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Records of the Human Emperor

Chapitre 112 : La Puissance du Dieu Barbare

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Chapitre 112

Chapitre 112 : La Puissance du Dieu Barbare

Chapitre 112/112100%~11 min de lecture2 091 mots

C'était comme si le ciel et la terre s'étaient déchirés. Rien ne pouvait rendre compte du choc qu'éprouvait Yao Guang Yi.

Comme un bouffon, il avait été manœuvré par un autre à la frontière. Yao Guang Yi avait toujours cru qu'un maître stratège avait prêté son concours au clan Wang, lui permettant de percer son plan à l'avance.

Et c'est à cause de ce « maître stratège » que Yao Guang Yi avait perdu l'appétit et le sommeil.

Ce n'est pas l'adversaire redoutable qui est à craindre. Ce qui est à craindre, c'est l'adversaire tapi dans l'ombre. Aussi, tant que ce maître stratège dissimulé n'était pas découvert, Yao Guang Yi ne pouvait pas se relever de ce coup.

C'était là le nœud de son cœur !

S'il ne se dénouait pas, jamais il ne redeviendrait le stratège avisé et perspicace qu'il avait été.

Seulement, toute l'intelligence de Yao Guang Yi n'aurait pu lui faire soupçonner que son adversaire, ce « maître stratège » apparemment omniscient, fût en réalité un enfant de quinze ans du clan Wang, et par-dessus le marché un rejeton dissipé et sans relief !

Haut fonctionnaire de la cour impériale, homme qui tirait fierté de son intelligence, comment Yao Guang Yi aurait-il pu l'accepter ?

« Père, comment pouvez-vous être aussi certain que c'est ce garçon qui m'a déjoué ? »

demanda Yao Guang Yi.

En temps ordinaire, il n'aurait jamais osé mettre en doute la parole de son père. Mais l'affaire était tout simplement trop importante pour lui. S'il ne dénouait pas ce nœud, il en souffrirait toute sa vie.

« Hé, tu ne comprends toujours pas ? »

Le vieux maître Yao rangea le coffret de bois dans le tiroir de la table. Le visage calme et détaché, il parla comme s'il révélait la réponse d'une affaire insignifiante.

« Sachant qu'une affaire de cette ampleur, impliquant le clan Wang, s'est produite à la frontière, et qu'un "expert redoutable" est apparu au sein du clan Wang, crois-tu que le roi de Song ait pu résister à l'envie d'aller y voir ? »

« Mais ne pouvait-il pas être au courant à l'avance ? »

demanda Yao Guang Yi.

Le vieux maître Yao secoua la tête. Le Yao Guang Yi d'autrefois aurait compris la situation depuis longtemps. Mais l'affaire de la frontière avait brisé sa confiance. Il n'était plus le général avisé qu'il avait été.

« Réfléchis bien. Si le clan Wang avait eu un expert redoutable et que le roi de Song l'eût su à l'avance, crois-tu que votre plan, au roi de Qi et à toi, aurait fonctionné ? Crois-tu qu'il vous eût été possible de débaucher tant de monde ? »

« Boum ! »

La voix du vieux maître Yao n'était ni forte ni basse, et parfaitement détachée. Mais pour Yao Guang Yi, ces mots eurent la portée d'une parole de sage. En un instant, d'innombrables lueurs et pensées traversèrent son esprit, et soudain, tous ces mystères insolubles qui le tourmentaient depuis si longtemps s'éclaircirent.

« Ainsi, celui que le roi de Song rencontre en dernier au banquet d'anniversaire du Duc Jiu est celui que nous cherchons ! »

« Mmh. »

Réjoui, le vieux maître Yao hocha la tête. Au moins cet enfant n'était-il pas trop sot pour comprendre cela.

« Li Chengqi est un homme intelligent, mais les hommes intelligents sont souvent aveuglés par leur propre intelligence. Il voulait protéger cet enfant, et il ne savait pas qu'au bout du compte c'est lui qui nous révélerait qui t'a déjoué. »

Yao Guang Yi resta là, hébété, sans un geste. Ses yeux troubles étaient pleins de confusion, de crainte et d'incompréhension, et il eut le sentiment d'être tombé dans un tourbillon. Il se débattit violemment, puis remonta lentement à la surface. Le trouble de son regard se dissipa peu à peu, et ses yeux redevinrent clairs.

Au même moment, quelque chose de neuf s'arracha aux limites de son cœur.

Le Yao Guang Yi désemparé s'effaça peu à peu, et un Yao Guang Yi assuré et majestueux prit sa place.

« Je n'aurais jamais imaginé que ce fût lui. Cela dépasse entièrement mes prévisions... Je croyais que l'affaire du Pavillon de la Grue Immense n'était qu'une coïncidence, et voilà que c'était lui ! »

Yao Guang Yi en était réellement stupéfait.

« Père, le clan Wang n'a jamais excellé dans les intrigues politiques, et voilà qu'apparaît un enfant capable de me surpasser. Ce n'est pas bon signe. »

« Alors... comptes-tu te débarrasser de lui ? »

Le vieux maître Yao tourna la tête vers lui et parla d'un ton posé et paisible.

Yao Guang Yi resta interdit. À ses yeux, pareille menace devait être éliminée au plus vite. Mais au ton du vieux maître, celui-ci ne semblait pas approuver cette voie.

« Père, voulez-vous dire que nous devrions l'épargner pour l'instant ? »

Yao Guang Yi en fut surpris.

« Il ne s'agit pas de savoir si nous devons l'épargner ou non ! »

Le vieux maître Yao fixa Yao Guang Yi d'un regard profond et appuyé.

« Si tu souhaites éliminer cet enfant, et que le clan Wang se venge avec l'appui du roi de Song, et que l'Empereur Sage nous en tienne rigueur, je peux tout porter à ta place. Mais es-tu certain de vouloir le faire ? »

Hormis la mèche qui brûlait dans la lampe à huile, la pièce était parfaitement silencieuse.

Yao Guang Yi tomba dans une profonde réflexion.

Le vieux maître Yao secoua la tête. Yao Guang Yi ne voyait pas clairement la situation où il se trouvait. Cet enfant ne s'était pas encore tout à fait remis de sa défaite.

« Guang Yi... crois-tu que notre clan Yao ait gagné son pouvoir en éliminant tous ses adversaires ? S'il en était ainsi, en quoi vaudrions-nous mieux que ces clans de généraux ? »

Le vieux maître Yao parlait avec calme et détachement.

« Weng ! »

À ces mots, le corps de Yao Guang Yi tressaillit tandis que plusieurs pensées lui traversaient l'esprit.

Soudain, une couche de sueur froide perla sur son front.

« On dirait que tu comprends mes paroles. Le nœud de cette affaire, ce n'est pas cet enfant, c'est toi ! Sais-tu pourquoi tu veux le tuer ? Parce que tu as peur. »

Le vieux maître Yao plissa les yeux, mais il ne regardait pas Yao Guang Yi. Il contemplait la flamme dansante de la lampe.

« Dans la longue histoire de notre clan Yao, nous avons traversé d'innombrables tempêtes. Beaucoup de nos adversaires étaient plus redoutables encore que cet enfant. Zhou Chang était-il plus faible que lui ? Li Yu était-il plus faible que lui ? Wang Gen était-il plus faible que lui ?... Tant d'hommes redoutables que nous n'avons pas éliminés, et c'est vers cet enfant que tu tournes ton intention meurtrière. Parce que tu as peur ! Tu es terrifié ! »

« ...Et ton adversaire n'est qu'un enfant ! »

Comme une pluie fine, la sueur froide dégouttait du front de Yao Guang Yi. Chaque phrase du vieux maître Yao y ajoutait une couche d'humidité. Si bien qu'au terme de sa tirade, Yao Guang Yi était trempé de la tête aux pieds.

« Rencontrer un adversaire n'a rien d'effrayant, notre clan Yao n'a jamais craint de rival ! Si nous en rencontrons un, nous le battrons par l'esprit. Si tu le crains, c'est que tu n'as pas le courage de l'affronter avec ton intelligence. Guang Yi, réfléchis-y bien. As-tu vraiment l'intention d'éliminer cet enfant ? »

La pièce demeura longtemps silencieuse avant qu'un long soupir ne s'élevât.

« Père, j'avais tort ! »

« Il n'est pas trop tard pour t'en apercevoir. Cet enfant du clan Wang doit être éliminé, mais pas de cette manière. L'affaire de la concubine Taizhen est une bonne occasion. Sers-toi de ton esprit pour assister le roi de Qi et gagner sa confiance. »

Sur ces mots, le vieux maître Yao ferma les yeux.

« ...Oui, père ! »

Yao Guang Yi courba l'échine et se retira lentement de la pièce, avec respect. Il était venu accablé de soucis ; il repartait comme délesté de tous ses fardeaux.

Wang Chong savait que ni l'affaire de la concubine Taizhen ni la politique des commandants régionaux ne se régleraient rapidement.

Le tumulte à la cour impériale se prolongerait certainement très longtemps.

Mais tout cela ne le concernait en rien.

Passé l'anniversaire de son grand-père, la vie de Wang Chong reprit son cours ordinaire : il se rendait chaque jour au quartier de l'Arbre aux Fantômes avant de travailler sa cultivation. Peu à peu, ce fut sa routine.

Quant au second katana élancé en acier wootz, long de sept chi (NdT : environ 2,33 m), il en avait déjà achevé la conception et confié le gros du travail à Tuoba Guiyuan.

Restaient les étapes décisives, la trempe et le revenu, dont Wang Chong s'occuperait lui-même plus tard.

« ...Palier 6 d'énergie originelle. Il est peut-être temps que je choisisse un art secret pour accroître ma force. »

Tandis qu'il s'entraînait seul dans le jardin fleuri, près d'une fausse colline, une pensée traversa soudain l'esprit de Wang Chong. Elle portait sur son combat contre Xu Xuan.

Xu Xuan avait beau lui avoir été inférieur, sa « Technique de l'Éléphant Féroce » avait laissé une impression profonde. Le clan Xu était un clan ducal du Grand Tang : les arts martiaux que l'Empereur Sage lui avait accordés étaient naturellement hors du commun.

Comparée aux techniques que pratiquent bien d'autres clans de généraux, la Technique de l'Éléphant Féroce figurait au premier rang des arts secrets d'accroissement de la force. C'est d'ailleurs grâce à elle que Xu Xuan se distinguait de ses pairs.

Sans le Poing du Colosse, Wang Chong n'aurait pas nécessairement fait le poids contre Xu Xuan dans une épreuve de force !

Le palier 6 d'énergie originelle ouvrait à l'artiste martial un monde entièrement nouveau. On y choisissait de se spécialiser dans la vitesse, dans la force ou dans l'adresse.

Beaucoup choisissaient la force, et Wang Chong ne faisait pas exception. Non qu'il voulût s'engager sur la voie de l'artiste martial de force, mais parce qu'il n'avait pas le choix.

Au palier 6 d'énergie originelle, il ne pouvait apprendre que des arts secrets de force.

Wang Chong plongea dans ses souvenirs et passa en revue toutes les techniques qu'il avait apprises dans sa vie antérieure.

Il commença par écarter les arts secrets de force ordinaires. À ses yeux, la technique devait au moins valoir la Technique de l'Éléphant Féroce, et mieux encore la surpasser.

« Je l'ai ! »

Wang Chong se rappela soudain un art secret suprême qu'il avait appris après être devenu Grand Maréchal des Plaines Centrales.

Pour l'expert qu'il était alors, ce n'était pas une technique particulièrement puissante ; mais pour des artistes martiaux de l'énergie originelle, c'était un art secret suprême, capable d'accroître la force à toute vitesse.

La Puissance du Dieu Barbare !

Telle était la technique qu'il avait créée, à l'époque, avec le concours d'innombrables experts. La plus rapide, la plus forte et la meilleure méthode pour accroître la force d'un artiste martial.

D'après leurs estimations d'alors, cette technique pouvait donner aux artistes martiaux humains une force capable de rivaliser avec les envahisseurs étrangers, voire de les soumettre. Leur intention première était donc de la répandre dans les Plaines Centrales.

En cas de succès, ils pourraient renverser le cours des batailles et renvoyer ces envahisseurs étrangers d'où ils venaient !

L'achèvement de cette technique laissa les commandants et les anciens de l'armée des Plaines Centrales dans l'exaltation pendant fort longtemps !

Mais en fin de compte, ce projet fut abandonné.

La raison en était simple. La Puissance du Dieu Barbare avait beau être puissante, et l'accroissement de force considérable, ils lui découvrirent un défaut fatal.

Il fallait un os-racine de niveau Os de Tigre pour cultiver la Puissance du Dieu Barbare !

La plupart des artistes martiaux ne remplissaient pas ce critère, et ceux qui pouvaient cultiver cette technique se comptaient sur les doigts d'une main. De surcroît, la cultivation de l'os-racine est un travail extrêmement long et difficile. Ils durent donc remiser ce projet.

Mais ce défaut mis à part, Wang Chong lui-même, qui était devenu l'un des plus grands experts des Plaines Centrales, ne pouvait que le reconnaître : cette technique était le meilleur art secret de force pour les artistes martiaux du palier d'énergie originelle, du palier de Vrai Martial, et jusqu'au palier de Martial Profond !

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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