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Otherworld Nation Founding Chronicles

Chapitre 268

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Chapitre 268

Chapitre 268

Chapitre 268/31585%~10 min de lecture1 882 mots

« C’est bien une rame à cinq rangées ?

Je me suis penché sur une rame issue de l’Empire persan.

La plupart des villes sous contrôle grec, comme Lezzad, naviguent sur des vaisseaux à trois rangées, mais ils sont bien plus imposants.

Ce qui fait qu’il est usagé, les rayures sont bien visibles par endroits…

« Je trouve ça suffisant pour le coup. Ce genre de marque ne compromet rien. »

Alexios, après avoir vérifié le navire, me l’a confirmé.

J’ai laissé Ains, la marchande, s’assurer qu’on ne m’avait pas refilé une marchandise défectueuse…

Est-ce vraiment une si bonne idée ?

« Je me demande pourquoi je le vends si bas prix. »

« Tout semble indiquer qu’il ne s’agit pas d’un décempère. »

Les navires sont totalement peu conventionnels…

Un décempère serait-il simplement deux fois plus puissant qu’une quintérène ?

En tout cas, c’est clair : il est plus grand qu’une quintérène.

Plus le bateau est vaste, plus on peut y placer de rameurs et monter en vitesse.

Si la vitesse grimpe, on pourra enchaîner sur des charges percutantes.

De plus, plus le vaisseau est lourd et imposant, meilleure sera son endurance face aux coups.

Du coup, quand on a commencé à construire des décempères, certaines quintérènes sont devenues obsolètes.

« … Je ne veux pas dire qu’il faut toujours viser le plus gros, mais si tu construis un décempère, il sera incapable de faire demi-tour. Eh bien, les Persans le savent mieux que personne. J’aime à croire qu’on évitera l’échauffourée. »

« Pour l’instant, nous gardons quelques vaisseaux à trois et cinq rangées.

Ça revient à protéger les flancs des lourds avec de la légère.

J’y crois.

Étonnamment, les batailles navales et terrestres finissent par ne pas être si différentes.

« Je prends l’exact contraire : tout ce qui n’est pas décempère. À moins d’en garder quelques-uns en tant que vaisseaux amiraux, il sera plus utile d’orienter le temps et le matériel vers autre chose que le trois ou cinq rangées. Plutôt que le dix. »

« Enfin, au Japon, on n’aurait jamais pu manier un décempère. »

Vaisseaux plus massifs, manœuvre plus corvante.

Le Japon ne disposait pas de cette main-d’œuvre maritime.

On trouvait pourtant assez de rameurs.

« Et donc, comment avance la standardisation des vaisseaux ainsi que leur production en série ? »

« Il paraît qu’on progresse aussi vite qu’avant. »

Concrètement, la standardisation navale, c’est quoi ?

Pour faire court : harmoniser les dimensions et le dessin des navires tels quels.

Dans ce monde, tous les bateaux sont fabriqués sur commande.

Les charpentiers de marine dressent les coques en fonction des besoins exacts du commanditaire.

Cette méthode présente un avantage : elle permet parfois de sortir des navires parfaitement adaptés.

Mais c’est faux.

Car si un bateau taillé sur mesure casse, seul son créateur saura le réparer intégralement.

Par ailleurs, le prix de chaque unité explose.

Inévitablement, le volume de construction chute.

Et cette tendance frappe fort dans les cités grecques.

Dans un même royaume, les détails varient, mais la structure brute ressemble.

Mais toutes les cités chrétiennes sont indépendantes, des cités-États…

Chacune érige des vaisseaux totalement disparates.

Bien sûr, si chaque nation rivalise, montrer sa singularité pour triompher n’est pas un mal.

Mais désormais, elles sont toutes rattachées à la Romanie.

Le gouvernement central exige une norme, car il va bâtir des bâtiments de guerre et des cargos étatiques.

Voilà pourquoi on pousse à la standardisation navale.

Alexios…

Il semble en réalité que ce soient les chrétiens comme ceux de Lezzad qui tirent le fil.

Pour une raison obscure, les Chrétiens semblaient y voir un intérêt à uniformiser leurs flottes.

Mais cela reste impossible entre nations concurrentes.

Impossible de fusionner des techniques de constructions navales, véritable cœur de métier des États.

Or là, toutes les cités chrétiennes ont rejoint le Royaume de Romanie et la République de Romanie, ce qui rend la chose faisable.

C’était incontournable : le roi Almis en avait donné l’ordre.

Sous prétexte d’exécuter ses directives, ils avaient fini par accepter de standardiser.

En réalité, le principal défi de la standardisation résidait dans l’unification des mesures.

Falloir bien du temps pour aligner le tout, chaque cité-État ayant conservé son propre système métrique.

Pourtant, une fois les mesures harmonisées, le reste n’est pas si compliqué.

Après tout, on parle du même type de navire.

Les finesses varient, mais la ossature de base demeure identique.

Actuellement, l’entreprise vise à mettre en place un système de production en série.

Ces dernières années, la demande de navires n’a cessé d’augmenter.

La zone commerciale de la mer de Téthys orientale, volée par la Pothenia, commence lentement à repasser sous contrôle chrétien.

L’Empire perse a affaibli les nations chrétiennes en rapatriant des charpentiers sur le continent perse, paralysant ainsi les révoltes des cités grecques.

En contrepartie, il tolère voire encourage le commerce des marchands chrétiens.

L’apparence est contradictoire, mais la logique tient bon.

En résumé : acheter chez l’Empire perse plutôt que de bricoler soi-même. C’est tout.

Néanmoins, l’Empire perse manque de ressources forestières et priorise les navires de guerre.

Quand on se demande où s’approvisionner en bateaux…

La question se pose.

La Pothenia ?

Non. Je déteste la Pothenia pour ce qu’elle est.

Du coup…

Une Romanie chrétienne !!

C’est pour ça qu’un vaisseau façonné selon nos méthodes du Japon flotte aujourd’hui en mer de Téthys orientale.

Par ailleurs, l’exportation depuis le Japon de sel gemme, de chanvre, de vin et d’huile d’olive vers Persis et Pothenia connaît récemment un franc succès.

À l’époque antique, les carrefours commerciaux des marchands chrétiens se trouvaient à Clarisse ou à Alto, deux cités du continent grec…, mais aujourd’hui les flux se redirigent vers Lezzad.

Eh bien, c’est pourquoi notre marine marchande se développe à grands pas.

Fort heureusement, le bois nécessaire à la construction massive des navires est désormais abondant.

Si l’on veut suivre la demande croissante et alimenter l’offre… bref, l’idée de produire en série s’impose d’elle-même.

Comme évoqué plus haut, le navire était fondamentalement fabriqué sur commande.

Autrement dit, le charpentier ajustait les longueurs de planches et la ferronnerie uniquement pour l’unité visée.

Certes, on obtenait d’excellents résultats, mais le processus absorbait du temps.

Alors, pourquoi ne pas organiser la construction par spécialisation ?

Les billes sont débitées aux dimensions requises, amenées sur le chantier puis assemblées selon le modèle normé.

Le rôle du charpentier se réduit dès lors à du montage pur.

Auparavant, c’était impossible car chaque coque possédait ses propres normes.

Désormais, grâce à l’harmonisation des spécifications et la réduction de milliers de variantes à une poignée de modèles, le système fonctionne.

« Dans cinq ans, je pense qu’on dépassera sans doute le nombre de navires construits par la Pothenia. »

« Personne ne connaît le chiffre exact, bien entendu. »

La Pothenia demeure la première puissance maritime de la mer de Téthys.

Je ne crois pas que cet État mercenaire puisse tenir tête à nos chantiers…

« Non, l’industrie navale de la Pothenia n’est pas si solide. En vérité, malgré leur technologie, leur bois commence à manquer. »

« Je vois. Si nous détrônons la Pothenia, le Japon deviendra une véritable puissance navale. »

À ce jour-là, je sais que nous aurons battu la Pothenia…

Peut-être.

Pendant ce temps, à cette époque.

Le Sénat de la Pothenia, cette puissance économique du sud, débattait fébrilement.

« Azul Hanno, c’est votre faute… quelle responsabilité comptez-vous assumer ? »

« … Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Que signifie cette attaque ? »

Un homme s’avançait pour accabler Azul Hanno, représentant des intérêts fonciers et nobiliaires.

Imposant, blond, le teint bûlé.

Les nobles de la Romanie le reconnaîtraient instantanément.

Il est son père.

Sear Barca, président du Parti des Côtes et porte-parole des roturiers et marchands.

Chef du clan Barca, c’est également le vrai père d’Alexios.

Héros de Pothenia, il a écrasé à maintes reprises les barbares sur les champs de bataille, agrandi les colonies et contribué à l’essor du pays.

Les guerres à venir… Les pouvoirs des Barca ont commencé à décliner après l’échec de Kepka Barca à infiltrer l’Adernia, mais…

Pourtant, fort du soutien massif du peuple, leur influence recommençait à remonter.

Et voilà que le Parti des Côtes, dirigé par les Barca, submerge une fois de plus le Parti des Plaines.

« L’avenir guerrier… La guerre d’Adernia. Notre pays n’a pas pu intervenir dans ce conflit à cause de votre promesse de neutralité auprès du roi Almus, et a laissé le royaume de Romanie grossir. Un immense État militaire vient de naître sur la péninsule d’Adernia. »

Pothenia est une puissance économique avant tout.

Mais exercer une hégémonie financière ne garantit pas une armée redoutable.

Trop tributaire des mercenaires, la milice nationale n’est pas à la hauteur.

« En plus de l’hégémonie sur Triskélia, les droits territoriaux du détroit de Mercina, voire la zone commerciale de la mer de Téthys, sont en jeu !!! C’est votre faute, Azul Hanno ! »

« Exactement ! Exactement !! »

Plus de la moitié des législateurs hurlent à l’unisson avec Sear Barca.

« … Le détroit de Mercina a été convenu sous le contrôle conjoint, et la zone commerciale de la Téthys occidentale a été négociée avec nos marchandises. Nos intérêts nationaux ne sont pas perdus. Voulez-vous reprocher notre victoire en Adernia ? N’oubliez pas qu’à la dernière guerre, vous avez vaincu le général Alexius de Romanie. »

« Exactement ! Exactement !! »

Aux côtés d’Azul Hanno, l’autre moitié répond à tue-tête.

Pourtant…

« Eh bien ? Nos intérêts nationaux ne sont-ils pas sacrifiés ? Ignorez-vous que notre pays se fait progressivement chasser de la mer de Téthys orientale ? Par les Chrétiens de Romanie ! »

« C’est-à-dire… »

Azul Hanno se tait, blessé dans son orgueil.

Car c’est une réalité indiscutable.

Néanmoins, on ne peut prétendre que la guerre d’Adernia en soit directement la cause.

Il faut d’abord rappeler que les nations grecques commencent à se remettre de la guerre perse.

« Romanie affirme avoir acheté des vaisseaux de guerre à Persis. Et même s’il s’agit de cargos, il a lancé la production en série de navires. C’est une île de Triskélia. L’ambition du roi ne cesse de croître jour après jour ! Cet homme ne s’arrêtera jamais !!!! Dans cet état, notre pays sera englouti par l’avidité du roi Almus ! »

Sear Barca expose longuement la menace que représente le royaume de Romanie.

En sus, les membres du Parti des Côtes acquiescent à voix haute.

Les membres du Parti des Plaines sont submergés et n’ont plus un mot à dire.

… Non, ils ressentent bel et bien le sentiment de crise face à l’expansion de Romanie.

Du coup, certains législateurs du Parti des Plaines hurlent eux aussi, aux côtés des Côtes.

« Qu’il ne puisse plus croître, le royaume de Romanie !! »

Ainsi, le Parti des Plaines mené par Azul Hanno perd l’initiative à Pothenia…

Le Parti des Côtes, piloté par Sear Barca, en prend le contrôle.

Du nord émergent des pays qui projettent d’investir les mers : Romarie, par son agriculture, son armée et sa flotte.

En face, au sud, géant économique, république maritime et commerciale, Pothenia tente de verrouiller ses acquis.

L’affrontement entre les deux blocs est une fatalité historique.

À ce stade, la balance reste serrée.

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