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Rather Than the Son, I'll Take the Father

Chapitre 40

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Chapitre 40

Chapitre 40

Chapitre 40/40100%~10 min de lecture1 911 mots

« Pardon ? »

Je fis mine de ne pas voir le regard ahuri du comte et me tournai vers Edith.

« Edith, vous vous souvenez que je vous ai demandé si je pouvais vous accompagner en tournée sur le territoire ? »

« Je m'en souviens, mais... »

« Votre Grâce ? Pardonnez-moi, mais le Seigneur des Étoiles n'a jamais officiellement fait de tournée du territoire... »

Je ne jetai même pas un regard au comte et levai l'index.

Chut, silence.

« Mais ? »

Pour une raison que j'ignore, je commençais à détester le mot « mais » depuis mon arrivée dans le Nord.

Edith désigna la fenêtre du menton. Le vent soufflait si fort qu'on aurait dit que la neige tombait à l'envers.

Encore une tempête et une vague de froid.

« Seriez-vous en état de sortir ? »

« ... »

Bon sang. Pourquoi ce temps pareil ?

Sans m'en rendre compte, je remontai le plaid sur moi comme un bouclier.

Je savais que le climat du Nord était rude pour les hommes. C'est bien pour cela que je m'y étais préparée mentalement. Mais tout de même, c'est un peu beaucoup !

Les fenêtres au traitement spécial absorbaient presque tout le bruit, ce qui rendait le paysage du dehors plus irréel encore.

C'était un désastre silencieux. J'avais l'impression de regarder au-dehors depuis l'œil du cyclone.

L'ennui, c'est que tout le monde sauf moi semblait trouver cela naturel.

« Je ne savais pas que le temps dans le Nord serait aussi rude tous les jours. »

Comment suis-je censée venir à bout de ça ? Je n'y arriverai pas.

Devant une capitulation aussi rapide, Edith parla d'une voix qui semblait presque désolée.

« Cela se calmera dans quelques jours. »

« Il neige beaucoup à cette période, d'ordinaire ? »

Je posai la question en me disant qu'il devait bien y avoir une raison à cette assurance.

Pendant qu'Edith choisissait ses mots, le comte, n'y tenant plus, s'immisça de nouveau.

« Ce n'est pas le cas... »

Le comte coula un regard vers Edith.

« Pendant l'absence du Seigneur des Étoiles, le temps ici était plutôt clément. »

« Quel rapport avec le temps... »

Ma tête pivota vers le comte. Celui-ci, recevant le regard féroce d'Edith, se débattit comme un poisson tiré sur la berge.

« Je prends congé sur-le-champ ! Pardonnez mon impolitesse ! »

Le comte, qui venait d'affirmer que le temps était clément quand Edith n'était pas là, s'enfuit, et je jetai un coup d'œil à Edith.

Il évita subtilement mon regard.

Il y a quelque chose là-dessous.

Je me rappelai soudain le jour du Bal Impérial, où le vent était exceptionnellement violent.

Sera s'inquiétait de voir venir une tempête.

C'était aussi le jour où j'avais rencontré Edith pour la première fois.

Se pourrait-il que cet homme soit aimé des vagues de froid ?

« Edith ? »

Il répondit sur un ton qui laissait entendre qu'il savait à quoi je pensais.

« Ce n'est pas une chose que je maîtrise à volonté. C'est un phénomène passager, heureusement. »

Qu'est-ce que c'est, je n'en sais rien, ça fait peur.

« C'est donc pour cela que vous êtes resté dans le Nord ? Parce que cela se remarque moins, vu les particularités du climat ? »

« C'est une des raisons, parmi d'autres. »

En fin de compte, être aux côtés d'Edith supposait de supporter une chute brutale de la température ambiante.

J'avais le sentiment que mon espérance de vie diminuait en temps réel.

J'eus le pressentiment fatal que je ne devrais plus jamais lâcher ce plaid de toute ma vie.

Mais Edith est-il vraiment humain ?

S'il prétend un jour l'être, je crois que les mots « ne mentez pas » me sortiront tout seuls de la bouche.

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas le choix, il faut m'adapter. Je décidai de rassembler désormais les meilleurs plaids que je pourrais trouver, et Edith, qui observait attentivement mes yeux flottants, lâcha ces mots :

« Escorte, appui, soin des cheveux. »

Qu'est-ce qu'il raconte, tout à coup ?

Je fis la grimace, et Edith m'adressa un sourire aimable.

« Je ferai tout pour vous, alors ne me détestez pas trop, ma dame. »

... Bon, il se peut qu'une personne belle et bien bâtie fasse involontairement baisser un peu la température alentour. C'est un phénomène passager, à ce qu'on dit.

Je me résignai à la beauté dévastatrice d'Edith.

Je me réveillai excessivement tôt. Ni à l'aube, ni au matin, mais quelque part entre les deux. Un moment fugitif qui passe en un instant.

Edith était dans le bureau, et je me retournais sans fin dans mon lit.

C'était une journée très inhabituelle.

D'ordinaire, je ne suis pas moi-même de toute la journée si je me réveille avant neuf heures du matin. Et même s'il m'arrive d'émerger vaguement au petit jour, je me rendors très vite.

J'ai un mauvais pressentiment. Ma chance ne sera peut-être pas bonne aujourd'hui.

J'arrangeai grossièrement mes cheveux en désordre et pris le plaid ; Corbeau, qui s'était réveillé en même temps que moi, me regarda de ses yeux embués.

« Croa ? »

« Je n'arrivais pas à dormir. Je sors un peu. »

Je dissuadai le majordome en chef, qui voulait me suivre, et marchai seule. Le bruit du vent qui frappait les fenêtres et rugissait comme une Bête Magique avait quelque chose d'étrange.

Je n'avais pas vraiment de destination précise. Je pensais seulement me remettre les idées en place et retourner à ma chambre, ou, si je m'ennuyais vraiment, aller retrouver Edith.

Hébétée, je m'accoudai à la rambarde entre le premier et le deuxième étage.

L'immense portail, qui barrait la route à la vague de froid, apparut dans mon champ de vision. Il inspirait grande confiance, car il ne tremblait jamais, si fort que la tempête le frappât.

Le château Cyclamen était si vaste qu'il aurait peut-être pu accueillir tous les habitants du territoire. Aussi ne me sentais-je pas encore trop à l'étroit, mais j'ignorais combien de temps je pourrais tenir.

... Et si je sortais, une fois ?

Je ne ferai que trois pas.

C'est à peu près à ce moment-là que me saisit un esprit de défi téméraire. J'entendis des voix qui murmuraient en bas de l'escalier.

« Je vous le vends cent mille marcas, et c'est bien parce que c'est vous. »

« Ce n'est pas un peu cher, capitaine ? »

Vega doit être dans les parages. C'est une chevalière, alors elle est diligente dès le matin.

« Hé, il faut penser aux frais de transport. Si vous ne l'achetez pas à ce prix, c'est vous qui y perdez. »

« ... »

« Bon, je vous fais une remise de deux mille marcas par pure générosité. Je ne peux pas faire mieux. »

Comme le château était silencieux comme une tombe, j'entendais nettement la voix de Vega en train d'arnaquer son subordonné dès le matin.

L'autre voix m'était inconnue, mais elle était malheureusement pleine d'hésitation.

« C'est vraiment un article très prisé dans la capitale ? »

« Vous ne me faites pas confiance ? Très bien. Je n'aurai qu'à le vendre à messire Castor... »

« Ah, je l'achète ! »

Ils s'amusent bien.

Vega avait visité la capitale avec Procyon. Elle avait acheté en souvenir tout ce qui lui paraissait joli.

Le but venait de se révéler.

Si j'avais été en forme, je serais allée m'en mêler, mais j'avais bien trop la flemme pour l'instant.

Tandis que je fixais d'un air indifférent le portail hermétiquement clos, j'entendis des pas approcher.

J'essayai d'abord de les ignorer, mais ils venaient clairement vers moi, alors je tournai la tête.

Procyon sourit largement en levant les yeux vers moi, accoudée à la rambarde.

« Madame la Grande-Duchesse ! »

La voix de Procyon était assez forte, alors Vega a dû l'entendre aussi.

Je crois bien que je viens d'entendre un tas de pièces d'or tomber.

Procyon grimpa l'escalier en un instant. Ses vêtements légers étaient trempés de sueur.

« Qu'est-ce qui vous amène à cette heure-ci ? »

« Je n'arrivais tout simplement pas à dormir. Et vous, messire ? »

Hmm, le rez-de-chaussée doit être surtout occupé par la garde à cette heure.

« Avez-vous des soucis ? »

« Je ne sais pas. »

Même à mes propres oreilles, la réponse était sans entrain.

Il serait inutile de parler des rigueurs du froid à un chevalier qui s'entraîne tranquillement par un temps pareil.

Je venais à peine de le penser que Procyon parla comme un grand chien qui remue la queue.

« Ne vous sentiriez-vous pas mieux en vous confiant à un sujet loyal ? »

« ... Je réfléchissais à la manière de m'adapter au climat d'ici. »

Procyon en fut soudain horrifié.

« Beurk, n'y songez pas avec autant de précipitation. Le climat d'ici est si différent de celui de la capitale qu'il pourrait vraiment vous arriver malheur si vous en faisiez trop. »

« Mais il faut aussi que je fasse la tournée du territoire... »

« C'est bien la dernière chose à précipiter, non ? Ce n'est pas l'affaire d'un jour ou deux, il vaudrait donc mieux y aller quand Votre Grâce sera au mieux de sa santé. Et bien sûr, vous m'emmènerez avec vous quand vous partirez en tournée, n'est-ce pas ? Je suis le sujet loyal numéro un de Votre Grâce. »

« Sans même parler de savoir si je vous accepterai, cela vous convient-il vraiment de devenir mon sujet loyal ? »

Procyon hocha la tête sans hésiter.

« Bien sûr ! J'aime les seigneurs, ou les gens comme Votre Grâce. Parce que vous prenez soin des vôtres, c'est certain. De ce point de vue, l'ancienne capitaine de la garde était ce qui se faisait de pire. »

Cette fois, ma curiosité fut un peu piquée.

« L'ancienne capitaine de la garde ? »

« Oui, la capitaine qui se trouve en bas en ce moment n'a pas été promue depuis longtemps. Ses talents ne sont rien à côté de ceux de l'ancienne capitaine. »

J'entendis quelqu'un se racler la gorge quelque part, mais nous n'y prêtâmes pas attention.

« Cette personne est si forte que cela ? »

Procyon fronça légèrement les sourcils.

« Elle était la seule à pouvoir rivaliser d'égale à égal avec le Premier Prince. Elle était mon maître et comme une grande sœur pour moi... enfin, son passe-temps était le meurtre, sa spécialité était le meurtre, et elle devenait folle à la vue du sang. Si quelque chose la contrariait, elle attaquait sans se soucier de savoir si l'on était de son camp ou non. Elle a fini par être chassée. »

Oh... une supérieure dont le passe-temps et la spécialité sont le meurtre, et qui tue jusqu'à ses propres alliés, cela devait être difficile, si douée fût-elle.

Procyon murmura avec un air triste.

« Je me demande ce qu'elle fait à présent. Je l'aimais beaucoup. Je m'inquiète de savoir si elle va bien, ou si elle a massacré un pays et se fait traiter en Bête Magique que l'on soumet. »

La voix était bien trop grave pour qu'on y voie une plaisanterie.

Si Procyon en disait autant, elle devait être aussi forte que Gilbert et assez folle pour rire au nez de Gilbert.

Pourtant, il n'était nulle part question dans le roman d'une psychopathe aussi extraordinaire courant les chemins.

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C'était le dernier chapitre disponible pour Rather Than the Son, I'll Take the Father.

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