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Records of the Human Emperor

Chapitre 47 : Le plan de Wang Chong

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Chapitre 47

Chapitre 47 : Le plan de Wang Chong

Chapitre 47/8853%~13 min de lecture2 403 mots

« Vingt jours ont déjà passé, et toujours aucun mouvement de la part de ce garçon ! »

Dans la cour du clan Zhang, Zhang Jian et Zhang Cong étaient assis autour d'une table de pierre. Ils sirotaient tranquillement leur thé, laissant l'arôme tourner dans leur bouche avec des mines réjouies.

« Comment aurait-il pu réussir si facilement ? Ce sont 90 000 taels d'or ! Ce n'est pas une petite somme. Croyait-il vraiment qu'ils sortiraient du néant parce qu'il en avait envie ? »

Sa tasse à la main, Zhang Cong releva la tête. Avec une expression de contentement, il ajouta :

« Et puis, sous l'influence du Duc Jiu, le clan Wang est incorruptible. Comment pourraient-ils disposer d'autant d'argent ? Notre clan Zhang a plusieurs siècles d'histoire derrière lui et, même si l'ensemble de notre fortune dépasse 90 000 taels d'or, il nous serait impossible de débourser une telle somme en un mois ; a fortiori pour eux. Comment aurait-il pu réussir ainsi ? »

Ils gardaient un œil sur la Cour de Révision Judiciaire et le contrat portant sur la vente du minerai d'Hyderabad n'avait toujours pas été mené à terme.

De leur point de vue, l'affaire de Wang Chong allait très probablement s'effondrer !

« Dommage que ce garçon soit si arrogant ! S'il avait su considérer notre offre lors de notre visite, il ne se serait pas mis dans un tel état. Regardez : non seulement il échoue dans son négoce, mais il devra encore payer un dédit pour rupture de contrat ! »

Zhang Jian leva les yeux vers le ciel d'un air songeur en caressant sa barbe.

À l'époque, quand ils avaient couru à la Bijouterie de l'Agate Blanche, qu'ils avaient découvert que quelqu'un leur avait acheté le minerai d'Hyderabad avant eux et qu'il s'agissait du clan Wang, ils avaient vraiment paniqué.

Mais après avoir observé la situation quelques jours, ils s'étaient complètement rassurés.

Dans les Plaines Centrales, la réputation du « Duc Jiu » est retentissante. Si le clan Wang avait vraiment eu l'intention d'acheter ce minerai, il était voué à l'échec. Vu la condition des 90 000 taels d'or inscrite au contrat, le clan Wang n'était rien de plus qu'un obstacle passager sur leur route.

Aussi puissant que fût le clan Wang, s'il ne réunissait pas 90 000 taels d'or dans les délais, tout cela serait vain. À la fin, le minerai d'Hyderabad finirait bien entre les mains du clan Zhang.

Tout cela n'aurait été qu'un léger retard.

« Je n'arrive vraiment pas à comprendre la raison de leurs agissements. La lignée du Duc Jiu a consacré tous ses efforts à la cour impériale et à l'armée, et je n'ai jamais entendu dire qu'elle s'intéressait aux minerais. Quand j'ai appris que le minerai d'Hyderabad avait été acheté par le clan Wang, j'ai cru que les moines plaisantaient ! Que voudraient-ils faire du minerai des Sindhis ? »

Perplexe, Zhang Jian venait de prendre la parole.

« Le Duc Jiu est un personnage prestigieux, respecté de tous. À mon avis, il est probable qu'on le tienne dans l'ignorance de cette affaire. C'est sans doute l'œuvre de ses petits-fils. »

« S'il arrive quelque chose, notre clan Zhang devra tout de même se lever pour les aider. Nous ne pouvons pas laisser la réputation du Duc Jiu se ternir sur pareille affaire. »

dit gravement Zhang Cong.

« Hmm, c'est aussi l'intention de notre chef de clan ! »

Zhang Jian hocha la tête en signe d'accord.

Le Duc Jiu était un fonctionnaire qui avait porté de grandes responsabilités. Il avait beaucoup œuvré pour le pays et pour le monde. Sans ses efforts d'alors, le monde aurait peut-être déjà sombré dans le chaos.

C'est aussi pour cela que le Duc Jiu était respecté de tous.

Tap ! Tap !

Alors que les deux hommes conversaient, un membre du clan Zhang vêtu de blanc entra en hâte, se dirigea vers Zhang Jian et lui chuchota à l'oreille.

« Quoi ? On vend des épées au Pavillon du Papillon Bleu ? »

Zhang Jian était stupéfait.

« N'est-il pas normal que quelqu'un vende des épées ? »

Zhang Cong sirota son thé sans y prêter attention. Vu la prospérité de la capitale, il n'y avait rien de surprenant à ce qu'on y vende des épées.

« 600 taels chacune ! D'or ! L'avis est accroché à la bannière du Pavillon du Papillon Bleu, et personne n'est autorisé à voir l'épée ! »

« Quoi ! »

Zhang Cong recracha son thé. Que l'on vende des épées n'avait rien d'étonnant, il y avait quantité de lames d'acier en ville. Mais qu'on les vende à 600 taels d'or pièce, c'était autre chose.

Rares étaient les maisons capables de produire des épées de cette qualité. Le clan Zhang de la capitale en faisait partie.

« Quelle famille prestigieuse a franchi les bornes et débarqué dans la capitale ? Ne savaient-ils pas que c'est notre territoire ? Et qu'en disent les clans Huang, Cheng, Li et Lu de la capitale ? »

demanda Zhang Cong. Si le vendeur venait des clans Huang, Cheng, Li ou Lu, il n'y aurait eu aucune raison de leur remonter l'affaire.

« Ils ont déjà envoyé leurs hommes au Pavillon du Papillon Bleu. Ils semblent aussi pris au dépourvu que nous, et ils ont même envoyé quelqu'un nous interroger à ce sujet ! »

dit Zhang Jian.

Un pli profond se creusa sur le front de Zhang Cong.

Il y avait des règles chez les forgerons d'épées. En ce monde, chaque métier a son territoire et sa sphère d'influence. Cela ne tenait à aucune promesse entre eux, mais à une situation qui s'était établie naturellement au fil de plusieurs siècles.

La forge d'épées dans la capitale était principalement dominée par les clans Zhang, Huang, Cheng, Li et Lu.

Il n'était pas vraiment interdit aux autres clans de vendre leurs épées dans la capitale. Simplement, si d'autres maisons décidaient d'étendre leur territoire jusqu'ici, elles devaient au moins annoncer leur arrivée.

Ce n'était pas de la tyrannie ni un esprit d'exclusion. C'étaient les règles du métier.

Eux-mêmes, s'ils avaient dû se rendre sur une autre terre pour acheter ou vendre des épées, auraient au moins prévenu les forgerons de cette terre.

C'était une règle que tous les forgerons d'épées observaient.

Ce clan-là semblait bien mal élevé !

« Allons-y ! Nous allons voir ! »

Zhang Cong rejeta sa robe et se leva. Au même moment, Zhang Jian reposait sa tasse sur la table.

Le Pavillon était un bâtiment finement sculpté qui respirait la grandeur.

En levant la tête pour le contempler, on trouvait à sa structure l'allure d'un gigantesque papillon bleu prêt à déployer les ailes pour s'élancer vers les cieux.

Comme le Pavillon de la Grue Immense, c'était un lieu luxueux où l'on venait manger et boire le thé. Mais vu la nature de la clientèle, ceux qui venaient pour le thé et les collations dépassaient de loin ceux qui venaient pour les repas.

Ce jour-là, cependant, il y avait quelque chose de changé au Pavillon du Papillon Bleu.

Devant la porte s'élevait une montagne de métal, faite de lingots empilés sur deux mètres de haut et un mètre de large.

Juste au-dessus de cette montagne de métal, une épée de trois chi, recouverte de couche après couche de toile noire, était suspendue au toit.

À côté de l'épée, une immense plaque de bois portait quelques mots :

[600 taels d'or !]

Cette montagne de métal, cette épée et cette plaque de bois avaient attiré l'attention de beaucoup de monde. Autour, on entendait vaguement des critiques dédaigneuses.

« Interdit de voir, interdit de toucher : comment comptent-ils vendre leurs épées comme ça ? »

« 600 taels, et d'or par-dessus le marché. L'argent leur a sans doute tourné la tête ! Pourquoi ne pas dévaliser une banque, tant qu'on y est ? »

« Mais que fait le Pavillon du Papillon Bleu ? Accrocher une épée sous le nez des gens dans un lieu où l'on mange et l'on boit, veulent-ils encore travailler ? »

Au deuxième étage du Pavillon du Papillon Bleu, Wei Hao regardait la foule en bas. Ces moqueries lui faisaient l'effet de poignards dans le dos.

Il était le jeune maître du Pavillon du Papillon Bleu, et c'était lui qui avait fait accrocher l'épée là-haut : ces propos méprisants l'atteignaient personnellement.

« Wang Chong, c'est vraiment une bonne idée ? »

Wei Hao était rongé d'inquiétude.

« Le Pavillon du Papillon Bleu est un lieu où l'on mange, où l'on boit et où l'on se repose. Pourquoi ne pas changer d'endroit et trouver une véritable boutique d'armes ? »

« Ce n'est pas la peine. Cet endroit est très bien ! »

Wang Chong secoua la tête sans hésiter. Sa détermination et son calme se lisaient dans ses yeux. Parfois, Wei Hao l'enviait vraiment. Il avait l'impression d'avoir devant lui quelqu'un que son environnement n'atteindrait jamais.

« Mais quand même, est-ce raisonnable ? Je trouve un peu étrange de demander à des gens venus boire d'acheter une épée. Et puis, au prix de 600 taels d'or l'épée, pouvons-nous vraiment réunir 90 000 taels d'or ? »

À l'inverse de Wang Chong, Wei Hao n'avait pas la moindre confiance. Le choix du lieu était extrêmement « hétérodoxe ». Ce n'était pas ici qu'on vendait des épées. Et Wei Hao n'avait aucune idée de si 600 taels d'or l'épée était cher ou bon marché.

De toute façon, Wang Chong n'aurait jamais dû s'endetter de 90 000 taels d'or au départ !

« Rassure-toi, nous réunirons la somme sans faute ! »

Tout en mangeant et en buvant, Wang Chong observait la foule dans la rue en bas, l'air impassible.

Depuis le début, il était impossible de réunir 90 000 taels d'or.

Dans des conditions normales, une épée renommée ne se vendait que 600 à 700 taels d'or. Même les plus belles restaient sous les mille taels d'or.

Et si l'on n'attendait rien de particulier d'une lame, une épée de métal ordinaire ne valait que quelques wen à quelques dizaines de wen. Dans ces conditions, il était impossible de vendre une arme en acier wootz à un prix aussi exorbitant !

Il faudrait au moins six ou sept ans pour que le marché de l'acier wootz démarre.

Aussi, depuis le début, Wang Chong avait décidé de ne pas employer les méthodes ordinaires. Il devait suivre une « voie hétérodoxe » !

Et le Pavillon du Papillon Bleu était une pièce maîtresse du plan de Wang Chong !

Ce n'était peut-être pas un bon endroit pour vendre des épées. Mais Wang Chong savait qu'il détenait un avantage qu'aucune boutique d'armes ne pouvait égaler.

L'Armée impériale !

Légèrement en biais par rapport au Pavillon du Papillon Bleu, à une centaine de zhang de là, s'ouvraient les portes principales du palais impérial. L'Armée impériale y était cantonnée !

Le Pavillon du Papillon Bleu était donc un lieu devant lequel tous les généraux, les chefs et les hommes de l'Armée impériale devaient passer chaque jour pour entrer au palais !

Si le Pavillon du Papillon Bleu s'était spécialisé dans le thé et l'alcool plutôt que dans les repas, comme le Pavillon de la Grue Immense, c'est que les hommes de l'Armée impériale venaient souvent s'y reposer et y passer le temps après leurs patrouilles.

L'alcool était interdit au palais impérial, et les hommes de l'Armée impériale ne pouvaient venir boire ici que sous prétexte de prendre le thé, dans le bref intervalle des changements de garde.

Ils étaient généreux de leur argent, et les affaires du Pavillon du Papillon Bleu s'en portaient bien.

Ce n'était bien sûr pas cela qui intéressait Wang Chong. Fort des souvenirs de sa vie antérieure, personne ne comprenait mieux que lui que, dans tout le Grand Tang et toutes les Plaines Centrales, il n'existait pas de meilleurs acheteurs pour ces épées que les généraux de l'Armée impériale.

Dans sa vie antérieure, si les épées en acier wootz du califat abbasside étaient montées jusqu'à plusieurs centaines de milliers de taels pièce, c'était grâce à ces chefs de l'Armée impériale, pour qui une épée était toute leur vie.

Seules les épées véritablement élégantes, tranchantes et nobles convenaient à leur rang. Les chefs de l'Armée impériale étaient tous des acheteurs potentiels capables d'en payer le prix !

Sur ce point, même les clans spécialisés dans le commerce de l'acier wootz ne les valaient pas.

De fait, la plupart des chefs de l'Armée impériale avaient une naissance remarquable et ne manquaient pas d'argent.

Wang Chong savait que le seul moyen de réunir 90 000 taels d'or en peu de temps était de viser ces chefs de l'Armée impériale.

En vérité, depuis le tout début, la clientèle que Wang Chong visait pour s'enrichir grâce au minerai d'Hyderabad était celle des riches chefs de l'Armée impériale !

Du moment que sa marchandise serait de bonne qualité, l'Armée impériale aurait plus qu'assez de moyens pour se l'offrir !

Mais par déférence envers le palais impérial et l'Armée impériale, la plupart des marchands d'armes n'osaient pas les approcher. En dehors de Wang Chong, personne n'avait remarqué ce groupe d'acheteurs potentiels à l'immense capacité financière !

C'était le seul avantage dont disposait Wang Chong, et le secret qu'il ne révélerait jamais à personne !

(NdT : la Chine de cette époque échange en pièces, en argent et en or, ainsi qu'en billets. Les pièces sont appelées wen et forment la plus petite coupure. L'argent et l'or se comptent d'ordinaire au poids, en taels, et se présentent en feuilles ou en lingots, les lingots étant naturellement plus lourds ; on peut aussi les déposer dans une banque et les échanger contre des billets.)

(NdT : les pays présents dans le récit sont Charax Spasinou, capitale de la Characène, dans l'actuel Irak ; le califat abbasside, chez les Arabes ; Hyderabad, au Sindhu, nom que le Grand Tang donne à l'actuelle Inde ; et le Grand Tang lui-même, autrement appelé les Plaines Centrales, c'est-à-dire la Chine.)

(NdT : parmi les institutions du Grand Tang, l'Armée impériale est la seule armée autorisée dans la capitale et relève directement de l'empereur ; le Bureau du Personnel militaire s'occupe des affectations et des promotions ; le Pavillon des Quatre Directions est chargé des affaires extérieures, et c'est là que résident le grand-père Wang et le grand-père Yao.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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