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Rather Than the Son, I'll Take the Father

Chapitre 39 : Des taches de sang dans la forêt d'Eire

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Chapitre 39

Chapitre 39 : Des taches de sang dans la forêt d'Eire

Chapitre 39/39100%~10 min de lecture1 859 mots

« Je voudrais m'entendre avec vous, jeune maître. »

« Euh, d'accord... »

« Bien sûr, il vous serait difficile de me considérer comme votre vraie mère. Gil-la-raclure... Ah, c'est un lapsus. Quoi qu'il en soit, je ne m'entends pas non plus avec le Premier Jeune Maître. Je sais que vous devez vous demander avec inquiétude comment vous conduire avec moi. »

« ... »

« Mais j'espère que vous ne me fermerez pas complètement votre cœur. Je ne peux pas affirmer que je suis une personne bonne et généreuse, mais je sais tenir le minimum de décence, et je souhaite seulement que vous grandissiez sain et sauf, tel que vous êtes aujourd'hui. »

« ... »

« Voudriez-vous me laisser vous prouver que je ne suis pas une menace pour vous ? Ne serait-ce que pour Edith, qui m'a choisie pour grande-duchesse. »

J'ouvris mon cœur à Rigen autant qu'il pouvait le comprendre.

'Ne fais pas de fugue.'

'N'éveille pas la Bête Magique, et ne passe pas ton temps à t'accuser en te disant que des gens ont été blessés à cause de toi.'

Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé ce jour-là dans le roman, mais tu n'as pas à porter un traumatisme pareil.

'Je m'en sortirai bien ! Fais-moi confiance !'

« Madame la Grande-Duchesse, votre visage me paraît un peu rouge. Attendez-moi un instant. »

« Je vais très bien, en réalité... »

« Vous n'allez pas bien. »

Rigen fut catégorique. Il remonta jusqu'à mon cou la couverture qui m'arrivait à peine aux épaules, puis sortit prestement.

Hmm. Je levai une main et la posai sur mon front.

C'était un peu chaud, sans doute parce que j'avais parlé avec trop de flamme.

Rigen ne revint pas tout de suite, comme s'il était vraiment parti chercher un médecin.

Je m'assis et regardai autour de moi. Pour être venue ici plusieurs fois, je trouvais l'endroit assez familier. Jusqu'aux rideaux à motifs de chats.

La plupart des décorations à chats du château avaient été remplacées par autre chose, mais ces rideaux-là étaient restés en place parce que Rigen les aimait.

Enfin... plus je les regarde, plus je les trouve mignons.

Je sortis du lit et marchai vers la fenêtre.

La lumière du soleil faisait fondre le monde gelé. Il neigerait encore avant que toute la glace ait disparu, mais dans le Nord, un instant de lumière est toujours le bienvenu.

« À quelle heure est le prochain cours ? »

De combien de temps libre Rigen dispose-t-il ?

Fouillant ma mémoire, je regardai vers le bureau. Les livres étaient bien rangés sur l'étagère, comme si le cours suivant ne demandait aucune préparation, et une feuille de papier dépassait d'entre eux.

Voyons donc... ce qui est écrit là-dessus.

Quand je tirai doucement la feuille, les lettres tarabiscotées tracées au dos apparurent d'un coup et formèrent une phrase.

<Rassemblons ce qu'il nous faut pour faire une fugue !>

« ... »

<Premièrement : de l'argent de poche.......>

Ma main glissa. La tête se mit vraiment à me marteler.

'Je suis fichue.'

* * *

Rigen ramena un médecin, on me diagnostiqua une légère fièvre en me recommandant du repos, et ainsi s'acheva ce bref remue-ménage.

Mais au lieu de me reposer, j'arpentais la chambre en faisant mon examen de conscience.

« Je le reconnais. J'ai été trop gourmande. Il faudra apparemment un peu de temps pour devenir vraiment proche du jeune maître, largement et profondément. »

« Un peu ? »

« ... Beaucoup, alors. »

Où tout cela a-t-il dérapé ?

Qu'est-ce que j'ai fait de travers ?

Non, il ne servait plus à rien de se le demander.

Le passé est le passé, et Gilbert est un beau salaud.

Voilà, très bien. Une conclusion nette.

« Eve, personne n'est parfait. Il peut être difficile de se rapprocher des enfants. »

... Voilà ce que dit l'unique grand-duc de l'Empire, le plus fort du monde, beau, riche, capable, et aimé de Rigen par-dessus le marché.

« Ouah, merci pour cette consolation qui ne me touche pas le moins du monde. »

Je soupirai et m'affalai sur le canapé.

Edith m'appela doucement, d'une voix qui ne savait pas s'il fallait rire ou pleurer.

« Eve ? Ce sont mes genoux. »

« Je vous les emprunte un instant. »

J'avais dit une absurdité parce que je n'avais plus toute ma tête, et Edith, au lieu de me repousser, posa le menton sur ma tête.

Il n'oublia pas de me retenir pour que je ne glisse pas.

Si bien que je me retrouvai tout naturellement assise sur ses genoux, dans une position d'étreinte.

Hein ? Je sentais la chaleur du corps d'Edith se répandre en moi, encore hébétée, quand un mot d'appréciation me parvint à l'oreille.

« ... Eh bien, ce n'est pas désagréable. »

Il ne semblait pas contrarié.

Je relâchai les épaules sans réfléchir. La poitrine d'Edith était assez large et assez ferme pour que je m'y appuie tout mon soûl.

C'est bien mieux qu'un plaid sur les genoux, non ?

J'avais serré Edith dans mes bras plusieurs fois dans mon sommeil, mais ce n'étaient que des étreintes légères. C'était la première fois que nous avions un contact aussi franc.

Ah... non... Rigen d'abord. Chassons les autres pensées pour l'instant.

Il fallait que je change de stratégie.

Puisque Rigen songe déjà à faire une fugue, je ne sais pas quand ni comment un incident va surgir.

Dans le roman, Rigen fugue environ un mois plus tard et éveille une Bête Magique dans la forêt.

Mais si la date avançait ? Si Rigen fuguait plus tôt que dans le roman ?

Je pouvais faire surveiller Rigen par les chevaliers, mais ce n'était qu'une mesure provisoire.

... Et il restait encore d'innombrables possibilités.

Si je retiens Rigen un mois et qu'un autre imbécile éveille la Bête Magique dans la forêt, il n'y aura rien de pire.

Et si je m'en débarrassais tout de suite, sans attendre ?

« Oh. »

L'idée m'était venue d'un coup, mais elle était assez tentante.

Ne serait-ce pas plus sûr ?

Le problème, c'est que la Bête Magique a été éveillée ; alors, s'il n'y avait plus de Bête Magique à éveiller ?

Quel que soit le choix de Rigen, je n'aurai qu'à lui déblayer le chemin.

C'était une conclusion satisfaisante.

Je fis rouler doucement le nom de mon époux sur ma langue.

« Edith. »

« Oui. »

« Je crois que je suis vraiment un génie. »

« Je n'arrive pas du tout à suivre le fil des pensées de ma grande-duchesse. »

Héhé. Je ne ménageai pas mon rire.

« Si la tête ne suffit pas, je peux toujours me servir de mes poings, non ? »

« Je vois mal en quoi c'est une idée de génie. »

La voix d'Edith, mêlée de rire, était trop grave et trop proche.

C'est peut-être pour cela que le simple fait de l'écouter en silence m'apaisait et me faisait du bien.

« Il y a plusieurs sortes de génies, n'est-ce pas ? C'est exactement cela. »

Restait un problème : la justification, l'excuse, le prétexte.

Il était évident que cela susciterait des malentendus si je déclarais : « Je ne suis dans le Nord que depuis peu, mais allons donc débarrasser la forêt de sa Bête Magique. »

Les premières fois, on pourrait me suivre pour se divertir un peu, même en me soupçonnant d'autres intentions. Mais il ne serait pas bon que ces coïncidences se répètent.

À moins que je n'en vienne à aimer Edith au point de vouloir lui parler de ma vie antérieure.

Pour l'instant, inspecter le territoire est le prétexte le plus plausible. Comment obtenir des informations sur la Bête Magique est une autre affaire.

Assise sur les genoux d'Edith, je réfléchis, et je réfléchis encore.

J'étais justement en train de me dire que ces genoux offraient une assise fort confortable quand le majordome en chef frappa à la porte.

« Madame la Grande-Duchesse, le comte Elliot demande audience. Il dit qu'il apporte les livres de comptes, le rapport de gestion du territoire et la liste des doléances qu'il avait promise. »

« ... Des doléances ? »

Mon esprit s'emballa. J'accordai l'audience sur-le-champ.

« Faites-le entrer vite. Non : escortez-le jusqu'ici. »

Edith demanda si c'était de l'espoir qui perçait dans ma voix.

« Pourquoi cet accueil si chaleureux ? »

« Je suis si heureuse de me dire que je peux enfin contribuer au développement et à la sécurité du territoire de Calakis. »

« En rouant le comte de coups ? »

« Hmm. »

J'allais nier, mais je refermai les lèvres parce que je me sentis soudain bizarre.

Il était étonnant que la conversation se poursuive tant bien que mal alors que nous parlions de choses entièrement différentes.

« Je descends. »

Je me tortillai pour quitter les genoux d'Edith.

Juste à temps : le comte arrivait.

Tolliman Elliot agitait sa langue huileuse avant même que la porte fût entièrement ouverte.

« J'attendais avec impatience le jour où je rencontrerais la grande-duchesse, plus grande qu'un héros et belle comme une déesse... Seigneur des Étoiles ? »

Il nous regarda, Edith et moi, assis tout près l'un de l'autre sur le large canapé. Il ne parvint pas à maîtriser son expression, la bouche grande ouverte, et quand les yeux d'Edith se plissèrent, c'est à grand-peine qu'il réussit à faire sortir un filet de voix.

« Vous deux, vous semblez... vous entendre à merveille. »

S'il m'avait vue assise sur les genoux d'Edith, il en serait tombé à la renverse.

« Moi de même, je suis contente de vous voir. Où sont les documents ? »

« Ah, oui. Les voici. »

Le comte disposa proprement les documents classés dans l'ordre.

Comme les livres de comptes et le rapport de gestion du territoire ne pouvaient de toute façon pas se vérifier vite, je pris aussitôt les documents de doléances.

Leur minceur m'inquiéta un peu. Il devait bien y en avoir au moins une qui concernât la forêt.

Je n'avais pas feuilleté longtemps ce papier rigide, à la recherche du mot « forêt », que je tombai sur une doléance absurde.

Le titre était saisissant.

« Je dénonce le directeur qui a nourri trente orphelins avec un seul poulet malade ? »

« Faire à manger pour trente personnes avec un seul poulet, voilà une capacité admirable. Seriez-vous homme d'Église, par hasard ? »

Le comte s'extasiait, et je plissai les yeux.

Ce doit être un homme qui maltraite les enfants.

La doléance consignée à la page suivante était plus absurde encore.

« Connaissez-vous le mystère d'un bâtiment construit à la va-vite et qui ne s'est pas effondré depuis dix ans... »

« Ah, ce bâtiment est célèbre. J'y suis allé moi aussi, en souvenir. »

Ce type est-il vraiment compétent ?

Je lançai un regard glacial au comte et continuai de parcourir les doléances.

Une seule qui concerne la forêt. Ensuite, je m'attellerai de tout mon cœur à résoudre les autres...

« Des taches de sang mystérieuses apparaissent dans la forêt d'Eire... c'est celle-là ! »

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