sont que des broutilles face à la grande cause ! S'ils sont les gens de ce pays, ils devraient offrir leur vie avec joie ! Et pourtant, tous les villages osent résister ! Des traîtres à la patrie ! Les ordures de ce village aussi, je les utiliserai avec gratitude comme sacrifices ! »
Après avoir sacrifié des dizaines de milliers d'humains, tu appelles ça des broutilles ? Les utiliser avec gratitude comme sacrifices ? Ha ?
Avant que je ne pète un câble, Fran s'était mise en mouvement. Elle fonça sur Lame-Faucon en répandant une aura meurtrière. Ses paroles l'avaient rendue incapable de se retenir.
Elle n'avait pas crié. Pourtant, la colère qu'elle gardait en elle était clairement perceptible.
« Un pays existe pour protéger son peuple, bordel ! »
« Le peuple existe pour le pays ! »
Lame-Faucon arrêta le tranchant de Fran avec son bras. Même s'il a changé d'apparence, la lame que manie Fran, c'est moi. Naturellement, ma puissance d'attaque n'a pas changé.
Il m'a arrêté avec son bras ? La lame a mordu jusqu'à mi-os, mais elle s'est arrêtée là. Quelle dureté !
« Fran ! Calme-toi ! Ce type est fort ! »
(... Désolée.)
Quand il a dit qu'il ferait de Mimi et des autres des sacrifices, elle n'a pas pu contenir sa colère. Mais elle a tout de suite pris une grande respiration et retrouvé son calme.
« Urushi, je te confie la tâche d'empêcher les soldats d'aller au village. »
(Wouf !)
« Nous, on s'occupe de le battre. »
(Hmm !)
Même en voyant Urushi dévaler vers l'armée en contrebas, Lame-Faucon ne bougea pas de sa position. Je pensais lui tomber dessus s'il montrait une ouverture, mais non.
« Il ne va pas le poursuivre ? »
« …… Kuhahahaha ! »
« Qu'est-ce qui te fait marrer ? »
Un rire désagréable, comme s'il ne doutait pas de sa supériorité et était certain de la victoire.
« Tu veux protéger ce village, hein ? »
« …… Je veux juste pas voir des innocents mourir. »
« Alors, je vais les piétiner sous tes yeux ! Réveillez-vous ! Mes ratés ! »
C'est une flûte, ça ?
Ce que Lame-Faucon sortit de sa poitrine, c'était une petite flûte en métal d'une dizaine de centimètres. Elle dégageait une puissante puissance magique.
C'est sûrement l'outil magique pour donner des ordres aux soldats. Sur nos gardes face à ses actions, nous avons créé une nouvelle barrière de vent autour de nous.
Mais Lame-Faucon, sans la porter à sa bouche, l'a broyée d'un craquement sec sur place.
La flûte argentée brillante se dispersa misérablement, avec un petit sifflement final.
« ! »
« Une puissance magique incroyable ! »
La puissance magique maléfique qui débordait de la flûte détruisit la barrière de vent, et un son aigu comme une cloche de fer résonna à travers tout le champ de bataille.
Immédiatement après, un changement stupéfiant s'opéra chez les soldats. On aurait dit qu'ils s'étaient figés, puis leurs corps entiers commencèrent à enfler. D'abord, ce ne fut que de la chair qui gonfla, mais bientôt leurs silhouettes se métamorphosèrent en des formes monstrueuses.
Ce n'était pas uniforme.
Certains virent pousser des ailes de chauve-souris dans le dos, et un cou ressemblant à celui d'un chat jaillit soudainement sur le côté de leur cou.
D'autres virent leur peau se teinter de vert, et un bras géant pousser de leur dos.
D'autres encore virent leur moitié inférieure muter en une sorte de centaure-coléoptère, et leurs yeux devinrent des yeux composés.
Le point commun, c'est que tous avaient fusionné avec une espèce de bête magique ou une autre.
« Maintenant, ils ne s'arrêteront plus ! Ils se considèrent comme une seule horde et attaqueront sans cesse tout ce qui n'en fait pas partie ! »
Même pendant que Lame-Faucon hurlait, les mouvements des soldats changeaient radicalement. Plus aucune trace de discipline, ils se mirent à agir purement par instinct.
Beaucoup d'individus étaient devenus capables de voler, et on les vit venir vers nous.
« C'est ça, le limiteur a été désactivé ? Ils sont d'une force incomparable à tout à l'heure ! »
« Hmm ! »
On sent que leur force vitale diminue sans cesse. Ils brûlent leur vie pour obtenir une surpuissance temporaire. S'on les laisse faire, ils seront tous morts en moins d'une heure.
Mais d'ici là, le village sera anéanti.
(Maître !)
« Ouais ! »
Nous avons ignoré Lame-Faucon et nous sommes téléportés loin de là. Puis, nous avons tranché d'un coup les surhumains de type volant qui tentaient de se diriger vers le village.
« Ce type est dur ! »
(Il vit encore !)
« Un coup normal ne suffit pas à le tuer ! »
Pourtant, je l'avais tranché en plein cœur. Il bougeait encore. Je lui ai coupé la tête en travers d'un second coup, mais il ne meurt pas.
« Crève donc, bon sang ! »
J'ai injecté un sort de flamme explosive par la pointe enfoncée, le faisant exploser de l'intérieur. Seulement alors, il cessa de régénérer.
« Lame-Faucon... Il regarde depuis les hauteurs, lui ! On dirait qu'il attend qu'on s'épuise. »
(Mais il faut sauver le village !)
« Ouais, je sais. D'abord, on nettoie les soldats qui ont pété les plombs ! Priorité aux types volants ! »
« Ouais ! »