« La transfusion sanguine provenant des serviteurs ne sera effectuée qu'avec leur consentement. »
« Et puis, si la chimiothérapie ne fonctionne pas, ou en cas de rechute. Une greffe de cellules souches hématopoïétiques pourrait s'avérer nécessaire. Les types de globules blancs du père et du frère sont très rares, avec un taux de compatibilité de 1 %. En outre, Blanche est également compatible. Donc, si tu décides de participer à la greffe, accepterais-tu de coopérer avec moi dans l'ordre : toi le père en premier, puis Blanche ? »
Note du traducteur : Rappelez-vous, les cellules souches de Bruno seront données à Palle et non des globules rouges.
La probabilité que les types de globules blancs du père et de la mère soient identiques à ceux de leur fils était faible. Mais dans une société aristocratique où les mariages entre parents n'étaient pas rares, il y avait probablement une forte probabilité de coïncidence entre le père et le fils, songea Falma. Comme Blanche était encore une enfant, le prélèvement sanguin représentait une lourde charge. Falma préférait éviter d'être donneur si possible.
« Bien sûr. Pour le développement de la pharmacie et le traitement des patients, je n'hésiterai pas à me sacrifier car leur vie est précieuse. »
Bruno accepta volontiers. Falma trouvait que Bruno comprenait vite. Il recevait toujours un soutien moral de sa part.
« Quel est le taux de guérison ou de rémission de votre traitement ? »
Alternative : « Quel est le pourcentage de chances que votre traitement aboutisse à une guérison complète. »
Bruno s'attendait à entendre un faible pourcentage de guérison complète. Falma ne cacha pas la vérité et transmit l'information.
« Si aucun événement imprévu ne se produit et que le traitement se déroule comme prévu, je pense qu'il y a 80 à 90 % de chances de rémission complète. La rémission complète ne signifie pas guérison totale. Les cellules leucémiques diminuent, les symptômes disparaissent, l'état de vie normal revient, c'est cela. »
« C'est 90 % ? Peut-on espérer autant ?! »
« Oui, l'ATRA est un traitement ciblé au niveau moléculaire. Contrairement aux anticancéreux classiques, il cible la cellule leucémique et c'est un médicament révolutionnaire qui n'endommage pas les autres cellules normales. Même en rémission, cela ne signifie pas que toutes les cellules leucémiques ont disparu, il y a aussi une possibilité de rechute. »
« C'est difficile… »
« C'est difficile. Si une hémorragie survient dans le cerveau ou un organe vital pendant la prise du médicament, je ne peux pas intervenir.
(Note du traducteur : Opérer Palle).
On ne peut pas affirmer avec certitude que je peux contrôler l'état… Ce n'est pas une guérison. »
Falma n'était pas médecin et avait une expérience et des connaissances cliniques et chirurgicales quasi nulles. Dans sa carrière antérieure, il était davantage chimiste que pharmacien et excellait dans la découverte de médicaments plutôt que dans le traitement. C'est pourquoi il y a des détails de la maladie qu'il ignore et qu'il doit approfondir.
Note du traducteur : Ne soyez pas confus sur la profession de Falma. C'est un pharmacien mais dans un sens c'est un chimiste car il est plus dans la découverte de médicaments plutôt qu'un pharmacien qui supervise la chaîne d'approvisionnement en médicaments.
Le traitement du cancer était insatiable et jamais optimiste. Même si l'on a le médicament, il est nouveau et peut ne pas produire les effets escomptés.
'Je serai prudent, et je consacrerai tout mon être au traitement de mon frère.' songea Falma.
« La coopération de toute la famille est essentielle. Nous devons faire preuve de patience et veiller à ce que mon frère, qui va perdre son immunité, ne contracte pas d'infection. »
« Oh, je vois. Visons la rémission complète de Palle avec toute la famille. », dit Bruno.
Alors que Falma quittait sa chambre pour regagner la sienne, Palle sortit aussi de la sienne et échappai aux regards des serviteurs. Il vit un endroit dans la résidence de la famille de Médicis.
'Grand frère ? Où vas-tu ?' se dit Falma en lui-même.
Falma s'inquiétait pour Palle et décida de le suivre. Il était gêné car les serviteurs le regardaient. Palle entra dans la chapelle à un coin du manoir. La statue du Dieu Gardien, du Dieu de la Médecine y était consacrée. On dit qu'on ne peut pas aller à l'église car on dit qu'on ne peut plus en sortir une fois entré. Il semble donc qu'on prie le Dieu de la Médecine dans la chapelle de sa maison.
'Mon frère est vraiment pieux et passionné' songea Falma tandis que Palle entrait dans la chapelle.
Falma suivit Palle dans la chapel. Palla s'agenouilla devant le Dieu de la Médecine. Falma ferma les yeux et pria doucement derrière lui, passant à côté, il se cacha derrière la statue du Dieu de la Médecine. Puis il entendit une prière.
« Dieux Gardiens, Dieu de la Médecine. Pourquoi… Pourquoi me faites-vous vivre une telle chose ? Je me demande si ma foi en le Dieu de la Médecine n'était pas suffisante. Mon corps perd ses forces. Je n'entends plus rien, respirer devient difficile. Je me demande si le médicament de mon frère fonctionnera. Plus je vous parle, moins je parviens à penser… »
En entendant les paroles de Palle, Falma comprit que son frère était stoïque devant sa famille, mais qu'il était en réalité bien malade et souffrait. Le traitement du cancer tournait mal si le patient abandonnait la vie. Falma se demandait comment remonter le moral de Palle.
'Ce n'est pas à moi d'encourager mon frère… Ce devrait être le Dieu de la Médecine.'
Falma toucha la statue du Dieu tout en se cachant derrière. Dès que sa main fit contact, la statue brilla faiblement et réagit. Une statue du même matériau que la sculpture de l'église réagissait à l'Art Divin de Falma.
Palle resta bouche bée car la statue du Dieu de la Médecine devant lui se mit soudain à luire.
« Quoi ?! »
Falma, qui surveillait Palle depuis l'arrière de la statue, créa de l'hexafluorure de soufre avec 20 % d'oxygène. Il l'inhala lentement, créant la substance dans ses mains creusées en coupe. Et s'adressa à Palle d'un ton détendu.
« Palle, m'entends-tu ? »
Une voix grave et majestueuse émanait de la statue dans la chapelle vide. Palle fut surpris par la voix et leva les yeux vers la statue.
« Ceci… Ceci… Dieu de la Médecine ?! »
« Je veillerai toujours sur toi. »
Palle frotta son front au sol. Apparemment, si l'on inhale de l'hexafluorure de soufre et que l'on parle, la voix devient grave. C'était l'inverse du gaz hélium.
« Je sais qu'il n'y a pas d'erreur dans ce que fait le Dieu Gardien, le Dieu de la Médecine, mais pourquoi avez-vous donné une révélation à mon jeune frère et pas à moi ? »
'J'aurais voulu recevoir une révélation comme mon jeune frère.' Palle ravala ses paroles.
« Ton traitement sera défait par toi-même. Il a surmonté la maladie incurable, a survécu, et est devenu un pharmacien remarquable… »
Avant que Falma n'ait fini son dialogue, Palle perdit conscience en essayant de se relever. Falma sortit de derrière la statue et soutint Palle.