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Records of the Human Emperor

Chapitre 104 : Xu Shao !

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Chapitre 104

Chapitre 104 : Xu Shao !

Chapitre 104/10896%~11 min de lecture2 091 mots

« Ma cousine, que se passe-t-il ? »

demanda Yang Zhao. Sa voix trahissait plus d'inquiétude encore que celle de la concubine Taizhen. Il avait fait le long voyage du Jiannan jusqu'à la capitale, et son seul appui ici était cette cousine.

S'il lui arrivait quelque chose, son rêve d'opulence s'achèverait.

« Sa Majesté souhaite me conférer le titre de concubine impériale, mais cela a soulevé l'opposition violente des fonctionnaires, et plus de la moitié d'entre eux me calomnient. Je marche sur des charbons ardents, et ma vie ne tient qu'à un fil. Si l'affaire aboutit, je pourrai vivre mon vœu d'être auprès de Sa Majesté du matin au soir. Mais si elle échoue, depuis l'antiquité, celles qui sont dans mon cas n'ont jamais bien fini… »

La concubine Taizhen faisait de son mieux pour rester calme, mais un peu d'inquiétude et de peur filtrait tout de même dans sa voix.

Depuis l'antiquité, jamais une femme n'avait été attaquée par plus de la moitié de la cour. Cette pression n'était pas de celles qu'on porte seule. La seule pensée de ces mémoires envoyés à la cour comme autant de poignards suffisait à la réveiller au milieu de la nuit.

« Quoi ! »

Le visage de Yang Zhao s'assombrit. Il avait entendu parler des affaires de la cour et savait sa cousine en position délicate. Il ne l'imaginait pourtant pas dans une situation aussi périlleuse.

« Que pouvons-nous faire ? »

« De tous les fonctionnaires, les plus acharnés contre moi sont le roi de Song et un haut fonctionnaire nommé Wang Gen. Sans parler des autres, le roi de Song est de la famille impériale, un prince impérial du premier rang du Grand Tang, et il a une influence considérable à la cour. Quant à Wang Gen, il est du clan Wang. Son rang n'égale pas celui du roi de Song, mais son père est le vénéré Duc Jiu. »

répondit la concubine Taizhen.

« Wang Gen ? »

Yang Zhao fronça les sourcils. Il connaissait mal le personnel de la cour, mais ce nom de Wang Gen lui disait vaguement quelque chose, et ce n'était pas à cause de son père, le Duc Jiu.

« … Pour l'heure, seul le Duc Jiu ne s'est pas prononcé. Son avis pèse lourd sur les fonctionnaires comme sur Sa Majesté. Le roi de Song et le clan Wang sont amis depuis trois générations, et c'est aujourd'hui le soixante-dixième anniversaire du Duc Jiu. Le roi de Song s'y rendra à coup sûr pour lui présenter ses vœux. Si le Duc Jiu le soutient ouvertement, alors notre situation sera vraiment désespérée ! »

La voix inquiète et contrariée de la concubine Taizhen sortait de la tente rouge. Elle ne s'attendait pas à ce que les choses en vinssent là.

Elle n'avait rien fait de mal, elle ne se mêlait pas de politique. Tout ce qu'elle voulait, c'était être avec celui qu'elle aimait ; pourquoi fallait-il que tant de gens se dressassent entre eux !

« Ma cousine, que voulez-vous que je fasse ? »

demanda Yang Zhao sans la moindre hésitation. Il ne savait pas grand-chose, et sa seule force était de se jeter sans hésiter dans une mer de flammes pour elle.

Fallût-il tuer, il l'eût fait sans réfléchir.

« Sa Majesté a dit qu'elle me ferait entrer au palais quoi qu'il advienne, et bien des gens à la cour ont pris son parti et le mien, ainsi le roi de Qi et le clan Yao. Mais c'est loin de suffire. Le Duc Jiu tient une place exceptionnelle dans le cœur de Sa Majesté, et je n'ai aucun moyen d'infléchir sa décision. Tout ce que je peux faire, c'est tenter d'influer sur les autres fonctionnaires. »

La concubine Taizhen frappa dans ses mains, et quelques vieilles nourrices sortirent du palais Yuzhen. Elles portaient plusieurs coffres de feuilles d'or, de pièces d'or et de lingots, qu'elles déposèrent devant Yang Zhao.

À la vue de cette montagne d'or, Yang Zhao en eut le regard trouble.

« Je ne connais pas grand monde dans la capitale, et ma relation avec Sa Majesté m'interdit de paraître en public. Je ne puis donc confier cette affaire qu'à vous, mon cousin. Vous êtes le seul à pouvoir m'aider. »

« Voici les présents dont Sa Majesté m'a comblée, prenez-les ! Vous devrez trouver le moyen de rallier à ma cause le plus de fonctionnaires possible, et dans les plus brefs délais. »

dit la concubine Taizhen.

« Ma cousine, soyez tranquille. Laissez-moi faire. »

Yang Zhao se frappa la poitrine, hésita un instant, puis reprit.

« Je crains toutefois que cet or ne suffise pas à acheter le cœur de ces fonctionnaires ! »

« Hmph, soyez sans crainte. Dites-leur que si je survis à cette épreuve, je trouverai le moyen de les faire avancer, afin qu'ils vivent dans le luxe ! Quant au roi de Song, il n'y a nulle rancune entre nous, et pourtant il rassemble encore et encore des fonctionnaires pour adresser à Sa Majesté des mémoires réclamant ma mort. Si je m'en sors, je ferai en sorte que lui et le clan Wang finissent tragiquement ! »

lâcha froidement la concubine Taizhen. Une haine profonde perçait dans ses mots.

Pour le roi de Song, il s'agissait de l'honneur de la famille impériale. Pour elle, c'était une affaire de vie ou de mort. Quand on acule quelqu'un au désespoir, si faible soit-il, il finit par se durcir.

« Héhé, ma cousine, ne vous inquiétez pas. Avec ces paroles, je me fais fort de les convaincre ! »

Sur cette promesse, Yang Zhao n'en dit pas davantage.

Yang Zhao avait beau avoir tout perdu au tripot, il y avait croisé des gens de toutes conditions et y avait appris bien des choses.

Sous le ciel, tout ce qui vient, vient pour le profit ; tout ce qui s'en va, s'en va pour le profit. Du moment que le gain était suffisant, il se sentait capable de faire fléchir n'importe qui.

Ayant appelé les deux vieilles nourrices du palais pour porter les coffres, Yang Zhao quitta le palais Yuzhen.

Tandis que Yang Zhao quittait le palais Yuzhen, ailleurs…

« Votre Altesse, le roi de Song a quitté sa résidence ! »

À la résidence du roi de Qi, une silhouette puissante entra, s'agenouilla respectueusement et fit son rapport avec application.

« Hahaha, parfait ! »

Derrière une table de bois de narra siégeait une silhouette massive à l'aura vigoureuse. Il avait une prestance qui inspirait la crainte, comme si un puissant dragon des eaux s'était lové à cette place.

'Le vieux maître Yao disait vrai. Mon heure est enfin venue !'

Les yeux du roi de Qi s'allumèrent et il rit de bon cœur. Yao Guang Yi lui avait promis maintes fois qu'aucun incident ne surviendrait à la frontière, et il avait fini par le décevoir.

S'il avait résolu de ravaler sa colère, c'est que le vieux maître Yao s'était levé pour lui dire qu'une autre occasion se présenterait.

Bien exploitée, elle leur permettrait de renverser le roi de Song et le clan Wang sans lever le petit doigt. Et sans leur laisser la moindre chance de revenir.

Car celui qui les renverserait serait l'Empereur Sage en personne !

« Hahaha, Li Chengqi, Li Chengqi ! Tu te crois loyal ? Tu ne fais qu'aller contre la volonté de Sa Majesté ! »

Le roi de Qi riait de bon cœur. Sans les indications du vieux maître Yao, il n'aurait pas su que Sa Majesté avait déjà pris sa décision sur l'affaire de la concubine Taizhen. Quel qu'en fût le prix, quels que fussent les subordonnés qui s'y opposeraient, il la ferait entrer au palais impérial.

Certains, au palais, appelaient déjà la concubine Taizhen « Son Altesse » en secret. Sans un ordre de Sa Majesté, personne n'aurait osé pareille audace.

Selon toute probabilité, la concubine Taizhen elle-même ignorait que, malgré une cour à demi liguée contre elle et une situation en apparence désespérée, son titre de concubine impériale était déjà acquis !

Le vieux maître Yao avait l'œil extrêmement sûr pour ces choses-là. Il suivait l'empereur actuel depuis des décennies : il ne pouvait pas se tromper là-dessus.

« Passe encore, en sujet, que tu débattes avec Sa Majesté des grandes affaires de l'empire ; mais te mêler aussi de ses affaires privées… Roi de Song, tu passes les bornes ! Héhé, tu cours à ta perte, et personne ne pourra te sauver ! Vas-y donc, et le mieux serait que tu entraînes ce vieux barbon dans ta chute ! »

Le roi de Qi riait de bon cœur. L'affaire de la concubine Taizhen soulevait une tempête dans la capitale, et tous les fonctionnaires ressortaient les classiques confucéens pour conseiller Sa Majesté ; le roi de Qi, lui, s'en tenait soigneusement à l'écart.

Il souhaitait ardemment qu'ils fissent un vacarme plus grand encore ! Le mieux serait que le roi de Song et les fonctionnaires qu'il menait acculent Sa Majesté !

Wang Chong ignorait tout de l'agitation du dehors, et ne savait pas que le palais Yuzhen et la résidence du roi de Qi s'étaient mis en mouvement autour de l'affaire de la concubine Taizhen.

À cet instant, il fixait l'entrée du Pavillon des Quatre Directions. Un grand tumulte y régnait. Là où sont les amis viennent aussi les ennemis.

Ceux qui étaient venus pour l'anniversaire du vieux maître ne se limitaient pas aux amis.

« Que regardez-vous ? Ne puis-je pas venir présenter mes vœux au Duc Jiu ? »

Jouant de son ancienneté, un vieillard parlait grossièrement.

« Vieux bougre, n'exagérez pas. Avez-vous seulement le moindre lien avec le Duc Jiu ? »

La voix de l'ancien Ma résonna à l'entrée du Pavillon des Quatre Directions ; il semblait barrer le passage à l'homme.

« Hé, que j'aie ou non un lien avec lui, ai-je besoin d'un cocher de votre espèce pour me le dire ? Le Duc Jiu lui-même n'a rien dit ; pour qui vous prenez-vous ? Dégagez ! »

Boum, tout le Pavillon des Quatre Directions trembla. Une puissante onde de choc secoua les alentours : l'ancien Ma avait manifestement croisé le fer avec l'homme.

Wang Chong accourut, mais il avait à peine fait quelques pas qu'une silhouette s'avança d'un pas vigoureux. Le vieillard aux cheveux blancs, qui semblait capable d'écraser des montagnes, menait derrière lui une foule considérable.

Un jeton d'or à la main, il passait sans que les gardes de l'Armée impériale osassent l'arrêter.

'Bon sang, c'est cette vieille tortue !'

Posté au coin d'une rocaille, Wang Chong l'aperçut nettement et jura en lui-même. Aucun fonctionnaire de la génération actuelle n'aurait osé se conduire avec une telle impudence au Pavillon des Quatre Directions de son grand-père.

Ceux qui l'osaient, au point que les gardes de l'Armée impériale n'intervinssent pas, ne pouvaient être que des dignitaires de la génération du vieux maître. Mais à la différence de l'ancien Ma, de l'ancien Zhao et des autres, ceux-là avaient été ses rivaux politiques en leur temps.

Xu Shao, l'un des adversaires du vieux maître à la cour. Jeune, il s'opposait souvent à lui sur les affaires militaires de l'empire. Le vieux maître avait alors le sang chaud et ne l'aimait pas davantage.

À l'époque, tous deux avaient envoyé d'innombrables mémoires pour se plaindre l'un de l'autre.

Lors du bouleversement politique de la cour, Xu Shao aurait dû être mis en accusation ; mais par une chance quelconque, il mena une armée et sauva l'empereur actuel.

Il survécut ainsi à l'épreuve. Puis, par un nouveau coup de chance, il reçut le titre de duc de Xu, ce qui lui permit de marcher sans crainte dans tout le Grand Tang.

En ce temps-là, le vieux maître était jeune et bouillant. Avec les années, il s'était apaisé et policé. Le duc de Xu, lui, n'avait pas changé d'un pouce.

Le vieux bonhomme était déjà fort âgé, de quelques années plus jeune que grand-père seulement, et il s'était retiré de la cour. Mais sa manie de contredire grand-père en tout n'avait pas varié.

Aussi, chaque année, au banquet d'anniversaire de grand-père, il faisait irruption avec ses petits-fils pour semer le désordre. Dans sa vie antérieure, Wang Chong l'avait traité en cachette de « vieille tortue » ; il l'avait entendu et l'avait traîné par l'oreille dans tout le pavillon.

Comme grand-père était homme policé, tant que la vieille tortue n'allait pas trop loin, il l'accueillait avec un sourire et le laissait faire à sa guise.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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