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Records of the Human Emperor

Chapitre 946 : L'assaut des Béhémoths

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Chapitre 946

Chapitre 946 : L'assaut des Béhémoths

Chapitre 946/946100%~8 min de lecture1 529 mots

Rrroooaaar ! À ce beuglement sauvage, la terre se mit à trembler et l'air se chargea instantanément de tension. Boum ! La montagne qu'était le Béhémoth écarta ses quatre pattes et se lança comme la foudre vers les deux lignes de défense, sa corne dorée luisant au soleil.

Splatch ! Les énormes sabots s'abattirent en tonnant, et un soldat arabe terrifié, trop lent à s'écarter, fut aussitôt réduit à une galette de métal. Le Béhémoth poursuivit sa charge sans se troubler et sans rien pour l'arrêter.

Broum ! Le champ de bataille de Talas devint comme une planche sur l'océan, ballottée et retournée par les vents. Les chevaux hennissaient de panique, la crinière au vent, et devinrent bien plus nerveux et difficiles à tenir.

« Tenez bon ! »

« Maîtrisez les chevaux de guerre ! Tout le monde reste en place ! Gardez la formation ! »

« Balistes, prêtes à tirer ! »

Derrière la ligne de défense, l'armée était en désordre : la charge de cette bête énorme et sauvage faisait déferler sur le monde une atmosphère de terreur. Même les guerriers Tang, vétérans et résolus, ne purent s'empêcher d'éprouver une profonde épouvante, et les chevaux plus encore.

Cette bataille dépassait déjà les bornes de leur imagination. Ce n'était plus l'homme contre l'homme, mais l'homme contre le Béhémoth.

« Tous, préparez-vous ! »

Un cri de tonnerre retentit à toutes les oreilles et, dans un éclat de lumière, une silhouette noire sauta du haut des murailles. L'Art du Dragon Bondissant ! Même un artiste martial mourrait en sautant des murs élevés de Talas : cette technique de convenait parfaitement à pareille situation.

Bang ! tournoya plusieurs fois dans les airs avant de se poser fermement sur l'un des murs d'acier, en contrebas.

Son apparition eut un effet apaisant sur l'armée, et même les mercenaires paniqués parurent retrouver leur aplomb et se remirent à préparer le combat. Mais seul savait que son esprit était aussi stupéfait que celui de ses soldats. Il savait après tout que l'Armée des Béhémoths n'aurait jamais dû apparaître sur ce champ de bataille. Il n'en laissa rien paraître, et son regard perçant resta rivé sur le Béhémoth lancé au loin.

Les Arabes, les Tang, et les dizaines de milliers de Tibétains et de Turcs regardaient charger ce monstre effroyable. Dalun Ruozan et Huoshu Huicang retenaient leur souffle, les yeux plissés.

Cette bataille engageait directement le destin des deux empires de l'orient et de l'occident. Si l'Arabie l'emportait, le continent connaîtrait une transformation sans précédent. Les Tibétains et les Turcs, parties prenantes de cette lutte, seraient naturellement emportés dans un tel bouleversement.

« Trop puissant ! Quelle vitalité ! Ce n'est pas là quelque chose qu'un humain puisse avoir, pas même les Grands Généraux ! »

« Reste à voir comment le Grand Tang va s'y prendre. Aucune méthode ordinaire n'arrêtera cela ! »

« C'est un coup mortel redoutable ! L'armée du Protectorat d'Anxi pourrait bien y rester aujourd'hui ! »

Huoshu Huicang, Dusong Mangpoje, Duwu Sili et Dalun Ruozan se tenaient en rang, les vêtements claquant au vent, et observaient depuis les collines.

Au loin, le Béhémoth à la forme de rhinocéros se rapprochait sans cesse, dégageant une vague d'effroi étouffante.

Trois mille zhang, deux mille zhang, mille zhang...

Les soldats Tang et les mercenaires serraient leurs armes, le souffle lourd et le regard tendu, l'odeur de la mort dominant tout le reste.

se tenait sur le mur d'acier, les cheveux et les vêtements malmenés par le vent, l'esprit concentré comme jamais.

« Unité de maîtres archers, tirez ! »

La voix froide de résonna sur le champ de bataille.

Criii, criii !

Les maîtres archers en armure, postés derrière la première ligne de défense, tendirent leurs cordes au maximum ; leur musculature et leur aura vigoureuse disaient assez qu'ils étaient tous des soldats d'élite de l'armée du Protectorat d'Anxi. Sous l'ère de , le Grand Tang avait accordé une attention sans égale aux Régions de l'Ouest. Ses six cent mille soldats avaient été soigneusement triés, et seuls les meilleurs et les plus solides étaient envoyés à l'ouest pour servir dans l'armée du Protectorat d'Anxi.

Une unité d'archers composée uniquement de maîtres archers, cela ne se trouvait que dans l'armée du Protectorat d'Anxi. lui-même n'en avait pas sous ses ordres.

Boum boum boum !

L'air explosa tandis que des milliers de flèches emplissaient le ciel d'un coup. Les maîtres archers du Protectorat d'Anxi pouvaient tirer chacun cinq à dix flèches à la fois, deux à trois fois par seconde. Une unité de cent de ces maîtres archers valait trois à quatre mille archers ordinaires, peut-être davantage.

Vsss, vsss, vsss ! La pluie de flèches décrivit un vaste arc dans les airs avant de s'abattre sur la bête à forme de rhinocéros.

Mais, à leur stupéfaction, sur près de dix mille flèches, plus de quatre-vingt-dix pour cent ricochèrent sur le cuir du Béhémoth.

Même la force de bras d'un maître archer ne parvenait pas à percer l'épaisse peau de cette bête.

« ... ! »

Tous restèrent saisis par ce spectacle. Les maîtres archers du Protectorat d'Anxi étaient l'élite de l'élite et, même en tir de masse, chaque flèche pouvait briser la pierre à mille zhang, et aucune armure ordinaire ne l'aurait arrêtée. Or le cuir de cette bête en avait repoussé plus de neuf sur dix.

« Impossible ! »

Même Duwu Sili, simple spectateur, en resta sidéré.

Sur le mur d'acier, l'esprit de était en tumulte : cet animal renversait tout ce qu'il savait. Le corps de cette bête n'était peut-être pas aussi dur que l'acier, mais il était bien plus souple. Parmi les flèches sans effet, quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent avaient simplement rebondi sur la peau.

'Le cuir de ce Béhémoth vaut un mur d'acier d'un demi-pied d'épaisseur. Les maîtres archers seuls ne suffiront pas à infliger de dégâts utiles.'

L'esprit de tournait à toute allure pour tenter d'évaluer la force du Béhémoth.

Le vent alentour se faisait plus violent à mesure que la bête approchait.

Les soldats Tang cédaient de plus en plus à la panique, la puissance du Béhémoth les faisant trembler de peur.

« Tirez de nouveau ! Réduisez à deux flèches par tir ! » ordonna encore à son armée inquiète.

« Huang Botian ! Tiens-toi prêt ! L'Art du Tremblement de Terre ! »

« Tous les autres officiers, en position ! Préparez le Rugissement du Lion ! »

Tandis que la tension montait, la voix de était la seule chose qui tenait l'armée. Il enchaîna les ordres, et toute l'armée Tang, y compris le Protectorat d'Anxi, se mit en mouvement.

Tzing tzing tzing !

Une autre volée nourrie partit, traversa le champ de bataille occidental et retomba sur le Béhémoth. La leçon de la première salve portée, les archers avaient réduit le nombre de flèches pour que chacune eût plus de puissance.

L'effet fut immédiat. Tchac tchac tchac ! Tous entendirent les flèches de métal s'enfoncer dans le cuir. Les quelques milliers de traits avaient tous pénétré le corps de la bête, sans qu'un seul fût dévié.

Mais avant qu'ils n'aient pu se réjouir, la réaction de la bête les réduisit au silence.

Bien que des milliers de flèches se dressassent sur sa peau, le Béhémoth n'eut aucune réaction. Loin de ralentir, il ne cilla même pas. C'était comme si l'on n'avait jamais tiré.

« Cette bête énorme... quelle, quelle peau épaisse ! » dit un soldat de Qixi, les yeux écarquillés, la gorge nouée.

Autour de lui, d'innombrables soldats avaient la même peur dans le regard. Les animaux ordinaires n'ont qu'un cuir mince, ce qui n'était manifestement pas le cas de cette bête. L'épaisseur de sa peau semblait même dépasser la longueur des flèches, qui faisaient trois pieds.

Ce n'était pourtant que la première couche de défense du Béhémoth, et elle suffisait déjà à rendre inutiles bon nombre de leurs attaques.

À cet instant, était le seul à garder son calme. Le regard fixé sur la créature au loin, il calculait sans cesse.

Mille cinq cents zhang !

Mille zhang !

Elle se rapprochait toujours, et ses pas faisaient monter et descendre le sol d'un demi-pied. À cette distance, les soldats se sentaient comme des fourmis levant les yeux vers un éléphant. Le choc psychologique de ce spectacle est difficile à décrire. lui-même commença à ressentir un danger intense, l'odeur de la mort déferlant sur lui par vagues et menaçant de l'engloutir à tout instant.

Huit, sept, six, cinq, quatre...

comptait en silence et, à « un », il donna aussitôt l'ordre.

« Maintenant ! »

« Compris ! »

Tous les officiers de l'armée Tang, et Gao Xianzhi compris, plus de mille cinq cents en tout, poussèrent d'une seule voix le Rugissement du Lion. En un instant, des ondes sonores invisibles se propagèrent depuis les murs d'acier et se fondirent rapidement en une vague torrentielle qui balaya le champ de bataille occidental, et avec lui le Béhémoth à forme de rhinocéros.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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