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Otherworld Nation Founding Chronicles

Chapitre 257

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Chapitre 257

Chapitre 257

Chapitre 257/31582%~10 min de lecture1 801 mots

En tout cas, le roi Gilberd, le roi Faludam et le roi Domorgal auraient officiellement renoncé au territoire conquis par le royaume de Romarie.

De plus, ils exigent la remise en otage du prince héritier romarien.

Mais face à cette triple pression armée, notre souverain n’a fait qu’annoncer :

« Tentez pas les choses inutiles ! Puisque la guerre vous tente tant, le royaume se retire de l'Alliance anti-Gallia ! »

Un homme d’âge mur avait hurlé ces mots devant lui.

Il portait ce grade depuis que le royaume de Romalie n’était encore que celui de Rosais.

« Houuuu ! »

« C’est bien Notre Roi ! »

« Tant mieux ! »

« Ils nous disent qu’on ne peut rien faire face au royaume de Roselle ? »

« Notre Majesté royale change vraiment du lot ! »

Des milliers d’hommes encerclaient cet homme d’âge mur dans un tonnerre d’applaudissements.

C’étaient des adultes provenant des villages et bourgs environnants.

Leurs âges divergeaient, mais ce qui les réunissait restait unique : une génération façonnée par les armes, tous soldats du royaume de Romarie.

Cette assemblée relevait d’une institution appelée association des soldats, ou Heiminkai.

Dans le royaume de Romarie, disons plutôt sur la péninsule d’Adernia, le choix des décurions revenait aux soldats eux-mêmes.

Il s’agissait de désigner les officiers subalternes capables de diriger la troupe et de garantir leur survie.

Cette coutume avait été importée en même temps que la phalange depuis la péninsule grecque.

À l’origine, il ne s’agissait que d’un vote d’opportunité, temporaire et strictement limité au théâtre des opérations. Ce n’est que récemment que ces consultations avaient commencé à tenir pendant la paix.

Plusieurs facteurs l’expliquaient.

D’abord, les conflits s’enchaînaient à un rythme soutenu. Les rassemblements s’y étaient multipliés, obligeant les hommes à se connaître inévitablement.

Ensuite, il fallait maintenir cette structure après les campagnes pour répartir équitablement le butin, le pillage légitime et les droits de capture.

Troisièmement, même en période de trêve, les travaux routiers relevaient du domaine militaire. La nécessité de se coordonner imposait donc des réunions hors conflit.

Enfin, l’arrivée massive de la culture chrétienne avait nourri des aspirations démocratiques parmi les roturiers.

Voilà donc les quatre motifs principaux.

Certes, ces réunions restaient informelles et ne détenaient aucun poids politique officiel.

Au premier rang, l’état-major, moi y compris, le roi, ignorait simplement leur existence.

Je les percevais comme de simples regroupements de civils.

Et ce jugement tenait toujours debout.

Après tout, des paysans sans éducation politique ne pouvaient guère saisir les intrigues de cour. Personne ne colportait encore des ragots sur mes relations avec Yulia et Tétra, ni sur l’éducation que je destinait au prince héritier Marx…

Ces associations n’étaient que des lieux où l’on parlait sans enjeu concret.

Cependant…

Pour la première fois, l’Association du Peuple semblait exercer une réelle influence.

Par le truchement des grandes et petites associations du royaume de Romarie, trois nouvelles circulaient comme une traînée de poudre : « les trois États septentrionaux ont ordonné la restitution des territoires », « ils exigent que le prince soit remis en otage » et « Almus a brisé l’alliance contre la Gallia ». Chaque village, chaque caserne en rediscutait.

Mais l’agitation ne venait pas seulement des roturiers.

« Vous nous insultez ! Si cela vous dérange tant, le royaume de Romarie se retire de l'Alliance anti-Gallia ! »

Une femme magicienne avait crié ces mots au cœur de la cité occidentale du royaume.

Une plaque d’or ornait sa poitrine… le signe distinctif des sorcières nationales d’élite.

Sa voix aiguë ne portait pas autant de poids naturel.

Pourtant, les autres mages rassemblés autour d’elle applaudirent et crièrent leur approbation sans délai.

« C’est exactement ça ! »

« Impossible de croire qu’on ait enfin abandonné ces terres dont on a versé le sang ! »

« Et en plus, remettre le prince héritier en otage ? Qu’est-ce qu’on fabrique ? »

« Les Septentrionaux d’Adernia font preuve d’intelligence ! »

« Malgré tout, c’est un souverain remarquable. »

« Se retirer exige un acte majeur… Trancher ainsi sans hésiter et briser les pièges tendus… Vraiment, Notre Roi est admirable ! »

« J’ai une sacrée dose d’envie envers Yulia et Tétra… »

Tandis que les soldats structuraient leurs rassemblements citoyens…

Les mages femmes du royaume de Romarie organisaient également leurs propres cercles.

Fallait-il y voir une véritable Association des Mages ?

Mais contrairement à l’Association du Peuple, celle-ci existait depuis fort longtemps.

Particulièrement dans le royaume de Romarie, les mages s’y échangeaient déjà des herbes, comparaient leurs techniques et collaboraient étroitement.

Depuis quelques années, l’État investissait massivement ses mages dans les guerres et la gestion administrative.

Un système officiel de sorcières nationales avait vu le jour, garantissant aux mages, indépendamment de leur genre, les mêmes droits civiques que ceux des hommes.

En conséquence, l’assemblée des mages entamait progressivement son évolution.

Outré le partage de connaissances techniques, elle devenait peu à peu un espace dédié à la politique.

Pourtant, cette association attachait encore peu d’importance à l’état-major royal et ne basculait pas réellement vers l’action politique organisée.

Mais la Société des Mages, à l’instar de l’Association du Peuple, participait activement à la diffusion de l’affaire à travers tout le royaume.

Ainsi, relayées par ces deux réseaux, les rumeurs firent le tour du pays, légèrement déformées, avant de gagner l’ensemble de la Fédération de Romarie, les Trois Nations du Nord, puis les royaumes de Roselle, de Pofénia et l’Empire Persis.

Plus la rumeur gagnait de terrain, plus elle se déformait et se transformait.

Les récits qui n’étaient initialement que radicaux évoluaient violemment sous le coup du temps.

Bientôt, elles n’évoquaient plus la réalité des faits.

Peu importe l’exactitude des propos pour la majorité de la population romarienne et fédérale.

L’important, c’était qu’on les sentait offensés.

Tout se résumait à ce seul constat.

C’était le déclencheur idéal pour les souder ensemble.

S’étaient-ils réellement unis autour de propagande exacerbée ?

J’ignore si certains orchestrèrent consciemment cette radicalisation pour favoriser l’union nationale.

Qu’importait le comment : le royaume de Romarie commençait bel et bien à former un bloc cohérent.

Dans son essor expansionniste, le royaume accueillait désormais une multitude d’anciens étrangers.

Tous avaient prêté serment à Almus et portaient encore, malgré leur intégration militaire, les stigmates de leurs origines extérieures.

Face à cela, je constatais que toutes les pièces ne s’assemblaient pas partout avec simplicité.

Ces anciens étrangers en étaient parfaitement conscients.

Les Grecs du sud, surtout dans les fiefs méridionaux, ressentaient une menace latente liée à leur différence ethnique. La propagande les poussait à craindre d’être réduits à des citoyens romariens de second rang, et leur colère montait.

En réaction à cette colère, ils affichaient une loyauté accrue envers Almus, reforçant ainsi leur sentiment d’appartenance au royaume de Romarie.

Ce phénomène se produisait simultanément dans le royaume de Romarie et dans toute la Fédération.

… En revanche, les royaumes du roi Evil, de Belvédère et d’Alva, qui conservaient leurs propres souverains au sein de la Fédération, prirent l’affaire avec beaucoup plus de calme.

— C’était instructif.

— Pas du tout.

J’hochai la tête en signe d’accord à la remarque de Raymond.

Ma décision de quitter l’Alliance contre la Gallia avait effectivement provoqué un choc diplomatique majeur.

Néanmoins, pour l’immense majorité du peuple, cette abstraction géopolitique restait totalement éloignée de leur quotidien.

Je m’en doutais.

— Tout le monde s’en implique plus que prévu.

— Eh bien, la guerre réchauffe les bourses des roturiers.

Notre armée proscrit formellement le pillage en campagne.

En revanche, les réquisitions humaines frappent régulièrement les populations récalcitrantes qui refusent de se soumettre.

La mainmise sur un seul entrepôt royal provincial constitue déjà un gain considérable.

Lorsque je fais redistribuer ces biens ou accorder des récompenses exceptionnelles, la soldatesque et les civils tirent bénéfice de ces expéditions limitées.

Cela leur rapporte une petite fortune.

Qui plus est, celui qui brave le danger sur les champs de bataille devient un héros.

C’est pourquoi tant d’individus aspirent à la guerre.

À présent que les nations occidentales sont soumises, les seuls adversaires restants sont les Trois États du Nord.

Cela n’a strictement rien à voir.

Qu’est-ce que cela signifie ?

— Mais Votre Majesté, si cela nous arrange, cela engendre un réel problème.

— L’Association du Peuple et celle des Mages…

Naturellement, leur existence était admise.

Mais certaines franges semblaient prendre trop d’ampleur.

Après tout, le degré de civilisation se mesurait jadis à la longueur des cheveux, un critère désuet.

Leur emprise n’a jamais été bien forte.

Pourtant, elles façonnent réellement une opinion publique capable d’exalter l’entièreté du royaume.

On y perçoit clairement un pouvoir d’influence considérable.

— C’est un problème, certes, mais ce n’est pas illégal. Si on les laisse exploser, on risque de provoquer une vaste révolte. Nous avons enfin réussi à pacifier les rapports avec les roturiers. Ne gâchons pas cela.

Jamais je n’avais connu de boycott populaire à portée militaire.

Cette avancée avait résolu le problème par la concession, mais…

Mais si on pousse trop loin, le roi honnête aura les mains liées pour agir franchement.

Dans notre État militaire, le peuple forme les soldats et les soldats composent le peuple.

Faire d’un roturier un ennemi revient inévitablement à déclarer la guerre à un soldat.

Ici, il ne s’agit pas de rébellion ouverte, mais d’une grève sociale et militaire déguisée.

Face à une rébellion, on peut invoquer la justice du camp adverse…

Je ne dirige pas un club de collège puéril, je suis un roi, et les roueries maladroites ne me correspondent pas.

Officiellement du moins.

— Envoyez nos espions infiltrer leurs rangs. Achetez la loyauté de certains décurions et mages avec de l’or. Il faut les surveiller avant tout. Aucun risque à mener cette double politique.

Au moins, si le peuple entend conquérir les Trois Nations, les associations restent des instruments exploitables.

Actuellement, l’Association du Peuple et celle des Mages orientent les esprits exactement dans le sens souhaité.

— Hum…

— Que se passe-t-il ?

— Une légère migraine ces derniers jours. Sans doute les séquelles de Granada. Je demanderai à Yulia de me préparer un remède.

Je souris à Raymond, inquiet.

— Va-t-il falloir reporter les opérations, Votre Majesté ?

Tandis que je discutais avec Raymond, la voix d’Iar filtra derrière la porte.

Je lui donnais l’autorisation d’entrer. La porte s’ouvrit et il s’inclina profondément.

— Votre Majesté a scellé une alliance avec le royaume de Roselle. Selon nos sources, ils refuseront toute intervention neutre ou tout appui militaire durant le conflit.

— Bien joué.

Je haussai les épaules avec satisfaction.

Vous avez définitivement mis le royaume de Roselle hors course.

Il ne nous reste plus qu’à écraser la coalition trois contre un.

— Maintenant, convoquez Bartolo, Alexios, Ron, Roswald, Gram, Soyon, Lulu, Tétra et Yulia. Il nous reste moins d’un an avant le choc. Mettons la stratégie au point.

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