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Rather Than the Son, I'll Take the Father

Chapitre 11 : Une adoption non désirée

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Chapitre 11

Chapitre 11 : Une adoption non désirée

Chapitre 11/11100%~10 min de lecture1 882 mots

« Attendez un instant. Votre thé va refroidir. »

Procyon attendait, l'air boudeur. Il sentait sa bouche s'assécher d'inquiétude pour l'estimée grande-duchesse.

Tôt ou tard, il le savait, Gilbert causerait des ennuis. Il avait pu jouer les dociles à la capitale, sa nature violente n'avait pas pu s'évaporer pour autant.

Gilbert était du genre à frapper jusqu'à son propre frère cadet.

Huit ans plus tôt, son seigneur l'avait ramassé mourant en plein désert, premier et dernier geste de bonté de sa vie, et l'avait adopté ; mais cet ingrat ne pensait qu'à soumettre son père adoptif lui-même.

Procyon savait que son seigneur n'était pas tout à fait humain, et qu'un seul de ses regards suffisait à vous montrer le chemin de l'au-delà. Cela ne lui donnait pas pour autant la moindre envie de devenir le subordonné de Gilbert.

Procyon décida qu'il pouvait bien lui tenir tête, cette fois.

Il le fixa d'un œil féroce, plein de rancune : ce type avait infligé une immense blessure au cœur de leur grande-duchesse, la plus belle femme du monde, probablement la plus douce, et probablement pacifiste.

Vega finit par poser sa tasse de thé et calma Procyon.

« J'ai traîné le Premier Jeune Maître dehors, et la grande-duchesse est allée danser avec notre seigneur. »

« Hein ? »

« Je n'ai pas pu entrer dans la salle de bal, mais on m'a raconté ensuite que cela avait fait toute une scène. »

« Hein ?! »

Le mot « scène » horrifia Procyon. Il n'arrivait même pas à imaginer son seigneur, dont l'humanité n'était pas certaine, se mêler aux nobles et danser.

Rien que son entrée dans la capitale avait fait chuter la température, non ?

Un tel monstre : c'était impossible.

Mais la grande-duchesse, probablement aussi pure qu'un hortensia d'herbier et probablement aussi lumineuse que le soleil de printemps, ne pouvait pas connaître la vraie nature de leur seigneur. Elle avait dû demander bravement une danse pour détendre l'atmosphère.

Et avant même que le choc des menaces de Gilbert ait eu le temps de se dissiper, elle avait dû subir le regard sinistre de leur seigneur.

« C'est... c'est impossible. Comment une chose aussi cruelle a-t-elle pu arriver... ? »

Procyon versa des larmes, pris de pitié pour la grande-duchesse, tourmentée deux fois dans la même journée par la famille Calakis.

« J'ai tellement de peine pour elle. Comment quelqu'un d'aussi beau qu'une fleur a-t-il pu se retrouver empêtré avec les Calakis ! Snif ! N'aurait-il pas mieux valu qu'elle épouse notre Second Jeune Maître ? »

« Sauf que notre Second Jeune Maître n'a que huit ans. »

« Notre seigneur et la grande-duchesse ne sont pas non plus du même siècle. »

« Ah, c'est vrai. »

Leur bavardage absurde n'en finissait pas.

Gilbert finit par jurer entre ses dents, à force d'entendre Procyon couvrir d'éloges une Maybia qu'il n'avait jamais rencontrée.

Les chevaliers d'élite du grand-duc avaient l'oreille fine : impossible qu'ils l'aient manqué.

« Vous ne pouvez pas vous taire ? Qu'est-ce que ça a de glorieux, de jurer ? »

Procyon rabroua Gilbert sans détour et se retourna vers Vega.

« Je m'inquiète pour la grande-duchesse. Il ne lui ferait pas de mal, dites-moi ? »

« On ne sait jamais. Bref, préparons-nous à partir. »

« Déjà ? »

« Nous sommes venus l'escorter, il n'y a aucune raison de s'attarder, quoi qu'il arrive. Et il fait bien trop chaud dans la capitale. »

Vega but le reste de son thé d'un trait. Comme elle semblait sur le point de sortir, Procyon désigna Gilbert d'un geste grossier.

« Et le Premier Jeune Maître, alors ? »

« Comment ça, et lui ? On va l'emballer proprement et le poser quelque part où il n'offensera ni notre seigneur ni la grande-duchesse. »

« Je vois. »

Procyon hocha docilement la tête.

Comme il tirait une corde de sous son manteau, Gilbert plissa les yeux et ouvrit la bouche.

« ... Attendez une minute. »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Je veux dire au revoir à mon ami. »

Procyon ouvrit de grands yeux.

« Le Premier Jeune Maître avait un ami ? »

Gilbert détestait les chiens que son père adoptif élevait, et c'était bien pour cette raison.

Il avait pris sur lui, mais sa patience venait d'atteindre sa limite. Il n'avait aucune intention de se laisser emballer ni jeter quelque part, alors il invoqua son épée sans hésiter.

Ils n'étaient que deux guerriers d'élite ; il pouvait l'emporter s'il acceptait de verser un peu de sang.

L'épée, imprégnée de magie d'Invocation, ne trahit pas la volonté de son maître. Une fois encore, elle fendit l'air et découvrit sa lame.

Mais il s'en dégageait une puanteur étrange.

« Beurk. »

Procyon eut un haut-le-cœur et se pinça le nez ; Vega fit elle aussi une grimace de dégoût.

« Qu'est-ce que c'est ? D'où sort cette odeur de pourriture... ? »

Les regards des deux chevaliers tombèrent sur l'épée de Gilbert. Elle était immonde, pour une lame de cette réputation.

« Vous l'avez laissée tomber dans un égout, ou quoi ? »

« Beurk, je vais aller vomir. »

Procyon n'y tint plus et ouvrit la porte.

On l'entendit inspirer l'air frais avec désespoir.

« Sortons ensemble. Avant cela, scellons cette porte. »

Comme Vega s'apprêtait à le suivre, Gilbert serra les dents.

« J'ai dit qu'il y avait quelqu'un que je voulais voir avant de partir. »

Procyon tourna la tête vers Gilbert, qui exsudait une intention meurtrière, et le regretta aussitôt.

« Qui, beurk, qui donc ? Dites le nom. Beurk. »

« Amenez-moi Callen. »

Gilbert le marmonna comme s'il crachait les mots, les yeux sur l'épée qu'il avait récupérée au fond de l'égout.

S'il ne pouvait pas toucher à Maybia Morgana, il se contenterait de passer sa colère sur ceux qui l'entouraient et auxquels elle tenait.

Je ne sais pas si emmener Edith au café était un bon choix. J'avais délibérément privatisé la salle, mais la patronne et les employés se cachaient sous le comptoir, tremblants.

C'était à cause de la présence écrasante qui émanait d'Edith.

« Edith. »

« Hmm ? »

« Essayez de m'imiter. »

Je souris largement à Edith.

Edith, qui me fixait de ses yeux languides, m'imita docilement et sourit.

« Iiih ! »

Un des employés tomba à la renverse.

'Ça s'est retourné contre moi.'

Je pensais que ça marcherait, beau comme il est.

Mais il semblait bien que j'étais la seule à remarquer le visage sexy d'Edith.

« Vo... votre com... commande est... est prête. »

Edith n'avait rien commandé, alors l'employé ne posa qu'une tasse de café devant moi.

Sauf que c'était du café tout simple. Il ne semblait y avoir ni crème fouettée ni lait.

Prise d'un pressentiment un peu sinistre, j'en bus une gorgée et fronçai les sourcils.

'Amer...'

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Avant que je puisse répondre à la question d'Edith, je jetai un coup d'œil à l'employé.

Il avait l'air prêt à se pendre si je lui demandais de le refaire au motif que la recette était fausse.

Je me souvins de Sera tremblant à la vue d'Edith, et mon cœur s'attendrit.

« Ce n'est rien. »

« C'est bien décevant, une épouse qui ment dès le premier jour de notre mariage. »

Je me le répète, mais sa voix est vraiment agréable à écouter. Il n'élève jamais le ton, et pourtant sa prononciation est nette, facile à suivre, et tout ce qu'il dit sonne sexy, je ne sais comment. Je sentis mes oreilles se dresser.

« Attends un instant. »

Il m'arracha le café des mains.

Edith se leva. Je crus qu'il allait s'occuper de l'employé, mais après quelques mots échangés, il passa en cuisine.

Au bout d'un moment, il revint et me tendit un café avec une paille en forme de cœur, un bâtonnet de biscuit, de la crème fouettée, du sirop sucré et du lait en abondance.

« C'est comme cela que tu voulais le boire ? »

« Ouah, c'est exactement celui de la carte. »

Je ne pus retenir mon admiration.

Edith accepta le compliment comme une évidence.

« J'ai l'œil pour le détail. »

L'amertume me restait dans la bouche, alors je bus vite. C'était sucré.

'Oui, oui. J'aime bien mon mari.'

« C'est délicieux. Merci. »

Quand je lui souris franchement, avec sincérité, Edith arqua les yeux.

« Ma chère épouse, il y a une chose qui m'intrigue. »

« Demandez. »

Je remuai la paille et répondis.

Edith scruta mon visage avec attention.

« Tu as dit que tu n'emmènerais qu'une seule servante de confiance. C'est celle qui a apporté la lettre ? »

« C'est exact. »

« Elle s'appelle Sera ? »

« Oui. »

« Tu tiens beaucoup à elle ? »

« J'y tiens, et je la trouve mignonne. »

« Dois-je la tuer ? »

'Hein ?'

C'était la même question que dans le salon, mais le sens n'était pas le même.

Je sentis qu'il y avait un mobile caché derrière.

Je ramassai un peu de crème fouettée à la petite cuillère et demandai.

« Il y a un problème avec Sera ? »

« Il semblerait qu'on soit en train de l'emmener de force. »

Je posai la cuillère et souris froidement.

« L'autre partie la traite avec violence ? »

« La servante de mon épouse est si coopérative qu'il n'en voit visiblement pas la nécessité. Elle dit qu'elle racontera tout ce qu'il voudra sur tes points faibles, mais qu'on ne la tue pas, je vous en prie. »

Au lieu de bondir de mon siège, je continuai à boire mon café. Et je poursuivis la conversation du même ton badin.

« Comment le savez-vous, Edith ? »

« Je t'ai dit que j'avais l'œil pour le détail. »

« Ah, je vois. »

Comme je plissais les yeux devant une explication aussi maigre, Edith eut un rictus de scélérat.

« Et l'oreille fine, aussi ? »

C'est l'homme le plus fort du Nord : évidemment qu'il a l'œil pour le détail et l'oreille fine.

Je bus une gorgée de café et marmonnai à voix basse.

« Je savais que cela arriverait, et cela me met quand même en colère. »

« Enfin, le ravisseur n'est pas Gilbert en personne. »

« Il se contente de donner les ordres, d'en haut. »

Edith répondit sans effacer son sourire.

« Tu as l'air de vouloir me demander comment il a été éduqué. »

« ... »

« Mais je m'y suis appliqué, pour quelqu'un à qui on avait imposé la charge. J'ai même failli m'attacher un peu à eux, avant de réduire les précepteurs à l'état d'infirmes. »

Hein.

'Hein ?'

« C'était une adoption non désirée ? »

Je mentirais en disant que je n'étais pas surprise. Il n'y avait aucune explication de ce genre nulle part dans le roman.

J'étais donc passée dessus sans y réfléchir, mais c'était une étrangeté, indiscutablement.

Qu'Edith adopte quelqu'un. On dirait une incohérence de personnage.

Alors pourquoi Edith était-il allé jusqu'au désert pour ramener les deux frères mourants ?

Pourquoi avait-il choisi de les adopter lui-même, et pourquoi étaient-ils dans le désert, pour commencer ?

Traduit par Trad-index — soutenez leur travail en les suivant.

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