« C'est vraiment chiant... J'ai envie de rentrer vite. »
« Ne dis pas ça. C'est notre boulot, tu sais. »
« C'est exact. Il faut qu'on le fasse correctement. »
Ron, Roswald et Soyon patrouillent la frontière avec le territoire de DeBell.
La force de patrouille se compose de soixante cavaliers et cent fantassins. C'est un effectif modéré.
Il y a une raison pour laquelle ils ont dû en envoyer autant. C'est... un pacte avec Regal DeBell.
Désormais, au cas où des réfugiés arriveraient encore, DeBell voulait que le clan Ars intensifie les patrouilles pour les attraper.
En d'autres termes, ils sous-entendent qu'ils fermeront les yeux sur la fois précédente, mais que la prochaine sera impardonnable.
Almis n'a aucune intention d'antagoniser complètement le clan DeBell pour l'instant. C'est pour ça qu'il a consenti au traité et autorisé les patrouilles.
« Capitaine ! On dirait qu'il y a un conflit par là-bas entre les forces du territoire de DeBell et un groupe qui ressemble à des réfugiés. »
« Ah bon ? Allons-y immédiatement. » (Ron)
Ron et sa compagnie rassemblent les éclaireurs légers et se dirigent vers la scène de l'action.
La frontière nette qui sépare le territoire Ars du territoire DeBell est une rivière. C'est une rivière qui arrive à la taille d'un homme à ses endroits les plus profonds. Grossièrement, la rive est appartient au territoire Ars tandis que la rive ouest appartient au territoire DeBell. (Note du traducteur : Je suis tellement confus que je suis même retourné vérifier les chapitres précédents pour voir si j'avais fait une erreur. Si la partie est du territoire Ars appartenait autrefois à DeBell, ne serait-ce pas les placer à l'ouest de la rivière ? @ [email protected] )
Ron et sa compagnie arrivent vite et transmettent aux réfugiés :
« Les citoyens n'ont pas le droit de migrer arbitrairement. Soyez obéissants et rentrez pacifiquement au territoire de DeBell !! »
Après avoir entendu ça, les réfugiés baissent les épaules et cessent toute résistance.
Ils n'ont pas suivi immédiatement les soldats de DeBell qui chevauchaient la frontière. Mais l'histoire a changé quand il s'est agi des soldats Ars qu'ils surveillaient. L'échec de leur fuite était scellé.
Dès le début, ils s'étaient enfuis après avoir entendu la rumeur que certains avaient réussi à fuir vers le territoire Ars. Que le seigneur du clan Ars acceptait les fuyards.
Du coup, le choc a été grand. Ils n'ont pas pu résister et se sont fait arrêter par les soldats de DeBell.
Normalement, ils auraient été ramenés sans histoire et ça se serait arrêté là.
Mais cette fois, c'est différent.
« Hé !! Qu'est-ce que vous foutez !! »
Roswald crie.
Les soldats de DeBell commencent à massacrer les réfugiés en plein vu de Roswald. Qui plus est, ils ne le font pas en les décapitant.
Ils tuent les réfugiés en les frappant, en les piétinant, en leur brisant les os, et par divers autres moyens horribles. C'est comme s'ils donnaient un spectacle pour Roswald et les autres.
« Hé !! C'est juste un gamin !! »
Les soldats commencent à tuer impitoyablement même les jeunes enfants. Peu à peu, ils leur coupent le corps en morceaux. Ron entend les cris des enfants.
« ... Quelle cruauté. »
Les soldats violent les femmes juste sous les yeux de Ron et des autres. Ils les étranglent. Ils leur arrachent les yeux pour s'amuser. Ils violent les réfugiés comme s'ils étaient des jouets.
Soyon enterre réflexivement son visage dans la poitrine de Ron. Mais même en se cachant le visage, les hurlements continuent de lui parvenir aux oreilles. Peu importe à quel point elle essaie de se boucher les oreilles, les cris passent par les interstices.
Pourtant, ils ne peuvent rien faire pour eux. La raison, c'est qu'ils ne peuvent pas passer dans le territoire de DeBell.
Les soldats Ars n'ont pas le pouvoir de contester la juridiction. Si Almis était là, tout aurait pu se passer différemment mais...
Roswald mord involontairement ses lèvres. Ils ne peuvent rien faire.
Rester ici plus longtemps ne ferait que faire mal. Il est temps de décider de partir.
« Sauvez-nous !!! » Ils entendent le cri d'une petite fille. Roswald se retourne réflexivement.
La petite fille est maintenue au sol par plusieurs hommes. Elle a environ cinq ans... elle n'a probablement même pas eu ses premières règles.
La main de Roswald bouge d'elle-même. Une lance quitte ses mains et, au bout d'un moment, touche le cœur du soldat violeur.
À partir de ce moment, les soldats Ars attaquent les soldats de DeBell un par un et commencent à sauver les réfugiés.
« On les a eus, hein. » (Bermet)
« Comme prévu de mon Bermet !! » Regal est de bonne humeur.
C'est un cas où ils font faire le premier coup à l'ennemi parce que, après tout, prendre la mine de force paraîtrait malvenu. C'est tout naturel de mobiliser l'armée pour la défense si l'ennemi fait le premier mouvement.
Après ça, ils feraient leur propre mouvement après que les gardes ennemis s'enfuient. Une fois qu'ils sécurisent les mines de sel gemme, ils enverraient un émissaire à Almis Ars dans la confusion pour faire la paix. Ils demanderaient le contrôle de la mine de sel en échange de fermer les yeux sur l'attaque préventive.
D'après l'estimation de Bermet, ils pourraient probablement prendre environ un tiers de la mine de sel.
Comme prévu, prendre toute la mine serait probablement impossible. La mine de sel gemme recèle d'énormes profits, après tout.
Néanmoins, il y a un point très controversé dans le plan. Les gens entendront parler du scandale selon lequel ils ont massacré des réfugiés. Même s'ils n'étaient que des réfugiés, on vous blâmerait et on arguerait que les massacrer était disproportionné.
Alors, qu'est-ce qu'on fait de ça ?
S'ils étaient des criminels qui méritaient de mourir, il n'y aurait pas de problème.
Dans le territoire de DeBell, il y a beaucoup de villages qui ont fait défaut sur leurs paiements d'impôts à maintes reprises. Dans le territoire de DeBell, la punition pour avoir dépassé un certain nombre d'années d'arriérés d'impôts est la peine de mort.
Néanmoins, ce n'est pas comme si les cadavres se transformaient en pièces d'or. On ne peut rien tirer de rien, donc c'était inévitable. Du coup, la coutume était de juste les laisser tranquilles.
On leur prêterait le riz de semence de l'année prochaine pour qu'ils puissent payer leurs impôts l'année prochaine.
Cependant, cette fois, ils ont choisi de ne pas gracier les débiteurs. Qui plus est, ils les ont déplacés dans une prison avec des meurtriers et des voleurs près du territoire Ars.
Quelques-uns seront exécutés dans le village pendant que les autres seront menacés. Après ça, ils répandront une rumeur parmi eux grâce aux bavardages oisifs des soldats gardiens.
Que s'ils s'enfuyaient vers le territoire Ars, ils seraient sauvés.
Après ça, les gardes finiraient par hasard ivres et oublieraient par inadvertance de fermer le verrou.
Avec ça, l'opération était terminée.
« En résumé, c'étaient des criminels donc on les a tués quand ils ont essayé de s'enfuir. Quel est le problème ? »
Un truc comme ça.
Quant à Bermet, il voulait en fait arrêter la taxation lourde... mais les parents de Regal se sont mis en travers.
Un truc du genre « Si les impôts baissent, nos revenus baisseront aussi. »
Il voulait les tenir à l'écart d'une façon ou d'une autre mais... Regal ne cesse de nommer ses parents, donc ça ne marche pas.
« Bon, je vais y aller. Attendez les bonnes nouvelles pour moi, seigneur Bermet. » Dit le chef de ces parents encombrants, Gilberto.
Bon, sa force physique est élevée et il est excellent et talentueux comme commandant quand il mène une unité de cent personnes.
D'un autre côté, on ne peut pas dire qu'il soit taillé pour mener une armée plus grande que ça.
Cela dit, il est moins objectionnable que les autres parents. Eux n'ont rien d'autre qu'un fort esprit qui dit « Allons au champ de bataille de nos propres pieds et abattons l'ennemi. » Les autres gens, sans faire leur boulot correctement, ne font que s'amuser pour passer le temps.
« S'il vous plaît, soyez victorieux. Ce serait un gros problème, après tout, si vous échouiez. » (Bermet)
Gilberto mène trois cent vingt troupes cette fois. La force adverse en a probablement cent à deux cents.
S'il perd ici, en plus de leur régime despotique, des rumeurs sur leur incompétence comme soldats naîtraient. Il voulait en fait préparer une armée plus grande mais... s'il en amenait une encore plus grande, ça ne semblerait pas être une rencontre accidentelle. C'est la limite.
« Fufu, si la différence entre nos forces est aussi grande, ça suffira. D'après ce que j'ai entendu, le commandant ennemi n'est rien de plus qu'un gamin avant l'âge de vingt ans. Y a pas moyen qu'il puisse gagner contre moi qui ai couru sur de nombreux champs de bataille. » (Gilberto)
« Ne soyez pas imprudent. L'ennemi a réussi à vaincre le roi Ferrum. » (Bermet)
« Vous vous faites pas trop de souci ? Seigneur Bermet !! »
Gilberto éclate de rire.
« Comment tu vas assumer la responsabilité ? Roswald. » (Ron)
« Hé, refile pas tout sur moi. T'as pas fait pareil, toi !! » (Roswald)
Ron et Roswald commencent à se chamailler pour savoir qui est responsable.
Ron argumente que c'est Roswald qui l'a fait en premier donc c'est lui le responsable.
Roswald argumente que puisque Ron s'est joint à lui après, il est responsable aussi.
Néanmoins, se chamailler ici ne ferait qu'aggraver la situation.
« Tei ! » (Soyon)
« "Aïe !" »
Les deux se recroquevillent après s'être pris un coup de bâton sur la tête par Soyon.
« On a pas pu faire autrement, vous trouvez pas ? Pour l'instant, mettons tout le monde en sécurité... après ça... » (Soyon)
C'est un argument qui tient la route. Heureusement, il y a une assez grande montagne à un kilomètre d'ici qui a un petit village. On le voit d'ici, donc y aller à pied devrait aller.
Avec ça, le problème des réfugiés est reporté pour l'instant.
Prochaine étape...
« Pour l'instant, tous les soldats de DeBell ont été soit capturés, soit tués, donc l'ennemi n'a pas dû recevoir d'infos, non ?... » (Ron)
Ron et les autres voient clairement l'armée de DeBell devant eux.
Ils sont environ deux cents à trois cents. Même si vous êtes un peu à côté dans vos estimations, l'armée au loin est clairement plus nombreuse que Ron et sa compagnie.
« Combien de soldats on a amené, déjà ? » demande Ron à Roswald et Soyon.
« Pour couvrir une grande zone, on a amené environ soixante cavaliers. L'infanterie est d'environ cent, les archers, dix. »
« On a aussi quarante lances-bombes. Almis nous a dit de les prendre pour la protection, au cas où. »
C'est un potentiel de guerre peu fiable face à environ trois cents ennemis.
« On devrait s'enfuir ? » (Roswald)
« Si on s'enfuit, sauver ces gens n'aura servi à rien. En plus, le village derrière est aussi en danger. Aussi.... » (Ron)
Au moment où Ron coupe ses mots, il regarde l'ennemi.
« On serait avantagés à la table de négociations si on gagne ici, non ? Du coup, on pourra renverser la situation ? » (Ron)
« Tu crois ? T'as pas l'impression que c'est fondamentalement faux ? » (Roswald)
Roswald regarde Ron avec des yeux dubitatifs.
Pourtant, Ron déborde de confiance.
« Bon, si on s'enfuit ici et qu'on rentre, on sera vraiment les agresseurs. Il faut empêcher ça. » Soyon exprime son accord avec Ron.
Pour Roswald, s'ils frappent préventivement ici et battent l'ennemi venu pour la défense, ça ne deviendrait pas un problème inutilement gros ? Bien qu'il ait pensé ça, puisque Ron et Soyon tous les deux trouvaient que c'était bon, il a donné son accord.
En plus, comme ils sont allés sauver les villageois, ils ont aussi la responsabilité d'aller jusqu'au bout.
« Alors on y va avec ça et on gagne ? On n'a qu'une petite force, cela dit... » (Ron)
« Ça irait si on utilise juste la cavalerie, non ? » suggère Roswald.
S'ils utilisaient la mobilité de la cavalerie, il devrait être possible de prendre les hoplites à revers.
Cependant...
« S'il est vrai que le point faible de l'hoplite est le flanc... si on fait ça, est-ce qu'on peut les matcher en nombre ?
Parce que les hoplites ont des lances anormalement longues, ils ont du mal à changer de cap.
Dans ces circonstances, ils devraient probablement être anéantis si la cavalerie, en même nombre, les frappe au flanc.
Cependant, Ron et sa compagnie n'ont que soixante cavaliers alors que l'ennemi en a environ trois cents. Avec cette différence, il y a une forte possibilité de se faire retourner la situation.
Ils pourraient gagner s'ils frappent l'ennemi à l'arrière et non au flanc sans avoir à les matcher en nombre, mais...
Ce serait impossible sans l'effet de surprise.
« Hé, j'ai eu une idée. Je peux la dire ? » Soyon propose un plan.
Après l'avoir entendue, Ron et Roswald déclarent tous les deux :
« "C'est ça !!!" »